Tout d’abord je voudrai remercier Isabelle, chargée de communication des Editions Seconde Chance, d’avoir pensé au modeste blogueur que je suis pour chroniquer les trois romans (pour être plus juste, deux romans et un recueil de nouvelles) de J. Heska, transmis au format epub. Gratuité ou non je m’engage à livrer une chronique 100% personnelle et objective (de mon point de vue en tout cas). J’ai commencé par le titre qui correspondait le plus à mon paysage littéraire, On Ne Peut Pas Lutter Contre Le Système est en effet un thriller économico-écolo-futuriste.
Alors que le système monétaire international s’effondre, Lawrence Newton, un des cadres dirigeants du consortium Honola, groupe en partie responsable du chaos actuel, est abattu au moment de son arrestation. Qui a tiré et pourquoi ? Comment en est-on arrivé à ce point de non retour ? Il a suffit de quelques jours pour que l’économie mondiale soit en péril…
L’essentiel du bouquin se déroule pendant la semaine qui a précédé le chaos. L’intrigue se développe suivant plusieurs axes. Bien entendu on sera propulsé au coeur du groupe Honola qui est sur le point d’asseoir encore plus sur emprise sur le monde économique et politique, quitte à multiplier les coups bas pour parvenir à ses fins. On vivra aussi l’intrigue du point de vue de trois militants écolos qui ont mis la main sur un dossier susceptible de mettre Honola à genoux, une victoire incontestable s’ils arrivent à leur fin mais une victoire qui se paiera cher, trés cher. Enfin on ira faire un tour en Ouganda, où la population tend à se rebiffer contre une filiale du groupe Honola.
Une intrigue bien ficelée qui devient rapidement addictive du fait de nombreux rebondissements. Ajoutez à cela des personnages bien travaillés. Quelques flashbacks permettent de suivre l’évolution du couple formé par Lawrence (haut responsable chez Honola) et Clara (militante de GreenForce). Un couple qui représente les deux extrêmes, lui n’a aucun idéal sinon son ambition personnelle, elle a une laitue bio à la place du cerveau, les neurones ravagés par le discours altermondialiste. Difficile de se prononcer pour l’un ou pour l’autre, les deux extrêmes me rebutent. Mais le personnage le plus énigmatique reste Marty, envoyer pour « protéger » les trois écolos mais dont les véritables intentions resteront longtemps inconnues.
L’histoire n’est pas située précisément dans le temps, mais au vu des événements décrits, la quasi-totalité s’étant déjà déroulés, on peut supposer que l’auteur nous offre une sombre version d’un avenir relativement proche ; d’ailleurs à ce titre le bouquin ne dépareillerait pas dans le cadre de mon challenge 100% SF. L’auteur aborde divers sujet (écologie, OGM, finance internationale…) dans un mélange de thriller et d’espionnage plus que convaincant. Je ne suis pas un spécialiste des thèmes abordés mais l’ensemble semble suffisamment documenté pour être crédible.
Une petite touche négative afin de tempérer mon enthousiasme. Tel que présentée en quatrième de couverture on pouvait supposer que l’intrigue se concentrerait sur les conséquences de l’effondrement du système monétaire international alors que tout se joue avant le jour J ; il vous faudra attendre l’épilogue (peut être un peu trop happy end) et son ultime révélation pour avoir toutes les clés en main. Quant à l’avenir, laissez oeuvrer votre imagination…
Pour faire court mais efficace : une très bonne surprise riche en suspense et en action. Nul doute que vous retrouverez prochainement mes autres chroniques des titres de J. Heska. Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’auteur je vous invite à visiter son site (vous découvrirez plein de choses intéressantes, sauf ce qui ce cache derrière le J.).
Comme je l’ai signalé en introduction J’ai lu ce bouquin en version numérique, le fichier du présent titre était quasiment irréprochable (il aurait juste fallu désolidariser la table des matières du prologue pour être parfait).
Étiquette : Littérature française
[BOUQUINS] Jacques Expert – Adieu
J’avais été séduit par Qui ? de Jacques Expert c’est donc sans hésitation que je me suis plongé dans Adieu, son précédent roman, lui aussi publié par Sonatine.
Mars 2011, le commissaire Langelier participe à un pot organisé pour son départ à la retraite. Mais pour le coeur n’y est pas, il est encore par l’affaire du « tueur de familles » survenue dix ans plus tôt, une affaire qu’il considère comme ayant été bâclée par ses supérieurs, une affaire qui lui fait perdre tout ce quoi il tenait… Et si ce pot d’adieu était enfin l’occasion de mettre les choses à plat…
Le récit se divise en trois partie. La première, écrite à la troisième personne, nous plonge au coeur d’une enquête très réalistes sur les événements survenus en 2001. La seconde et la troisième partie, écrite à la première personne (du point de vue de Langelier), constitue le « réquisitoire » du commissaire, qui, seul contre tous, et au risque de tout perdre, s’obstine à poursuivre une enquête non officielle afin de faire éclater la vérité. Au fil des pages l’auteur nous fait douter, est-ce qu’il est vraiment sur une piste inédite ou est-ce qu’il est en train de s’enliser lamentablement en poursuivant des chimères ; un doute qui s’installe d’autant plus facilement que Jacques Expert ne fait rien pour rendre son personnage attachant, au contraire par moment on a envie de lui foutre des claques.
Alors cette vérité quelle est-elle ? Vous devriez commencer à l’entrevoir au cours de la troisième partie, avant qu’elle ne soit révélée (avec le recul dès la seconde partie l’auteur nous donne quelques pistes, mais ça semble tellement énôôôrme que notre esprit rejette l’hypothèse). Ne comptez pas sur moi pour vous en dire d’avantage, si ce n’est qu’il y a en fait deux vérités à découvrir, la seconde (prévisible mais passée en arrière plan) étant révélée dans l’épilogue.
Tout au long du bouquin on assiste à l’affrontement entre deux hommes, dont l’amitié volera en éclats à cause de cette affaire, le commissaire Hervè Langelier d’un côté, convaincu que la piste officielle est fausse et bien déterminé à le prouver, et le commissaire divisionnaire Jean Louis Ferracci de l’autre, porté aux nues pour avoir résolu l’affaire du « Tueur des Familles ». Le troisième personnage clé de l’histoire est Stéphanie Langelier, l’épouse du commissaire, qui voit son mari s’enfoncer jusqu’à un point de non retour qui sera fatal à sa famille.
Jacques Expert jongle habilement avec nos doutes et nos certitudes, tout au long d’un polar habilement construit il nous balade au gré de ses envies. Encore une bonne surprise, je guetterai donc attentivement le catalogue Sonatine afin d’intercepter son prochain roman…
[BOUQUINS] Stéphane Carlier – Les Gens Sont Les Gens
Le bandeau « Le roman antidépresseur » attire tout de suite l’oeil du client errant dans sa librairie habituelle, une couv’ sans fioriture et une présentation qui attise la curiosité ; et voilà comment cette chronique est née. Ah oui, le bouquin s’appelle Les Gens Sont Les Gens et l’auteur Stéphane Carlier, il m’a été offert par ma mère.
Je vous propose la quatrième de couv’ non par flemme (quoique ?) mais parce qu’elle est efficace, exactement comme je les aime. Nicole Rivadavia est une psychanalyste parisienne de 57 ans au bout du rouleau. Foufou est un porcelet de six semaines enfermé dans une cabane au fin fond de la Bourgogne. Ce livre raconte leur improbable rencontre, et comment ils vont se sauver l’un l’autre.
Pour être tout à fait complet j’ajouterai que Nicole va ramener Foufou dans son appart parisien meublé façon bobo, je vous laisse imaginer le résultat… Ah oui tant vous y êtes essayer d’imaginer la cohabitation entre un porcelet et un chat ; le premier contact est hilarant.
Le bouquin se lit tout seul, pétillant, plein de fraîcheur c’est le genre de lecture idéale pour passer un bon moment sans se triturer les méninges. Beaucoup de sourires, quelques rires mais j’avoue que je m’attendais à quelque chose de plus déjanté ; toutefois je ne peux pas dire que j’ai été déçu, je sors de cette lecture avec un sourire béat aux lèvres. Merci Monsieur Carlier !
Je vous le conseille vivement en cas de coup de blues (vous verrez Foufou est aussi efficace et moins nocif qu’un Lexomil), ou encore après avoir lu un roman particulièrement éprouvant, ou tout simplement si vous cherchez une pause-détente… Une fois que vous l’aurez entamé vous ne pourrez plus le lâcher (d’autant plus qu’il est écrit gros et fait à peine 160 pages).
Si vous voulez avoir une petite idée sur la genèse du roman je vous invite à consulter le blog de l’auteur. Bien que me revendiquant carnivore parfaitement assumé (ce bouquin ne m’a pas converti au végétarisme) je persiste à penser que même les bestiaux d’élevage destinés à l’abattage méritent un minimum de respect, déjà que leur vie va se trouver brutalement abrégée autant la rendre aussi agréable que possible… Ah oui j’oubliais que ce genre de considération ne compte pas dans un monde régi par le fric et le profit…
[BOUQUINS] Sébastien Teissier – X
Au programme de cette chronique un thriller disponible uniquement en numérique, son auteur, Sébastien Teissier ne trouvant pas d’éditeur a opté sur l’auto-édition et le bouche à oreilles pour promouvoir son premier roman, X.
Lucas Moriani, expert de la police scientifique de Paris, se rend sur une scène de crime suite à un appel du Central. Sur place le visage de l’accusé lui dit vaguement quelque chose mais surtout tout semble l’accuser. Il nettoie la scène de crime, planque le corps et décide de découvrir qui se cache derrière cette mise en scène macabre. Plus son enquête avance, plus les faits l’accablent…
Une intrigue rondement menée du début à la fin, même si l’on devine certains éléments avant qu’ils ne soient révélés l’auteur parvient à nous tenir en haleine du début à la fin, sans aucun temps mort. C’est court (moins de 200 pages) mais intense, je l’ai dévoré en quelques heures.
Trois personnages se disputent le haut de l’affiche. Lucas Moriani, le gentil qui se retrouve embringué dans une histoire qui le dépasse totalement. Félix Vizzini, inspecteur de la Crim’ surdoué à la logique implacable. Joakim Montéro, psychiatre et ami de Félix, le cas Moriani va présenter pour lui un véritable challenge. Mais qui est donc X alors ? Si vous voulez le savoir lisez ce bouquin, vous ne le regretterez pas !
Je n’en dirai pas plus afin de laisser intact le plaisir de la découverte…
Pour vous le procurer vous pouvez passer soit via le site officiel, soit via Amazon ; pour 3 € vous aurez un excellent rapport qualité prix. Dans tous les cas n’hésitez pas à faire un détour par le site officiel afin de laisser vos impressions à l’auteur ; si ça peut l’aider à trouver un éditeur autant faire un petit geste pour lui (ça ne coûte rien, ça prend quelques minutes de votre temps mais ça peut lui rapporter gros… et il le mérite).
En fin de roman l’auteur annonce qu’il prépare une « suite » (Les Enfants De Prométhée), je suis curieux de savoir ce qu’il nous réserve et j’ai hâte de l’avoir entre les mains. J’espère toutefois que, même s’il a trouvé un éditeur entre temps (ce que je lui souhaite sincèrement), l’auteur continuera de privilégier le numérique…
Quelques bémols (mineurs) toutefois (parce que je suis maniaque).
– Les quelques fautes d’orthographes rencontrées au cours de la lecture ne sont pas du tout pénalisantes ; il est vrai que, s’agissant d’un roman auto-édité, je suis naturellement enclin à plus d’indulgence. L’auteur ne dispose pas de la même logistique qu’une maison d’édition, et franchement le résultat pourrait faire rougir certains numériques commerciaux.
– J’ai plus été « dérangé » par les erreurs typographiques : espaces oubliés avant les signes de ponctuation composés (? ; : !) ou entre les guillemets (non typographiques soit dit en passant) ; mais là encore ça agace plus ma maniaquerie que la lecture à proprement parler. Je persiste à dire que pour pour un premier roman, auto-édité qui plus est, le résultat est plus qu’honorable.
– Un fichier de sortie epub alourdit par de nombreuses balises <span> inutiles (cf exemple ci-dessous). le fichier « original » faisait 605 Ko, la version light en fait 288.
Exemple de code « lourd » :
Le premier cadre correspond au résultat, le second au code « original » et le dernier au code allégé (pour un résultat identique cela va de soi)

[BOUQUINS] Jac Barron – Plasma
Je continue à épurer les « séries » que j’ai commencé (et y’a du boulot vous pouvez me croire), retour au thriller avec Plasma, le second opus de La Trilogie Des Pulsions de Jac Barron.
Après une série de cinq crimes aussi atroces qu’inexpliqués dans la même journée à Paris, les inspecteurs Lisa Gaspini et Richard Norias, chargés de l’enquête, se font assister par Marc Dru afin d’obtenir un regard nouveau sur l’affaire. Rapidement Franck Marshall et Serge Miller vont, eux aussi, se retrouver impliqués dans l’enquête. Les trois hommes ne sont pas encore totalement remis de leur expérience commune face au « Prédateur », cette affaire mettra, une fois encore, leurs nerfs à rude épreuve…
Comme dans le premier opus, Les Cicatrices, on retrouve le même style qui ne s’encombre pas de bla-bla superflu pour nous plonger au coeur de l’intrigue. C’est du brut de décoffrage, trash certes mais pas gratuit, on a véritablement en main un thriller aussi percutant que passionnant. Les habitués retrouveront le même genre de découpage, chaque chapitre propose de voir la scène à travers les yeux d’un des personnages, outre nos trois « habitués », Marc Dru (le psy), Frank Marshall (le profiler) et Serge Miller (le flic), on aura aussi le droit aux points de vue de Lisa Gaspini et Richard Norias, sans oublier celui du tueur (Le Vétéran) ; et comme précédemment l’immersion dans la peau et l’esprit des personnages est complète.
Si l’intrigue n’est pas directement liée au précédent opus je vous recommande vivement de les lire dans l’ordre. Ce second tome apporte un regard nouveau (recul oblige) et complémentaire (les deux affaires cohabitent tout au long du roman) sur les faits décrits dans le précédent (entre les deux intrigues il s’est écoulé un peu moins d’un an), les personnages ont été fortement ébranlés par leur expérience commune (et chacun surmonte à sa façon le traumatisme) mais surtout, et ce serait de loin le plus regrettable, vous perdriez tout effet de surprise en lisant Les Cicatrices après celui-ci.
Je pense être quelqu’un de très ouvert en matière de paranormal, parapsychologie et tutti quanti, aussi un soupçon de ces petites choses dans un thriller ne me dérange pas mais là il y en a juste trop. Si j’étais plongé dans un thriller fantastique ça ne me dérangerait pas outre mesure, seulement voilà en ouvrant ce bouquin j’attendais un thriller fortement ancré dans le réel, comme son prédécesseur, ici la surenchère parapsychique nuit à l’ensemble plus qu’autre chose (c’est en tout cas mon opinion personnelle). Hormis ce petit bémol je tiens à préciser que vous aurez entre les mains un thriller aussi riche (et richement documenté) qu’efficace, rythmé et bourré de rebondissements, du haut de gamme ; disons qu’au lieu d’un brillant 10/10 je me contenterai de lui attribuer un 9 plus qu’honorable.
Il est indéniable que même l’intrigue globale est trop énorme pour que l’on y croie un seul instant mais malgré tout l’auteur parvient à nous faire entrer dans son jeu, du coup, bien sachant tout cela hautement improbable, on se laisse balader au fil des pages et plus on avance plus on brule d’impatience de connaître le fin mot de l’histoire.
Il semblerait que les bisbilles entre l’éditeur Transit et l’auteur se soient enfin réglées (l’éditeur a perdu les droits de la trilogie), Jac Barron travaille actuellement sur un tout autre roman, Addictions (à paraitre en novembre 2013) ; on peut donc légitimement espérer voir le troisième opus, Impulsions, courant 2014. Je suis curieux de savoir de quoi il sera question dans cet ultime opus, d’après le peu que j’ai pu lire çà et là il s’inscrirait vraiment dans la continuité des deux précédents tomes. Parmi le trio initial il en est qui ne seront forcément pas de la partie, tandis que certains personnages apparus dans Plasma joueront un rôle important dans ce volet final. L’attente sera d’autant plus longue que dans ses remerciements l’auteur promet de « passer à la vitesse supérieure » pour ce troisième opus…
[BOUQUINS] Anthelme Hauchecorne – Baroque ‘n’ Roll
Voilà un bouquin dont le visuel aura fait le plus gros du travail, ne connaissant pas l’auteur je serai passé à côté sans cette couv’, le titre et la quatrième de couverture ont fait le reste et me voilà en train de chroniquer Baroque ‘n’ Roll, un recueil de nouvelles, ou plutôt devrais-je dire un cercueil de nouvelles pour reprendre les mots de l’auteur, Anthelme Hauchecorne.
Ce cercueil/recueil propose quinze nouvelles piochant allégrement dans le vaste genre SFFF ou S3F (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique), l’auteur nous propose un vaste éventail du bestiaire du genre puisque l’on croisera au fil des pages : des diablotins, un vampire, des zombies, une fée, des extra-terrestres, et autres bestioles exotiques, même des superhéros ! L’auteur joue aussi sur les ambiances, on passe sans transition de l’humour (noir forcément) à quelque chose de plus brut, voire angoissant. Seule l’écriture reste la même (heureusement sinon on pourrait se demander si notre gars ne souffrirait pas de schizophrénie avancée), le ton est léger, ponctué de quelques remarques acidulées (voire franchement acides) de l’auteur. Si le genre est connu je peux toutefois vous assurer toutefois que l’originalité est belle et bien au rendez-vous, certaines trouvailles ne manqueront pas de vous surprendre…
L’auteur annonce la couleur dans son prologue avec deux définitions (que j’abrège ici) :
– Baroque : se dit de quelque chose d’irrégulier, de bizarre.
– Rock ‘n’ Roll : apologie de la transgression.
Prenez une dose de chacun de ces ingrédients, mélangez bien le tout et régalez-vous !
Avant d’entrer dans le vif du sujet l’auteur nous propose un rapide « historique » de chacune des nouvelles constituant ce recueil, quasiment toutes (il y en a une d’inédite dans le lot) sont issues d’anthologies, de fanzines ou webzines, publiées ici dans leur version d’origine ou retouchée pour l’occasion. La touche d’originalité de cette présentation tient au fait que l’auteur nous indique aussi l’ambiance musicale qui l’a inspiré au cours de la phase d’écriture (d’où le titre je suppose).
Je ne vais pas vous faire un topo sur chacune des quinze nouvelles, ça prendrait des plombes et ça n’avancerait pas à grand chose au final. Comme pour tout recueil de ce genre les différents récits sont inégaux, chacun appréciera plus ou moins, selon son propre ressenti. Pour ma part je n’ai relevé aucune fausse note, j’ai bien entendu mes préférences mais aucune nouvelle du présent volume ne m’a ennuyé ou déçu ; le choix de l’originalité et la variété dans la façon de traiter les divers thèmes abordés y sont sans doute pour beaucoup, le fait est que je me dois de tirer mon chapeau à Anthelme Hauchecorne, moi qui ne suis pas vraiment un amateur de recueil de nouvelles je me suis bien éclaté avec celui-ci.
Un second recueil/cercueil, Punk’s Not Dead, est annoncé pour le quatrième trimestre 2013, je m’en vais donc guetter les rayonnages de mes cimetières/librairies favoris afin de ne pas rater sa sortie, ensuite il sera toujours temps pour moi de me pencher sur ses romans si l’occasion se présente…
[BOUQUINS] Frédérique Deghelt – La Grand-Mère De Jade
Au programme de cette chronique un titre lu dans le cadre du Book Club de la Team AlexandriZ, un roman vers lequel je ne me serai pas naturellement porté mais étant ouvert à tout et au vu des nombreuses critiques positives j’ai décidé de jouer le jeu. L’heureux élu du mois de juillet 2013 est La Grand-Mère De Jade de Frédérique Deghlet.
Pour éviter que sa grand-mère, Mamoune, ne soit placée en maison de retraite, Jade, journaliste-pigiste, a « kidnappe » pour l’installer dans son appartement parisien. Au fur et à mesure qu’elles apprennent à se connaître et partagent leurs souvenirs, une véritable complicité nait entre les deux femmes. Un lien renforcé par l’amour des livres : tandis que Jade ambitionne de devenir écrivain, Mamoune s’avère être passionnée de littérature…
De prime abord, hormis l’amour des livres, je ne trouve rien de bien folichon là-dedans. Oui ce roman est une ode à la lecture et aux mots, ne serait-ce que pour ça il mérite largement que l’on s’y intéresse. Mais en plus il nous offre un formidable tourbillon d’émotions que l’on partage avec Jade et Mamoune, d’abord deux femmes qui se connaissent sans vraiment se connaître, puis qui se découvrent et tissent entre elles des liens qui vont bien au-delà des liens du sang. Impossible de rester de marbre face à la complicité qui unit ces deux femmes, avec elle on passe, du rire aux larmes sans aucune mièvrerie, des émotions vraies garanties sans guimauve ajoutée. C’est justement cette vérité dans les émotions qui fait que la sauce prend aussi bien et aussi vite.
Au fil des courts chapitres on passe d’un récit à la troisième personne pour suivre, vu de l’extérieur, le quotidien et les pensées de Jade, à un récit à la première personne, intime et direct, quand Mamoune nous livre ses impressions et ses souvenirs. Si la complicité entre ces deux femmes est touchante, leurs différences le sont tout autant, on assiste simultanément à deux visions de la vie, des sentiments, du temps qui passe et de l’avenir…
Pour couronner le tout la fin est des plus déconcertante, jamais je n’aurai imaginé un pareil baisser de rideau. Mais comme vous le savez déjà je ne vous en dirai pas plus. Lisez ce bouquin, quel que soient vos styles de lectures habituels je suis convaincu qu’il ne vous laissera pas indifférent.
J’ai abordé ce bouquin avec certaines réserves mais finalement il m’a profondément touché et totalement conquis (lu d’une traite dans la journée). Peut être en partie parce qu’il me renvoie l’image des échanges que j’aurai voulu avoir avec mon père avant qu’il ne « parte » (emporté par une longue maladie comme ils disent) plutôt que de me contenter du minimum syndical pour tout un tas de mauvaises raisons, aujourd’hui les non-dits sont condamnés à rester aux oubliettes (sans pouvoir être oubliés, ça serait trop simple) et même plus de 10 ans après son décès, j’ai encore du mal à me pardonner mon égoïsme et ma lâcheté de n’avoir osé faire le premier pas vers un « vrai »- dialogue…
Je ne me suis jamais fixé aucune limite quant à l’élargissement de mes horizons littéraires, j’ai mes genres de prédilection (et ils le resteront) mais reste ouvert à toute découverte, il faut juste le déclic pour me pousser vers ces « terres inconnues » ; merci aux Alexandriens et au Book Club de m’avoir permis de vivre une lecture qui met ud baume au coeur et à l’âme. Ne connaissant pas l’auteure il faudrait que je me penche sur ses autres titres, avec le même esprit de découverte, afin de voir si certains sont susceptibles de m’inspirer…
[BOUQUINS] Stéphane Beauverger – Le Déchronologue
Retour à mon challenge 100% SF avec un titre qui m’a été chaudement recommandé par Gruz (que je remercie pour cette excellente suggestion), j’ai nommé Le Déchronologue de Stéphane Beauverger.
XVIIème siècle, le capitaine Henri Villon et son équipage de flibustiers sillonnent les Caraïbes à bord de leur bâtiment le Déchronologue, en quête de galions espagnols à couler ou de quelques maravillas, ces trésors venus du futur, à glaner. Toutefois le Déchronologue est aussi investi d’une mission bien particulière, renvoyer dans leurs siècles les excursions ennemies venues d’autre temps, passés ou futurs, pour se faire l’équipage peut compter sur ses canons temporels. Sa rencontre avec un bâtiment de guerre venu du futur va totalement changer la donne…
Le bouquin se présente comme le journal de bord du Capitaine Villon, écrit en 1640 et 1653, mais ne se présente pas dans l’ordre chronologique d’écriture, on saute ainsi du chapitre 1 (1640) à 16 (1646) et ainsi de suite on fait des bonds en avant et des sauts en arrière ; ça pourrait paraître déconcertant mais finalement les chapitres s’enchaînent naturellement sans jamais casser le rythme de l’intrigue. Un pari osé pour l’auteur, que je ne connaissais pas du tout, mais au final l’auteur nous offre un véritable coup de génie plus que convaincant ; je suis même persuadé qu’en lisant le bouquin dans l’ordre chronologique il perdrait de sa magie (ne serait-ce que parce que c’est contraire à la volonté de son auteur mais aussi parce que ce choix vient souligner les distorsions temporelles).
L’intrigue démarre comme une vulgaire histoire de flibusterie avant de virer en uchronie où le passé, le présent et l’avenir s’affrontent, où le roman d’aventure croise la science-fiction. Un mélange plutôt étonnant et détonnant mais, une fois encore, l’auteur réussit un tour de force en rendant l’ensemble cohérent, on adhère sans se poser plus de questions que ça. Il faut dire que le style contribue beaucoup à cette cohésion, ne perdons pas de vue que notre héros vit au XVIIème siècle, il était donc important de restituer un style et un vocabulaire conforme à l’époque.
Au niveau des personnages le récit se concentre sur le capitaine Villon (et pour cause nous sommes sensés lire son journal) et son équipage, ou plutôt ses équipages au fil du temps et des bâtiments qu’il a commandé. Plus exotiques que les Espagnols, les Français et autres colons européens, on croise une étrange tribu d’indiens, les Itza (on apprendra plus loin ce qu’ils sont), mais surtout les mystérieux Targui, des êtres dont tout le monde se méfient mais dont on ne sait pas grand chose au final. La géographie du monde et plus particulièrement des Caraïbes évolue aussi au fil des tempêtes temporelles de plus en plus fréquentes, mais je vous laisse découvrir si cette évolution est positive ou négative.
Bien que n’étant pas un spécialiste, loin s’en faut, les Caraïbes du XVIIème siècle ainsi que la flibusterie semblent correspondre à la réalité (du moins à l’idée que je m’en fais) ; je suppose que l’auteur a dû sérieusement potasser le sujet (ce qui est confirmé par la bibliographie à la fin du roman) afin de combiner au mieux la réalité et la fiction. Uchronie oblige, l’Histoire suit un cours totalement différent de celui que nous connaissons (plus ou moins).
Sorti en 2009, Le Déchronologue peut se targuer d’afficher un joli palmarès de prix littéraires des genres S3F (Science-Fiction, Fantasy et Fantastique) dont le grand prix de l’Imaginaire 2010 et très honnêtement c’est plus que mérité. Outre une incontestable originalité le roman devient rapidement addictif, on brûle de découvrir les réponses aux multiples questions que l’on est amené à se poser au fil des pages et à force de patience notre curiosité sera satisfaite sur quasiment tous les points. Pour ceux qui, comme moi, se demanderaient la signification de CIRCA qui figure avant une année dans nombreux chapitres (ex. CIRCA 1653), sachez que cela signifie simplement non daté ou à différentes dates ; bin voilà je me coucherai moins con ce soir.
L’auteur a aussi à son actif une trilogie de SF, Chromozone, parue en 2005 mais qui semble avoir bénéficié d’un accueil nettement plus mitigé ; du coup je pense plutôt que je vais attendre son prochain roman en espérant faire le bon choix…
[BOUQUINS] Frédéric Mars – Le Manuel Du Serial Killer
Son précédent thriller, Non-Stop, m’ayant fait forte impression il me tardait de lire le nouveau roman de Frédéric Mars, Le Manuel Du Serial Killer. Rien que le titre ça me met l’eau à la bouche, voyons maintenant si le ramage se rapporte au plumage…
Thomas Harris, brillant étudiant en littérature à Harvard mais complexé par un oeil aveugle, se voit confier la chronique judiciaire du journal interne tandis qu’un tueur en série semble prendre pour cible les enfants de Boston. Entre les autopsies et les scènes de crime le jeune homme se rend vite compte qu’il n’est pas fait pour ça, du coup ; il se voit donc affecté à une maison d’édition spécialisée dans la littérature policière. Là il est chargé de faire un premier tri parmi les manuscrits que l’éditeur reçoit afin d’isoler ceux susceptibles d’être publiés. C’est alors qu’il tombe sur un manuscrit qui le trouble au plus haut point : Le Manuel Du Serial Killer ; un contenu malsain qui semble faire référence aux meurtres actuels…
Au vu du titre du bouquin on est ne droit de se demander si on aura le droit à mode d’emploi façon Serial killer pour les nuls ? Vous n’avez qu’à lire le bouquin si votre curiosité s’est soudain mise en éveil ; franchement il mérite le détour. Encore une histoire de tueur en série mais cette fois dénuée de tout aspect fantastique et abordée d’une façon totalement originale (si si c’est encore possible).
Vous ne suivrez pas un profiler de génie lancé sur les traces d’un redoutable tueur en série, ni ne plongerez dans l’esprit tourmenté d’un serial killer (quoi que ? Allez savoir…). Dès la première phrase de l’intro on plongé dans le grand bassin : « Dans deux ou trois heures tout au plus, ce garçon sera mort. » ; tout au long du roman l’auteur joue avec nos certitudes et nos doutes : coupable ou non coupable ? Si coupable, schizophrène ou parfait comédien ? Si non coupable, pourquoi une telle machination et qui est aux commandes ? Et autant vous l’annoncer de suite il le fait à merveille, bien malin celui ou celle qui devinera la fin avant de l’avoir lue (on devine certains aspects mais je peux vous assurer que dans l’ensemble vous n’aurez pas fini de vous triturer les méninges). Toutefois le plus important n’est pas la fin en soi mais le cheminement pour y parvenir, par moment on aurait pu craindre un raccourci casse-gueule mais Frédéric Marc nous offre un sans faute tout bonnement époustouflant et je suis convaincu que la fin vous laissera sur le cul.
L’essentiel de l’intrigue se joue entre le 24 octobre et le 1er novembre, huit jours particulièrement chargés pour Thomas Harris et Sophie Harris, son binôme sur le projet de rubrique judiciaire et meilleure (seule) alliée actuellement, homonyme mais sans lien de parenté. Ces deux personnages se complètent à merveille lors de leur enquête afin de trouver et comprendre la vérité.
Le bouquin se découpe en trois parties (portant les mêmes titres que le Manuel), à la fin de certains chapitres on trouve des compte rendus des séances de psychothérapie du Dr Adamson, qui suit Tom depuis son entrée à Harvard, ou encore des extraits du Manuel ; loin d’être purement décoratifs ces addendas permettent de lier ensemble certaines piéces du puzzle.
Dès que j’ai lu le nom du héros, Thomas Harris, homonyme du « père » d’un des serial killers littéraires les plus marquants (Hannibal Lecter du Silence Des Agneaux) je me suis demandé ce choix était un hasard ou un hommage ; je penchais pour la seconde option au vu des quelques références à Hannibal Lecter dans le récit, j’en ai eu confirmation par la suite.
Je reste intimement convaincu que si un tel manuel devait un jour être publié il connaîtrait un succès phénoménal, pas forcément en vue d’un prochain passage à l’acte mais par une curiosité morbide propre à l’être humain lambda, la même que celle qui pousse le quidam à s’arrêter après un accident dans l’espoir de voir la ou les victimes… Pour ma part je serai plutôt tenté de m’attaquer aux différents essais sur les tueurs en série écrits par Stéphane Bourgouin (le spécialiste incontesté sur le sujet en France) qui trainent depuis des lustres dans les méandres de ma bibliothèque numérique.
Visiblement l’éditeur (Black Moon du groupe Hachette) n’est vraiment au point quand il s’agit de produire des bouquins au format numérique, comme pour Non-Stop on retrouve trop d’images inutiles qui alourdissent le fichier final (4,9 Mo pour un bouquin n’ayant quasiment aucune véritable illustration c’est de la folie). Un peu de bricolage maison via Sigil et toutes les images pouvant être substituées par du texte (dont les extraits du fameux Manuel) ont l’ont été avant d’être virées de l’archive ; c’est certes un peu fastidieux mais au final le fichier ne pèse plus que 513 Ko, votre liseuse appréciera cette cure de minceur.
[BOUQUINS] Tir groupé sur les nouvelles…
D’habitude je ne chronique pas les nouvelles (hors recueil bien entendu) mais comme j’en avais trois sous le coude, et une quatrième que j’avais (in)justement passé sous silence, je me suis dit que ça valait peut être le coup de déroger à la règle en proposant un post groupé. Du coup je vous offre quatre courtes critiques (forcément s’agissant de nouvelles je suis moins prolixe que pour un roman).

Pierre Lemaitre – Les Grands Moyens
Lue dans le cadre de mon challenge 100% polar cette nouvelle nous propose de suivre le commandant Verhoeven et son équipe aux prises avec un poseur de bombe inhabituel, en effet l’homme se rend après son premier attentat, mais son arrestation n’est que le début d’une course contre la montre pour le moins explosive…
Chronologiquement cette nouvelle s’insère entre Alex et Sacrifices. Diffusée gratuitement sous forme de feuilleton (un épisode par jour) par Smartnovel j’ai attendu d’avoir l’intégrale avant de regrouper le tout en un seul fichier epub et de me plonger dans sa lecture. Si je devais résumer cette nouvelle en trois mots je dirai simplement : court mais efficace (comme quoi ce n’est pas la longueur qui importe mais la qualité… Bon OK long et bon c’est pas mal aussi). L’auteur parvient, en quelques pages, à nous scotcher et à nous surprendre (même si la fin est quelque peu prévisible).
Franck Thilliez – Le Grand Voyage
Proposée dans la collection Les Petits Polars Du Monde (le journal, Le Monde) cette courte nouvelle de Franck Thilliez démarre fort, Peter Anderson, citoyen américain sans histoire, se suicide après avoir buté sa femme et ses deux enfants ; comment et pourquoi en est-il arrivé là ? Tout a commencé 15 jours plus tôt sur un paquebot…
Franck Thilliez maîtrise à merveille les situations de huis-clos oppressants et cette fois encore, à bord d’un paquebot de croisière, il installe une ambiance aussi lourde que mortelle. On devine rapidement ce qui se passe à bord du navire à l’arrêt mais le lien avec le cas de Peter Anderson est plus complexe vu qu’il n’était pas à bord. Ce n’est qu’à la toute fin du récit que l’on apprend le pourquoi du comment de son acte ; et quelle fin magistrale ! Court mais intense.
Il va falloir que je commande le coffret proposé par Le Monde, regroupant treize nouvelles inédites écrites par de grands noms du polar français, à 29,5 € ce n’est pas donné mais la présentation est sympa et ça devrait promettre quelques heures de lectures captivantes (en plus de découvrir des auteurs que je ne connais pas).
Frédéric Mars – Le Livre Qui Rend Dingue
Des quatres nouvelles présentées ici c’est la seule qui ne soit pas un thriller, Frédéric Mars et les éditions StoryLab (dont le deal est de proposer des bouquins au format numérique qui se lisent en moins d’une heure) nous livrent un petit bijou du genre OLNI (Objet Littéraire Non Identifié). Imaginez que LE meilleur best-seller de tous les temps, unanimement salué par le public et la critique, provoque des effets secondaires plutôt inattendus chez bon nombre de lecteurs…
L’auteur ne se contente pas de nous offrir quelques pages drolatiques (pour ne pas dire totalement décalées), il balance sans vergogne sur le monde de l’édition, les auteurs et les éditeurs en prennent pour leur grade… Et aussi, un peu, les lecteurs. C’est parfois acide mais toujours traité avec humour et de façon intelligente. De fait la lecture est non seulement divertissante mais aussi franchement agréable. Pari réussi pour StoryLab et Frédéric Mars, ça se lit d’une traite en moins d’une heure, et on se régale du début à la fin. En trois mots : court et décapant !
Franck Thilliez & Laurent Scalese – L’Encre Et Le Sang
Encore Franck Thilliez mais cette fois Laurent Scalese s’est joint à lui pour nous proposer cette nouvelle qui mêle fantastique et thriller. William Sagnier, écrivain raté et volé, se rend à Hong Kong dans le but de tuer Cassandra Brandström et Jack Malcombe, respectivement éditrice et auteur à succès qui se sont appropriés son travail ; après avoir lamentablement foiré il erre dans les rues jusqu’à ce qu’il tombe sur une vieille machine à écrire. Il va rapidement se rendre compte que tout ce qu’il tape à la machine devient réalité, l’heure de sa vengeance a sonné…
A défaut d’être totalement originale l’intrigue est rondement menée, jusqu’au bout les deux auteurs nous scotchent à leur récit tant on a envie de savoir où tout ça va nous mener. Au fil de ces quelques pages je peux vous assurer que vous ne manquerez pas d’être surpris, jusqu’à la révélation finale qui est aussi bluffante que géniale. Pour être tout à fait franc j’ai par moment oublié que je lisais une nouvelle signée Thilliez et Scalese, j’avais l’impression d’avoir du Stephen King au sommet de son art entre les mains. Du grand art, donc pour résumer en trois mots : court mais génialissime !

