Nouvelle escapade cinéphile mais cette fois changement radical de contexte et de décor, direction le grand nord américain au début du XIXème siècle, avec The Revenant signé Alejandro G. Iñarritu.
Hugh Glass (Leonardo DiCaprio), un trappeur, est attaqué par un ours et grièvement blessé. Abandonné par ses équipiers, il est laissé pour mort. Mais Glass refuse de mourir. Armé de sa seule volonté et porté par un désir de vengeance, il va puiser la force de survivre au coeur d’un environnement hostile et traquer John Fitzgerald (Tom Hardy), l’homme qui a tué son fils…
Le film est librement adapté du roman homonyme de Michael Punke, lui même inspiré de faits réels. Un détour via Wikipedia vous apprendra que Hugh Glass a bel et bien existé et qu’il a effectivement été abandonné par ses équipiers… ensuite entre le film et la réalité il y a effectivement pas mal de différences. Il ne me reste plus qu’à trouver le temps de lire le bouquin afin de mesurer les écarts entre la réalité et le roman puis entre le roman et le film. Ou simplement me contenter de les apprécier tels qu’ils sont.
La première chose qui frappe dans le film est le soin apporté au visuel. Certes les paysages sont sublimes, le tournage s’est déroulé entre le nord des Etats-Unis, le Canada… et la Terre de Feu, du fait d’un printemps nord américain trop précoce. Mais le visuel ne s’arrête pas aux décors naturels, les gros plans sur les visages des protagonistes capturent leur humanité, leurs émotions et… leur douleur.
La séquence d’ouverture vous plonge directement dans le grand bain, une bande de trappeurs est attaquée par des indiens, le combat fait rage, les séquences sont d’un réalisme frappant (et pourtant aucun humain n’a été tué pendant le tournage). Entre les survivants la tension monte. Puis vient la séquence de l’ours, un combat de toute beauté / cruauté entre l’homme et l’animal (et pourtant aucun animal n’a été tué pendant le tournage).
Du beau et du grand western. Oui, mais pas que ça. Le rapport de l’homme à la nature est un élément dominant du film, pas besoin de discours écolo à deux balles pour nous faire comprendre que notre planète est belle et mérite d’être protégée. Les rapports humains sont aussi au coeur de l’intrigue, pour le meilleur (l’amitié, la relation père / fils, la loyauté…) et pour le pire (la trahison, le mensonge, la haine…).
Le réalisateur comme les acteurs évoquent tous un tournage éprouvant, par souci de réalisme pas question de recourir abusivement aux effets numériques. Compte tenu des caprices de la météo les prises de vue devaient être souvent interrompues. Les acteurs ont été confronté à un froid extrême, pour mériter son Oscar DiCaprio a eu le droit à quelques bains en eaux glacées, à une cure de sommeil dans la carcasse d’un cheval et à une dégustation de foie de bison cru… tout un programme !
Un Oscar amplement mérité et pas uniquement pour les raisons évoquées précédemment, l’acteur endosse à fond son rôle. Les longues séquences sans le moindre dialogue sont tout aussi expressives qu’un long discours ; la posture, le jeu et les mimiques vous filent droit au coeur, pas besoin de mots pour comprendre ce qu’endure Hugh Glass.
Dans le rôle de Fitzgerald, l’ordure de service, Tom Hardy est tout aussi convaincant. Un manque total d’empathie et de sens moral, tant et si bien qu’il finit par se convaincre qu’il a fait les bons choix… Deux rôles de composition pour un duo / duel fait des étincelles à l’écran.
Avec treize récompenses on peut dire que Alejandro Iñarritu et son équipe ont réussi leur pari, d’autant qu’ils peuvent compter à leur palmarès trois Oscars (meilleur acteur, meilleur réalisateur et meilleure photographie) et trois Golden Globe (meilleur film dramatique, meilleur acteur et meilleur réalisateur).
Catégorie : DVD / BRD
[BRD] Deadpool
Ah que voilà une escapade cinéphile que j’attendais depuis longtemps ! Au programme du jour Deadpool de Tim Miller, qui met en scène le personnage le plus déjanté de l’univers Marvel.
Depuis une expérience qui a mal tourné, Wade Wilson (Ryan Reynolds), ancien militaire devenu mercenaire au service des plus faibles, est Deadpool, un justicier masqué aux pouvoirs multiples qui poursuit une vengeance implacable contre Ajax (Ed Skrein), le scientifique responsable de sa mutation…
Avec Deadpool la franchise Marvel offre à un anti-héros notoire un rôle de super-héros… à moins qu’il s’agisse d’un super-méchant ; parfois on se demande ! Le gars est doté d’un humour particulièrement grinçant qui aura rapidement le don d’agacer ses adversaires (et parfois même ses partenaires). Ses pouvoirs (régénération, force et réflexes accrus, expertise dans toutes les formes de combat) lui confèrent une quasi invincibilité, de fait il pavoise et en fait des tonnes au combat ; une arrogance sans borne mais qui porte ses fruits : si les combats ne sont pas toujours très fair-play, ils sont par contre toujours expéditifs. Avec Deadpool pas de sentimentalisme inutile, tu te mets au travers de son chemin, tu meurs. Simple comme bonjour, non ? Un super-héros psychotique, j’adore !!!
Un second degré affiché et assumé dès le générique, renforcé par le fait que pendant le film, Wade Wilson s’adresse directement aux spectateurs, sans se départir de son ton habituel. Que du bonheur !!!
N’allez surtout pas croire que le film repose uniquement sur son humour totalement barré. L’intrigue tient parfaitement la route ; certes le concept de vengeance n’est pas de la plus grande originalité, mais c’est dans sa mise en scène que Deadpool se démarque des autres films. Inutile de préciser que les effets spéciaux / visuels ne souffrent d’aucun défaut. Le film est construit sur une alternance entre présent et flash-backs, ces derniers permettent de comprendre comment Wade est devenu Deadpool et pourquoi il traque Ajax.
Si Ryan Reynolds porte le film par son interprétation de Wade Wilson / Deadpool, les autres acteurs ne sont pas pour autant en reste. Ed Skrein incarne parfaitement son rôle de méchant mutant, scientifique un peu barge doté d’une force hors du commun et insensible à la douleur (avec en bonus des pouvoirs de régénération, mais moindres que ceux de Deadpool).
A noter quelques touches de charme dans ce monde de brutes. D’abord Vanessa Carlysle (Morena Baccarin), l’ex fiancée de Wade qu’il espère reconquérir une fois que Ajax lui aura rendu son apparence. Ajax de son côté pourra compter sur le soutien de Angel Dust (Gina Carano), une mutante dotée d’une force accrue.
Pour la petite histoire c’est la Fox qui exploite la licence Deadpool, il semblerait que les studios aient décidé de le rattacher à l’univers des X-Men (d’où l’apparition de Colossus qui s’efforcera vainement de le convaincre de rejoindre les rangs du Professeur Xavier). Sans doute dans l’optique d’un futur rapprochement / affrontement dans le cadre du projet X-Force ; c’est tout du moins ce que laisse présager l’une des séquence post-générique de Deadpool, dans laquelle Wade Wilson annonce qu’il y aura une suite et qu’il sera confronté à Cable (futur leader de la X-Force).
Ce qui m’amène tout naturellement à parler gros sous. Deadpool affiche un budget de 58 millions de dollars, ce qui plutôt modeste pour un film issu de la franchise Marvel ; à titre d’exemple Captain America : Civil War a coûté 250 millions de dollars et X-Men : Apocalypse 240 millions. De fait, avec un box office mondial dépassant les 762 millions de dollars, la franchise Deadpool bénéficie d’une voie royale pour une (ou plusieurs) suite(s). Reste à conserver le même esprit déjanté et assumé que pour ce premier film.
Avertissement : aux Etats-Unis le film est sorti avec une restriction R, les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés par un adulte.
♥♥♥♥♥
[BRD] Hunger Games – La Révolte (Parties 1 et 2)

Bien que le second volet de la saga Hunger Games ne m’ait guère convaincu, je tenais tout de même à connaître le fin de l’histoire. Du coup nous nous sommes offert une pause cinéphile deux pour le prix d’une, ce troisième et dernier opus, La Révolte, étant divisé en deux parties, avec Francis Lawrence à la réalisation.
Katniss (Jennifer Lawrence) s’est réfugiée dans le District 13 après avoir détruit à jamais l’arène et les Jeux. Sous le commandement de la Présidente Coin (Julianne Moore), chef du district, et suivant les conseils de ses amis en qui elle a toute confiance, Katniss déploie ses ailes pour devenir le symbole de la rébellion. Elle va se battre pour sauver Peeta (Josh Hutcherson) et libérer le pays tout entier…
J’ai beaucoup de mal avec cette mode hollywoodienne de couper, désormais presque systématiquement, le dernier volet d’une saga en deux films. Certes parfois cela peut s’avérer utile, du fait de la richesse du contenu. Mais parfois ça pue tout simplement la stratégie marketing. Pas de bol ce film se classe clairement dans cette seconde catégorie, les deux films totalisent pas loin de 4h30 alors que trois heures auraient été largement suffisantes pour boucler l’affaire.
Attention, je ne dis pas que le film est mauvais, mais il traîne des longueurs et répétitions dont on se serait volontiers passé. L’ensemble aurait gagné en fluidité… et de fait en qualité. Au-delà de ce défaut ça reste un divertissement agréable, nettement plus convaincant que le second volet. La recette idéale de Hunger Games version cinéma : le premier film avec la fin du second et on enchaîne sur un troisième film de trois heures. En deux fois trois heures l’affaire était pliée ! Au lieu de ça les quatre films totalisent plus de neuf heures…
Ce dernier opus ne mise pas que sur l’action et les effets spéciaux, il prend aussi une dimension politique avec l’affrontement entre les forces de Panem contrôlées par le Président Snow (Donald Sutherland) et la rébellion conduite par la Présidente Coin. Une guerre qui passe aussi par la propagande et donc les médias, les deux camps n’hésitent pas user et abuser d’images pour (dés)informer la population. Cette dimension politique apporte un peu de renouveau à une série qui s’essoufflait à grands coups de redondances. Mais là encore, ça pêche par excès, on retombe dans la facilité et la répétition.
C’est le dernier film dans lequel apparaît Phillip Seymour Hoffman, qui y incarne le concepteur Plutarch Heavensbee. L’acteur est en effet décédé au cours du tournage, plusieurs scènes ont dû être redéfinies en conséquence, soit en les réécrivant sans le personnage, soit en ayant recours à des effets numèrique. Force est de constater que le résultat est des plus convaincants, le spectateur n’y voit que du feu.
Bref un film divertissant mais qui ne devrait intéresser que les inconditionnels de la saga, ou les curieux qui souhaitaient malgré un avis mitigé, en connaître la fin. Les autres, vous pouvez passer votre chemin, vous ne ratez rien.
♥♥♥
[BRD] Les Huit Salopards
Petite escapade cinéphile hier soir en compagnie de Quentin Tarantino et son huitième film, intitulé, comme par hasard, Les Huit Salopards.
Alors que le chasseur de primes John Ruth (Kurt Russel) fait route vers Red Rock, où il conduit sa prisonnière Daisy Domergue (Jennifer Jason Leigh) se faire pendre. Sur leur route, ils rencontrent le Major Marquis Warren (Samuel L. Jackson), un ancien soldat devenu chasseur de primes, et Chris Mannix (Walton Goggins), le nouveau shérif de Red Rock. Surpris par le blizzard, ils trouvent refuge dans une auberge au milieu des montagnes, où quatre autres personnes attendent une météo plus clémente…
J’avoue avoir été surpris de découvrir que Quentin Tarantino misait à nouveau sur le western pour son nouveau film, avec l’excellentissime Django Unchained il avait la barre haut… très haut. Très rapidement on réalise que les deux films ne jouent pas dans le même registre. Django Unchained propose une version à la fois classique et moderne du western haut de gamme ; tout est fait pour que le film devienne un blockbuster (pari réussi Monsieur Tarantino). Les Huit Salopards jouent davantage la carte du vintage et se revendique comme un hommage au western spaghetti des années 60/70. Forcément le budget n’est pas le même (respectivement 100 et 44 millions de dollars) et forcément ça se voit à l’écran (et c’est d’ailleurs le but recherché)… ça peut être déconcertant pour le spectateur qui ne s’attendait pas forcément à ce pied de nez.
Pour la bande-son, Quentin Tarantino fait appel au compositeur Ennio Morricone. Bien que mondialement connu pour avoir composé d’inoubliables musique de westerns devenus des classiques, il ne s’était plus frotté au genre depuis 1981. Un retour aux sources réussi qui accentue encore cette ambiance propre au western spaghetti.
Le film est découpé en cinq chapitres. Le réalisateur prend son temps pour poser le décor et les personnages ; sans doute un peu trop de temps vu qu’il lui faut quand même une bonne heure avant d’entrer dans le vif du sujet. Surpris par le rythme imposé je ne me suis pourtant jamais ennuyé, les échanges, sans concession, parfois même surréaliste, entre les personnages incarnés par Samuel L. Jackson, Kurt Russel et Walton Goggins suffisent à maintenir l’attention du spectateur (toujours aussi déconcerté soit dit en passant).
Avec l’arrivée à l’auberge le film prend une toute autre tournure, on sent qu’il s’y passe un truc louche sans vraiment réussir à mettre le doigt dessus, l’ambiance se fait plus pesante, plus suspicieuse. Démarre alors un huis-clos qui nous tiendra en haleine pendant près de deux heures. Un pari osé mais réussi grâce au talent des acteurs, tous les acteurs se donnent à fond dans leur rôle. La tension monte crescendo, on devine aisément qu’il suffirait d’un rien pour que les flingues parlent (enfin).
Et quand ça démarre plus rien n’arrête le réalisateur dans la démesure mais sans jamais se départir d’une bonne dose de second degré ; l’hémoglobine coule à flot mais ça ne choque pas outre mesure, ça colle avec ce que l’on vu jusque là.
Au vu des critiques mitigées que le film a reçu, je dirai que je me place dans la borne haute. J’ai passé un bon moment, divertissant et délicieusement rétro. Un film à prendre tel qu’il est, à ne surtout pas chercher à comparer avec Django Unchained. Visiblement la recette n’a pas trop mal fonctionné, à ce jour le film affiche en effet un box office mondial à plus de 155 millions de dollars.
♥♥♥½
[BRD] Star Wars – Le Réveil De La Force
Sorti en fin d’année dernière au ciné, j’ai été fortement tenté de remettre les pieds dans un cinéma (la dernière fois c’était pour Titanic), mais finalement mon asociabilité chronique aura eu raison de ma curiosité. J’ai donc, fidèle à mes habitudes, attendu sagement la sortie en Blu-ray (tout en fuyant les spoilers) avant de visionner Star Wars – Le Réveil De La Force, réalisé par J.J. Abrams.
Trente ans après la victoire de l’Alliance Rebelle l’avenir reste incertain pour la Nouvelle République. Une nouvelle menace, le Premier Ordre, dirigé par le Suprême Leader Snoke (Andrew Serkis) et son acolyte Kylo Ren (Adam Driver), rallie les nostalgiques de l’Empire Galactique…
Bien que fan de la première heure de la saga Star Wars j’avoue que l’annonce de ce septième volet m’a laissé sceptique (voire pire si non affinités). D’une part je me demandais ce que pourrait donner l’univers Star Wars entre les mains de Disney ; je m’étais posé la même question lorsque Disney a racheté la licence Marvel, Avengers puis Les Gardiens De La Galaxie ont définitivement balayé mes doutes sur le devenir de nos super-héros préférés. Espérons qu’il en soit de même pour l’univers Star Wars…
Quand le nom du réalisateur, J.J. Abrams, est tombé le doute s’est de nouveau immiscé dans mon esprit. Je ne peux pas dire que j’ai été totalement convaincu par sa reprise en main de Star Trek. D’un autre côté, et pour être tout à fait franc, je n’ai jamais aimé la saga Star Trek, donc il n’y avait pas de raison particulière pour que j’accroche à ces suites…
Enfin restait en suspens la question du scénario. Les inconditionnels de l’univers étendu Star Wars (les romans qui viennent prolonger l’histoire de la saga) sont bien placés pour savoir qu’il y a de quoi puiser des idées à foison, et surtout des scénarios de qualité (je pense notamment à La Croisade Noire du Jedi Fou de Timothy Zahn ou encore, quitte à prendre des distances avec la saga initiale, Le Nouvel Ordre Jedi). Mais que nenni, Disney annonce un scénario 100% original ! La douche froide… Bien qu’étant le premier déçu par ce choix je vais pourtant essayer de me faire l’avocat du diable, un tel choix aurait exigé, afin de rester crédible, de choisir de nouveaux acteurs pour incarner les personnages phares de la saga… Pas certains que les fans auraient apprécié de voir leurs héros changer de tronche… Sans parler du poids qui aurait pesé sur les épaules des acteurs chargés de donner une nouvelle jeunesse à Luke Skywalker, Han Solo et consorts…
Voilà pour le fond, il serait peut être dans de se plonger dans la forme, et de vous donner mes impressions après avoir visionné Le Réveil De La Force.
Certes l’intrigue est bien ficelée mais reste parfois assez (trop ?) proche de celle de l’Episode IV, Un Nouvel Espoir, jusqu’à certaines scènes qui semblent quasiment copier-coller d’un film à l’autre. Heureusement cette impression de déjà-vu reste diffuse, pour être tout à fait honnête avec vous, c’est surtout après avoir vu le film dans son intégralité que les ressemblances sautent aux yeux. A chaud la magie Star Wars fonctionne, on se prend aisément au jeu.
Au niveau des personnages, l’idée de combiner nouveaux héros et anciennes figures emblématiques de la saga (par ordre d’apparition, Han Solo, Chewbacca, Leia Organa et Luke Skywalker) plutôt bien trouvée. Je ne vous ferai pas un portrait détaillé des nouveaux venus mais ils s’intègrent plutôt bien à l’intrigue et donnent une seconde jeunesse à la saga. Au niveau des gentils, et donc futurs rebelles, on trouve Rey (Daisy Ridley), une jeune femme qui vivote en pillant des épaves et va se retrouver embringuée dans l’intrigue presque malgré elle, et Finn (John Boyega), un stormtrooper déserteur qui souhaite mettre le plus de distance possible entre le Premier Ordre et lui. Des personnages qui trouvent pleinement leur place dans l’intrigue mais méritent de s’étoffer. Gros coup de coeur par contre pour le droïde BB-8 ; je veux le même !
Au niveau des méchants de service, et donc les rangs du Premier Ordre, le Leader Suprême reste un entouré d’un voiie de mystère. Ses seconds se livrent à une bataille d’ego avec d’un côté le Général Hux (Domhnall Gleeson), militaire pur et dur adepte de la force brute, et de l’autre Kylo Ren, apprenti de Snoke et chef des Chevaliers de Ren. Au niveau du Premier Ordre le bât blesse, Hux est le parfait cliché du militaire aussi belliqueux qu’ambitieux, et Ren apparaît comme souvent comme un gamin gâté colérique. Ca manque cruellement de profondeur dans les rangs, espérons que les choses amélioreront dans les épisodes suivants (au moins du côté de Ren, je doute qu’un militaire borné soit une denrée récupérable).
Même si ça me donne l’impression d’enfoncer des portes ouvertes, je tiens à préciser que visuellement le film est irréprochable. Les décors et les effets spéciaux sont parfaitement maîtrisés, on retrouve de nombreux éléments qui contribuent à la richesse de l’univers Star Wars.
En conclusion (il était temps diront certains), j’ai passé un très bon moment devant ce septième volet de la saga Star Wars, mais j’en espérais davantage (quitte à me répéter, surtout en connaissant la richesse de l’univers étendu). Il n’y a pas eu d’enthousiasme débordant, ni de WAOW, bouche bée et les yeux en soucoupes… Ce qui ne m’empêchera pas d’être fidèle au rendez-vous pour les prochains films.
♥♥♥♥
[BRD] 007 Spectre
Une pause cinéphile en compagnie de James Bond est généralement gage d’un bon divertissement, d’autant qu’après le très bon Skyfall, le duo composé de Sam Mendes aux commandes et Daniel Craig dans le rôle titre était attendu au tournant. 007 Spectre est le vingt quatrième film de la franchise et permet à Daniel Craig d’endosser pour la quatrième fois le rôle du plus célèbre des espions.
Bien que le MI6 ait décidé de dissoudre la cellule double zéro, James Bond poursuit en électron libre sa mission. Mission qui ne tarde pas à le mettre sur la piste d’une puissante organisation criminelle : SPECTRE, dirigée par Franz Oberhauser (Christoph Waltz)…
Le divertissement est bel au bien au rendez-vous avec un rythme des plus soutenu, de l’action, de l’humour et les inévitables courses poursuites à bord de voitures de rêve… mais il manque un soupçon de je ne sais quoi pour que la sauce prenne vraiment. du coup au lieu d’un WAOW enthousiaste, on quitte le film sur un HMOUAIS mitigé. Peut être étions nous trop exigeants après le sublime Skyfall…
Attention je ne dis pas que le film est un ratage complet, on a même le droit à quelques séquences qui resteront dans les annales de la saga James Bond. La séquence d’ouverture au Mexique est tout simplement géniale. L’explosion du repaire de SPECTRE dans le désert est grandiose, elle figure d’ailleurs au Guiness Book of Records comme étant la plus grande explosion jamais réalisée au cinéma. Mais il n’empêche que globalement l’ensemble manque de vraisemblance (je ne parle pas de crédibilité, je suis bien conscient qu’on est dans une fiction à grand spectacle). Peut être étais-je dans un mauvais état d’esprit mais même Daniel Craig ne m’a pas totalement convaincu dans son interprétation de 007 (dans les trois films précédents j’ai trouvé qu’il incarnait un excellent James Bond).
Terminons par la touche charme, l’agent Zero-Zero-Sex accroche deux nouvelles conquêtes à son impressionnant palmarès de coucheries. A 51 ans Monica Bellucci devient la plus âgée des James Bond girls à avoir fait des galipettes avec Bond. Lui succédera, dans le film, Léa Seydoux (30 ans) ; pour la petite histoire elle est la septième actrice française à succomber aux charmes de 007.
La saga étant toujours bankable (880 millions de dollars au box-office mondial pour un budget de 245 millions) nul doute que nous retrouverons rapidement James Bond sur nos écrans. Selon toute vraisemblance, et contrairement à ce que laisse supposer la fin de Spectre, c’est de nouveau Daniel Craig qui devrait incarner l’agent 007.
♥♥♥½
[BRD] Seul Sur Mars
Rien de tel qu’une pause cinéphile pour terminer en beauté la journée, notre choix s’est porté sur Seul Sur Mars de Ridley Scott.
Au cours d’une mission sur Mars l’équipage est contraint de quitter en urgence la planète. Au cours de l’évacuation l’astronaute Mark Watney (Mark Damon) est emporté par la tempête. Laissé pour mort par ses coéquipiers, il reprend conscience seul dans le plus hostile des milieux. Il va tout mettre en oeuvre pour organiser au mieux sa survie et entrer en communication avec la NASA…
Si vous me lisez depuis déjà quelque temps vous savez que le roman d’Andy Weir a été un de mes gros coups de coeur littéraire de l’année 2014. Il était donc hors de question que je passe à côté du film, d’autant que Ridley Scott n’est pas franchement un bleu en matière de science fiction (on lui doit les cultissimes Alien et Blade Runner, plus récemment il est revenu à ses premières amours avec Prometheus).
Adaptation réussie ou pas ? D’ores et déjà je peux vous assurer que Ridley Scott n’a pas perdu la main, avec Seul Sur Mars il nous offre un sans faute (et un premier gros coup de coeur cinéma). Pourtant le pari était loin d’être gagné d’avance.
Le film, comme le roman, repose en grande partie sur les épaules d’un personnage unique : Mark Watney. Matt Damon excelle dans ce rôle, il porte le film avec un naturel exceptionnel. On retrouve la persévérance, la débrouillardise, l’optimisme et l’humour de Mark. Ne lésinons pas sur les mots, Matt Damon nous livre là un merveilleux rôle de composition, totalement bluffant.
Bluffant, le visuel l’est aussi. Le réalisateur a su éviter la facilité du tout numérique ainsi qu’une débauche d’effets spéciaux qui auraient pu être nuisible au film. Les extérieurs, tournés en Jordanie, nous plonge en totale immersion sur la planète rouge. Ridley Scott a fait le bon choix en privilégiant l’humain et son intrigue ; on entre à fond dans le film, pour ne plus le quitter avant le clap de fin.
Un film de SF qui se regarde comme un thriller, que demander de plus ? Je ne sais pas si tout est scientifiquement plausible mais le fait est que tout s’intègre parfaitement à l’intrigue et donne au film une rare intensité. A ce titre le film me fait un peu penser à Gravity (il y a pire comme référence).
Parlons peu mais parlons bien… parlons chiffres. Seul Sur Mars c’est un budget de 108 millions de dollars (raisonnable pour Hollywood), au box office mondial le film affiche plus de 608 millions de dollars de recettes ! C’est aussi deux Gloden Globe remportés en 2016 (meilleur acteur et meilleur réalisateur), et sept nominations aux Oscars qui se tiendront à la fin du mois.
♥♥♥♥♥
[BRD] Mission Impossible : Rogue Nation
Une pause cinéphile sans grosse prise de risque, la saga Mission Impossible ayant déjà largement fait ses preuves ; place donc à son cinquième opus : Rogue Nation, avec Christopher McQuarrie aux commandes.
Alors que la Force Mission Impossible, dirigée par William Brandt (Jeremy Renner) est dissoute par le Congrès, à la demande de la CIA, l’agent Ethan Hunt (Tom Cruise) continue de remonter la piste du Syndicat, une organisation criminelle dirigée par Solomon Lane (Sean Harris). Désormais considéré comme un fugitif par ses pairs, Hunt va rapidement réaliser qu’il ne peut lutter seul contre une organisation aussi puissante…
On ne change pas une équipe qui gagne, Ethan Hunt pourra compter non seulement sur le soutien de son boss, mais aussi sur l’aide de ses anciens coéquipiers, Benji (Simon Pegg) et Luther (Ving Rhames). Mais aussi sur le soutien plus inattendu et plus inattendu d’Ilsa Faust (Rebecca Ferguson), atout charme du film mais surtout un personnage complexe au caractère bien trempé… je n’en dirai pas plus afin de pas spoiler inutilement.
De même on ne change pas une recette qui gagne. L’intrigue est bien ficelée et menée tambour battant. Les scènes d’actions sont parfaitement maîtrisée (avec en prime une séquence aquatique) avec bien entendu de belles cascades et autres poursuites fortes en sensations. On y ajoute quelques touches d’humour (plus nombreuses que dans les précédents volets) histoire d’apporter juste ce qu’il faut de légèreté pile poil au bon moment.
Vous l’aurez compris ce n’est pas ce cinquième opus qui ternira l’image de la saga. Un sixième volet est d’ores et déjà annoncé avec de nouveau (et ça c’est une première) Christopher McQuarrie aux commandes, Tom Cruise devrait d’ailleurs retrouver Rebecca Ferguson dans ce nouvel opus. Sortie prévue en 2016, soit 20 ans après le premier film.
♥♥♥♥
[BRD] Ant-Man
Notre pause cinéphile du weekend se fera en immersion au sein de l’univers Marvel, mais à la découverte d’un nouveau personnage, à savoir : Ant-Man. Un film signé Peyton Reed.
A peine sorti de prison et alors qu’il n’a plus le droit de voir sa fille, Scott Lang (Paul Rudd), cambrioleur de haut vol, accepte une nouvelle opération sensée rapporter un max. Sauf que rien ne se passe comme prévu, Scott récupère juste un costume bizarre. Quand il l’endosse et le manipule un peu au hasard il se retrouve réduit à la taille d’une fourmi. La voix du Pr Hank Pym (Michael Douglas) l’informe qu’il a été choisi pour être le nouvel Ant-Man, mais il y a encore du boulot avant d’être au top dans ce rôle…
Bien que le film soit présenté comme la conclusion de la phase 2 des adaptations Marvel, il ne s’intègre pas encore dans l’univers des Avengers. Loin s’en faut puisque Hank Pym quittera le SHIELD avec pertes et fracas quand il découvrira qu’ils cherchent à s’approprier son travail. Ce qui ne l’empêchera pas de se dresser contre son rival, Darren Cross (Corey Stoll) quand celui-ci contactera HYDRA afin de leur vendre la technologie PYM qu’il a réussi à reproduire.
Outre son costume de Ant-Man, Scott pourra compter sur une panoplie de gadgets développés par Hank Pym afin de l’aider dans sa mission, mais aussi sur des alliés pour le moins inattendus : les fourmis, qui lui obéiront au doigt et à l’oeil, chaque espèce ayant un rôle bien précis.
Mais incontestablement le summum au niveau des alliés de Scott est atteint quand il fait appel à ses trois complices de cambriole, une belle équipe de bras cassés ! Mais pas totalement inefficace non plus.
Je ne connaissais pas le personnage, sinon vaguement de nom, au j’ai été agréablement surpris (d’autant que je n’en avais pas entendu que du bien). Qu’il s’agisse de l’intrigue, rythmée mais toujours ponctuée de pointes d’humour, des personnages et bien entendu du visuel irréprochable, comme d’hab. Ca ne fait que confirmer ce que je savais déjà, je suis bon public pour ce genre de film !
Comme d’hab avec les films estampillés Marvel, restez jusqu’à la toute fin du film, vous aurez le droit à deux séquences post générique. L’une d’elle annonçant clairement la suite prévue, Ant-Man & The Wasp (annoncée pour 2018), pour laquelle Peyton Reed est confirmé à la réalisation et Paul Rudd et Evangeline Lilly au casting.
♥♥♥♥½
[BRD] Vice-Versa
Petite pause cinéphile sous le signe de Disney / Pixar, un duo qui assure un bon moment de divertissement. Au programme, Vice-Versa, leur dernier film, signé Pete Docter.
Au quartier général qui commande les émotions de la jeune Riley, Joie à fort à faire pour s’assurer que la jeune fille connaisse une vie joyeuse emplie de bon souvenirs. Ses acolytes, Tristesse, Dégoût, Peur et Colère, ne vont pas, parfois bien malgré eux, lui simplifier la tâche. Les choses se compliquent lorsque la famille emménage à San Francisco. Suite à un cafouillage Joie et Tristesse sont éjectées du QG et se retrouvent dans les méandres de l’esprit de Riley. Elles doivent impérativement regagner le QG faute de quoi la jeune fille sera privée de toute empathie… En attendant Dégoût, Peur et Colère vont essayer de limiter les dégâts…
Ca fait plaisir de retrouver Pixar aux commandes d’un projet totalement original (le dernier film original en date était Rebelle en 2012), d’autant niveau originalité le scénario place la barre très haut en donnant vie aux émotions. Sans me risquer à un jeu de mot pourri je dirai que Vice-Versa est un film pleine d’esprit et d’intelligence, qui peut se voir à différents niveaux et saura donc plaire à un large public.
Les plus jeunes se contenteront du divertissement au premier degré alors que les plus âgés ne manqueront pas de rapprocher la situation de Riley en manque d’empathie avec le passage de l’enfance à l’adolescence (l’âge bête… on est tous passés par là). Situation aggravée par le fait que Riley devra s’adapter à un nouvel environnement (là encore je suppose que nous sommes nombreux à avoir connu ça).
Je n’enfoncerai pas une porte ouverte en précisant que visuellement le film est irréprochable (trop tard… oups). Le film fait cohabiter des univers complètement différents, avec d’un côté le monde extérieur de Riley qui joue la carte du réalisme tant dans la représentation des personnages que des lieux. Le plus gros challenge aura certainement été de mettre en image l’esprit de Riley, qu’il s’agisse de la représentation des cinq émotions de base, que de la géographie spirituelle… De très belles trouvailles (que je vous laisse découvrir si ce n’est déjà fait) pour un résultat plus que convaincant.
Pour son quinzième long métrage Pixar réussit encore à nous surprendre et à nous éblouir.
Par contre je trouve que le titre québécois, Sens Dessus Dessous, est plus parlant que le titre français… on y retrouve davantage la notion de chaos alors que Vice-Versa évoque plutôt la réciprocité. Mais bon c’est purement sémantique comme observation.