[BOUQUINS] L.C. Tyler – Etrange Suicide Dans Une Fiat Rouge A Faible Kilométrage

L.C. Tyler - Etrange Suicide...J’ai eu beaucoup de raisons de me sentir attiré, presque aimanté, par ce bouquin. Déjà un titre à rallonge plus que bizarroïde, puis une couv’ sobre (faut dire que vu la longueur du titre la sobriété est obligatoire, ensuite l’éditeur (Sonatine) et enfin la quatrième de couv’ qui m’a paru être la cerise sur la cadeau. Et voilà mes chers lecteurs et amis comment je me retrouve à chroniquer Etrange Suicide Dans Une Fiat Rouge A Faible Kilométrage de L. C. Tyler.
Ethelred Tressider écrit sous trois pseudonymes différents trois types de romans différents, notamment des romans policiers. Un jour la police lui annonce que son ex-épouse a disparu en laissant une supposée lettre de suicide. Le lendemain le corps est retrouvé, il semblerait qu’elle ait été assassinée. Elsie Thirkettle, son agent littéraire, pousse son poulain à mener sa propre enquête mais notre écrivain n’est guère motivé à l’idée de jouer les détectives privé, pour lui une enquête de police est l’affaire des policiers…
Point de corps dans la Fiat rouge, point non plus de suicide à l’horizon. On se demande bien où le traducteur a été cherché un titre aussi tordu, seule la Fiat rouge est présente dans le récit. Il faut bien avouer que le titre original, The Herring Seller’s Apprentice, n’est guère plus évocateur du contenu puisque qu’il pourrait se traduire littéralement par L’Apprenti du Vendeur de Harengs (à moins que la subtilité d’un jeu de mot ne m’ait échappé).
La construction même du bouquin est plutôt originale, le plus souvent on suit la progression de l’intrigue à travers le personnage d’Ethelred, mais parfois Elsie vient y mettre son grain de sel (ces deux points de vue sont écrits à la première personne, différenciés par le choix de la police de caractère) ; plus tard on retrouve des premiers jets du prochain roman d’un Ethelred en mal d’inspiration. Ca peut paraitre chaotique mais tout s’emboite parfaitement (hormis les digressions littéraires d’Ethelred qui semblent être là juste pour le fun) au fur et à mesure que l’on suit l’enquête pas vraiment conventionnelle d’Ethelred et Elsie (des prénoms à coucher dehors vous en conviendrez avec moi).
N’espérez pas un thriller qui vous hérissera le poil des pieds à la tête (si vous frissonnez en lisant ce bouquin alors c’est qu’il doit y avoir un courant d’air quelque part chez vous), le ton est franchement léger, l’auteur joue plus la carte de l’humour que du suspense, toutefois l’enquête n’est pas totalement laissée en plan, elle est même plutôt bien ficelée et nous réservera quelques surprises (le final est grandiose). Un polar burlesque qui procure un réel plaisir de lecture.
Ethelred et Elsie sont des personnages récurrents de L. C. Tyler (ce qui est loin d’être une évidence à la fin de ce premier volet), à ce jour la série comporte quatre titres (celui-ci est le premier) ; le second roman de la série devrait sortir dans les prochains jours chez Sonatine, nul doute que les autres suivront. J’ai hâte de découvrir les prochaines péripéties d’Ethelred et Elsie…

Syrie or not Syrie ?

SyrieA l’heure où Barack Obama attend le feu vert du Congrès américain pour lancer une action militaire contre le régime de Bachar Al Assad et où notre Flamby national attend la décision de Barack pour se joindre à la coalition (« dualition » ça existe ? Parce qu’à part Obama et Flamby personne ne semble presser de se mouiller, même ceux qui approuvent « par principe » le font du bout des lèvres), je reste pour ma part plus que perplexe sur la question.
Entendons nous bien je ne cautionne aucunement les agissements de Bachar Al Assad, ce type est un fumier de première, une ordure de la pire espèce mais… (sans le mais ça serait pas marrant) je serai tenté de dire on sait ce qu’on perd mais pas ce que l’on gagne. Le reportage sur les Tribunaux Islamistes, diffusé dans le dernier numéro de Sept à Huit (sur TF1) n’aura fait que confirmer mes craintes.
Ca se passe à Alep, ville contrôlée aux deux tiers par la rébellion syrienne et notamment par le groupe Jabhat Al-Nosra, mouvement inscrit sur la liste des organisations terroristes de l’ONU et qui revendique clairement son attachement à Al Qaïda. Ces « gentils rebelles » promettent d’instaurer la paix en Syrie dans le cadre d’une république islamiste (deux mots antonymes) régie par les lois de la charia… Tout un programme ! Il suffit de voir ce qui se passe dans ces prétendus tribunaux islamistes (sans parler de ce qu’on n’a pas vu, les journalistes n’ayant pas le droit de pénétrer dans le tribunal central qui juge les cas les plus « lourds »… genre de truc où tu rentres pour ne jamais en ressortir) pour se faire une idée de l’avenir de la Syrie.
On a vu comment avec la Tunisie et l’Egypte, comment un printemps arabe peut devenir un long hiver pour la démocratie (pour nos « gentils rebelles » de Jabhat Al-Nosra, la démocratie est « la religion des impies« ) ; du coup perso avant de renverser Al Assad j’y réfléchirai à deux fois. Virer une ordure pour mettre une pourriture à la tête du pays, c’est tendre le bâton pour mieux se faire battre ! Wait and see, mais faudra pas venir pleurer si ça leur pète à la gueule.
Vous me direz « c’est ton point de vue ça n’engage que toi… », oui et comme d’hab j’assume parfaitement ma prise de position sur cette question. C’est aussi le point de vue de Domenico Quirico, journaliste italien détenu pendant cinq mois par l’opposition : « J’ai cherché à raconter la révolution syrienne, mais il est possible que cette révolution m’ait trahi, parce que ce n’est plus la révolution que j’ai connue il y a deux ans à Alep, laïque et tolérante » (à lire dans Le Monde). CQFD !

[BOUQUINS] Ron Carlson – Le Signal

R. Carlson - Le SignalChangement de registre pour cette nouvelle chronique littéraire, l’heureux élu est en effet Le Signal de Ron Carlson ; choisi par curiosité afin découvrir un autre éditeur publié par Gallmeister (éditeur de David Vann).
Bien que séparés Mack et Vonnie décident de partager leur ultime randonnée dans les montagnes du Wyoming, ce rituel qui a ponctué leur dix années de vie commune est pour eux une façon comme une autre de se quitter en bons termes. Mais pour Mack cette balade est aussi l’occasion de remonter la pente et de sauver le ranch où il a grandi et rencontré Vonnie, pour se faire il doit récupérer une balise GPS égarée lors d’un survol de la région…
Pour la petite histoire l’éditeur souhaite faire connaître le nature writing en France, un genre très populaire aux USA qui met l’accent sur les relations, pas toujours idéales, entre l’homme et la nature. Si vous avez lu Sukkwan Island ou Désolations vous aurez deviné que, chez David Vann, la nature est avant tout hostile pour quiconque s’y aventurerait sans préparation. Dans Le Signal Ron Carlson mais plutôt l’accent sur la beauté de la nature « sauvage ».
SI vous vous attendez à un thriller palpitant vous allez tomber de haut, il ne se passe pas grand chose, même le fameux signal n’est exploité que dans la dernière partie du bouquin. On suit simplement la randonnée de six jours de Mack et Vonnie avec quelques retours en arrière sur leur rencontre, leur vie commune et les raisons de leur séparation. Sur ce dernier point Mack a 100% des torts mais son errance est somme toute assez classique, les emmerdes s’accumulent jusqu’au moment où on pète une durite et où l’on fait la (ou les) connerie(s) de trop. Le truc qui peut arriver à tout le monde.
Pour être tout à fait clair les trois premiers jours et le début du quatrième sont une balade bucolique au coeur de paysages magnifiques. Au cours du quatrième jour les promeneurs font une mauvaise rencontre, le cinquième jour le signal apparait enfin, et le sixième jour est nettement plus mouvementé. Le bouquin est court (200 et quelques pages), bien écrit, il se lit d’une traite en quelques heures. Dommage que la fin, et l’intervention de Kent, soit un peu brouillonne (on ne pige pas vraiment le pourquoi du comment de sa réaction).
Sur le bandeau une critique du NY Times annonce « Un roman au suspense à couper le souffle » c’est à se demander si celui (ou celle) qui a écrit ce truc a lu le bouquin, ou alors il (ou elle) s’est gouré d’article. La critique du Washington Post (qui figure aussi sur le bandeau), « Le Signal vous emportera comme une avalanche« , est nettement plus appropriée, même si le rythme imposé par l’auteur est lent on se laisse toutefois entraîner par le récit.
Paru en 2009 Le Signal est le premier roman de Ron Carlson a être publié en français (en 2011), depuis Gallmeister à assuré la diffusion de son roman précédent Cinq Ciels (paru en 2007).

[BOUQUINS] J. Heska – On Ne Peut Pas Lutter Contre Le Système

J. Heska - On Ne Peut Pas Lutter Contre Le SystèmeTout d’abord je voudrai remercier Isabelle, chargée de communication des Editions Seconde Chance, d’avoir pensé au modeste blogueur que je suis pour chroniquer les trois romans (pour être plus juste, deux romans et un recueil de nouvelles) de J. Heska, transmis au format epub. Gratuité ou non je m’engage à livrer une chronique 100% personnelle et objective (de mon point de vue en tout cas). J’ai commencé par le titre qui correspondait le plus à mon paysage littéraire, On Ne Peut Pas Lutter Contre Le Système est en effet un thriller économico-écolo-futuriste.
Alors que le système monétaire international s’effondre, Lawrence Newton, un des cadres dirigeants du consortium Honola, groupe en partie responsable du chaos actuel, est abattu au moment de son arrestation. Qui a tiré et pourquoi ? Comment en est-on arrivé à ce point de non retour ? Il a suffit de quelques jours pour que l’économie mondiale soit en péril…
L’essentiel du bouquin se déroule pendant la semaine qui a précédé le chaos. L’intrigue se développe suivant plusieurs axes. Bien entendu on sera propulsé au coeur du groupe Honola qui est sur le point d’asseoir encore plus sur emprise sur le monde économique et politique, quitte à multiplier les coups bas pour parvenir à ses fins. On vivra aussi l’intrigue du point de vue de trois militants écolos qui ont mis la main sur un dossier susceptible de mettre Honola à genoux, une victoire incontestable s’ils arrivent à leur fin mais une victoire qui se paiera cher, trés cher. Enfin on ira faire un tour en Ouganda, où la population tend à se rebiffer contre une filiale du groupe Honola.
Une intrigue bien ficelée qui devient rapidement addictive du fait de nombreux rebondissements. Ajoutez à cela des personnages bien travaillés. Quelques flashbacks permettent de suivre l’évolution du couple formé par Lawrence (haut responsable chez Honola) et Clara (militante de GreenForce). Un couple qui représente les deux extrêmes, lui n’a aucun idéal sinon son ambition personnelle, elle a une laitue bio à la place du cerveau, les neurones ravagés par le discours altermondialiste. Difficile de se prononcer pour l’un ou pour l’autre, les deux extrêmes me rebutent. Mais le personnage le plus énigmatique reste Marty, envoyer pour « protéger » les trois écolos mais dont les véritables intentions resteront longtemps inconnues.
L’histoire n’est pas située précisément dans le temps, mais au vu des événements décrits, la quasi-totalité s’étant déjà déroulés, on peut supposer que l’auteur nous offre une sombre version d’un avenir relativement proche ; d’ailleurs à ce titre le bouquin ne dépareillerait pas dans le cadre de mon challenge 100% SF. L’auteur aborde divers sujet (écologie, OGM, finance internationale…) dans un mélange de thriller et d’espionnage plus que convaincant. Je ne suis pas un spécialiste des thèmes abordés mais l’ensemble semble suffisamment documenté pour être crédible.
Une petite touche négative afin de tempérer mon enthousiasme. Tel que présentée en quatrième de couverture on pouvait supposer que l’intrigue se concentrerait sur les conséquences de l’effondrement du système monétaire international alors que tout se joue avant le jour J ; il vous faudra attendre l’épilogue (peut être un peu trop happy end) et son ultime révélation pour avoir toutes les clés en main. Quant à l’avenir, laissez oeuvrer votre imagination…
Pour faire court mais efficace : une très bonne surprise riche en suspense et en action. Nul doute que vous retrouverez prochainement mes autres chroniques des titres de J. Heska. Si vous souhaitez en apprendre plus sur l’auteur je vous invite à visiter son site (vous découvrirez plein de choses intéressantes, sauf ce qui ce cache derrière le J.).
Comme je l’ai signalé en introduction J’ai lu ce bouquin en version numérique, le fichier du présent titre était quasiment irréprochable (il aurait juste fallu désolidariser la table des matières du prologue pour être parfait).

[BOUQUINS] Harlan Coben – Six Ans Déjà

H. Coben - Six Ans DéjàJ’étais resté sur une impression mitigée après la lecture de Ne T’Eloigne Pas de Harlan Coben, pour quelqu’un considéré comme l’un des grands noms du polar c’est pas franchement top comme première opinion. Du coup je n’ai pas hésité à me jeter sur son dernier roman, Six Ans Déjà, proposé, une fois de plus, en avant première par France Loisirs.
Il y a six ans Jake a assisté au mariage de Natalie, la femme de sa vie… avec un autre homme ! Quand il tombe sur l’avis de décès du mari il décide de se rendre à l’enterrement afin de lui présenter ses condoléances. Non seulement Natalie n’est pas aux funérailles mais le défunt était marié à une autre femme depuis plus de dix ans. Alors qu’il se lance à la recherche de Natalie, Jake va aller de surprise en surprise…
Je suis mal placé pour dire si ce bouquin se situe plutôt dans la borne haute des titres de Harlan Coben mais une chose est sure, il est nettement plus addictif que Ne T’Eloigne Pas. On est directement happé par l’intrigue et du coup on ne lâche le bouquin qu’à regret, avec une seule hâte, s’y replonger le plus rapidement possible. Franchement si j’avais commencé ce bouquin un jour où je ne bossais pas je crois bien que je l’aurai lu d’une traite.
Le récit, écrit à la première personne, nous fait vivre l’intrigue à travers le personnage de Jake et son enquête limite obsessionnelle pour retrouver la femme qu’il aime. Son parcours ne va pas être de tout repos et lui réservera bien des surprises (pas toujours agréables soit dit en passant… sinon ça serait pas marrant). L’auteur ne s’attarde pas éternellement sur les personnages, juste ce qu’il faut pour leur donner suffisamment de profondeur et de présence, du coup ça tend à renforcer l’impression d’urgence de cette course contre la montre ; on va à l’essentiel à un rythme imposé, pas question de flâner. Quant à l’intrigue pour ma part je n’ai rien vu venir, ce qui est d’autant plus jouissif, c’est tordu à souhait sans être tiré par les cheveux ou inutilement complexe à suivre.
Inutile de préciser que l’écriture et le style sont parfaitement maîtrisés, le gars n’en est pas vraiment à son coup d’essai (c’est là son vingt-quatrième roman). Cette fois c’est une certitude je vais continuer à explorer l’univers littéraire de Harlan Coben, je ne sais pas encore si je vais poursuivre dans les romans isolés ou attaquer sa série Bolitar mais attendez vous à le retrouver tôt ou tard dans le coin.
Je ne dois pas être le seul à avoir apprécié puisque d’ores et déjà un projet d’adaptation au cinéma est en cours, pour le moment la seule chose qui soit à peu prés certaine est que Hugh Jackman interprétera le rôle de Jake. A ma connaissance, après Ne Le Dis A Personne c’est seulement le second roman de l’auteur à être porté à l’écran.

[BRD] Films en vrac…

Comme annoncé dans mon post précédent nous avons eu un weekend bien rempli au niveau cinéphile. Voici un bref aperçu avec une critique plus ou moins longue de ce que nous avons visionné. Ca faisait un bail que je n’avais pas proposé une chronique groupée sur le cinéma…

Films en vrac
Le Monde Fantastique D’Oz

On commence par de l’évasion et du rêve avec Le Monde Fantastique D’Oz, réalisé par Sam Raimi.
Oscar ‘Oz’ Diggs (James Franco) est un piètre magicien, coureur de jupons qui plus est. C’est d’ailleurs à cause de ce péché mignon qu’il se voit contraint de quitter, précipitamment et à bord d’une montgolfière, le cirque dans lequel il officiait. Pris dans une tempête le ballon se retrouve au pays d’Oz. Oscar y est accueilli par Theodora (Mila Kunis), une sorcière qui voit en lui le magicien annoncé par la prophétie, celui qui libérera le pays d’Oz de l’emprise de la méchante sorcière…
Le début du film, en noir et blanc sur un écran réduit, peut être déconcertant mais c’est voulu, la couleur et le plein écran arrivent avec le pays d’Oz. Une façon d’accentuer encore l’aspect magique de cet univers. Il faut dire qu’il est plutôt riche en couleurs, presque trop à vrai dire, parfois ça fait franchement trop artificiel. Mais heureusement l’intrigue et les personnages rencontrés nous ferons vite oublier ce petit détail.
Pour la petite histoire le film est une préquelle au roman de L. Frank Baum, Le Magicien D’Oz, un classique de la littérature américaine pour la jeunesse (classique que je n’ai pas lu et qui ne m’inspire pas le moins du monde). Sam Raimi a imaginé le passé du mystérieux magicien et son arrivée à Oz.
Un bon divertissement familial qui confirme que le réalisateur excelle dans tous les genres qu’il aborde.

Les Profs

Changement de registre avec une comédie bien française signée Pierre-François Martin-Laval (Pef), Les Profs.
Avec un taux de réussite au bac de 12% le lycée Jules Ferry est la honte de la France. Alors qu’il est menacé de fermeture l’inspection tente une ultime manoeuvre pour redresser la barre : aux pires élèves, les pires profs ! Malgré les réticences, compréhensibles, du Proviseur (Philippe Duclot), une équipe de sept profs, plus nuls les uns que les autres, est recrutée…
Détour obligé par le casting avant d’aller plus loin, à tout seigneur tour honneur, commençons par les profs en question : Christian Clavier (maths), Isabelle Nanty (anglais), Pef (histoire), Arnaud Ducret (EPS), Stéfi Celma (français), Raymond Bouchard (philo) et Fred Tousch (chimie). On notera aussi la présence de Kev Adams qui interprète l’élève Boulard, LE cancre par excellence, champion du retard et du zéro pointé, ainsi que celle de François Morel, dans le rôle de l’inspecteur-adjoint.
Ce n’est pas la première fois que l’Education Nationale inspire les réalisateurs à la recherche d’un support comique, avec par exemple Les Sous-Doués (1980) ou P.R.O.F.S. (1985), il n’est donc guère étonnant de voir apparaitre ces profs à l’écran. Il faut dire que la série (15 tomes parus à ce jour) de BD (avec Erroc au scénario et Pica au dessin) dont le film s’inspire connaît un succès grandissant. A défaut d’originalité l’humour est au rendez-vous, on sourit parfois, on rit franchement aussi… Ca ne peut pas faire de mal de se détendre les zygomatiques.

Oblivion

Retour au fantastique et plus particulièrement à la science-fiction avec le film Oblivion de Joseph Kosinski. Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même l’auteur a adapté son propre roman graphique (co-écrit avec Arvid Nelson).
2077, après une guerre contre les Rapaces, une race extra-terrestre ayant envahi la planète, la Terre est complètement ravagée. Les survivants s’apprêtent à migrer vers Titan, une lune de Saturne. Jack Harper (Tom Cruise) et son épouse Vika (Andrea Riseborough) font partie des équipes chargées d’assurer la maintenance des installations au sol. Au cours d’une sortie Jack sauve la vie de Julia (Olga Kurylenko), sauvetage qui va être pour lui le début des ennuis mais aussi source de bien des révélations et remises en question…
Visuellement le film est très esthétique, le rendu de la Terre dévastée est convaincant, les effets spéciaux sont bien dosés et maîtrisés. Par contre le début traine un peu en longueur, le réalisateur prend le temps (trop ?) de planter son décor. Les « révélations » en question sont somme toute assez prévisibles mais je n’en dirai pas plus par respect pour les futurs spectateurs. Malgré tout la seconde partie du film est plus vivante et plus rythmée, à défaut d’avoir été emballé je me suis laissé balader par l’intrigue sans déplaisir.

Pour les deux chroniques suivantes vous pouvez mettre vos neurones en pause et activer le mode bourrin…

Du Plomb Dans La Tête

On commence par une autre adaptation de BD (du français Matz) avec Du Plomb Dans La Tête de Walter Hill.
Alors que Jimmy Bobo (Sylvester Stalonne), tueur à gage, cherche à venger la mort de son coéquipier, il croise la route de Taylor Kwun (Sung Kang), un flic qui enquête justement sur le précédent contrat de Jimmy. Ensemble ils vont remonter la piste du tueur, Kegan (Jason Momoa), mais surtout de son commanditaire. Si leurs intérêts sont communs (ou presque), leurs méthodes n’ont rien à voir…
Après plusieurs tentatives avortées par l’acteur c’est la première collaboration entre Walter Hill et Sylvester Stalonne et le résultat est plutôt convaincant. La force du film réside surtout, comme souvent, dans l’improbable duo formé Stalonne et Kang,  l’un est du genre on tire d’abord et on cause après (devinez lequel) tandis que l’autre est plus posé et réfléchi (même si ça ne lui porte pas toujours bonheur). Une intrigue vue et revue, ponctuée de quelques touches d’humour ; rien de neuf sous le soleil mais la sauce prend plutôt bien.
Le film m’a même donné envie de découvrir la BD, il va falloir que je me penche sur la question…

Le Dernier Rempart

On reste dans la catégorie gros bras avec Le Dernier Rempart, réalisé par le sud-coréen Kim Jee-Woon.
Alors que le FBI s’apprête à transférer Cortez (Eduardo Noriega), un dangereux narco-trafiquant, le convoi est attaqué par des hommes lourdement armés et très organisés. Malgré les efforts de l’agent Bannister (Forest Whitaker) et ses hommes le prisonnier parvient à prendre la fuite à bord d’une corvette ZR1 et avec une agent du FBI comme otage. Direction le Mexique, mais pour y arriver ils vont devoir traverser Sommerton Junction, une paisible bourgade dont le shérif Owens (Arnold Schwarzenegger) assure le calme et la tranquillité…
Ce film marque d’une part le grand retour de Schwarzenegger en tête d’affiche mais aussi la première expérience hollywoodienne pour le réalisateur. Une fois de plus pas besoin de se creuser les méninges pour comprendre l’intrigue, fusillades, cascades en tout genre… Classique quoi, et là encore un soupçon d’humour. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, on a le droit à du pur divertissement 100% bourrin, on aime ou on aime pas… Moi j’aime et j’assume.

Rallumez vos neurones, vous allez en avoir besoin

Cloud Atlas

Retour à la SF et à un cinéma plus « neuronal » avec Cloud Atlas réalisé par les Wachowski (depuis que Larry est devenu Lana on ne peut plus parler des Frères Wachowski) et Tom Tykwer.
Le film est composé d’une multitude de séquences qui se succèdent et qui durent de quelques secondes à plusieurs minutes, mettant en scène plusieurs personnages distincts qui vivent à des époques différentes. Le film est intéressant en ce qu’il met en scène des acteurs récurrents qui jouent ces différents personnages, ce qui laisse imaginer une certaine continuité entre ces personnages à travers les siècles. Deux couples, notamment, unis par un fort amour, se retrouvent à des siècles de distance, face à des adversaires tenaces, puissants, cruels et sans scrupule. (source Wikipedia)
Autant vous prévenir de suite il va falloir garder l’esprit clair et alerte pour comprendre toutes les subtilités de ce film, grosso modo suivrez simultanément six histoires différentes, chacune à une époque différente (entre le XIXème et le XXIIIème siécle) ; l’ensemble retraçant l’histoire de l’humanité sur cette période, de son apogée à son déclin. Ca peut paraitre complexe vu comme ça mais au final l’ensemble reste cohérent et les presque 3 heures du film passent comme une lettre à la poste.
L’autre tour de force du film réside dans son casting (Jim Sturgess, Ben Shishaw, Halle Berry, Jim Broadbent, Tom Hanks, Doona Bae, Hugo Weaving, Hugh Grant…), chaque acteur se livre à un véritable tour de force, interprétant entre trois et six rôles différents. Au niveau de la réalisation les Wachowski et Tom Tykwer se sont partagés le boulot, chacun a eu à sa charge trois histoires, tout s’est joué au montage. Et là encore le résultat est bluffant, esthétiquement c’est une pure merveille.
A noter que ce film est l’adaptation du roman de David Mitchell, Cartographie Des Nuages, celui-ci faisant partie de mon challenge 100% SF je n’en suis que plus impatient de découvrir les différences entre les deux supports.
De tous les films chroniqués dans ce post c’est sans doute le seul que j’aurai acheté (et que j’achèterai sans doute), et aussi le seul qui aurait mérité un post rien qu’à lui…

[BRD] Iron Man 3

Iron Man 3Nous nous sommes offert un weekend plutôt chargé en cinéma (version DivX), si j’ai choisi de ne dédier une chronique unique qu’à Iron Man 3 ce n’est pas forcément parce que je considère que c’est le meilleur du lot mais surtout par attachement personnel à l’univers Marvel. Place donc à ce nouveau volet des aventures de l’homme de fer, réalisé par Shane Black (Jon Favreau conserve toutefois sa casquette de producteur délégué et le rôle de Hogan, le chef de la sécurité du Groupe Stark).
Après son combat new-yorkais avec les Avengers, Tony Stark, alias Iron Man (Robert Downey Jr) est plus que jamais en proie aux doutes, il souffre d’insomnie et de crises d’angoisse qui le poussent à se réfugier dans la conception de nouveaux gadgets et de nouvelles armures ; au détriment de sa compagne, Pepper Potts (Gwyneth Paltrow). Toutefois quand les USA sont la cible d’attaques terroristes orchestrées par Le Mandarin (Ben Kingsley), Stark va tout mettre en oeuvre pour l’identifier et le neutraliser. Il pourra compter sur l’aide de son ami, le lieutenant James Rhodes (Don Cheadle), qui incarne désormais War Machine (une version militaire de l’armure d’Iron Man)…
Incontestablement de l’équipe Avengers Tony Stark/Iron Man est mon personnage préféré (pourtant en version BD je n’étais pas fan), j’adore sa désinvolture et son humour. Toutefois la grande nouveauté de ce troisième volet est qu’il ne pourra plus compter sur une profusion de gadgets high-tech (un peu quand même, rassurez-vous), sa baraque ayant été littéralement pulvérisée par une attaque ennemie (je ne considère pas cette info comme un spoiler étant donné que c’était le moment fort de la bande annonce).
Si les puristes apprécieront l’entrée en scène de War Machine, ils risquent fort d’être surpris par le personnage du Mandarin. Pour ma part ça m’a plutôt amusé comme choix, fallait oser aborder de la sorte un des pires ennemis d’Iron Man. Pour le reste rien à redire, de l’action, de l’humour, des effets spéciaux toujours aussi époustouflants (non réalisés par ILM)… Que du bonheur !
La fin laisse planer le doute sur un éventuel quatrième volet (Robert Downey Jr a d’ores et déjà fait savoir qu’il endosserait l’armure de nouveau l’armure d’Iron Man uniquement pour les deux prochains Avengers) ; en attendant Disney a du pain sur la planche afin de préparer leur retour (annoncé pour mai 2015) : Thor – Le Monde Des Ténèbres (novembre 2013), Captain America – Le Soldat De L’Hiver (avril 2014) et Les Gardiens De La Galaxie (août 2014).

PS : prochainement une chronique groupée sur les autres films vus…

[TV News] Last Resort

Last ResortEncore une série proposée par Canal+ au programme, Last Resort, créée par Karl Gajdusek et Shawn Ryan pour ABC.
La série suit les membres de l’équipage d’un sous-marin nucléaire lanceur d’engins Classe Ohio de la Marine des États-Unis qui, après avoir refusé un ordre de lancer des missiles nucléaires vers le Pakistan sans confirmation, deviennent des ennemis de leur propre pays et s’installent sur l’île fictive Sainte Marina, le déclarent un pays souverain avec capacités nucléaires. L’équipage doit trouver le moyen de prouver son innocence, le véritable responsable et espérer retourner à la maison. (Source Wikipedia)
La série se concentre sur la survie de l’équipage mais aussi sur les tensions de plus en plus vives entre les hommes de l’USS Colorado, certains soutiennent la décision du commandant, d’autres se rangent derrière le chef de pont qui préconise l’obéissance avant tout. De plus l’arrivée sur l’ile de l’équipage va bouleverser le quotidien de celle-ci et là encore les frictions ne manqueront pas. Une autre partie de l’intrigue se joue à Washington, où la politique du président et du gouvernement est de plus en plus critiquée. Une intrigue complexe mais plutôt bien menée, à condition toutefois de passer outre le fait qu’elle soit hautement improbable…
Au niveau du casting je ne vais pas vous faire la liste de tous les personnages principaux, ils sont trop nombreux ! Je me bornerai donc aux quatre membre les plus gradés du Colorado : Le Commandant Marcus Chaplin (Andre Braugher), le second Sam Kendal (Scott Speedman), le lieutenant Grace Sheppard (Daisy Betts) et le Chef de Pont Joseph Prosser (Robert Patrick). Si vous voulez en savoir plus je vous invite à aller jeter un oeil sur Allociné.
La série a été annulée après sa première audience faute d’audience, heureusement l’équipe a pu être prévenue suffisamment à l’avance pour proposer une « vraie » fin ; toutefois ça se ressent nettement dans les deux derniers épisodes (j’ai ma petite idée sur le cliffhanger prévu initialement) on a le droit à une conclusion trop rapide, des réponses sont apportées mais il reste encore bien des blancs à combler…

[BOUQUINS] Shaun Hutson – Némésis

S. Hutson - NémésisJ’avais besoin de l’univers déjanté de Wilt pour me préparer à cette nouvelle lecture qui est, parait-il, plutôt éprouvante. La chose en question s’appelle Némésis et est signée Shaun Hutson.
Après que leur fillette ait été sauvagement assassinée, Sue et John Hacket déménagent dans l’espoir de pouvoir repartir à zéro. Quand Sue découvre que le soir du drame son mari s’envoyait en l’air avec sa maîtresse, elle décide d’aller vivre chez sa soeur. De loin Hinkston ressemble à une paisible bourgade provinciale mais elle est en réalité le théâtre de nombreux crimes particulièrement violents et de divers incidents autres troublants…
Je trouve la couv’ flippante à souhait, le pitch semble plutôt alléchant mais c’est surtout ce que j’ai pu lire çà et là sur ce bouquin qui m’a poussé à me faire ma propre opinion. Gore et trash ? Incontestablement, on a le droit à tous les sévices : viols, meurtres aussi violents que sanglants, tortures diverses et variés et même du cannibalisme ; qui dit mieux ? Malsain et dérangeant ? Et bin non justement, à ne pas mettre entre toutes les mains du fait de son contenu mais globalement, et c’est là mon principal reproche, aucune ambiance ne se dégage du bouquin. Ca se lit bien, ça se lit vite mais j’ai l’impression que ça va s’oublier encore plus vite…
L’ensemble manque de profondeur, les personnages sont creux, les dialogues faiblards et l’intrigue sonne faux par son absence de cohésion. Qui plus est la surenchère dans le trash sanguinolent finit par faire sourire plutôt que de nous stresser ; si je devais comparer ce bouquin à un film c’est Evil Dead qui me vient à l’esprit (c’est ultra gore mais tellement peu crédible que ça fait marrer). La scène du viol en fin de bouquin est à elle seul un condensé de grand n’importe quoi ; comment voulez vous frissonner face à un truc aussi absurde ; à se demander si l’auteur n’a pas cherché à s’auto-parodier…
Toutefois ce qui m’a vraiment dérangé dans ce bouquin c’est l’absence de relecture, je ne sais pas si c’est l’auteur ou le traducteur qui s’est emmêlé les pinceaux mais il n’est pas rare que les personnages changent de nom : Hacket devient Hacker, Lawrenson se mue en Lawrence ou encore Spencer se transforme en Simpson (au cours du même chapitre). Ca fait pas très sérieux et c’est plutôt étonnant pour un éditeur comme Milady.
Ma critique peut paraître sévère aussi je tiens à répéter que le bouquin n’est pas désagréable à lire (à condition d’aimer le genre cela va de soi), je regrette juste que tout son potentiel n’ait pas été exploité. Peut être aussi espérais-je vraiment avoir la trouille en lisant ce roman alors que finalement ce n’est rien de plus qu’un page turner horrifique, j’ai trouvé Une Fille Comme Les Autres de Jack Ketchum bien plus dérangeant. Ce ne sont pas les litres d’hémoglobine qui créent l’ambiance mais bel et bien l’intrigue même du bouquin.
Je ne résiste pas à l’envie de vous citer un extrait de la biographie de l’auteur (à la fin du roman) : « Alcoolique repenti, fan d’Iron Maiden, diagnostiqué pour ses tendances psychotiques et auteur favori des bibliothèques des prisons anglaises, Shaun Hutson est un homme charmant.« 

[BOUQUINS] Tom Sharpe – Wilt 2

T. Sharpe - Wilt 2Encore une chronique littéraire pleine de légèreté au programme puisque j’ai opté pour Wilt 2 de Tom Sharpe, le titre complet et très prometteur de la chose étant : Wilt 2 Ou Comment Se Débarrasser D’Un Crocodile, De Terroristes Et D’Une Jeune Fille Au Pair… Tout un programme !
Depuis ses précédentes mésaventures la vie de Wilt a connu quelques bouleversements : une promotion en tant que Chef du Département Culture Générale au Tech, un déménagement dans une banlieue chic et surtout des quadruplées débordantes d’énergie. Et pour couronner le tout Eva, son épouse, lui annonce qu’ils vont avoir une colocataire allemande ! Connaissant le bonhomme vous vous doutez bien qu’il n’est pas franchement aux anges, mais le pire reste à venir…
Vous l’aurez compris le quotidien de Wilt n’est pas un long fleuve tranquille et la paternité n’arrange rien à son humeur massacrante. Il y a de l’ambiance chez les Wilt, les « mots doux » fusent entre Henry et Eva ! Et bien entendu notre brave Wilt a toujours le don extraordinaire de se mettre dans les situations les plus improbables, ce qui ne manque de donner lieu à quelques scènes hilarantes (le passage à l’hôpital aura été l’occasion d’une franche rigolade, idem pour toute la partie concernant la prise d’otages).
Au niveau des personnages on est en terrain connu, disons simplement que les enfants Wilt n’ont pas leur langue dans leur poche (pour notre plus grand plaisir), mais bon les chiens ne font des chats… On retrouve les collègues de Wilt, les voisins et même l’inspecteur Flint (pour son plus grand malheur). Et bien entendu quelques nouveaux venus dont les fameux terroristes (pas du genre futés) et la jeune fille au pair ; un cocktail détonnant !
L’auteur mixe toujours aussi habilement le comique de situation et celui-des dialogues, parfois on en arrive même à se demander si les dialogues ne sont pas encore plus irréalistes que les situations. Les zygomatiques sont mis à rude épreuve, surtout si vous le lisez en public et essayez de garder votre sérieux. Mais l’humour est aussi pour l’auteur un bon moyen de dénoncer les petits (et plus gros) travers de la société britannique, ici les tenants de l’écologie bien pensante et du tout humanitaire en prennent pour leur grade ; et encore en 1979 (date de sortie du roman) on devait moins nous bassiner qu’aujourd’hui avec le tout bio-écolo : « Tu penses pas écolo, tu bouffes pas bio ? Mais t’es malâââde ! ‘tain tu tues la planète à petit feu… » Quel ramassis de conneries !
Pour ma part ce deuxième opus ne fait que confirmer mon enthousiasme (je l’ai même trouvé encore plus jubilatoire)pour le style et l’imaginaire de Tom Sharpe, nul doute que je continuerai à suivre les mésaventures de Wilt (ça tombe bien j’ai les cinq tomes en stock). Après je peux concevoir que l’on puisse être hermétique à ce genre d’humour, comme toujours je ne prétends pas détenir une quelconque vérité universelle, j’aime l’humour façon absurde (d’autant que celui de Tom Sharpe ne fait pas dans le politiquement correct) et je le revendique sans complexe.