[BOUQUINS] Mo Malo – Nuuk

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M. Malo - Nuuk
Titre : Nuuk
Série : Qaanaaq Adriensen – Livre 3
Auteur : Mo Malo
Éditeur : La Martinière
Parution : 2020
Origine : France
416 pages

De quoi ça cause ?

Après une période de convalescence, Qaanaaq Adriensen est autorisé à reprendre ses fonctions de chef de la police sous deux conditions : un suivi psychologique régulier préalable à toute reprise et une tournée de l’ensemble des commissariats placés sous sa responsabilité.

Une tournée de routine qui va rapidement le replonger au cœur de l’action. Plusieurs adolescentes se sont données la mort peu après avoir croisé la route d’un mystérieux conteur inuit. D’autre part un inconnu lui expédie, à chaque étape de sa tournée, un macabre colis contenant des restes humains…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la troisième enquête de Qaanaaq Adriensen. La fin de Diskø laissait bouquin de questions sans réponses, il me tardait de chausser mes kamiks et de retourner au Groenland.

Ma Chronique

Comme de nombreux lecteurs (je suppose en tout cas) certains personnages croisés au fil des lectures me touchent plus que d’autres, c’est encore plus vrai quand il s’agit d’un personnage appelé à devenir récurrent dans l’œuvre de son auteur.

Plusieurs noms me viennent à l’esprit pour illustrer mon propos : Jack Ryan (Tom Clancy), Le Bourbon Kid (Anonyme)ou encore Harry Hole (Jo Nesbo). Pour ne citer qu’eux, mais je sais d’ores et déjà que j’en oublie, et pas forcément des moindres.

Tout ça pour vous dire que Qaanaaq Adriensen fait partie de ces personnages, le coup de cœur fut instantané et, au terme de sa troisième enquête, il est plus fort que jamais. Comprenez que quand je dis Qaanaaq Adriensen j’englobe son entourage, qu’il soit familial ou professionnel (avec une attention toute particulière à Appu).

Pour cette « rencontre » (les guillemets c’est juste pour éviter qu’on me prenne pour un cinglé et qu’on appelle les gentils hommes en blancs avec leur chemise aux manches nouées), je tiens à remercier chaleureusement Mo Malo (aka Frédéric Mars).

Une fois de plus l’immersion au cœur du Groenland et de l’intrigue a été immédiate. Cette fois l’auteur construit son intrigue autour des traditions inuites, et plus particulièrement du chamanisme ; mais présentement le savoir et la sagesse ancestraux sont ici détournées pour servir de sombres desseins dont l’aboutissement est plus de nature criminelle que spirituelle.

Comme dans les précédents romans de la série, vous en apprendrez beaucoup sur le Groenland, ses habitants, leur culture… Mais bien plus qu’une invitation au voyage c’est aussi pour l’auteur l’occasion de souligner les maux qui rongent cette terre. Cette fois il sera beaucoup question des jeunes et de leurs problématiques (notamment la sensation d’isolement et le manque de perspectives d’avenir) qui peuvent conduire à certaines dérives (alcool et drogue) mais aussi et surtout au suicide.

À ce titre le Groenland affiche le taux de suicide (nombre de suicides pour 100 000 habitants) le plus élevé du monde avec un score affolant de 82,5 (alors qu’il est de 12,8 dans le reste du Danemark). Les deux autres leaders de ce macabre classement sont la Lituanie (31,9) et la Russie (31). La France quant à elle se classe en dix-huitième position avec un taux de suicide de 17,7.

Sans surprise c’est avec brio que Mo Malo teinte de noir (et de rouge sang) ces vastes étendues à la blancheur immaculée. Comme à son habitude il ne va pas y aller de main morte quand il s’agit de malmener ses personnages ; point de repos du guerrier pour Qaanaaq qui va se retrouver, encore une fois, personnellement pris pour cible par ce présumé / prétendu « chamane » qui sème la mort là où il passe.

Même si le fond reste incontestablement noir, l’auteur place l’humain au centre de son intrigue. Son héros se retrouve en effet face à un tournant décisif de sa vie personnelle mais aussi dans la tourmente au niveau professionnel. Il pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de ses proches et de son équipe. Et il faudra bien ça pour faire face à l’esprit particulièrement retors et pervers de son adversaire, mais aussi pour composer avec une hiérarchie bien décidée à lui chier dans les bottes.

Difficile de faire pire que les meurtrières noces pourpres de George R.R. Martin (Le Trône de Fer) pour foirer une cérémonie de mariage ; il n’en reste pas moins que les noces de Qaanaaq réserveront une surprise particulièrement indigeste aux mariés et à leurs convives.

Si vous ne connaissez pas encore l’univers littéraire de Mo Malo mais souhaitez découvrir les enquêtes de Qaanaaq Adriensen, je vous recommande de les lire dans l’ordre de parution. Ce n’est certes pas indispensable mais c’est la meilleure façon d’apprécier pleinement les personnages que vous serez amenés à croiser.

A l’occasion de la chronique de Diskø j’avais râlé contre la couverture quelconque du roman alors que celle de Qaanaaq était superbe ; rien à redire ici, le renard polaire qui illustre la couverture de Nuuk est magnifique (et totalement raccord avec l’intrigue).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Sally Hepworth – La Belle-Mère

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S. Hepworth - La Belle-Mère

Titre : La Belle-Mère
Auteur : Sally Hepworth
Éditeur : L’Archipel
Parution : 2020
Origine : Australie (2019)
360 pages

De quoi ça cause ?

Appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana, qui avait annoncé à sa famille qu’elle souffrait d’un cancer du sein, vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Rapidement la thèse du suicide est remise en question par les policiers…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’il m’a fait de l’œil alors que je parcourais, sans but précis, le catalogue Net Galley.

Ma Chronique

Je remercie les éditions de L’Archipel et Net Galley pour leur confiance renouvelée et l’opportunité de découvrir ce roman en avant-première (parution le 20 août).

C’est un peu par hasard que j’ai croisé le chemin de ce bouquin, c’est d’abord la couv’ qui a attiré mon regard et éveillé ma curiosité, un rapide coup d’œil au pitch a fait le reste.

J’avoue humblement que je ne connaissais pas du tout Sally Hepworth qui signe là son cinquième roman, et le second disponible en français. La Belle-Mère est le second thriller de l’auteure, pour l’anecdote le précédent et son prochain roman sont aussi placés sous le signe du thriller se déroulant dans un cadre familial.

Embarquement immédiat pour l’Australie, et plus précisément pour Melbourne et sa banlieue afin de suivre une intrigue portée par deux voix féminines. Les chapitres alterneront en effet entre les points de vue de Lucy (la belle-fille) et de Diana (la belle-mère) ; une alternance qui permet de mieux apprécier les personnalités de chacune des narratrices, mais aussi de relativiser certains avis (si Diana n’est pas forcément une pro de la diplomatie, elle n’est pas non plus une marâtre acariâtre).

Une intrigue qui se joue aussi sur deux axes temporels intitulés sobrement passé (depuis la rencontre entre Lucy et Diana et autres épisodes ayant tissé leurs relations compliquées ou simplement d’événements marquant de leurs vies) et présent (avec les questionnements et l’enquête autour de la mort de Diana).

À travers le récit des deux femmes on découvre aussi le reste de la famille. À commencer par Ollie, le mari de Lucy et fils aîné de Diana, et les trois enfants du couple (Archie, Harriet et Edie). Sans oublier la sœur d’Ollie, Nettie et son mari Patrick. Et Tom, le mari de Diana.

Si l’auteure donne essentiellement la parole à Lucy et Diana, il n’en reste pas moins que les autres personnages sont traités avec beaucoup de soins, chacun développant une personnalité qui lui est propre et parfois des problématiques individuelles.

Au-delà du strict cadre familial d’autres personnages vont s’inviter dans le déroulé de l’intrigue, notamment un duo de policiers qui se pose de nombreuses questions sur les circonstances de la mort de Diana.

Finalement ce bouquin fut un agréable thriller psychologique et familial, j’ai pris beaucoup de plaisir à le dévorer et à me poser bien des questions sur les motivations des uns et des autres.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Stephen Chbosky – L’Ami Imaginaire

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S. Chbosky - L'Ami Imaginaire

Titre : L’Ami Imaginaire
Auteur : Stephen Chbosky
Éditeur : Calmann-Lévy
Parution : 2020
Origine : USA (2019)
750 pages

De quoi ça cause ?

Une mère et son fils en cavale trouvent refuge dans la petite communauté de Mill Grove, en Pennsylvanie.

Mais dans ce havre de paix, le petit garçon disparaît.
Quand il émerge de la forêt six jours plus tard, il a l’air indemne.
Lui seul sait que quelque chose a changé.
La voix du bois est dans sa tête et lui dicte une mission.
S’il ne lui obéit pas, sa mère et tous les habitants de Mill Grove risquent son courroux…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce qu’au vu des nombreuses critiques quasiment unanimement dithyrambiques, ça semble être LE livre qu’il faut avoir lu en cette année 2020.

Ma Chronique

Avant de me lancer dans la rédaction de cette chronique je m’étais promis de ne pas faire d’allusion à Stephen King en parlant du roman de Stephen Chbosky. Tout simplement parce que les critiques publiées çà et là font toutes référence au King.

Force est de constater que le deal est quasiment impossible à tenir ! D’une part parce que l’auteur lui-même revendique haut et fort l’inspiration de Stephen King dans ses remerciements. Mais aussi et surtout parce qu’il est indéniable que ce bouquin aurait pu être écrit par Stephen King himself.

Le Stephen King qui revendique le titre de maître de l’horreur, celui qui vous file des sueurs froides au détour d’un chapitre. Le Stephen King qui n’a pas son pareil pour mettre en scène des enfants (presque) ordinaires confrontés à des situations extraordinaires. Le Stephen King qui sait raconter comme personne l’amitié… Le Stephen King qui fait qu’il est, encore et toujours, LE KING !

Tout ça pour dire que Stephen Chbosky a un putain de talent qui n’a rien à envier à son maître à penser. C’est un conteur hors pair qui saura vous prendre aux tripes, jouer avec vos nerfs et vos émotions. Un conteur qui fait passer le compteur d’adrénaline de 0 à 100% en quelques phrases bien senties. Un conteur qui vous plongera d’emblée dans son histoire et ne vous lâchera plus avant le clap de fin… lessivé, essoré… mais HEU-REUX ! Un roman que vous refermerez en affichant un air béat (qui au passage vous donne aussi l’air con, mais on s’en fout).

Stephen Chbosky ne laisse rien au hasard pour faire mouche. Ses personnages, son intrigue, le rythme du récit, ses ambiances… tout est parfaitement maîtrisé. Jusque dans les effets typographiques qui viennent réellement appuyer son propos plutôt que de se cantonner à de simples fantaisies visuelles.

Si le grand frisson n’a pas vraiment été de la partie (il faut plus que ça pour me faire passer des nuits blanches), l’auteur peut toutefois se vanter de m’avoir mis les nerfs en pelote ; la visite du monde imaginaire n’est pas de tout repos, d’autant que l’affrontement entre le gentil monsieur et la dame qui siffle monte crescendo en intensité.

Si l’intrigue fait de prime abord penser à un thriller, de nombreux éléments fantastiques vont s’inviter au fil des chapitres, jusqu’à devenir l’essence même du récit. Force est de reconnaître que sans cette dimension fantastique, le roman n’aurait pas eu le même impact émotionnel.

Tout est possible dans le monde imaginaire, et Stephen Chbosky ne se prive pas de repousser les limites de la folie mais sans non plus totalement se couper de la réalité (d’une certaine réalité en tout cas). Un exercice qui aurait pu s’avérer casse gueule si mal dosé mais une fois de plus l’auteur garde la main sur son sujet (malgré un final un peu surjoué à mon goût), sa plongée dans la folie la plus absolue en deviendrait même crédible.

Il n’en reste pas moins que je ne regarderai plus jamais les cerfs avec la même bienveillance. Du coup j’ai moins de remords à l’idée de me préparer un bon curry de cerf (non, j’déconne ; je n’ai jamais eu le moindre remord quant à mon côté carnivore assumé) !

Comme souvent l’encensement quasi unanime me laissait sceptique mais je dois bien avouer qu’il est largement mérité, nul doute que L’Ami Imaginaire sera pour moi aussi LE livre de l’année 2020.

MON VERDICT
Coup double

[BOUQUINS] Christian Guillerme – Urbex Sed Lex

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C. Guillerme - Urbex sed lex
Titre : Urbex Sed Lex
Auteur : Christian Guillerme
Éditeur : Taurnada
Parution : 2020
Origine : France
248 pages

De quoi ça cause ?

Contre une belle somme d’argent, quatre jeunes passionnés d’urbex sont mis au défi de passer une nuit dans un sanatorium désaffecté. Ils vont relever le challenge, mais, une fois sur place, ils vont se rendre compte qu’ils ne sont pas seuls dans cet immense endroit abandonné… Et très vite comprendre qu’ils n’auraient jamais dû accepter cette proposition.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, leur sélection thrillers réserve souvent de belles surprises.

Ma Chronique

L’urbex (pour urban exploration en anglais, et donc exploration urbaine en français) est une discipline qui a le vent en poupe depuis quelques années. Les urbexeurs explorent des lieux souvent laissés à l’abandon par l’homme (et de préférence interdits d’accès), soit dans le but d’y laisser leur marque, soit pour ramener de leurs excursions des photos, soit simplement pour le plaisir de braver l’interdit (et accessoirement le danger).

Vous l’aurez compris le titre du roman est une adaptation très libre de la locution latine « Dura lex, sed lex » (La loi est dure, mais c’est la loi), que l’on pourrait traduire par L’urbex c’est la loi ; mais c’est surtout la devise des quatre amis explorateurs urbains qui vont se retrouver au cœur d’un piège mortel. À leur décharge le défi était plus que tentant… et lucratif !

Dès le prologue Christian Guillerme nous plonge au cœur de l’action et annonce la couleur, sous sa plume l’urbex va rapidement se teinter de rouge sang.

Le roman est court (comme souvent avec les titres proposés par Taurnada), mais ne manque pas d’intensité dans son intrigue. Une intrigue que l’auteur fait progressivement monter en puissance ; et une fois que la chasse est lancée, le lecteur aura bien du mal à lâcher le bouquin !

Il faut dire que le cadre, un sanatorium désaffecté, est idéalement choisi pour contribuer à alourdir une atmosphère déjà pesante et à instiller une bonne dose d’angoisse dès la découverte de l’endroit.

Malgré quelques choix stylistiques douteux et des dialogues parfois peu crédibles, la lecture reste globalement fluide ; le côté addictif de l’intrigue fait même rapidement oublier ces petits défauts de pure forme.

L’écriture et le style sont très visuels, on a vraiment l’impression de vivre l’aventure avec nos quatre héros… et plus d’une fois on se surprendra à retenir notre souffle. Mais rien n’y fait, Christian Guillerme n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages.

Et pourtant ils sont sympas ces quatre potes (deux jeunes couples) liés par une amitié solide et une passion commune. Face à eux, des chasseurs / tueurs implacables, dénués de toute forme d’empathie, pour qui la mise à mort est devenue une course à l’adrénaline et un jeu.

Une fois de plus Taurnada frappe juste et fort avec un thriller court, mais efficace qui vous tiendra en haleine jusqu’à son dénouement.

À l’heure de clore cette chronique, je tiens à signaler que, même si la tentation fut grande, je n’ai fait aucune allusion douteuse et/ou grivoise à la marque Durex… et pourtant il y aurait matière (et je ne parle pas forcément de latex) à jouer avec les rimes.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Elizabeth Kay – Sept Mensonges

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E. Kay - Sept Mensonges

Titre : Sept Mensonges
Auteur : Elizabeth Kay
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2020
Origine : Angleterre
400 pages

De quoi ça cause ?

Jane et Marnie sont inséparables depuis l’enfance. Et si Jane avait été honnête depuis le début – si elle n’avait pas menti cette toute première fois –, alors peut-être que les choses auraient pu tourner autrement. Peut-être que le mari de sa meilleure amie serait encore en vie…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, en espérant que ce roman me fera oublier la déception que fut la lecture de La Seconde Épouse de Rebecca Fleet.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Robert Laffont et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son premier roman, Elizabeth Kay (à ne pas confondre avec l’auteure homonyme de la trilogie jeunesse The Divide) joue la carte du thriller psychologique et prend pour toile de fond de son intrigue, une histoire d’amitié entre deux femmes, Jane et Marnie.

Le récit est la première personne, Jane raconte l’histoire de sa relation avec Marnie à un(e) confident(e) non identifié(e). Une relation construite autour de sept mensonges proférés par Jane, mensonges qui constituent les sept premiers chapitres du roman (à ce stade je tiens à féliciter les éditions Robert Laffont pour le visuel particulièrement bien travaillé de l’édition papier du roman).

Au fil des chapitres je me suis posé beaucoup de questions sur l’identité de l’interlocuteur (ou interlocutrice) de Jane, puis l’évidence s’est imposé quelques pages avant que l’auteure ne lève le voile à son tour. Je ne m’étendrais pas davantage sur la question afin d’éviter tout risque de spoiler malvenu.

Jane et Marnie se connaissent depuis l’enfance et leur amitié est littéralement fusionnelle. Mais Jane est un tantinet jalouse et possessive, de fait elle ne voit pas vraiment d’un bon œil l’arrivée de Charles dans la vie de Marnie ; et pourtant cela ne l’empêchera pas d’affirmer le contraire à son amie (premier mensonge).

Parce qu’en plus d’être totalement obsédée par son amitié avec Marnie, Jane va se rapidement se révéler être une menteuse pathologique… mais aussi une excellente actrice qui sait donner le change et se convaincre (et convaincre les autres) que SA vérité est LA vérité.

Elizabeth Kay prend son temps pour faire monter en sauce son intrigue, mais elle sait y faire de sorte que jamais le lecteur ne s’impatiente ou ne s’ennuie. Par contre, une fois que la mécanique est enclenchée (avec la mort de Charles), elle maintient la tension à son maximum.

J’ai beaucoup aimé la construction et la narration du roman qui s’articule sur le seul point de vue de Jane sur le déroulé des événements et une nette tendance à minimiser la portée de ses actes. Mais en contrepartie de la personnalité psychotique de son personnage, l’auteure met aussi en avant les aspects positifs de sa personnalité, qu’il s’agisse de l’attention qu’elle porte à sa mère malade, ou de sa relation avec sa sœur, elle aussi fragilisée par la vie.

Sans avoir eu envie de lui trouver des circonstances atténuantes, et moins encore de justifier ses actions, je dois toutefois avouer que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire la confession de Jane, elle se raconte sans fard, avec un détachement parfois glaçant. Ceci dit je n’en voudrais pas comme amie.

Mission accomplie pour La Bête Noire qui me réconcilie (même si je n’ai jamais été vraiment fâché) avec son catalogue après le raté de La Seconde Épouse. Quant à Elizabeth Kay, elle signe un premier roman totalement maîtrisé.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Joël Dicker – L’Énigme De La Chambre 622

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J. Dicker - L'énigme de la chambre 622

Titre : L’Énigme De La Chambre 622
Auteur : Joël Dicker
Éditeur : De Fallois
Parution : 2020
Origine : France
576 pages

De quoi ça cause ?

Alors qu’il profite de quelques jours de repos dans un palace du Verbier (Suisse), le narrateur/auteur, poussé par une voisine de chambrée dynamique et curieuse, va chercher à comprendre pourquoi il n’y a pas de chambre 622 dans leur hôtel.

Il ne faudra pas longtemps au pétillant duo pour découvrir qu’un meurtre a été commis dans cette fameuse chambre 622 trois ans plus tôt. Mais aussi et surtout que ce crime n’a jamais été élucidé…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Joël Dicker et que j’avais beaucoup aimé La Vérité Sur L’Affaire Harry Québert. Je n’ai pas encore eu l’occasion de lire ses deux romans suivants, plutôt que de les sortir des profondeurs de mon Stock à Lire Numérique, j’ai décidé de passer directement à son dernier titre.

Ma Chronique

Le temps d’un roman, Joël Dicker se met en scène – endossant le costume de narrateur / auteur – afin de résoudre la fameuse énigme de la chambre 622 ; à savoir un meurtre dont l’auteur n’a jamais été identifié.

Le roman s’articule autour de trois axes temporels, le présent qui nous fait vivre l’enquête du narrateur et de Scarlett (sa voisine de chambrée), un premier saut dans le passé de trois années afin de découvrir le déroulé des événements autour du meurtre et enfin un second saut en arrière de quinze années qui correspond à la période où tout a commencé et qui pose (plus ou moins) les jalons de l’intrigue à venir.

Si le bouquin n’est pas parfait, force est de reconnaître que l’auteur sait y faire pour entretenir le mystère autour de l’identité de la victime de la chambre 622. Au fil des chapitres le lecteur va sans doute se laisser aller à diverses hypothèses, et je reconnais bien volontiers avoir été pris de court en découvrant de qui il s’agissait.

Un début plutôt prometteur qui sera malheureusement sabordé par une suite un peu trop hasardeuse. Joël Dicker aurait sans doute dû méditer davantage sur la sentence de Montesquieu qui affirme que « le mieux est le mortel ennemi du bien ». À multiplier les revirements de situation et les rebondissements son intrigue perd toute crédibilité et vire même parfois à la farce burlesque.

Tout n’est pas non plus foireux dans l’aspect policier du roman, je pense notamment à l’identité du meurtrier qui devrait en surprendre plus d’un, même parmi les lecteurs les plus aguerris.

De quoi décevoir les amateurs de polars (dont je suis) mais je ne peux toutefois pas descendre en flèche le présent roman. Hormis le côté parfois grand guignolesque de l’énigme policière, j’ai pris beaucoup de plaisir à le lire. J’ai trouvé l’écriture de Joël Dicker entraînante car non surjouée (contrairement à son intrigue), pas d’abus d’effets stylistiques qui viennent alourdir inutilement le phrasé ; la lecture est fluide, les pages et les chapitres s’enchaînent sans que l’on voie le temps passer.

Au niveau des personnages le narrateur / auteur ne fait ni dans le narcissisme, ni dans l’auto-psychanalyse, il est pleinement acteur de l’intrigue et c’est déjà pas si mal. En revanche, j’ai beaucoup aimé la touche de dynamisme et de bonne humeur apportée par Scarlett.

Par contre, j’ai eu beaucoup plus de mal à éprouver une quelconque empathie pour les personnages de Macaire Ebezner et Lev Levonovitch ; pas simple de se faire une idée précise de leur personnalité vu qu’ils seront amenés, au fil des événements, à naviguer entre gris clair et gris foncé.

Pour Joël Dicker ce roman est surtout l’occasion de rendre un vibrant hommage à Bernard de Fallois, qui fut son éditeur, mentor et ami dès le début de sa carrière littéraire. Une amitié et une complicité jamais démentie jusqu’au décès de M. de Fallois survenu début 2018. Le roman est parsemé d’anecdotes illustrant leur relation.

Elle déposa un baiser sur ma joue. Puis elle ajouta :
— Grâce à vous, j’ai l’impression d’avoir un peu connu Bernard.
— Si c’est ce même sentiment qu’éprouveront les lecteurs de ce roman, alors ce livre valait la peine d’être écrit.

Soyez assuré Monsieur Dicker que vous remportez la mise haut la main, de fait vous pouvez considérer que ce livre valait en effet la peine d’être écrit.

MON VERDICT

[BOUQUINS] T.M. Logan – Holiday

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T.M. Logan - Holiday
Titre : Holiday

Auteur : T.M. Logan
Éditeur : Hugo
Parution : 2020
Origine : Angleterre (2019)
459 pages

De quoi ça cause ?

Kate et ses trois meilleures amies s’offrent une semaine de vacances dans le sud de la France avec maris et enfants.

Des vacances de rêve qui tournent vite au cauchemar pour Kate. À peine arrivée, elle découvre que son mari la trompe et que sa maîtresse est l’une de ses trois amies…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Paraît que les gens de là-haut (l’hémisphère nord) sont en vacances, du coup je me suis dit qu’il n’y avait pas de raison que je me prive du doux parfum du farniente… Même si je me doute bien (et je l’espère plus encore) que l’ambiance des vacances va rapidement virer au noir dans ce roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

On va commencer par les choses qui fâchent avec un gros coup de gueule. Je connaissais les quatrièmes de couv’ trop bavardent qui spoilent (j’ai vraiment du mal à adopter la forme française divulgâcher) tout ou partie de l’intrigue, avec ce roman je découvre le méga spoiler direct sur la couv’.

La coupable ? Cette accroche sous le titre du roman : « Sept jours. Trois couples. Un meurtre. » Le meurtre en question survient dans la toute dernière partie du bouquin, et encore, dans un premier temps tout laisse penser à un dramatique accident. Merci pour l’effet de surprise !

A la décharge (partielle) de l’éditeur, la version originale fait la même connerie en annonçant en couv’ : « Seven days. Three families. One killer. » Mais bon, ce n’est pas parce que ton voisin décide de se jeter sous les roues d’un camion-citerne lancé à pleine vitesse que tu es obligé de reproduire son geste.

Si Holiday est le premier roman de T.M. Logan traduit en français, c’est le troisième (et avant-dernier) roman signé par l’auteur et publié outre-Manche.

Enfilez votre maillot de bain et vos tongs, tartinez-vous de crème solaire et allongez-vous confortablement sur votre transat préféré. Vous voilà paré pour partager les vacances de Kate et ses amies… sauf que lesdites vacances ne seront pas de tout repos, et pas que pour les personnages du roman ; vos nerfs aussi seront mis à rude épreuve.

Pour Kate le ton des vacances est donné, à peine installée, en fouinant dans le téléphone de son mari (pas glop ! pas glop du tout même !), elle tombe sur un échange via Messenger avec une autre femme. Double punition pour la vilaine curieuse : son mari la trompe et sa maîtresse est une de ses meilleures amies ! De quoi plomber l’ambiance d’entrée de jeu…

L’essentiel du roman est rédigé à la première personne, vous permettant de vivre l’intrigue par les yeux de Kate. Quelques chapitres, rédigés à la troisième personne, se concentrent sur d’autres personnages, permettant de mettre l’accent sur des éléments qui échappent à Kate.

L’immersion est totale, on partage les questionnements, les doutes et les remises en questions de Kate au fil de l’intrigue. Et le moins que l’on puisse dire c’est que T.M. Logan ne ménage pas son héroïne, toutes ses amies vont se retrouvées tour à tour suspectées d’être la maîtresse de son mari.

L’auteur apporte beaucoup de soin à ses personnages, il construit une véritable histoire autour des couples et des familles. À tel point d’ailleurs que l’intrigue va rapidement se jouer à deux niveaux, avec d’un côté les adultes et de l’autre les enfants. Et avec T.M. Logan, enfance (et surtout adolescence) ne rime pas forcément avec innocence.

Franchement j’ai été bluffé par la maîtrise de l’auteur quant à sa façon de mener son intrigue,  tant et si bien que son ultime twist m’a totalement pris au dépourvu. J’avais imaginé beaucoup de scénarios possibles, mais j’étais bien loin de la vérité. Ce roman est de fait un véritable page-turner que vous aurez bien du mal à lâcher une fois qu’il vous aura pris dans ses mailles…

MON VERDICT

Aparté technique

La version numérique reçue via Net Galley comporte une grosse anomalie dans sa mise en page : le fichier correspondant au chapitre 71 comprend en fait les chapitres 71 et 72, avant d’enchaîner sur le fichier du chapitre 72 qui reprend le texte lu précédemment.

Du coup on a ça :

Puis plus tard :

J’espère que la version commerciale finalisée aura corrigé cette erreur.

[BOUQUINS] Jean-Christophe Grangé – Le Jour Des Cendres

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J.C. Grangé - Le Jour Des Cendres

Titre : Le Jour Des Cendres
Série : Les Rivières Pourpres – Livre 3
Auteur : Jean-Christophe Grangé
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2020
Origine : France
368 pages

De quoi ça cause ?

Pour enquêter sur la découverte du corps d’un « Émissaire » d’une communauté anabaptiste en Alsace, le commandant Niemans a décidé d’envoyer son adjointe, Ivana Bogdanovic, rejoindre incognito le groupe de vendangeurs saisonniers qui œuvrent pour la communauté.

De son côté Niemans découvre que de nombreux aspects de l’enquête ont été plus ou moins sciemment négligés, voire bâclés. Il n’en faut pas davantage pour le convaincre que les anabaptistes cachent de sombres secrets…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Jean-Christophe Grangé et l’occasion de retrouver le duo d’enquêteurs constitué de Pierre Niemans et Ivana Bogdanovic, déjà vus à l’œuvre dans le précédent opus, La Dernière Chasse.

Ma Chronique

Avec ce roman Jean-Christophe Grangé nous offre incontestablement un thriller qu’il mène à la baguette et j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver les personnages de Niemans et Ivana ; mais – parce qu’il y a un mais – je n’ai pu me défaire de l’idée que l’auteur assure le minimum syndical ou joue avant tout la carte marketing.

Je m’explique. Comme pour son roman précédent, La Dernière Chasse, le présent opus est la novélisation d’une enquête déjà présentée dans le cadre de la série TV Les Rivières Pourpres (les épisodes 3 et 4 pour être précis). Sachant que ladite série compte, dans sa première saison, encore deux enquêtes (chacune faisant l’objet de deux épisodes), je me demande si Jean-Christophe Grangé va se contenter de les novéliser pour ses prochains romans… Sans compter que la série compte d’ores et déjà une seconde saison complète (quatre enquêtes réparties sur huit épisodes) et qu’une troisième saison est sur les rails…

Quand on sait de quoi est capable l’auteur quand il est au meilleur de sa forme, je trouve dommage qu’il se cantonne à un simple exercice de novélisation. Je suis intimement convaincu qu’il peut nous proposer une intrigue explosive 100% originale qui n’aurait pas un parfum de réchauffé (même si je n’ai pas encore eu l’occasion de voir ladite série).

Hormis ce léger bémol (qui tient plus du ressenti que d’une quelconque réalité constatée), l’intrigue du présent roman tient parfaitement la route et vous réservera quelques belles surprises et rebondissements inattendus (la révélation finale est plutôt glaçante en soi… j’espère sincèrement qu’elle est 100% issue de l’imagination de l’auteur).

On devine, à la lecture du roman, que, fidèle à son habitude, l’auteur s’est richement documenté sur les thèmes qu’il aborde. Le principal ici étant les traditions, les pratiques et l’histoire des anabaptistes (une branche « alternative » de la religion chrétienne dont les représentants les plus connus sont les amish).

Dans le même ordre d’idée – et sans grande surprise – le duo Niemans / Ivana fonctionne à merveille. Même si au cours de la présente enquête, ils seront le plus souvent séparés, chacun ayant un rôle précis à tenir dans le déroulé de l’enquête.

Les autres personnages sont traités avec le même soin, chacun bénéficiait d’une personnalité et d’un cadre qui lui est propre. Au niveau de Niemans c’est surtout le capitaine de gendarmerie Stéphane Desnos qui va faire les frais de son caractère plutôt affirmé et de ses méthodes pas toujours conventionnelle. Mais elle (oui, Stéphane Desnos est une femme) saura s’adapter et s’affirmer face à un interlocuteur pas toujours facile à cerner.

Si vous me lisez depuis déjà quelques temps vous aurez certainement que j’ai une certaine aversion pour tout ce qui a trait à la religion. Même sans vraiment connaître leur interprétation de la foi chrétienne, les anabaptistes ne m’inspirent pas davantage confiance que les autres courants religieux. Je serai presque tenté de dire que ce serait même plutôt l’effet inverse : plus le type proclame que sa pratique de la foi est « pure », plus j’aurai tendance à me méfier de lui.

Même s’il est vrai que j’aimerai que pour son prochain roman Jean-Christophe Grangé s’écarte de son duo Niemans / Ivana et de la série TV Les Rivières Pourpres, je sais d’ores et déjà que je répondrai présent quel que soit son choix.

MON VERDICT

[BOUQUIN] Samuel Sutra – Un Truand Peut En Cacher Un Autre

AU MENU DU JOUR

S. Sutra - Un truand peut en cacher un autre

Titre : Un Truand Peut En Cacher Un Autre
Auteur : Samuel Sutra
Éditeur : Flamant Noir
Parution : 2020
Origine : France
240 pages

De quoi ça cause ?

Chez les Duçon on est truands de père en fils et on ne plaisante pas avec la truande, il faut voir les choses en grand et les faire sans commettre d’impairs.

Cette fois Aimé, le fiston, surnommé Tonton, est sûr de son fait, il tient le gros coup et son plan est infaillible… ne lui reste qu’à trouver des complices sûrs pour arriver à ses fins.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Fidèle de la première heure aux éditions Flamant Noir, il est pourtant une série de romans que je n’avais pas encore pris le temps de découvrir : les fameux Tonton de Samuel Sutra.

Et pourtant ça fait un moment qu’ils me tentent ! Comme à l’occasion de son dernier opus, l’auteur nous invite à découvrir la première grosse combine montée par Tonton et ses sbires, je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté de l’occasion d’assouvir enfin ma curiosité.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les éditions Flamant Noir – et tout particulièrement Nathalie – ainsi que Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Incontestablement la plus grande force de ce roman réside dans son ton, un cocktail aussi subtil qu’agréable entre Frédéric Dard et Michel Audiard ; le genre de mélodie qui ne peut qu’enchanter les oreilles des amoureux de la langue française. et plus encore quand ceux-ci ne sont pas insensibles à la gouaille et au charme de l’argot parisien.

Mais Samuel Sutra ne se contente pas de jouer avec les mots (même s’il le fait admirablement), il joue aussi avec ses personnages, les confrontant à des situations qui flirtent souvent avec le burlesque et ponctuant leurs échanges de dialogues truculents. C’est que du bonheur pour le lecteur qui se laisse entraîner sans vraiment se poser de questions !

Il faut dire qu’au niveau de ses personnages l’auteur n’y va pas de main morte pour nous offrir une sympathique galerie de portraits que l’on n’est pas près d’oublier. À commencer bien entendu par notre fameux Tonton, qui, selon les exigences du contexte, saura si montrer aussi habile à manier les bons mots que de jouer des poings.

À ce titre sa visite chez Maxim’s (et surtout sa sortie) a été purement et simplement jubilatoire ; à éviter en public si vous ne voulez pas que les autres vous regardent bizarrement… sans parler du petit désagrément que représente le risque de se pisser dessus à force de se marrer.

Je ne vous parlerai pas de la fine équipe qui aidera (même si parfois ça reste à prouver) Tonton à monter son coup. Il faut le lire pour le croire !

N’allez pas croire que l’intrigue à proprement parler est surtout prétexte pour Samuel Sutra à s’amuser et à nous amuser, tout en restant plutôt légère elle est toutefois bien construite et menée d’une main de maître.

Concernant le choix du titre, force est de reconnaître qu’il est parfaitement adapté à la situation du présent roman. Plus d’une fois je me demandé qui pouvait bien être cet « autre » et pourquoi il voulait tant chier dans les bottes de Tonton.

S’agissant de ma première incursion dans l’univers de Tonton, je n’ai pas d’éléments de comparaison, mais ce bouquin m’a clairement donné envie de poursuivre mon exploration. J’irai même plus loin en affirmant qu’il me ferait presque regretter de ne pas m’être laissé tenter plus tôt.

Et parce qu’il le vaut bien j’inaugure même un tag « banana » que je décernerai désormais aux bouquins qui donnent la banane !

MON VERDICT

 

[BOUQUINS] Nicolas Jaillet – Mauvaise Graine

AU MENU DU JOUR

N. Jaillet - Mauvaise Graine
Titre : Mauvaise Graine
Auteur : Nicolas Jaillet
Éditeur : La Manufacture De Livre
Parution : 2020
Origine : France
338 pages

De quoi ça cause ?

Julie, une jeune institutrice célibataire, croque la vie à pleines dents au fil de soirées entre copines particulièrement bien arrosées. Une routine festive qui pourrait bien changer quand la jeune femme découvre qu’elle est enceinte.

Julie n’a aucune idée de comment ce bébé à bien pu arriver là où il est. Elle n’aura guère l’occasion de se poser la question avant de découvrir que sa grossesse s’accompagne d’effets secondaires pour les moins inhabituels et inattendus…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Un choix de lecture que je dois exclusivement à la blogosphère avec notamment l’enthousiasme communicatif de Aude, puis de Yvan.

Ma Chronique

Attention OLNI (Objet Littéraire Non Identifié), à moins qu’il ne s’agisse d’un OLI (Objet Littéraire Inclassable)… Bref cette Mauvaise Graine est un bouquin à nul autre pareil, impossible de lui coller une étiquette ou de le ranger dans une petite case.

Ca commence comme une sympathique farce feel good avant de se transformer en un cocktail d’action explosive ; sans jamais vraiment se départir d’un petit côté burlesque/déjanté qui fait du bien au moral et aux zygomatiques.

Le bandeau d’accroche annonce un mix entre Bridget Jones et Kill Bill… une rencontre peu commune vous en conviendrez. Plus encore si vous saupoudrez le tout d’une bonne dose de super pouvoirs. Par contre oubliez tout ce que vous savez (ou croyez savoir) sur les super-héros, avec Julie on est aux antipodes des univers de Marvel ou de DC.

Si le bouquin ne se prend clairement pas au sérieux, Nicolas Jaillet n’a pas lésiné quand il s’agit de soigner la forme. Le style est percutant. L’écriture fait mouche à tous les coups, qu’il s’agisse de susciter une émotion, de déclencher un fou rire ou encore de nous plonger au cœur de l’action.

Dans le même ordre d’idée, le côté déjanté (parfaitement maîtrisé et assumé) n’empêche pas l’auteur d’apporter un soin particulier à ses personnages ; à commencer bien entendu par Julie, mais ses copines (surtout Magali, la fidèle meilleure amie) et leurs mecs (Julie est la seule célibataire du groupe).

Sur la forme j’ai été, dans un premier temps, un peu déconcerté par l’absence de chapitrage, mais j’ai rapidement fait abstraction de ce détail (même si ça ne me m’a pas simplifié la tâche quand je devais passer de la tablette au PC, et vice versa).

Je ne connaissais pas du tout Nicolas Jaillet, mais d’après ce que j’ai pu glaner comme infos à droite à gauche, le gars semble être un peu touche-à-tout, passant du polar à la romance avec un détour par la littérature jeunesse.

MON VERDICT