[BOUQUINS] Neal Shusterman – La Faucheuse

N. Shusterman - la FaucheuseIl aura fallu un Book Club pour que je découvre le roman de Neal Shusterman, La Faucheuse. Premier opus d’une trilogie classée young adult (collection R de Robert Laffont).
Citra Terranova et Rowan Damisch sont deux adolescents qui ne se connaissent pas, mais qui ont pourtant rendez-vous le même jour, à la même heure, au même endroit… avec la même personne : Maître Faraday, un Faucheur. Ce dernier leur propose de les prendre comme apprenti, sachant toutefois que seul l’un d’entre eux pourra accéder au rang de Faucheur…
J’avoue sans complexe que j’ai tendance à fuir la littérature estampillée young adult, quels que soient l’éditeur et l’auteur. Mais bon face à l’engouement suscité par ce bouquin j’ai décidé de laisser mes réticences de côté et de céder à la curiosité. Et grand bien m’en a pris !
Contre toute attente j’ai tout de suite été happé par l’intrigue et les personnages, il faut dire que l’auteur sait s’y prendre pour ferrer ses lecteurs. Les rebondissements et autres revirements de situation ne manquent pas. Les chapitres sont courts, le style direct, on est immédiatement en immersion au coeur de l’intrigue. Franchement la lecture de ce bouquin fut une excellente surprise.
L’intrigue nous entraîne dans un futur indéterminé, la maladie et la mort ont été éradiquées, une intelligence artificielle assure une vie confortable à toute la population. Pour éviter tout risque de surpopulation, la Communauté des Faucheurs a été mise en place. Les Faucheurs doivent éliminer définitivement (ils préfèrent le mot glaner à tuer) un certain quota d’individus choisis selon leurs propres critères, mais en évitant, autant que possible, toute forme de discrimination. Une communauté régie par dix commandements, à la fois crainte et respectée de par les pouvoirs qui lui sont accordés.
Il ne faut que deux chapitres à Neal Shusterman pour poser les bases de son intrigue, dès le troisième Citra et Rowan seront confronté à un choix susceptible de changer à jamais leur vie. Ensuite l’auteur nous entraîne au sein de la Communauté des Faucheurs, on y découvre progressivement son fonctionnement. Mais aussi une communauté rongée par des tensions plus ou moins latentes entre Faucheurs et bien loin d’être aussi vertueuse qu’elle devrait l’être.
J’ai beaucoup aimé les personnages de Citra et Rowan, de prime abord tout les oppose, mais ils finiront rapidement par se serrer les coudes au fil de leur apprentissage. Je ne peux malheureusement guère m’étendre sur l’évolution des personnages, car cela m’obligerait à révéler un tournant décisif de l’intrigue.
Pour ceux qui seraient frileux à l’idée d’entamer une nouvelle série, sachez que ce tome se termine et peut se lire comme un one-shot. Même en l’absence de cliffhanger, je suis convaincu que, comme moi, il vous tardera de découvrir la suite… mais il vous faudra être patient, le tome 2 est annoncé en VO pour le dernier trimestre 2017.
Maintenant que je sais que le young adult peut réserver de belles surprises, il est peut-être tant que je sorte ma trilogie Kaleb des méandres de mon Stock à Lire Numérique. Le titre, signé Myra Eljundir a lui aussi publié dans la collection R, cerise sur le gâteau, l’auteure n’est autre que Ingrid Desjours.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Lincoln Child – La Bête D’Alaska

L. Child - La Bête d'AlaskaPetit changement de dernière minute dans mon périple en compagnie de l’éditeur Ombres Noires, plutôt que de revenir à Michaël Mention pout cette ultime (mais temporaire) étape, j’ai privilégié la découverte en optant pour La Bête D’Alaska de Lincoln Child.
Au cours d’une expédition en Alaska, une équipe scientifique découvre une créature difficilement identifiable prise dans une gangue de glace. Les sponsors de l’expédition, une chaîne de télévision, décident d’exploiter le filon que représente une telle expédition en tournant un documentaire. L’arrivée des équipes de tournage dans l’ancienne base militaire va quelque peu bouleverser le quotidien des scientifiques…
C’est le premier roman de Lincoln Child que je lis, je ne savais donc pas vraiment à quoi m’attendre. L’intrigue faisant intervenir un personnage récurrent de l’auteur (Jeremy Logan, énigmologue de son état) j’ai supposé un thriller plus ou moins ésotérique façon Da Vinci Code. Et bien que nenni, point vraiment d’énigme ou de symbole à déchiffrer, en lieu et place l’auteur nous propose un thriller fantastique qui n’est pas sans rappeler le film The Thing de John Carpenter (1982).
Pour rester au chapitre des énigmes la série Jeremy Logan compte actuellement quatre titres, tous dispo en français. Bien que La Bête D’Alaska soit le dernier en terme du publication en français, il est le second de la série en version originale. Les tomes 1 et 3 ont été publié par Michel Lafon (respectivement en 2007 et 2013), c’est Ombres Noires qui prendra le relais en 2015 pour le quatrième opus, avant de nous proposer ce « chaînon manquant » en 2016.
Petite piqûre de rappel pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas The Thing, le film confronte une équipe scientifique isolée dans une station de recherche en Antarctique à un monstre surgelé qui a décidé de sortir de son long sommeil cryogénique.
Remplacez l’Antarctique par l’Alaska et vous obtenez le même cadre aussi isolé que inhospitalier. Saupoudrez le tout de quelques humains qui font autant de cibles potentielles. Lâchez une méchante bestiole au milieu de tout ce petit monde. The show must go on !
Force est de reconnaître que dans ce second volet de ses aventures notre énigmologue se fait voler la vedette par les chercheurs (Evan Marshall fait davantage office de personnage central de l’intrigue) mais aussi par les militaires et l’équipe de tournage. Sans doute le climat qui ne lui convient pas…
A défaut d’être totalement novatrice l’intrigue reste maîtrisée et suffisamment addictive pour que l’on ait envie d’en savoir plus et de connaître le fin mot de l’histoire. La galerie de personnages offre des personnalités diverses et variées, certains vous seront sympathiques, d’autres un peu moins et d’autres carrément exécrables. Là encore on a ce qu’il faut pour nous donner envie d’aller toujours plus en avant dans le récit.
Enfin l’auteur profite de son intrigue, et de son cadre, pour nous sensibiliser au réchauffement climatique. Confortablement vautrés dans nos canapés le concept peut nous sembler très théoriques, d’autres subissent rudement cette triste réalité. D’autres thèmes scientifiques et humains sont abordés avec plus ou moins de profondeur.
Un bon moment de lecture sans pour autant être indispensable. Suffisant toutefois pour me donner envie d’aller plus avant dans l’univers littéraire de Lincoln Child (en solo ou en duo avec Douglas Preston) et de m’intéresser de plus près au cas Jeremy Logan.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Stefan Petrucha – Deadpool : Apocalypse Chiots

S. Petrucha - DeadpoolJe connaissais bien des déclinaisons de l’univers Marvel (comics, films, séries TV ou encore dessins animés) mais jamais encore je n’avais vu une adaptation en roman. Une idée que l’on doit aux éditions Huginn & Muninn et c’est sous la plume de Stefan Petrucha que Deadpool fait ses premiers pas romanesques avec Apocalypse Chiots, une aventure aussi déjantée que son (super) héros.
Quand d’adorables chiots se transforment en mutants géants et destructeurs, le SHIELD n’a d’autre choix que de faire appel à Deadpool pour affronter une pareille situation de crise. Sa mission : trouver les chiots avant qu’ils ne se transforment et neutraliser les mutants… et rien que les mutants !
Au risque de décevoir les puristes j’ai découvert le personnage de Deadpool via le film homonyme et j’ai tout de suite accroché à cette personnalité complètement déjanté et à un univers très second degré. Enooorme coup de coeur pour le film mais malgré tout j’avais quelques doutes quant à une adaptation en roman.
Bien entendu le bouquin est écrit à la première personne, Deadpool, parfaitement conscient d’être un personnage de fiction, s’adresse directement au lecteur avec son franc parler habituel et son humour ravageur (le tout bien – trop ? – aseptisé afin de toucher un public plus large). Notre mercenaire sociopathe s’offre même le luxe d’être un tantinet schizo, à ce titre il est fait un très bon usage des polices de caractère afin de d’identifier les voix qui cohabitent avec Deadpool et lui causent souvent. Il ne faudra que quelques pages pour balayer les doutes qui me titillaient.
Je n’irai pas non plus crier au chef d’oeuvre, disons que c’est une lecture agréable et divertissante (rires et sourires ont été de la partie), ce qui n’est déjà pas si mal. Une lecture qui m’a donné envie de revoir le film, il va falloir que je m’offre le blu-ray en attendant le second volet (prévu pour mars 2018).
Je ne m’attarderai pas sur l’intrigue qui n’est que prétexte à laisser Deadpool faire son numéro… un prétexte qui oscille entre l’absurde et le burlesque. A noter toutefois qu’en guest stars nous aurons le droit à un passage express mais remarqué de deux Avengers, Hulk et Spiderman.
L’éditeur a lancé sa collection Marvel avec deux univers qui ont cartonné au box office, le second roman de la collection, sorti en même temps que Deadpool, est en effet consacré aux Gardiens de la Galaxie. Peu à peu l’univers littéraire de Marvel s’étoffe avec les sorties de Civil War et de Dr Strange (encore des cartons au box office).

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Bernard Werber – Demain Les Chats

B. Werber - Demain Les ChatsBernard Werber fait partie de mes incontournables, si en plus il met les chats à l’honneur dans son dernier roman, Demain Les Chats, tout est fait pour qu’il se retrouve au sommet de mon Stock à Lire Numérique, et ce malgré une rude concurrence dans la file d’attente (Stephen King, RJ Ellory, Donato Carrisi… entre autres).
Bastet mène sa paisible vie de chat avec son humaine dans un appartement de Montmartre, sa rencontre avec Pythagore, le chat de la voisine, va lui apporter un éclairage nouveau sur les liens qui unissent les chats et les humains. Plus que jamais Bastet est convaincue de la nécessité de communiquer avec les humains…
Si comme moi vous avez un chat et que vous aimez sa compagnie, vous avez certainement eu, plus d’une fois, la sensation qu’il vous considère comme son humain et non l’inverse (en aucun cas, il ne pourrait envisager d’être votre chat ou, pire encore, votre animal de compagnie… un statut bien trop dégradant pour sa noble personne). C’est en tout cas clairement la position de Bastet, la nouvelle héroïne de Bernard Werber.
Quand Pythagore va lui raconter l’évolution des relations entre les chats et les humains au fil des âges, elle sera tantôt confortée dans son idée, tantôt nettement plus dubitative. Il faut dire aussi que le chat ne fait pas les choses à moitié, il aura tour à tour été déifié puis diabolisé par les humains… Alors l’avenir de l’homme passe-t-il par le chat ?
Il faut bien reconnaître aussi que Bernard Werber ne place pas le genre humain dans la position la plus confortable qui soit. Son récit se situe en France dans un avenir incertain, le pays est déchiré par une déferlante d’attentats terroristes, on est aux portes de la guerre civile. L’ennemi n’est jamais nommé et ce n’est pas une nécessité : des barbus, fanatiques religieux, qui se regroupent sous un drapeau noir ; pas besoin de mettre un nom sur cette chose qui ne nous est que trop familière. La sagesse du chat est-elle la réponse à la connerie de l’humain ?
Si l’auteur prend (peut être) quelques libertés avec l’Histoire, nous ne lui en tiendrons pas rigueur, sa motivation est uniquement de mieux intégrer les faits à son intrigue. Un roman qui n’est certes pas destiné aux seuls ailurophiles (amoureux des chats, si, si ça s’appelle comme ça) mais clairement à un lectorat qui connaît et apprécie Bernard Werber. Ce n’est pas avec ce roman que l’auteur séduira un public plus large, on est clairement dans une histoire werberienne avec un style werberien.
Pour ma part je fais doublement partie du public visé, j’aime les chats et j’apprécie le travail de Bernard Werber. J’ai donc passé un agréable moment avec ce roman mais pour être totalement objectif je dirai que c’est un divertissement qui assure à peine plus que le minimum syndical, globalement ça aurait mérité un peu plus de densité pour emballer totalement le lecteur. Ca se lit vite et bien, aucun risque de surchauffe neuronale, le contrat est rempli mais il n’empêche qu’on a l’impression que l’auteur est resté dans sa zone de confort avec aucune prise de risque.

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Edith Couture Saint-André – Le Dernier Noël De Lucifer

ECSA - Le dernier noël de LuciferJe vous avais prévenu que vous retrouveriez très vite Mathilde et Lucy dans ces colonnes, et bien voilà qui est chose faite. Suite des aventures de cet improbable duo avec Le Dernier Noël De Lucifer, sous la plume d’Edith Couture Saint-André.
Surpriiise ! A peine rentrés de leurs vacances à Key West, Mathilde et Philippe sont convoqués au commissariat. Une certaine Lucy Feriale, arrêtée pour prostitution, affirme vivre chez eux. Et voilà nos deux tourtereaux plus ou moins contraints d’héberger une Lucy complètement désemparée. Et elle a de quoi, non seulement le Patron l’a virée, mais en plus elle est réduite à une condition de « simple humaine »…
Comme souvent en abordant une suite, je craignais une impression de déjà-vu, mais dès les premières pages l’auteure balaie mon appréhension en offrant au récit une tournure pour le moins inattendue. Mathilde et Philippe vont devoir se coltiner une colocataire pour le moins atypique, mais aussi et surtout une colocataire qui ignore tout du fonctionnement du corps humain et de la vie en société. Ca promet des moments de franche rigolade, à ce titre le premier repas de Lucy est un grand moment de franche poilade.
Ce second opus est peut être un tantinet plus « sérieux » que le premier mais rassurez-vous, les traits d’humour et/ou les piques ne sont jamais bien loin. Moins d’échanges sur le divin mais davantage sur l’humain ; le ton est différent mais toujours aussi agréable à lire et nous en met encore plein les zygomatiques.
Lucy, d’abord anéantie par sa condition humaine, va peu à peu s’habituer à ce nouvel état et aux multiples découvertes que cela lui réserve. Il n’en reste pas moins que comme colocataire elle est souvent une parfaite tête à claques. Mais qui sait, peut être finira-t-elle même par apprécier son humanité ?
Eté comme hiver, le duo Mathilde et Lucy (sans oublier Philippe et Sandy) est une garantie de bonne humeur avec parfois une pointe de cynisme (heureusement, il eut été dommage de se mettre à patauger dans la guimauve). Eté comme hiver leur mésaventures hors normes se lisent d’une traite. Oooh I feel good… one more time !
Bon allez je reconnais que la fin m’a fait un choc, mais avec le recul (pas trop long, je suis du genre à écrire mes chronique à chaud) elle est logique, voire s’imposait d’elle même. Bien entendu vous comprendrez que je ne puisse pas m’étendre davantage sur la question…
Une fois de plus je remercie Edith Couture Saint-André et ChrisEbouquin pour cette belle découverte et ces moments de lecture qui font du bien au coeur et à l’âme.

MON VERDICT
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Morceau choisi

Les règles de fonctionnement d’un homme selon Philippe (et il n’a pas complètement tort)…

« Les hommes ne savent pas lire dans les pensées. Ergo : les sous-entendus subtils ne marchent pas, les sous-entendus moins subtils ne marchent pas non plus, pas plus que les allusions. Dites-le, c’est tout.
« ‘Oui’ et ‘non’ sont des réponses parfaitement acceptables à pratiquement toutes les questions.
« Quand vous avez un problème, venez nous voir seulement si vous avez envie qu’on vous donne la solution. Si c’est pour vous plaindre, il y a les copines.
« Tout ce qu’on a pu dire il y a six mois ou plus est non recevable dans une engueulade. En fait, tout commentaire qu’on a pu émettre devient nul et non avenu au bout de sept jours.
« Dans la mesure du possible, dites ce que vous avez à dire pendant la pub.
« Sachez une fois pour toutes que les hommes ne voient que seize couleurs, celles des paramètres par défaut de Windows. Pour nous, ‘pêche’ est un fruit, pas une couleur. Pareil pour ‘pomme’ et ‘citron’. Sachez qu’on n’a aucune idée de ce qu’est le fuchsia.
« Si on vous demande ce qui ne va pas et que vous répondez « rien », on agira exactement comme si tout va bien. On sait que vous mentez, mais on s’en branle.
« Ne nous demandez pas à quoi on pense à moins d’être prête à parler foot, bagnoles ou jeux vidéo.
« Vous avez assez de fringues, vous avez trop de chaussures, nous sommes en forme, ‘Rond’ est une forme ».

Et en bonus (Mathilde et Philippe) :

Pétée de rire, je lui ai suggéré de rajouter une rubrique ‘lunette des chiottes’ :
« Si elle est levée vous l’abaissez comme une grande fille, on n’entend jamais gueuler un mec quand vous l’avez laissé baissée alors qu’on a besoin qu’elle soit levée. Foutez-nous la paix avec ça ».
« Je mets tout de suite sur la liste et j’ajoute l’incontournable : si tu penses que t’es grosse, c’est probablement vrai. Alors ne demande pas ».
Celle-là m’avait flinguée.
« Que penses-tu de : si quelque chose qu’on a pu dire peut être interprétée de deux façons différentes et que l’une d’elles te rend triste ou te met en colère, on voulait dire l’autre ? »

[BOUQUINS] Edith Couture Saint-André – Mon Eté Avec Lucifer

ECSA - Mon été avec LuciferDirection le Québec pour cette nouvelle chronique, au menu du jour, Mon Eté Avec Lucifer, signé Edith Couture Saint-André.
Mathilde a 60 ans, comme bon nombre de ses semblables elle aimerait échapper aux méfaits du temps qui s’écoule inexorablement. Sa rencontre avec la jeune et truculente Lucy Fériale pourrait bien être la réponse tant attendue. Mais faut-il prendre au sérieux sa proposition ? Mathilde lui donne trois noms, trois personnes qui lui ont pourri la vie ; non seulement Lucy se débarrasse des « cibles » mais en plus elle lui redonne les années perdues par leur faute. Tentant, certes, mais conclure un pacte avec le Diable n’est jamais sans conséquences…
Un titre arrivé entre mes mains par le biais de ChrisEbouquin, numérisatrice de son état, pour Flamant Noir notamment, mais aussi à son propre compte, comme ce fut le cas pour ce roman. Déçue par le (non) travail de son éditeur, l’auteure a pris contact avec Chris afin de repartir sur de bonnes bases… sur les pistes (parfois cahoteuses) de l’édition indépendante.
Parce qu’il faut bien lui coller une étiquette, j’ai opté pour fantastique (on cause tout de même de Lucifer, ce n’est pas tous les jours qu’on le croise à la boulangerie). Mais le cantonner à cet aspect serait trop réducteur. Le roman a aussi une certaine dimension, sinon sociale, à tout le moins humaine ; nous sommes tous confrontés au vieillissement, au temps qui passe et à ses conséquences, sans parler de l’issue qui nous attend tous au bout du chemin. Je suppose que pour nous, les hommes, la question n’est peut être pas aussi préoccupante que pour la gente féminine (quoique, quand je vois le développement de la gamme cosmétique pour hommes je me dis que je dois être l’un des derniers dinosaures).
Même sans se sentir directement concerné il faut bien avouer que ce sont des thèmes plutôt sérieux, mais rassurez vous, pas de coup de blues à l’horizon après avoir lu ce bouquin. Au contraire l’auteure opte d’emblée pour un ton décalé, bourré d’humour et de traits d’esprit ; rien de tel pour dédramatiser et booster les zygomatiques.
Si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous n’êtes pas sans savoir que je suis un athée, non seulement je l’assume mais en plus je revendique le droit de le crier haut et fort. A ce titre je dois bien reconnaître que la réécriture de certains passages de la Bible par Lucy est purement est simplement jouissive, quelle poilade (les grenouilles de bénitier ont dû finir avec des ampoules aux doigts à force de se singer… oups, signer… oui je sais, c’est petit).
J’ai passé un très bon moment avec Mathilde et Lucy, sans oublier bien entendu les amis de Mathilde, dont Sandy (qui use et abuse de tous les moyens possibles et imaginables pour lutter contre les signes du temps) et Philippe (le confident de toujours, pour le meilleur et pour le pire). Le style est léger, la lecture fluide et la bonne humeur omniprésente. Oooh, I feel good !
Un grand merci à Edith et à Chris pour cette découverte. Il me tarde de retrouver tout ce petit monde. Ah oui j’oubliais… il y a une suite. Et vous savez quoi ? Elle devrait très vite faire l’objet d’une prochaine chronique.

MON VERDICT
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Une preuve de plus, même si j’en suis de plus en plus convaincu, que l’auto-édition et l’édition indépendante n’ont pas à rougir face aux grosses machines à fric commerciales. Ces derniers temps je suis tombé sur de véritables pépites.
Un grand merci à vous qui avez su me faire rêver sans saigner à blanc mon portefeuille : Sébastien Tessier, Sara Greem, Jac Barron, Sosthéne Desanges, Frédéric Gynsterblom, Frédéric Clémentz, Céline Barré, Paul Clément, Elen Brig Koridwen et Edith Couture Saint-André. Et mille pardons à ceux que j’ai oublié de citer.

[TV News] Stranger Things

Stranger ThingsQuoi de neuf dans la petite lucarne ? Si je devais compter sur les programmes TV j’aurai tendance à répondre que nous n’avons pas grand chose de croustillant à nous mettre sous la dent compte tenu des vacances en Métropole. Heureusement il est toujours possible de dégoter de belles surprises en fouinant un peu, telle que la série TV Stranger Things produite par The Duffer Brothers (Matt & Ross) pour Netflix.
1983, Hawkins, Indiana. Mike (Finn Wolhard), Lucas (Caleb McLaughlin), Dustin (Gaten Matarazo) et Will (Noah Schnapp) sont les meilleurs amis du monde même s’ils font figure de losers dans leur collège. Quand Will disparaît mystérieusement un soir, ses trois copains n’hésitent pas à se lancer à sa recherche. Au cours d’une de leur escapade nocturne, ils croisent Onze (Millie Brown), une gamine énigmatique qui semble perdue au milieu des bois. Rapidement leur nouvelle amie va s’avérer être une alliée de poids dans leur recherche…
Pour sa nouvelle série événement Netflix opte pour un format relativement court (huit épisodes de 50 minutes chacun). Le succès est immédiat, à tel point que même la chaîne semble pris de court par l’engouement du public.
Il faut dire que la série est addictive dès le premier épisode, on fait un bond en arrière, en totale immersion dans les eighties. Mais Stranger Things est avant tout une belle histoire d’amitié et d’aventure avec un apport d’éléments fantastiques. Imaginez un mix entre Les Goonies (par la bande de pré-ados qui se lance à l’aventure), Poltergeist (pour les manifestations paranormales dans la maison des Byers) et Alien (pour certains aspects de la créature). Le tout savamment dosé, vous obtiendrez alors une intrigue qui flirte avec le sans faute et saura jouer avec une large palette d’émotions.
Comme toute série qui souhaite assurer dans la durée, il faut que les personnages soient particulièrement soignés. Et c’est le cas ici, là encore on frôle la perfection absolue. Evidemment Mike et ses potes seront au centre de la série, des pré-ados qui vivent dans leur monde, unis par une passion commune pour le cinéma et les jeux de rôles. C’est au nom de leur amitié qu’ils se lanceront dans une aventure qui les dépasse.
Puis il y a Onze, de loin le personnage le plus charismatique (et le plus énigmatique) de la série. Elle doit son nom au chiffre 11 (Eleven en anglais) tatoué sur son bras. Ses nouveaux amis n’hésiteront pas à la surnomme Elfe (Elven en anglais). Au découvre ses origines et son histoire au fil des épisodes.
Leurs aînés ne sont pas en reste. On croisera notamment Jonathan (Charlie Heaton), le frère de Will, un ado introverti, passionné de photo ; Nancy (Natalia Dyer), la soeur de Mike, apprentie rebelle en quête d’identité et son petit ami Steve (Joe Kerry), un petit con prétentieux de prime abord, mais peut être mérite-t-il une seconde chance.
Enfin quelques adultes veillent au grain… quoique, rien n’est moins sûr. Joyce Byers (Winona Ryder), la mère de Will, convaincue que son fils est vivant et essaye de communiquer avec elle via les ondes électriques. Jim Hopper (David Harbour) le chef de la police de Hawkins, souvent borderline il ne s’est jamais remis de la mort de sa fille. Sans oublier le Dr Martin Brenner (Matthew Modine), dans le rôle du chercheur fou qui semble à l’origine de tout ce bordel.
Que vous soyez nostalgique des eighties ou pas, intéressés, intrigués ou simple curieux, je vous invite à vous ruer sur cette série qui n’en finira pas de vous surprendre et saura certainement vous séduire en titillant la bonne corde sensible.
Une deuxième saison est d’ores et déjà en chantier, mais pour le moment le mystère reste entier quant à son contenu. Le même mystère entourait cette première saison, on ne peut qu’espèrer que la seconde soit au même niveau, voire encore plus intense…

[BOUQUINS] Paul Clément – Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule

P. Clément - Les DécharnésComme ça faisait un bail que je ne m’étais pas offert une escapade à Zombieland j’ai décidé de renouer avec le doux fumet de la chair avariée, mais attention je fais dans le zombie 100% made in France avec Les Décharnés : Une Lueur Au Crépuscule, premier roman de son auteur, Paul Clément.
Patrick un agriculteur bourru et solitaire prend une bière sur sa terrasse le jour où l’humanité s’est effondrée sous ses yeux. Sortie d’un embouteillage sur la route non loin de sa propriété, une horde de zombies attaque tout ce qui bouge, grossissant ainsi les rangs des morts vivants. Patrick s’enferme alors chez lui, bien décidé à s’isoler le temps qu’il faudra, sourd aux appels à l’aide des survivants apeurés. Et pourtant il ne pourra rester insensible face à la détresse d’Emma, une gamine dont la mère vient d’être tuée…
Ce qui fait du bien en lisant ce bouquin c’est que l’on sent la passion, on sait rien qu’en le lisant qu’il a été écrit avec le coeur et les tripes. Oui, Paul Clément s’est donné à fond et l’on ne peut que s’en réjouir car son roman est une réussite.
Il faut dire que passionné l’auteur l’est indéniablement, limite obsédé même, par la culture zombie. Il est le fondateur et rédacteur en chef (sous le pseudo Squeletor) du site MyZombieCulture.com, une référence francophone en matière de culture Z.
La grande originalité de ce roman est de se dérouler en Provence, pour moi en tout cas c’est une première, une histoire de zombies 100% française. Hormis cette particularité géographique le roman suit les règles du genre, règles parfaitement connues et maîtrisées par son auteur comme vous pouvez le deviner.
La force de cette intrigue, afin qu’elle ne devienne pas une énième histoire de zombies noyée dans la masse, repose sur ses deux personnages principaux, un duo pour le moins improbable et atypique. Patrick, agriculteur vieillissant et bedonnant est un solitaire à tendance asocial, grincheux et bourru pourrait on ajouter histoire de compléter le tableau. Et pourtant au contact d’Emma, une gamine qui a tout perdu hormis sa candeur et son innocence, il va renouer avec une humanité qu’il avait enfoui au plus profond de son être. Au fil des pages nous assisterons à la transformation de Patrick tandis que sa relation avec Emma se forge. Une relation touchante qui apporte une touche d’humanité au milieu d’une réalité devenue hostile.
Mais n’allez pas croire que l’auteur donne dans la guimauve, le duo devra se plier aux rudes conditions de survie imposées par la situation. Les zombies sont fidèles à ce que l’on peut attendre d’eux, cons comme des manches mais affamés et dangereux… et bien entendus plus ou moins avariés. Sans forcer sur les descriptions l’auteur nous communique cette menace permanente qui plane sur ses deux héros.
Et les survivants alors ? J’aurai tendance à dire aux fans de The Walking Dead, souvenez-vous de Woodburry et du Sanctuaire… les vivants sont parfois bien plus dangereux que les zombies. Patrick et Emma en feront la triste expérience. Comme le dit fort justement Emma : « Il est pas comme les zombies, eux ils font pas exprès. »
Je terminerai en restant dans l’univers de The Walking Dead, si vous me suivez depuis déjà quelques temps vous savez que je suis un inconditionnel de la série TV, j’ai retrouvé dans Les Décharnés tout ce qui fait que je suis accro à TWD. Je l’ai lu avec autant de plaisir que quand je découvre une nouvelle saison de TWD, d’ailleurs il fera office de parfaite mise en bouche avant de me lancer dans la sixième saison.
Chapeau bas à Paul Clément qui, avec ce premier roman, s’impose d’ores et déjà comme un incontournable de la littérature zombie. Vivement le prochain (pour bientôt sauf erreur de ma part) !

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Frédéric Gynsterblom – Nema

F. Gynsterblom - NemaMes prochaines lectures seront consacrées à des romans écrits par des contacts Facebook, que ce soit à leur demande ou de ma propre initiative. C’est Frédéric Gynsterblom qui ouvre le bal avec Nema, son dernier opus. Une lecture dont je suis le seul initiateur.
Marc Labaume est passionné de magie noire, son but ultime : percer les secrets de la magie du sang afin de parvenir à l’immortalité. Pour y parvenir il n’hésitera pas s’enfoncer toujours plus loin dans les rituels les plus obscurs. Il y trouvera des réponses, mais pas celles qu’il cherchait…
J’ai découvert cet auteur avec Help Me, et celui-ci m’avait déjà fait forte impression avec son habile mélange entre thriller et fantastique sur un fond très glauque. Inutile de préciser que, compte tenu de la toile de fond proposée par Nema, l’auteur peut aller encore plus loin. Et il y va ,sans peur et sans reproches !
L’intrigue intègre certaines bases bien réelles, qu’il s’agisse de références citées (j’ai, il y a fort fort fort longtemps, lu quelques essais de l’écrivain Jean-Paul Bourre ayant trait aux sciences occultes… par simple curiosité) ou par des ordres et organisations mentionnés dans le roman (les plus curieux pourront faire quelques recherches via Internet). Bref l’auteur ne s’est pas lancé tête baissée en donnant libre cours à son imagination, il y a eu un vrai travail de recherche autour de l’occultisme et du satanisme. Ceci dit Frédéric Gynsterblom a aussi une imagination débridée qui fera le régal du lecteur à la recherche de sensations fortes…
Bin oui autant vous le dire de suite ce roman n’est pas à mettre entre toutes les mains. Non seulement les thèmes qu’il aborde pourront rebuter les curieux les plus cartésiens, mais en plus l’intrigue est à la fois cash et trash. Âmes sensibles s’abstenir !
Contrairement à ce que l’on pourrait penser à la lecture des premiers chapitres, l’intrigue ne consiste pas uniquement à une descente de plus en plus loin dans l’horreur. D’une part il existe un vrai scénario, qui vous réservera quelques surprises de taille (perso il m’a laissé sur le cul plus d’une fois). D’autre part les personnages bénéficient d’un traitement soigné (dans leur personnalité pas forcément dans leur destinée) qui évite les clichés trop faciles du satanisme. Enfin l’auteur ne se complaît pas dans des descriptions outrancières, juste pour le plaisir de faire plus trash que trash, il y a ce qu’il faut où il faut.
J’ai retrouvé ce qui m’avait plu dans Help Me, notamment un style agréable à lire, sans fioriture mais soigné. Si Help Me aurait pu être plus étoffé sur certains aspects de l’intrigue, ici l’ensemble est très bien dosé, on referme le bouquin sans questions restées sans réponse. Pour tout vous dire je l’ai commencé ce matin et je ne l’ai plus lâché avant le clap de fin.
Ah si j’en ai une petite, pour la route : pourquoi Nema ? C’est pas que ça va m’empêcher de dormir mais je n’ai pas compris (en admettant qu’il y ait quelque chose à comprendre) ce titre.

MON VERDICT
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[TV News] iZombie

iZombieLes zombies ont le vent en poupe depuis quelques années, et pourtant trouver une intrigue qui sorte des sentiers battus et rabattus n’est pas une mince affaire. Rob Thomas et Diane Ruggiero (le duo à l’origine de Veronica Mars, série et film) ont pourtant relevé le défi avec la série iZombie.
Olivia Moore (Rose McIver) était une brillante étudiante en médecine, jusqu’à ce qu’elle soit tuée et reprenne conscience en tant que zombie. Depuis elle travaille comme assistante à la morgue, un job idéal qui lui procure toute la nourriture dont elle peut avoir besoin. Elle se rend rapidement compte qu’en se nourrissant des cerveaux des victimes elle partage leurs souvenirs et une partie de leur personnalité. Un atout de taille pour prêter main forte à la police dans les cas d’homicide…
On est loin du zombie qui se traîne maladroitement en multipliant les borborygmes gutturaux, Olivia mène une vie plus ou moins normale, partagée entre sa famille, son quotidien et son travail. Quotidien qui sera quelque peu bouleversé quand elle réalisera qu’elle n’est pas la seule zombie en ville , et que nombre de ses pairs, menés par Blaine DeBeers (David Anders) sont bien moins intentionnés qu’elle.
Heureusement elle pourra compter sur l’aide de son patron, le Dr Ravi Chakrabati (Rahul Kohli), le seul à être au courant de sa condition, et du lieutenant Clive Babinaux (Malcom Goodwin) qu’elle assiste dans ses enquêtes en se faisant passer pour une médium.
La série est une libre adaptation d’une BD signée Chris Roberson et Mike Allred pour DC Comics. Cette première saison compte 13 épisodes de 42 minutes, diffusée aux USA par The CW, c’est France 4 qui en a acquit les droits pour la version française.
Habile mélange entre fantastique et policier, la série est plutôt agréable à suivre (même si ça ne vaut pas The Walking Dead), sa principale force étant de voir Olivia endosser les différentes personnalités des victimes dont elle boulotte la cervelle, fortement rehaussée de Tabasco. Chaque épisode propose une enquête et un double fil rouge avec d’un côté les recherches de Ravi et Olivia pour lui rendre son humanité, et de l’autre leurs efforts afin stopper Blaine et ses sbires. Cerise sur le gâteau, l’humour est omniprésent, même dans les situations les plus critiques.
Une seconde saison est en cours de diffusion au USA, prenons notre mal en patience en attendant son arrivée sur nos écrans…