[BOUQUINS] Roy Braverman – Le Cas Chakkamuk

AU MENU DU JOUR


Titre : Le Cas Chakkamuk
Auteur : Roy Braverman
Éditeur : Hugo
Parution : 2022
Origine : France
306 pages

De quoi ça cause ?

Le shérif Doug Warwick est accusé de viol par sa belle-sœur et sa propre femme. Taylor, son jeune adjoint est chargé de l’enquête. Quelque peu dépassé par les événements il sollicite l’aide du prédécesseur de Warwick, Blansky, désormais rédacteur en chef au Notchbridge Sentinel.

Assisté de Dempsey, écrivain à succès et employé au journal, l’ancien shérif va essayer de démêler un sac de nœud de plus en plus inextricable…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Roy Braverman (aka Ian Manook) qui poursuit son séjour littéraire mouvementé au pays de l’Oncle Sam. Après Pasakukoo, il reste sur les rives du lac et ses environs pour son nouveau roman.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Hugo et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

Pour son nouveau roman Roy Braverman reste à Rhode Island et autour du lac Pasakukoo, un cadre enchanteur qui fut déjà le théâtre de son précédent roman, Pasakukoo. Du coup vous ne serez pas surpris de retrouver de vieilles connaissances, tel que Blansky, ancien shérif devenu rédacteur en chef du quotidien local, et son acolyte ami/ennemi, Dempsey, écrivain à succès qui prête sa plume à la rubrique littéraire de ce même journal.

Les lecteurs assidus de Roy Braverman retrouveront avec plaisir – agréable surprise s’il en est – ce cher Mardiros, collecteur de dettes (ne l’appelez pas chasseur de primes, ça contrarie le bonhomme) arménien qui ne manquera jamais de surprendre ses interlocuteurs et, par la même occasion, le lecteur.

Bien entendu il faudra aussi compter sur de nouveaux personnages. À commencer par le shérif Doug Warwick, Laureen son épouse et Brenda, la sœur de cette dernière. Entre eux va rapidement se jouer un curieux jeu d’alliances et de trahisons, à se demander qui manipule qui et surtout dans quel but…

Mais commençons par le commencement afin d’y voir un peu plus clair. Le bouquin s’ouvre sur la disparition (a priori volontaire) de Brian Ross, un brillant auteur (faut croire que le lac inspire les écrivains) et mari de Brenda. Pour l’aider à surmonter ce cap douloureux, Laureen et Doug l’accueille chez eux toutes les fins de semaine. Jusqu’à ce que survienne une curieuse proposition indécente… Alors que tout semble se dérouler selon le plan des trois complices, la mécanique s’enraye brusquement et prend un tour pour le moins inattendu. À partir de là les choses vont aller de mal en pis, avec parfois quelques revirements des plus surprenants.

Comme dans Pasakukoo les chapitres commencent par quelques mots d’un mystérieux narrateur qui s’adresse directement au lecteur et n’hésite pas à se moquer de son créateur (l’auteur). Comme dans le précédent roman, le narrateur en question nous informe dès sa première intervention qu’il va mourir au cours du roman.

Et puisqu’on cause de macchabées, vous devez bien vous douter que le narrateur n’est pas le seul qui rencontrera la grande faucheuse au fil des chapitres. Et bien entendu, Braverman’s mark oblige, les causes des décès ne seront pas vraiment naturelles et leurs circonstances un tantinet brutales.

Des chapitres courts et un humour (souvent fortement teinté de noir) omniprésent viennent compléter la fameuse griffe Braverman. Une recette éprouvée qui nous garantit une lecture aussi jouissive qu’addictive.

Face à l’ampleur que prennent les choses, le FBI ne va pas tarder à mettre son grain de sel dans l’affaire. En l’occurrence se sont deux girls in black, les agents Daimler et Willow, qui vont devoir essayer de démêler un écheveau de plus en plus inextricable.

Me croiriez-vous si je vous disais qu’au milieu de ce joyeux bordel, ce brave Cupidon va quand même réussir à faire mouche ? Rassurez-vous, l’ami Braverman n’a pas pris d’actions chez Harlequin, de romantisme, point trop n’en faut.

Même si j’ai trouvé ce bouquin un peu plus soft (pour du Braverman, cela s’entend) que les précédents, je me suis régalé de la première à la dernière page. La preuve j’ai dévoré le bouquin dans la journée.

MON VERDICT

Coup de poing

[BOUQUINS] Shelley Parker-Chan – Celle Qui Devint Le Soleil

AU MENU DU JOUR


Titre : Celle Qui Devient Le Soleil
Auteur : Shelley Parker-Chan
Éditeur : Bragelonne
Parution : 2022
Origine : Australie (2021)
405 pages

De quoi ça cause ?

1345. La Chine est sous domination de la dynastie mongole Yuan. Dans les plaines la sécheresse et la famine écrasent les paysans.

Quand un devin prophétise une grande destinée au huitième fils de la famille, les Zhu reprennent confiance en l’avenir. Pour la seconde fille, sans surprise, sa destinée se résume à rien. Un jour le village est attaqué par des bandits qui tuent le père, le fils promis à un brillant avenir se laisse mourir sur la tombe paternelle. Pas question pour la fille de se résigner à n’être rien. Elle endosse l’identité de son frère et se rend au monastère afin d’y être formée… un premier pas vers la destinée promise à son frère.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est avant tout la curiosité qui m’a poussé vers ce roman. Si la fantasy sur fond historique n’est pas une nouveauté en soi, le cadre (la Chine du XIIIe siècle) apportait une touche d’exotisme qui a fini de me convaincre de me laisser tenter.

Ma Chronique

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je souhaiterai prévenir les amateurs « puristes » de fantasy que ce roman risque de ne pas répondre à leurs attentes. Vous ne croiserez ni bestiole fantastique, ni magie entre ces pages. On est davantage dans le registre de l’uchronie (revisite de l’Histoire) avec un léger fond de mythologie chinoise.

Il n’en reste pas moins que le pari de Shelley Parker-Chan est aussi ambitieux qu’audacieux.

Ambitieux parce que l’auteure prend pour cadre une période charnière de l’Histoire de la Chine. Sous le joug de la dynastie Yuan depuis 1279, le pays est dirigé d’une main de fer par un empereur mongol. Mais en cette seconde partie du XIIIe siècle la révolte enfle, un sentiment de colère attisé par la sécheresse et la famine qui frappent le pays. De plus en plus de Chinois se prennent à espérer le retour au pouvoir d’un empereur autochtone (ce sera le cas en 1368 avec l’avènement de la dynastie Ming).

Audacieux parce que Shelley Parker-Chan, australienne d’origine asiatique et militante active pour la reconnaissance des droits LGBT – notamment en Asie du Sud-Est –, confie son intrigue à des personnages inattendus (quitte à revisiter l’Histoire). À commencer par Zhu, jeune paysanne promise au néant qui va refuser son destin et profiter d’une opportunité pour essayer d’imposer sa propre destinée. En se substituant à son frère décédé, elle va pouvoir bénéficier des enseignements d’un monastère, une première étape vers ses rêves de grandeur.

Du côté mongol le pari est encore plus osé puisque le rôle principal revient au général Ouyang, un combattant impitoyable et fin stratège. Mais aussi un eunuque, châtré sur ordre du père de son actuel seigneur après que sa famille a été assassinée. Un homme rongé par une inextinguible soif de vengeance malgré l’admiration (et plus si affinités ?) qu’il voue à son seigneur.

Même chez les personnages secondaires, c’est une femme, Ma Xiuying, la fiancée d’un commandant rebelle, qui va tirer son épingle du jeu. Résignée à son rôle de femme, elle rêve de mieux… mais ce mieux lui est inaccessible du fait de sa condition féminine ; jusqu’à ce qu’elle rencontre Zhu.

Sous la plume de Shelley Parker-Chan, les hommes ne sont pas vraiment en odeur de sainteté. Seul Xu Da, ancien moine et ami de Zhu, devenu bandit va redorer le blason de la gent masculine. Là encore, ce sont les retrouvailles avec Zhu qui changeront sa destinée.

Petit coup de cœur personnel pour le personnage de Chang Yuchun, un jeune voleur aussi opportuniste que cynique, qui n’échappera pas, presque à l’insu de son plein gré, à l’influence de Zhu.

Pour son intrigue, l’auteure opte pour deux arcs narratifs, le premier va suivre le parcours de Zhu, le second celui du général Ouyang. Deux destinées amenées à se croiser même si parfois la rencontre sera explosive.

J’ai bien aimé les personnages qui sont décryptés par le détail (dans leurs actes mais aussi dans leur quête d’identité) sans complaisance ni manichéisme ; même si on comprend le chemin qu’ils suivent, ils n’emprunteront pas toujours la voie la plus noble pour arriver à leurs fins (c’est surtout vrai pour Zhu).

Il en va de même pour l’intrigue, au-delà du conflit sino-mongol, chaque camp doit composer avec des alliances, des trahisons, des complots et autres coups bas divers et variés. Un échiquier politique et stratégique en perpétuel mouvement, à chacun de poser ses pions au mieux afin de tirer profit de la situation.

On est loin de la densité et de la complexité du Trône de Fer, mais ça reste globalement bien pensé et addictif. Un petit (tout petit) bémol au niveau de la facilité avec laquelle Zhu trouve des solutions aux obstacles qui se dressent devant elle. C’est réglé en deux coup de cuillères à pot et quelques pages.

Le style de Shelley Parker-Chan offre un contraste bienvenu à la noirceur de certaines situations sans jamais sombrer du côté fleur bleue. Décidément ce bouquin fut une agréable surprise à tous points de vue ; rapidement happé par l’intrigue, j’ai eu bien du mal à le lâcher tant il me tardait de découvrir la suite des évènements.

Celle Qui Devint Le Soleil est le premier opus d’un diptyque, à la fin du roman les cartes sont rebattues et le lecteur est en droit de se poser bien des questions quant à la suite des événements… mais pour avoir des réponses, il nous faudra patienter (pas trop longtemps j’espère).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Mo Malo – Summit

AU MENU DU JOUR


Titre : Summit
Série : Qaanaaq – Livre 4
Auteur : Mo Malo
Éditeur : La Martinière
Parution : 2022
Origine : France
384 pages

De quoi ça cause ?

À la demande de son supérieur, Arne Jacobsen, Qaanaaq Adriensen doit superviser la première réunion de la Scandinavian Police Association. Les cadors de la police islandaise, danoise, norvégienne et finlandaise vont se réunir au QG de la patrouille Sirius, aux portes de l’inlandsis.

Les choses commencent mal, à peine débarqué au Groenland, le représentant de la police islandaise disparaît mystérieusement. Et ce n’est que le premier « incident » qui va perturber la tenue de ce sommet, les choses vont en effet aller de mal en pis…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est la quatrième enquête de Qaanaaq Adriensen et son équipe, un coup de cœur dès leur première apparition qui ne s’est jamais démenti.

Ma Chronique

Je remercie les éditions La Martinière et Net Galley pour leur confiance et la mise à disposition de ce roman.

Petit détour par le visuel avant d’entrer dans le vif du sujet. C’est la couv’ de Qaanaaq (le premier opus de la série) qui m’a irrésistiblement attiré vers le roman avec son ours polaire qui fait trempette. A l’occasion de cette quatrième enquête ce brave nanuq (littéralement, ours polaire en inuit) est de retour en tête d’affiche. Une présence qui ne doit rien au hasard, la bestiole ne venant pas faire que de la figuration dans ce roman.

Petite digression géographique maintenant. Vous savez sans doute que la Scandinavie ne désigne pas un état mais une entité géographique regroupant plusieurs états. Au sens strict elle est formée par la Norvège, la Suède et le Danemark qui constituent un ensemble relativement homogène sur les plans ethniques, linguistiques et historiques. Au sens large et usuel, on y ajoute la Finlande et l’Islande, soit l’ensemble des états nordiques. Sauf que ces états sont déjà représentés au sein d’une institution appelée Conseil nordique.

C’est bon on peut y aller ? Allez zou, embarquement immédiat en direction du Groenland.

Ceux et celles qui ont lu les trois précédents romans de la série ne seront pas totalement dépaysés et retrouveront avec plaisir des personnages qu’ils connaissent désormais presque comme leurs amis. Un plaisir que ne suffira pas à gâcher la présence d’Arne ‘La Fourmi’ Jacobsen, plus déterminé que jamais à nuire à Qaanaaq Adriensen.

Si vous n’avez pas lu les trois précédents romans de la série (Qaanaaq, Disko et Nuuk), je ne saurais que trop vous conseiller de le faire avant de vous lancer dans la lecture de Summit. En effet le présent roman fait très souvent référence aux précédentes enquêtes de Qaanaaq et son équipe, difficile dans ces conditions d’apprécier pleinement le déroulé de l’intrigue et plus encore les personnages sans connaître leur histoire.

Rapidement Qaanaaq va réaliser que ce séminaire de la SPA ne sera pas un banal atelier de cohésion des équipes dans la lutte contre le crime organisé. Déjà la disparition du représentant de la police islandaise n’augurait rien de bon, quand celui de la police finlandaise est blessé par balle dès la première sortie du groupe, il apparaît clairement qu’ils sont la cible d’un ennemi invisible… et sans doute venu de l’intérieur.

Ces « incidents de parcours » ne suffiront toutefois pas à convaincre le chef de la patrouille Sirius de changer le programme prévu pour leurs hôtes. Programme dont le point d’orgue sera un trek en traîneau à chiens en bordure de l’inlandsis (sans doute le décor le plus hostile qui soit en milieu polaire).

Fidèle à son habitude Mo Malo (définitivement le plus nordique des écrivains français) place la nature au cœur de son intrigue. L’inlandsis lui offre effectivement un terrain de jeu particulièrement inadapté à l’humain avec des températures extrêmes et un relief accidenté qui dissimule de nombreux pièges invisibles – sauf au dernier moment… quand il est déjà trop tard. Ajoutez au tableau un redoutable prédateur particulièrement sournois et rancunier (fallait pas venir lui chier dans les pattes).

Plus que jamais l’humain sera la clé de la survie dans un décor pareil. Livrés à eux-mêmes après une succession de défaillances, les trekkers vont devoir, plus que jamais, rester solidaires et faire front uni contre l’adversité (pas évident quand on soupçonne qu’il y a – au moins – un fruit pourri dans le panier). Face au froid, au doute et à la faim qui les tenaille, la moindre faille fera d’eux une cible idéale pour la folie polaire.

Si on retrouve un Arne ‘La Fourmi’ Jacobsen plus mesquin et magouilleur que jamais, on en apprend aussi un peu plus sur les raisons de sa rancœur envers Qaanaaq. Longtemps Jacobsen va se réjouir du bon déroulé de son plan visant à décrédibiliser son ennemi juré… jusqu’à ce qu’il réalise qu’il n’a jamais été le maître du jeu et que dès le départ les dés étaient pipés pour lui aussi.

Pendant que nos valeureux séminaristes se débattent pour survivre, sur le continent une guerre des gangs menace d’exploser à tout instant. Les AK81, jusqu’alors affiliés aux Hell’s Angels, rêvent d’autonomie et surtout veulent leur part du gâteau. Un conflit larvé qui pourrait bien embraser toute la Scandinavie.

Une fois de plus Mo Malo n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de malmener ses personnages. J’avoue que plus d’une fois je me suis demandé s’il n’allait pas sonner le glas de notre sympathique Qaanaaq et des compagnons d’infortune. Avais-je raison de craindre le pire ? Ne comptez pas sur moi pour répondre à cette question.

Un roman qui se dévore tant il est maîtrisé et addictif de la première à la dernière page. Si comme moi vous adorez les thrillers qui jouent avec vos nerfs, vous vous régalerez avec ce bouquin. Il y a d’autres points que j’aurai aimé aborder dans cette chronique, notamment la relation des hommes de la patrouille Sirius et de leurs chiens de traîneaux, mais je n’en ferai rien afin de garder intact le plaisir de la découverte.

Je terminerai en signalant simplement qu’au fil des chapitres, j’ai supposé que le titre, Summit, faisait référence au sommet de la SPA (même si on est plus dans un contexte séminaire, voire atelier) avant de comprendre, dans la dernière partie du roman, que je faisais fausse route.

Et maintenant ? Et si je vous disais que Mo Malo prépare une nouvelle série dans un cadre radicalement différent (un indice, la chose devrait s’appeler La Breizh Brigade), ça vous aiderait ou ça ne ferait que vous embrouiller davantage ? Si vous voulez en savoir plus sur le sort de Qaanaaq vous voilà condamné à lire Summit (croyez-moi, il y a pire comme châtiment).

MON VERDICT

Coup de poing

[BOUQUINS] Jean-Marc Dhainaut – Brocélia

AU MENU DU JOUR


Titre : Brocélia
Auteur : Jean-Marc Dhainaut
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
250 pages

De quoi ça cause ?

Meghan Grayford est journaliste pour un magazine spécialisé dans le paranormal. Quand son patron la presse de trouver un sujet pour un article elle décide de se pencher sur la sombre histoire du manoir de Brocélia. Une vieille bâtisse isolée au cœur de la forêt de Brocéliande, réputée pour être maudite.

En se faufilant dans cette bâtisse, Meghan ignore encore que son histoire n’est pas peuplée de magie et de fées, mais de morts brutales et sanglantes…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada, une raison qui se suffirait à elle-même. Mais aussi parce que c’est Jean-Marc Dhainaut et que j’avais beaucoup aimé son précédent roman, L’Œil Du Chaos.

Cerise sur le gâteau, j’ai trouvé la couv’ sublime.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée et l’envoi de ce roman.

Les lecteurs les plus assidus de Jean-Marc Dhainaut reconnaîtront sans doute le personnage de Meghan Grayford puisqu’elle apparaît dans la dernière enquête d’Alan Lambin (enquêteur du paranormal et personnage récurrent de l’auteur), Les Couloirs Démoniaques. Cela ne les surprendra donc pas outre mesure de voir leur chasseur de fantômes préféré et sa compagne, Mina, prendre part au déroulé de la présente intrigue.

Intrigue qui pourrait sembler relativement classique tant le thème de la maison hantée a servi de cadre à bien des récits de la littérature fantastique (et accessoirement horrifique), certains écrits par des maîtres incontestés du genre (Richard Matheson, James Herbert, Graham Masterton, sans oublier l’incontournable H.P. Lovecraft pour ne citer qu’eux). Un thème un peu tombé en désuétude ces dernières années, mais qui peut encore réserver bien des surprises – et des sueurs froides –, comme le démontre fort habilement Jean-Marc Dhainaut dans ce septième roman.

Le cadre choisi par l’auteur se prête bien à ce genre d’exercice, non seulement la Bretagne dans son ensemble est une terre riche en légendes, mais la forêt de Brocéliande est réputée être le berceau de la légende arthurienne.

S’il n’est point question de la geste arthurienne dans le roman de Jean-Marc Dhainaut, certaines légendes bretonnes ont toutefois été source d’inspiration pour servir de toile de fond à son intrigue.

Retour à nos moutons et à Meghan. Passionnée d’urbex (exploration urbaine) et tout particulièrement dans les lieux chargés d’histoire ou de mystères, elle a déjà eu l’occasion de se frotter au manoir de Brocélia quelques mois plus tôt… avant de rapidement battre en retraite tant la demeure lui avait fait comprendre qu’elle n’était pas la bienvenue.

Pressée par son patron de pondre un article explosif pour le prochain numéro du magazine pour lequel elle travaille, elle va surmonter sa peur et retourner se confronter au manoir et à ce qui le hante. À peine arrivée au village voisin, le ton est donné ; l’accueil est glacial, pour ne pas dire franchement hostile (y sont fous ces bretons dirait ce brave Obélix). Mais il faut plus que ça pour faire reculer notre téméraire journaliste de l’étrange.

Entre plongée dans le passé – tumultueux et sanglant – des occupants successifs du manoir et exploration – sous haute tension – du domaine, Meghan aura intérêt à avoir le cœur bien accroché pour ne pas prendre ses jambes à son cou. Mais la petiote est obstinée et bien déterminée à comprendre ce qui se cache derrière cette colère omniprésente autour de Brocélia.

Heureusement elle ne sera pas seule dans ses investigations, Alan et Mina l’aideront à mieux cerner certaines des manifestations dont elle sera spectatrice – et accessoirement victime. Elle pourra aussi compter sur le soutien inconditionnel et l’aide de Janis, son ami d’enfance qui travaille avec elle à la rédaction d’Insolite Magazine.

Il lui faudra bien ça pour faire face à l’hostilité paranormale de Brocélia, mais aussi aux gueulantes incessantes de son patron (à croire que le gars ne sait parler qu’en aboyant) et aux coups bas d’un collègue aussi fielleux que lèche-cul.

Jean-Marc Dhainaut sait y faire pour installer rapidement une ambiance oppressante – voire franchement flippante parfois – et maintenir la pression de la première à la dernière (ou presque) page. Des chapitres courts et une écriture très visuelle plongent le lecteur au cœur de l’intrigue.

Chapeau bas pour cet étonnant revirement de situation dans les ultimes chapitres du roman, nul doute que même les lecteurs les plus aguerris n’auront rien vu venir. Une belle trouvaille qui vient couronner un récit d’une redoutable – effrayante – efficacité.

N’ayant pas encore eu l’occasion de me plonger dans les enquêtes d’Alan Lambin, ce roman, en forme de spin-off de la tétralogie, m’a vraiment donné envie de découvrir cette série qui hante mon Stock à Lire Numérique depuis des temps immémoriaux.

MON VERDICT

[BOUQUINS] R.J. Ellory – Omerta

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Titre : Omerta
Auteur : R.J. Ellory
Éditeur : Sonatine
Parution : 2022
Origine : Angleterre (2006)
587 pages

De quoi ça cause ?

John Harper, écrivain en manque d’inspiration, vit à Miami où il gagne sa vie en tant que journaliste. Une vie sans histoire jusqu’à ce qu’il reçoive un appel de sa tante, qu’il n’a pas vu depuis 25 ans, celle-ci le presse de rentrer au plus vite à New York.

Là, il apprend que son père, qu’il n’a jamais connu et qu’il croyait mort depuis des années, est hospitalisé entre la vie et la mort à la suite d’une blessure par balle. Peu à peu John Harper va découvrir une réalité, présente et passée, qui le dépasse complètement…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Sonatine et R.J. Ellory, un duo qui n’a plus rien à prouver mais auquel il est impossible de résister.

Ma Chronique

Même si je suis loin d’avoir lu tous les romans de R.J. Ellory, c’est un auteur qui ne m’a jamais déçu. Force est pourtant de constater que j’ai eu du mal à entrer dans ce roman sans vraiment pouvoir expliquer le pourquoi du comment de la chose.

Le fait que ce soit une fausse nouveauté (publié en 2006 en version originale, c’est le quatrième roman de l’auteur) n’a pas joué en défaveur du bouquin. Bonne nouvelle en revanche, il n’y a plus de titres antérieurs à 2017 qui ne soit pas encore disponible en français. Cerise sur le gâteau (icing on the cake pour les anglophones), il y a au moins cinq titres parus à partir de 2017 non encore traduits.

J’ai trouvé que l’écriture manquait de naturel, avec même parfois quelques lourdeurs de style. Je serai tenté de jeter la pierre aux traducteurs mais je n’avais du tout eu la même impression en lisant Le Chant De L’Assassin. Peut-être que R.J. Ellory n’avait tout simplement pas encore trouvé sa voie (sa plume plus exactement) ; c’est en effet le premier roman de l’auteur antérieur au génialissime Seul Le Silence (publié l’année suivante en V.O.) que je lis.

Heureusement le fond fait rapidement oublier la forme avec une histoire de famille bourrée de secrets, de non-dits et de mensonges… Au fil des chapitres John Harper va découvrir une réalité insoupçonnée sur son propre passé et se retrouver, à l’insu de son plein gré, impliqué dans une vaste opération criminelle menée de concerts par deux gangs rivaux.

La sagesse populaire affirme qu’il n’est de pire aveugle que celui qui ne veut pas voir, un adage qui pourrait parfaitement s’appliquer à John Harper… à moins que celui-ci ne soit vraiment un Bisounours déconnecté de la réalité du monde qui l’entoure. Perso ça ne m’a pas aidé à éprouver une quelconque empathie pour le personnage.

À sa décharge on ne peut pas vraiment dire que son entourage l’aide beaucoup à y voir plus clair. Sa tante, Evelyn, se mure dans le silence ou ne lui raconte que des demi-vérités. Walt Freiberg, le bras droit de son père, l’embobine en enjolivant – voire en travestissant purement et simplement – les faits. Et Frank Duchaunak, un inspecteur obsédé par le père de Harper et ses acolytes, ne parle qu’à demi-mots et entretiens le flou (à se demander s’il a de véritables preuves ou juste de sérieux soupçons… le fameux faisceau d’indices).

Bien entendu l’aspect policier de l’intrigue n’est pas négligé. Nous avons en effet deux gangs rivaux qui vont faire équipe pour monter un « gros coup »… une coopération qui se fera sans jamais perdre une occasion de planter un couteau dans le dos de son rival. Ça complote à tout va dans les bas-fonds de Manhattan, et bien entendu les morts brutales se succèdent, d’un côté comme de l’autre.

Au chapitre du double-jeu (et plus si affinités) j’ai assez rapidement eu des doutes sur un des personnages, doutes fortement appuyés par un passage le mettant en scène lors d’un échange téléphonique avec un autre que son acolyte habituel. Il n’y avait alors que deux possibilités, et la seconde m’est apparue hautement improbables. La suite des événements me donnera raison.

L’auteur prend le temps de poser son intrigue sans toutefois qu’il y ait le moindre temps mort dans le déroulé du récit. Changement de rythme dans les derniers chapitres, brusque accélération et poussée d’adrénaline seront de la partie, pour notre plus grand plaisir !

Une intrigue maîtrisée de bout en bout et des personnages mitonnés aux petits oignons, hormis le style narratif qui semble se chercher encore, R.J. Ellory avait déjà tout pour imposer sa griffe dans le monde du noir. Ce qu’il confirmera un an plus tard avec Seul Le Silence et ne démentira pas au fil des années suivantes.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Katerina Autet – Les Deux Morts De Charity Quinn

AU MENU DU JOUR


Titre : Les Deux Morts De Charity Quinn
Auteur : Katerina Autet
Éditeur : Robert Laffont
Parution : 2022
Origine : France
273 pages

De quoi ça cause ?

Bienvenue à Georgetown, quartier huppé de Washington. C’est ici que réside Charity Quinn, une avocate de renom. À l’approche de Noël, Charity est victime d’un accident qui la laisse défigurée. Ou serait-ce une tentative de meurtre ? Celle qui a passé sa vie à parler pour les autres se mure dans le silence. À croire qu’elle espère que le coupable s’en sorte…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est La Bête Noire, une collection qui ne m’a jamais déçu, source de bien des coups de cœurs et d’émotions fortes.

Parce que Katerina Autet m’avait agréablement surpris avec son précédent roman, La Chute De La Maison White (récompensé par le Grand Prix des Enquêteurs 2020). Il me tardait de découvrir le second roman de l’auteure (comme elle le reconnaît dans ses remerciements à la fin du bouquin, un second roman est celui de « tous les dangers »).

Ma Chronique

Je remercie Katerina Autet et les éditions Robert Laffont – tout particulièrement Filipa, chargée des relations blogs pour la collection La Bête Noire – pour leur offre de lecture et leur confiance.

Commençons par la fin et les remerciements de l’auteure, une analyse succincte mais juste de l’angoisse du second roman après un premier titre qui a connu un succès public et critique :

Il paraît que le deuxième roman est celui de tous les dangers. Il doit forcément être mieux que le précédent (sinon, c’est le signe qu’on régresse). Il doit également être différent, pour ne pas donner l’impression qu’on se répète. Et en même temps, pas trop, pour être apprécié des lecteurs qui ont aimé le premier.

Est-ce que Les Deux Morts De Charity Quinn relève ces deux défis ? Je vais essayer de répondre à cette question au fil de ma chronique.

D’ores et déjà je peux vous signaler que Katerina Autet reste dans la trame policière classique mais efficace du whodunit (une victime, des suspects et une enquête afin de démasquer le(s) coupable(s)).

Pour rester dans les points communs entre les deux romans de l’auteure, c’est, une fois de plus, une famille a priori « bien sous tous rapports » qui va se retrouver sous le feu des projecteurs.

Enfin, le récit est rédigé à la première personne, c’est Ethan Morow, jeune flic débutant, qui nous guidera au fil de l’enquête qu’il mènera avec sa coéquipière, Helena.

Je vous rassure tout de suite, les similitudes s’arrêtent ici. Pour commencer on quitte Cape Code et Boston pour rejoindre Washington DC ; une occasion de découvrir les deux visages de la capitale des États-Unis, avec d’un côté ses quartiers chics (voire très chics) et de l’autre ses banlieues populaires. Je ne signale pas cet aspect du roman juste afin de meubler, il y a une réelle dimension sociale dans le bouquin de Katerina Autet ; ne serait-ce qu’à travers son personnage principal, Ethan, issu de ces fameuses banlieues qui, sans complètement renier ses origines, essaye de trouver sa place dans un milieu plus aisé.

 Autre différence – et pas des moindres – la victime, Charity Quinn, n’est pas morte. Elle pourrait même avoir été simplement victime d’un stupide accident (elle se prend un miroir sur la tronche pendant son sommeil)… mais la thèse accidentelle va rapidement être écartée pour privilégier celle de l’acte volontaire.

Attends voir une minute mec – ça c’est vous qui me coupez dans mon élan rédactionnel – si Charity Quinn n’est pas morte alors c’est quoi ce titre et ses deux morts ? De la publicité mensongère ? Une arnaque ? Rien de tout ça, rassurez-vous – là c’est moi qui reprends les rênes de la conversation –, déjà mourir deux fois, à ma connaissance ça ne s’est jamais vu. Pour le reste, lisez le roman et tout deviendra clair comme de l’eau de roche.

Revenons à nos moutons. Si Charity Quinn n’est pas morte, il n’en reste pas moins qu’elle gardera de lourdes séquelles – notamment esthétiques – de ce drame. Depuis son arrivée à l’hôpital, Charity Quinn est mutique sans qu’aucune explication physique, physiologique ou neurologique ne justifie cet état de fait.

Pas facile d’interroger un témoin clé qui se mure dans le silence. Les enquêteurs devront se contenter du journal intime de la victime pour essayer de combler les blancs laissés par les divers entretiens avec les proches (et donc suspects).

Au fil de l’enquête il sera beaucoup question de justice avec notamment l’opposition entre le sens éthique du mot et son sens juridique ; dilemme que l’on peut résumer en opposant deux adages. L’un des symboles dans la représentation de la justice est le bandeau qui lui couvre les yeux et qui affirme donc que « la justice est aveugle ». La Fontaine, sans doute moins bercé d’illusion porte un regard plus critique sur la justice : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir » (Les Animaux malades de la peste).

Un dilemme parfaitement assumé par Charity Quinn à en croire quelques extraits de son journal :

À partir du moment où vous le payez, un avocat est votre ami. Ainsi, au fil des ans, je suis devenue l’amie de beaucoup de personnes infréquentables.

Ma marque de fabrique était le doute raisonnable. J’avais bien retenu les leçons du procès O. J. Simpson : tant que votre client n’a pas été vu avec un pistolet fumant à la main près du corps de sa victime agonisante, il y a toujours moyen de s’en sortir. Il suffisait d’imaginer une explication alternative qui, à défaut d’être plausible, était théoriquement possible.

Beaucoup de mes clients étaient des gens mauvais, évidemment, je savais cela. Seulement, je me disais que s’il n’y avait pas de gens mauvais, il n’y aurait pas d’avocats non plus.

C’est très bien d’avoir des principes, de vouloir défendre la veuve et l’orphelin, et sans se faire rémunérer, qui plus est. Mais ce n’est pas cela qui paie, et pour vivre, on a besoin d’argent. De beaucoup d’argent. La pauvreté n’est romantique que pour ceux qui ne savent pas vraiment ce que c’est.

De justice aussi il sera question en intégrant à la fiction quelques affaires judiciaires bien réelles. À commencer par l’ultramédiatisée affaire O.J. Simpson, dont le principal suspect a été innocenté au nom de ce fameux doute raisonnable si cher à Charity Quinn (c’est d’ailleurs cette affaire qui la poussera à s’orienter vers une carrière de pénaliste). Elle gagnera par la suite ses lettres de noblesses en assurant la défense de Bernard Madoff dans un procès impossible à gagner mais qui la mettra sous le feu des projecteurs. Enfin, moins connue du grand public (y compris aux Etats-Unis), le procès de l’accident du métro de Washington survenu en juin 2009 (9 morts et 80 blessés).

Au niveau des personnages j’ai beaucoup aimé le duo d’enquêteurs composé par Ethan et Helena, une relation compliquée par leurs origines sociales diamétralement opposées (surtout dans l’esprit d’Ethan soit dit en passant), mais soudée par une confiance réciproque et une réelle complicité (même si pas toujours ouvertement affichée).

Je passerai vite fait sur leur responsable d’enquête, Pete Anderson que je qualifierai simplement de gros con prétentieux. Heureusement la cheffe de la police s’avérera finalement moins distante qu’elle ne veut bien le montrer.

Enfin il y a l’entourage de Charity Quinn. Deux filles que tout oppose. Une pas vraiment fille adoptive mais presque qui se la joue un peu trop élève modèle pour plaire à sa pas-maman. Un fiancé presque trop bien sous tous rapports, un homme à tout faire et une collaboratrice qui dépend totalement de sa patronne. À Ethan et Helena de démêler le vrai du faux dans un écheveau de faits, de faux-semblants et de mensonges… avec un soupçon de manipulation en bonus.

Voici venu le temps, des rires et des chants… Oups non, ça c’était avant (je vous parle d’un temps que les plus jeunes d’entre vous ne peuvent pas connaître… le temps de l’île aux enfants). Voici venu le temps de répondre aux questions posées par Katerina Autet concernant le cap du second roman :

À la première question, le jury (composé de moi tout seul) répond OUI. J’ai trouvé ce second opus plus abouti que le précédent, dans le déroulé général de l’intrigue mais aussi et surtout par la profondeur des thèmes abordés.

À la seconde question, le jury unipersonnel répond OUI. Si des similitudes existent entre les deux romans de l’auteure, ils n’en restent pas moins totalement différents (pour les mêmes raisons que celles évoquées plus haut).

Le cap a donc été franchi haut la main, nul doute que nous serons nombreux à attendre le troisième bébé… et les suivants !

MON VERDICT

[BOUQUINS] Christophe Guillaumot – Un Morceau De Toi

AU MENU DU JOUR


Titre : Un Morceau De Toi
Série : Le Bureau Des Affaires Non Résolues – Livre 1
Auteur : Christophe Guillaumot
Éditeur : Rageot
Parution : 2022
Origine : France
336 pages

De quoi ça cause ?

Gaspard, 16 ans, est un ado à la dérive. Voler une voiture pour éviter de se faire tremper par la pluie ne fut sans doute pas une idée de génie… surtout quand on ne conduit que devant sa console !

L’heure des comptes a sonnée. Pour éviter la case prison, il va devoir intégrer un programme de réinsertion particulièrement innovant. Pendant trois mois il va devoir faire équipe avec un policier confirmé, le capitaine Ruben Arcega, ensemble ils vont devoir résoudre un cold case de leur choix.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Christophe Guillaumot et même si j’aurai apprécié de retrouver « son » Kanak, j’admets volontiers qu’après tout ce qu’il a traversé dans le roman Que Tombe Le Silence, il puisse bénéficier d’un répit – temporaire – bien mérité.

Si l’auteur reste dans le milieu policier qu’il connaît sur le bout des doigts pour le pratiquer au quotidien, la cible visée est davantage young adult avec cette nouvelle série. J’étais donc à la fois curieux et un tantinet dubitatif, craignant une enquête un peu trop light à mon goût.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Rageot et Net Galley qui ont répondu favorablement à ma sollicitation.

Ce roman est la seconde incursion de Christophe Guillaumot dans la littérature jeunesse, j’avoue sans aucun complexe que le précédent, Lady Elliot Island, ne m’inspirait pas plus que ça… à tort ou à raison je l’ai supposé trop ciblé vers un public young adult (voire young tout court).

Avec ce premier opus du Bureau Des Affaires non Résolues, l’auteur revient dans le domaine policier, un monde dont il connaît tous les rouages – il faut dire que c’est son quotidien – comme peut en témoigner l’excellente trilogie autour de son personnage de Renato Donatelli, aussi surnommé, plus ou moins affectueusement, le Kanak.

Mais laissons Renato profiter d’un repos amplement mérité au vu des multiples épreuves qu’il a dû surmonter dans Que Tombe Le Silence, il lui faudra certainement un temps pour se reconstruire… mais j’espère bien que nous le retrouverons très vite, Christophe Guillaumot ayant promis de continuer à le « martyriser dans les enquêtes à venir ».

Fidèle à sa ville de cœur, l’auteur situe son intrigue à Toulouse mais opte pour un service de police qui, à ma connaissance, n’existe pas encore. L’idée étant que des adolescents en perte de repères (mais pas encore complètement irrécupérables) soient associés à des policiers expérimentés afin que chaque binôme décortique un cold case (une affaire ancienne non encore élucidée) et, pourquoi pas, permette de faire avancer l’enquête.

Concrètement les cold cases n’intéressent les autorités françaises que depuis peu, des services dédiés ont été mis en place mais ils n’ont que quelques mois d’ancienneté. Il faut dire que l’affaire de la petite Maelys, tuée par Nordhal Lelandais, a permis de révéler une personnalité complexe qui pourrait être rattachée à d’autres affaires non encore élucidées – il a d’ores et déjà été condamné pour le meurtre de Maelys, mais aussi pour celui d’Arthur Noyer, un jeune militaire porté disparu depuis 2017.

Revenons à nos moutons… C’est donc dans le cadre de cet innovant programme de réinsertion que Gaspard, 16 ans, va se retrouver associé au capitaine Ruben Arcega.

Gaspard est le profil type du jeune qui fait des conneries sans vraiment réaliser la portée de ses actes. Il vit seul avec sa mère (dans un très vieil appartement… non Charles, pas maintenant !) sans emploi qui s’est réfugiée dans l’alcool depuis que son mari a disparu du jour au lendemain sans un mot d’explication. Pour échapper à son quotidien il peut compter sur sa bande de potes avec qui il pratique l’urbex, mais aussi sur Jade, sa copine… si ce n’est qu’il ne sait plus trop où ils en sont tous les deux, leur histoire a depuis la rentrée plus de bas que de hauts.

De son côté Ruben Arcega est un flic solitaire et taciturne – il habite sur une péniche avec pour seule compagnie son chien, Poker –, pas franchement à cheval sur la discipline et les procédures… sauf quand il s’agit de les contourner. C’est d’ailleurs pour un « geste déplacé » qu’il s’est retrouvé au placard et intègre, bien malgré lui, le Bureau des affaires non résolues.

Pas question pour Ruben de s’encombrer d’une collaboration qu’il juge d’emblée de pacotille et vouée à l’échec. Pour lui la distribution des rôles est on ne peut plus simple, lui va « s’occuper de dégoter dans toute cette paperasse une affaire pas trop compliquée, un truc simple qui me permettra de nous sortir de ce guêpier. », pour Gaspard le verdict est sans appel : « Tu te tiens à carreau. » et « Toi, tu fais comme tous les morveux de ta génération. Tu prends ton téléphone, tu fais ce que tu veux dessus et tu ne me fais pas chier ! »

Comme vous vous en doutez déjà, ce n’est pas tout à fait comme ça que les choses vont se dérouler. Alors que Ruben mène les premières investigations sur l’affaire qu’il a sélectionné, il s’aperçoit rapidement que les rares pistes dont il dispose finissent par faire chou blanc. C’est finalement Gaspard qui aura le nez creux en se penchant – pour passer le temps – sur des cas multiples de mutilations de chevaux (128 affaires au total). Une affaire qui pourrait s’avérer bien plus complexe qu’il n’y paraît.

Dès lors la dynamique change, Ruben et Gaspard vont devoir apprendre à travailler ensemble et, au fil de l’eau, apprendre à se connaître, à se respecter et à s’apprécier. Une recette certes classique dans le registre des « duos improbables mais finalement efficaces » mais qui porte généralement ses fruits. Et c’est le cas présentement, on apprécie la confiance mutuelle et la complicité qui s’installent au fil de la collaboration du binôme.

L’étiquette young adult me faisait redouter une enquête un peu trop édulcorée ou trop facile mais il n’en est rien. L’intrigue n’a rien à envier à certains romans destinés à un public adulte, elle se complexifie au fil des révélations et pourrait bien n’être que la partie émergée de l’iceberg.

Dubitatif j’étais, tort j’avais. Christophe Guillaumot signe une intrigue totalement convaincante et addictive. Il me tarde de retrouver ce Bureau des affaires non résolues, avec Gaspard et Ruben… ou avec un nouveau binôme. Vous voilà condamné à lire ce roman si vous voulez un début de réponse à cette question.

Juste une ultime précision avant de clore cette chronique, ce premier opus boucle l’enquête en cours – dans un sens ou dans l’autre –, mais certaines interrogations restent sans réponse… si réponse il y a.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Antti Tuomainen – Ce Matin, Un Lapin…

AU MENU DU JOUR


Titre : Ce Matin, Un Lapin…
Auteur : Antti Tuomainen
Éditeur : Fleuve Éditions
Parution : 2022
Origine : Finlande (2020)
349 pages

De quoi ça cause ?

Dans la vie d’Henri Koskinen, mathématicien actuaire dans les assurances, tout est carré, rationnel et logique, il n’y a aucune place pour l’imprévu.

Mais la vie est par définition imprévisible. Du jour au lendemain Henri se retrouve poussé à la démission. Il apprend ensuite que son frère est décédé, et qu’il lui lègue son parc d’aventure, en lui confiant la mission de renflouer le truc.

Un héritage qui n’a pas fini de lui réserver des surprises… et pas toujours des plus agréables.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que ça faisait déjà quelques temps que j’avais envie de découvrir l’univers littéraire d’Antti Tuomainen. Si c’est le thriller qui lui a permis de se faire connaître, il s’illustre depuis quelques années dans la comédie noire.

D’un autre côté, impossible de résister à l’appel de cette couv’ !

Ma Chronique

Ce matin, un lapin
A tué un chasseur…

Osez affirmer que vous ne connaissez pas cette rengaine ; le redoutable refrain de Chantal Goya qui n’aura de cesse de vous hanter si un malfaisant entonne cette lugubre litanie alors que vous passez à proximité.

Sous la plume d’Antti Tuomainen le lapin tue un tueur, ou plus exactement il sera l’arme du crime qui permettra à Henri Koskinen de se débarrasser de cet encombrant poursuivant… C’est ainsi que s’ouvre le nouveau roman de l’auteur finlandais.

Pas très rationnel tout ça me direz-vous, et pourtant figurez-vous qu’il n’y a pas plus rationnel et carré que Henri Koskinen, le personnage principal de ce roman. Comme il se plait à le répéter pour justifier son implacable logique : « Je suis actuaire ».

Dans les faits, quand Henri hérite du parc d’aventures (ne lui parlez surtout pas de parc d’attractions, ça n’a rien à voir) il n’est plus actuaire. Il vient en effet de démissionner à la suite d’une divergence de vue avec son supérieur hiérarchique.

Est-il besoin de préciser que le monde de l’actuariat n’a pas grand-chose à voir avec la gestion d’un parc d’aventures ? Surtout quand ledit parc est un joyeux bazar au sein duquel chaque employé mène sa barque comme il l’entend. Henri va devoir remettre tout ce petit monde sur les rails afin d’assurer le bon fonctionnement et la rentabilité de son parc.

Et comme si cela ne suffisait pas à lui compliquer la vie, v’là t’y pas que des gens peu recommandables viennent lui réclamer le remboursement des dettes de jeu de son regretté frangin… le genre d’individu chez qui la patience est plus que limitée.

Dans un pareil contexte Antti Tuomainen a de quoi nous concocter une galerie de portraits des plus hétéroclites ; et il ne s’en prive pas ! À commencer par Henri, qui n’est pas le typer le plus abordable qui soit tant il est obsédé par sa rigueur… mais qui va peu à peu s’ouvrir aux autres, et découvrir des facettes totalement inattendues de sa propre personnalité. De franchement barbant, le gars devient rapidement très attachant.

Vient ensuite le personnel du parc, tous méritent le détour tant leurs personnalités sont diverses et variées. Mais c’est surtout la belle Laura Helanto qui troublera notre brave Henri au plus haut point.

Par définition moins agréables à côtoyer, les truands font alors leur entrée en scène. Si certains respectent les clichés du genre (je pense notamment à l’Iguane et à son fidèle lieutenant, AK), d’autres s’en écartent allégrement (le big boss qui se détend en faisant de la pâtisserie mais n’hésite pas à exécuter de sang-froid – et avec beaucoup d’imagination – ceux qui se mettent à travers de son chemin).

Vous aurez même le droit, en guest-star, à un policier qui semble un peu perdu au milieu d’une enquête n’ayant ni queue ni tête…

Antti Tuomainen opte pour un ton décalé qui colle parfaitement à son intrigue. Au fil des tableaux on passe de situations totalement cocasses et improbables, à des scènes plus intimistes, voire à des moments où l’intensité dramatique est de mise. La barque est rondement menée, on se laisse volontiers balader par l’auteur qui jongle avec justesse entre roman noir et feel good. Un cocktail improbable qui se laisse déguster sans modération.

Ce roman est le premier tome d’une trilogie annoncée, au cas où vous vous poseriez la question, il peut parfaitement se lire comme un one shot, l’intrigue se joue du début à la fin, tout en ouvrant les portes vers d’autres péripéties…

Nul doute que je serai fidèle au poste pour retrouver, Henri, Schopenhauer, Laura… et le lapin !

MON VERDICT

[BOUQUINS] Estelle Tharreau – Digital Way Of Life

AU MENU DU JOUR


Titre : Digital Way Of Life
Auteur : Estelle Tharreau
Éditeur : Taurnada
Parution : 2022
Origine : France
176 pages

De quoi ça cause ?

À travers ce recueil de nouvelles, Estelle Tharreau décline des futurs possibles dans un monde entièrement connecté où l’humain est totalement dépendant de la technologie.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

J’étais curieux de découvrir Estelle Tharreau dans un tout autre registre, sa plume est d’une redoutable efficacité quand elle se frotte au polar ou au roman noir, voyons ce que ça donne quand elle s’essaye à la science-fiction.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Taurnada, et tout particulièrement Joël, pour leur confiance renouvelée.

Le fil rouge qui relie les dix nouvelles composant ce recueil est la dépendance de l’humain vis-à-vis des nouvelles technologies. Chaque nouvelle est précédée par un ou plusieurs articles de presse en lien avec le thème abordé.

Pour servir son propos, l’auteure pousse à l’extrême le lien entre l’humain et la technologie, c’est la vision la plus sombre de l’avenir possible qu’elle nous propose de découvrir.

Quelques mots sur chacune des nouvelles composant ce recueil et ma note sur 5 :

  • Pathologique : quand la communication est considérée comme néfaste à l’épanouissement de l’enfant. Excellente mise en bouche. 5
  • Virtualité Réelle : quand la réalité virtuelle est l’unique garante du bien vivre ensemble. Glauque à souhait. 3.5
  •  Aveuglement Amoureux : quand la justice se met à l’heure du verdict numérique. Un sujet grave traité avec une légèreté rafraichissante. 4.5
  • Inhumains : quand les nanotechnologies se mettent au service de la médecine. Au-delà des apparences, humanité augmentée ou inhumanité, la question est posée en une revisite du mythe de Frankenstein fondue au noir. Mention spéciale pour le clin d’œil final. 5
  • Automatique : quand les assistants numériques se font un peu trop envahissants. J’avais deviné la fin mais ça ne m’a pas empêché de savourer cette nouvelle. 4.5
  • Éternité : quand l’homme pense que la machine peut l’aider à défier l’ordre naturel des choses. Je n’ai pas vraiment accroché à ce récit. 2.5
  • Profil : quand vos traces numériques se retournent contre vous… en dépit du bon sens. Malheureusement peut-être pas si dystopique que ça devrait l’être. 5
  • Bouton Rouge : quand les moteurs de recherche encouragent l’ignorance et occultent le passé. Court mais d’une redoutable efficacité. 4.5
  • Harceleuse : quand le tout numérique n’attend pas le poids des années pour affirmer son emprise sur l’individu. Là encore on oscille entre triste réalité et dystopie. La dernière phrase de la gamine est une tuerie. 5
  • La Trappe : quand l’obscurantisme religieux pousse l’homme à se substituer à Dieu. Un clap de fin apocalyptique. 4.5

Soit une moyenne de 4.4 / 5 que j’arrondis sans la moindre hésitation à 4.5.

Je ne vois pas ces nouvelles comme une attaque en règle contre les nouvelles technologies (il faudrait être très con pour tout rejeter en bloc) mais plutôt comme un cri d’alarme, un appel à la vigilance afin de ne pas se laisser submerger et ne pas placer notre confiance absolue dans le numérique. Pour que le message passe, il faut taper fort, là où ça fait mal et c’est exactement ce que fait Estelle Tharreau.

Une chose est sûre, avec ce recueil l’auteure ajoute une nouvelle corde à son arc. Ses premiers pas dans le monde de l’anticipation sont totalement convaincants.

Pour ma part je ne m’estime pas encore totalement techno accro, je ne suis pas pendu à mon téléphone H24, il ne me sert qu’à téléphoner (surtout répondre au téléphone) ou envoyer des SMS. En revanche je n’envisage pas de me passer de ma tablette et encore moins de ma liseuse.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Stuart Turton – L’Étrange Traversée Du Saardam

AU MENU DU JOUR


Titre : L’Étrange Traversée Du Saardam
Auteur : Stuart Turton
Éditeur : Sonatine
Parution : 2022
Origine : Angleterre (2020)
608 pages

De quoi ça cause ?

1634. Le Saardam quitte les Indes orientales pour Amsterdam. À son bord : le gouverneur de l’île de Batavia, sa femme et sa fille. Au fond de la cale, un prisonnier : le célèbre détective Samuel Pipps, victime d’une sombre affaire.

Alors que la traversée s’avère difficile et périlleuse, les voyageurs doivent faire face à d’étranges événements. Un symbole de cendres apparaît sur la grand-voile, une voix terrifiante se fait entendre dans la nuit, et les phénomènes surnaturels se multiplient. Le bateau serait-il hanté, ses occupants maudits ? Aucune explication rationnelle ne semble possible. Et l’enquête s’avère particulièrement délicate, entre les superstitions des uns et les secrets des autres.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Déjà parce que c’est Sonatine mais aussi parce que Stuart Turton m’avait agréablement surpris et séduit avec son précédent (et premier) roman, Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle.

Ma Chronique

Je remercie les éditions Sonatine et Net Galley pour leur confiance renouvelée.

J’apprécie tout particulièrement de découvrir des auteurs audacieux qui n’hésitent pas à sortir des sentiers battus, et c’est précisément ce qui m’avait séduit dans le précédent roman de Stuart Turton, Les Sept Morts D’Evelyn Hardcastle. J’ai été rassuré de retrouver cette audace et cette originalité dans ce second roman.

Mais ce sont bien les seuls points communs entre les deux bouquins, si le premier jouait d’entrée de jeu la carte du fantastique, L’Étrange Traversée Du Saardam entretient le doute quasiment de la première à la dernière page. Le Saardam est-il frappé d’une étrange malédiction ? Ou serait-il plutôt le terrain de jeu de certains malfaisants qui jouent avec les peurs et les superstitions des uns et des autres ?

Alors, fantastique ou polar ? Plutôt que de vouloir impérativement faire entrer ce bouquin dans une case formatée, pourquoi ne pas simplement le prendre comme il vient et se laisser guider par l’intrigue ? Et pourquoi pas trouver la clé de l’énigme avant nos héros ?

Sur ce dernier point je vous souhaite bien du courage… Stuart Turton sait y faire pour brouiller allégrement les pistes tout en restant parfaitement maître de son intrigue. Et je dois reconnaître que la recette est d’une redoutable efficacité, j’ai bien pressenti certains éléments (plus par intuition que par déduction) mais j’étais encore très loin de la vérité.

Faisons machine arrière jusqu’en l’an 1634 et embarquons pour une traversée à bord d’un bateau de la Compagnie des Indes qui doit mener son équipage et ses passagers de Batavia (actuellement Jakarta) à Amsterdam. Comme vous pouvez vous en doutez la croisière ne va pas s’amuser tous les jours et le voyage (même dans des conditions optimales) n’est pas franchement un long fleuve tranquille. Entre les caprices de la météo, les attaques de pirates et les huit mois de traversée, le voyage promet d’être éprouvant.

Et si pour pimenter le tout vous ajoutiez une malédiction lancée par un lépreux alors que le Saardman est en plein chargement. À peine la grande voile hissée, un étrange symbole ésotérique s’étale à la vue de tous avant de disparaître. Mais il en faut plus que ça pour empêcher le départ du bateau, de grosses sommes sont en jeu et des réputations peuvent se faire ou se défaire à l’arrivée à Amsterdam.

C’est parti pour un huis clos maritime émaillé d’incidents tous plus mystérieux les uns que les autres. Avec dans les cales une cargaison qui semble aussi précieuse que mystérieuse. Et une floppée de personnages, dont certains cachent de sombres secrets. Au fil de la croisière et des incidents la tension monte. La logique et l’esprit rationnel des uns sont mis à rude épreuve pas les peurs et les superstitions des autres.

Les personnages sont nombreux mais à aucun moment le lecteur ne s’y perd, l’auteur cadre aussi bien sa galerie de portraits que son intrigue. D’emblée certains vous apparaîtront attachants alors que vous en détesterez d’autres dans le même élan. Certains évolueront vers un ressenti plus positif au fur et à mesure qu’ils se révéleront. Puis il y a ceux qui vous laisseront dans l’expectative… sont-ils bons ou mauvais ? Et bien entendu vous aurez aussi le droit à des changements de bords totalement inattendus.

Dans l’ensemble cette étrange traversée ne fera pas ressortir ce que l’humain a de meilleur en lui, l’appât du gain et la soif de pouvoir ne sont pas vraiment les meilleurs conseillers. Heureusement certains tireront leur épingle du jeu et, en conjuguant leurs talents, découvriront la clé du mystère. Mais toute vérité est-elle bonne à dire ?

Avec ce second roman Stuart Turton confirme que l’audace peut encore payer de nos jours, il suffit d’oser s’écarter des sentiers battus… et le fait avec un incroyable talent.

MON VERDICT