[BOUQUINS] Stephen King – Joyland

S. King - JoylandPour l’inconditionnel que je suis la parution d’un nouveau roman de Stephen King est toujours un moment très attendu, malgré une mise en bouche un peu terne à l’occasion de la sortie de Sale Gosse, je me suis rué sur Joyland, et c’est plutôt confiant que je m’y suis plongé.
Pour Devin Jones, étudiant (et accessoirement puceau) de 21 ans, l’été 73 aurait pu être l’été de toutes les déprimes puisqu’il venait de se faire plaquer par celle qu’il considérait naïvement comme la femme de sa vie. Mais son emploi à Joyland, un parc d’attractions sur Heaven’s Bay, pourrait bien changer le cours des choses…
D’entrée de jeu l’épaisseur du bouquin peut surprendre les adeptes du King, avec un peu plus de 300 pages on est bien loin des pavés habituels ; court roman ou longue nouvelle ? Je miserai d’avantage sur la première option, l’auteur prend le temps de poser ses personnages, son décor et son intrigue.
Durant toute la première partie (difficile à délimiter vu que le bouquin n’est pas chapitré, mais on peut dire jusqu’à la journée du 4 juillet) on découvre le quotidien de Devin Jones à Joyland, ponctué par quelques phases d’auto-apitoiement sur sa condition de puceau, puis sur celle de puceau plaqué (on lui pardonne, un type qui écoute The Doors et les Pink Floyd ne qu’être un mec bien)… Déconcertant venant du King mais c’est tellement bien écrit (et, pour une fois, bien traduit) que l’on ne s’ennuie pas une minute tout en se demandant où l’auteur compte nous emmener. Rassurez vous les choses se précisent par la suite, l’intrigue se teinte d’un soupçon de fantastique sans toutefois sombrer dans l’horrifique.
Ecrit à la première personne, on vit les souvenirs de Devin, les rencontres et les événements via l’adulte qu’il est devenu (il raconte son séjour à Joyland une quarantaine d’années plus tard, de nos jours). Contrairement à 22/11/63 le contexte temporel ne joue pas un rôle primordial dans ce bouquin, que l’intrigue se déroule dans les années 70 ou de nos jours ne change pas vraiment la donne.
Pour tout vous dire ce roman est plutôt inclassable, tant dans l’oeuvre de Stephen King (il ne ressemble à rien de ce qu’il a déjà fait) que dans un genre en particulier (une pointe romanesque, un soupçon de fantastique et quelques pincées de policier… secouez le tout et vous obtiendrez Joyland). Mais il n’en reste pas moins que le King reste un conteur hors pair qui excelle faire vibrer les bonnes émotions au bon moment chez le lecteur et à surprendre encore et encore.
Peut être pas le meilleur cru de Stephen King mais un bouquin diablement efficace, même s’il faut peut être prendre un peu de recul pour l’apprécier pleinement. Déconcertant pour en revenir à mon premier qualificatif, et c’est sans doute ce qui le rend si intéressant.
Petit bémol à adresser à l’éditeur (Albin Michel), qu’est-ce que c’est que cette quatrième de couv’ odieusement racoleuse et limite mensongère ? « Les clowns vous ont toujours fait peur ? L’atmosphère des fêtes foraines vous angoisse ? Alors, un petit conseil : ne vous aventurez pas sur une grande roue un soir d’orage… » A se demander si on a bien lu le même bouquin.

[BOUQUINS] Bernard Minier – Glacé

B. Minier - GlacéIl aura fallu un Book Club pour que je me lance enfin dans un roman de Bernard Minier, ses trois titres tournant autour du personnage de Martin Servaz autant commencer par le début. Place donc à ma chronique de Glacé.
Le commandant Martin Servaz de la SRPJ de Toulouse est appelé sur une scène de crime peu ordinaire. En effet la « victime » est un jeune pur-sang appartenant à un influent homme d’affaire de la région. Le cheval a été décapité, sa carcasse dépecée exhibée, à 2000 mètres d’altitude, sur le portique du téléphérique d’une centrale hydroélectrique appartenant au propriétaire…
Avant d’aller plus loin je tiens à préciser que ma présentation n’aborde qu’un aspect de l’intrigue. En parallèle à l’enquête de Servaz, on suit l’arrivée de Diane Berg, nouvellement embauchée comme psychologue au centre psychiatrique pénitentiaire du Dr Wargnier, un établissement proche de la scène de crime. Du coup forcément on peut supposer que tôt ou tard ces deux intrigues vont se télescoper.
Je vous rassure l’intrigue ne va pas tourner uniquement autour d’un canasson mort, l’auteur s’en sert comme d’une mise en bouche annonciatrice d’une affaire bien plus complexe que l’on pourrait le supposer. Bernard Minier sait y faire pour nous tenir en haleine, son arme n’est pas l’action mais plutôt l’ambiance et la tension psychologique. Il mène sa barque à son rythme, brouille parfois les pistes et ménage les imprévus.
L’autre force de l’auteur réside dans ses personnages, à commencer par Martin Servaz. La quarantaine, un brin hypocondriaque, empâté, maladroit et très mauvais tireur ; ce n’est pas vraiment un clone de l’inspecteur Harry, du coup on s’identifie plus facilement à lui et ses faiblesses nous le rendent encore plus sympathique. Le personnage le plus intrigant et le plus difficile à cerner est incontestablement Julian Hirtmann.
Le cadre, les Pyrénées au coeur de l’hiver, neige et brume, blanc et glacé, joue aussi beaucoup dans l’ambiance que l’auteur nous impose.
Ce qui m’a le plus frappé dans ce bouquin est le portrait sans concession, et visiblement bien documenté, de la prise en charge psychiatrique en France. Ca fait froid dans le dos.
Pour un premier roman l’auteur réussi un coup de maître, j’aurai beaucoup de plaisir à retrouver ses personnages dans les romans suivants, surtout s’ils sont du même gabarit que celui ci.
Petit bémol qui n’est peut être pas du fait de l’auteur, l’usage abusif des tirets demi-cadratins, notamment dans les dialogues, alors que de simples virgules auraient été plus adaptées d’un point de vue typographique. Idem avec une multiplication pas forcément souhaitable des mots en majuscules, là encore c’est surtout dans les dialogues que le bât blesse.

Provinciales 2014 – Les résultats

Des élections marquées, sans réelle surprise, par une abstention relativement forte. Une abstention qui a plus que probablement profité aux indépendantistes (nombre de loyalistes, déçus par les divisions affichées, ont préféré bouder les urnes en guise de sanction). Pour ma part j’ai pris le parti d’aller voter, droit dans mes bottes c’est sur la liste de Calédonie Ensemble que mon choix s’est porté.

Province Sud

– Calédonie Ensemble : 36,5% des voix, 16 sièges
– Front Pour l’Unité : 19,9%  des voix, 9 sièges
– Union pour la Calédonie dans la France : 18,1% des voix, 8 sièges
– Nation Arc-en-Ciel : 18,1% des voix, 7 sièges

Province Nord

– UNI : 38,2% des voix, 9 sièges
– UC-FLNKS : 35,4% des voix, 9 sièges
– Une Province pour Tous : 10,7% des voix, 3 sièges
– Entente Provinciale Nord : 9,3% des voix, 1 siège

Province Iles

– UC-FLNKS : 39,1% des voix, 6 sièges
– Parti Travailliste : 16% des voix, 2 sièges
– Palika : 15,1% des voix, 2 sièges
– LKS-UPM : 11,5% des voix, 2 sièges
– Union pour Construire les Loyautés : 11,5% des voix, 2 sièges

Le nouveau visage du Congrès

Selon toute vraisemblance, 29 sièges pour le camps loyaliste et 25 pour les indépendantistes.

– Calédonie Ensemble : 15 sièges
– FPU : 8 sièges
– UCF : 6 sièges
– UC-FLNKS : 15 sièges
– Palika-UNI : 6 sièges
– LKS-UPM : 1 siège
– PT : 1 siège
– UL : 1 siège

Sans surprise CE confirme sa position de leader du camps loyaliste mais ne parvient pas  à obtenir la majorité au Congrès (le contraire eut été étonnant). Selon toute logique les trois frères ennemis loyalistes vont donc devoir oeuvrer ensemble s’ils veulent faire avancer le schmilblick dans le bon sens. A moins que certains ne nous rejouent le jeu des alliances contre nature…

[MUSIC] EPICA – The Quantum Enigma

Epica - The Quantum EnigmaCa fait un moment que je ne vous ai pas offert une chronique musicale, il était temps d’y remédier, et qu’espérer de mieux qu’un nouvel album studio du groupe de Metal Symphonique néerlandais, Epica. Leur sixième album studio, sorti début mai, s’appelle The Quantum Enigma.
J’ai découvert Epica avec l’excellentissime Design Your Universe (2009), avant de rattraper mon retard et de m’offrir l’intégralité de leurs albums. J’ai volontairement passé sous silence leur précédent opus, Requiem For The Indifferent (2012), qui m’a laissé un sentiment mitigé (voire une franche déception). Heureusement le triple album live Retrospect (2013) m’a rappelé  quel point le groupe pouvait me faire vibrer de plaisir (grosse lacune de ma part de ne point l’avoir chroniqué, on va dire que j’étais trop charmé pour trouver les mots).
Trêve de digression, attaquons la cuvée Epica 2014. Comme toujours le premier ravissement est visuel, la jaquette est particulièrement soignée, ça donne envie d’aller plus loin dans la découverte de la chose. On pose la galette dans le lecteur et on appuie sur la touche PLAY, let’s go…
Début en douceur avec Originem, un instrumental symphonique sublimé par les choeurs. Une mise en bouche avant d’enchainer avec The Second Stone. Aucun doute c’est bien un album d’Epica que l’on a entre les mains, Une mélodie mêlant un son brut de décoffrage tendance death metal et les envolées symphoniques. On retrouve le même cocktail dans les voix, la douceur de Simone Simons est magnifiée par le « grunt » de Mark Jansen.
Je ne vais pas vous passer en revue les 14 pistes (+ 4 en version acoustique dans l’album au format digipack 2CD). Epica fait dans la continuité (le côté symphonique est assumé, et même revendiqué) tout en se renouvelant, c’est vrai pour la musique (l’interlude instrumental The Fith Guardian est porté par des sonorités asiatiques), mais aussi et surtout pour le vocal (Simone Simons ne mise plus uniquement sur ses performances lyriques, elle déploie aussi des mélodies plus posées).
On trouve quelques (beaucoup en fait) perles sur cet album, si je ne devais en retenir que deux je citerai Unchain Utopia qui permet d’apprécier pleinement le jeu vocal de Simone Simons et Omen (The Goulish Malady) pour sa mélodie  vous filer la chair de poule (un orgasme auditif, rien que ça !).
Pour être totalement honnête je ne peux passer sous silence quelques (rares) couacs, le principal étant Reverence (Living In The Heart) qui fait globalement brouillon (voire foutoir). On peut aussi reprocher au titre The Quantum Enigma (Kingdom Of Heaven Part II) de traîner un peu en longueur (12 minutes ce n’est pas rien), dommage que ce soit lui qui clôture la version « ordinaire » de l’album. Raison de plus pour vous offrir la version double, qui propose un titre bonus et surtout 4 morceaux acoustiques de toute beauté.
Je veux finir cette chronique sur une note positive, sans être irréprochable l’album devrait combler les fans en s’imposant comme un digne successeur de Design Your Universe, et pourquoi attirer de nouveaux fans dans les filets d’Epica.

The Essence Of Silence

Provinciales 2014 – Les listes en lice

Comme vous pouvez le constater je ne me suis guère étendu sur la campagne pour les élections provinciales alors que, au niveau local, il s’agit du scrutin le plus important. Le but du jeu étant en effet de désigner les assemblées de Province et, de fait, le Congrès et le Gouvernement pour les 5 prochaines années. La raison de mon silence est on ne peut plus simple : un total désintérêt pour la chose au vu de l’abrutissement obtus du camps loyaliste.
Il y a peu le quotidien Les Nouvelles Calédoniennes titrait « Et si le Congrès basculait ? » (dans l’hypothèse d’une majorité indépendantiste), j’aurai envie de répondre que ce serait bien fait pour la gueule de ces imbéciles pas foutus de voir au delà de leur nombril et de leur ego démesuré. Mais bon je ne m’attarderai pas d’avantage sur la question, ils ne méritent rien de mieux qu’un silence méprisant.

Petit tour d’horizon des listes en présence dans chacune des 3 provinces.

Province Sud

40 élus provinciaux dont 32 représentés au Congrès.

– La coalition Trahir Ensemble (RUMP, LMD, Avenir Ensemble) sous l’étiquette Front pour l’Unitémenée par Cynthia Ligeard.
– L’union des clones UMP like sous l’étiquette Union pour la Calédonie dans la France menée par Sonia Backes.
– Le challenger qui voudrait être calife à la place du calife, Calédonie Ensemble, mené par Philippe Gomes.
– L’invité surprise, Convergence Pays de Stéphane Hénocque.
– La liste Front National de Bianca Hénin.
– La coalition indépendantiste, Construisons Notre Nation Arc-en-Ciel, menée par Roch Wamytan.

Province Nord

22 élus provinciaux dont 15 représentés au Congrès.

– Union Nationale pour l’Indépendance (Palika) de Paul Néaoutyne.
– UC-FLNKS de Gilbert Tyuiénon.
– Parti Travailliste de Georges Mandoué.
– Une Province pour Tous (Calédonie Ensemble) de Gérard Poadja.
– Entente Provinciale Nord (RUMP) de Francis Euriboa.

 Province Iles

14 élus provinciaux dont 7 représentés au Congrès.

– UC-FLNKS de Néko Hnépeune.
– Union pour Construire les Loyauté (UC Renouveau) de Jacques Lalié.
– Palika de Charles Washétine.
– L’Autre Voix (LMD, unique liste loyaliste) de Simon Loueckhote.
– LKS-UPM de Basile Citré.
– Parti Travailliste de Louis Kotra Uregei.

Et moi, et moi, et moi ? Deux options s’offrent à moi :
– Si je veux être en raccord avec ce billet, dimanche je mate un bon film avec quelques bières au frais.
– Comme annoncé précédemment je vote pour la liste de CE, pas par conviction mais pour voter utile (le scrutin est à un seul tour).
Réponse la semaine prochaine avec un rapide tour d’horizon des résultats. A moins que je ne décide d’attendre la désignation du bureau du Congrès (encore un moment épique et prévision)…

[BRD] Le Hobbit – La Désolation De Smaug

La Désolation De SmaugCa fait un moment que je ne vous ai pas fait une chronique cinéphile, non que je boude le genre mais disons que les programmes de CanalSat ne sont pas vraiment transcendants en ce moment. Heureusement les sorties blu-ray permettent de compenser cette pauvreté télévisuelle, et rien de tel pour s’évader qu’une incursion en Terre du Milieu en compagnie de Peter Jackson, en l’occurrence pour le second volet de la trilogie du Hobbit, La Désolation De Smaug.
On retrouve Bilbon (Martin Freeman), Gandalf (Ian McKellen) et les nains menés par Thorin (Richard Armitage) en route vers la reconquête du Mont Solitaire, devenu la tanière du dragon Smaug. Mais la route des aventuriers est peuplée d’embuches qui peuvent s’avérer mortelles, D’autant qu’un mystérieux nécromant regroupe les armées orcs sous le commandement d’Azog Le Profanateur (Manu Bennett)…
Sans surprise cette nouvelle aventure en Terre du Milieu nous offre un grand moment de cinéma, de l’action, de l’humour, de l’évasion… Bref toute la magie du cinéma réunie dans un seul film ! Une fois de plus Peter Jackson nous fait vivre et vibrer au sein de l’univers imaginé par JRR Tolkien, il réussit même  sublimer l’original en lui donnant la même dimension épique que Le Seigneur Des Anneaux.
Outre la beauté naturelle des extérieurs, on a le droit  des décors aussi divers et variès que somptueux, qu’il s’agisse de la magnificence de la cité des elfes de la Forêt Noire ou des ténébreuses ruines de Gol Dulgur, le repaire du nécromant. Pendant 160 minutes on en prend plein les yeux, et on en redemande !
Au niveau des personnages on reste en terrain connu avec toutefois quelques nouvelles têtes, les plus remarquées étant l’elfe Tauriel (Evangeline Lilly) et Bard (Luke Evans), l’archer de Lacville. La plus attendue et la plus remarquable étant le dragon Smaug,qui cette fois intervient activement dans la dernière partie du film. Sans parler du Nécromant que Gandalf finira par identifier, un beau début de transition entre les deux trilogies.
Inutile de préciser que les effets spéciaux sont de toute beauté, les scènes de combat parfaitement chorégraphiées (j’adore  celles confrontant Legolas et Tauriel aux orcs). Rien à jeter dans ce film, comme dans le cochon, tout est bon !
Le plus pénible va être de devoir attendre la fin de l’année pour connaître le fin mot de l’histoire, quant  moi qui suis adepte du home-cinema plus que du cinéma en salle je vais devoir prendre mon mal en patience jusqu’au second trimestre 2015… Avant de m’offrir la trilogie en version longue (la machine commerciale est bien huilée, mais pour des films de cette qualité je craque volontiers).

[BOUQUINS] Marc Levy – Une Autre Idée Du Bonheur

M. Levy - Une Autre Idée Du BonheurPas encore eu l’occasion d’aller piocher dans ma PàL papier, mais d’un autre côté je ne me voyais pas faire l’impasse sur le dernier Marc Levy, Une Autre Idée Du Bonheur. Un écart qui ne devrait pas me retenir trop longtemps vu l’épaisseur de la chose.
Après trente années de détention et alors qu’il ne lui restait « que » cinq ans à tirer, Agatha prend la poudre d’escampette. Dans sa cavale elle entraîne, bon an mal an, Milly, une jeune femme à la vie apparemment bien rangée. Les deux femmes vont apprendre à se connaître et se comprendre tandis qu’elles traversent les USA…
Avant d’aller plus avant dans cette chronique je tiens à dire un grand NON ! Non Marc Levy ne nous livre pas un remake de Thelma et Louise, le film de Ridley Scott sorti en 1991. Oui on assiste à la cavale de deux nanas mais la ressemblance s’arrête là, ça fait un peu léger pour parler de remake, voire de plagiat.
Ceci étant dit il n’en reste pas moins que l’auteur nous invite à partager un road trip dans l’espace et dans le temps. Chaque étape du voyage entre Philadelphie (Pennsylvanie) et San Franciso (Californie) est l’occasion d’une nouvelle rencontre avec le passé d’Agatha. Les confidences (confessions ?) d’Agatha nous ramènent aux heures sombres de l’Amérique de la ségrégation et de la guerre du Vietnam. Mais la véritable question est surtout de savoir pourquoi Agatha s’est évadée et quelle vérité elle souhaite rétablir. D’un autre côté on se demande aussi ce qui motive vraiment le marshal Bradley lancé à la poursuite de la fugitive.
En France on ne connait cette partie de l’histoire des Etats-Unis de façon quasi anecdotique ou via le cinéma (en tout cas ça vaut pour moi), en lisant ce bouquin et en vérifiant les faits (dans la mesure du possible), la chose prend une toute autre ampleur, j’étais loin d’imaginer une répression policière aussi violente (et surtout de façon quasi généralisée et avec la bénédiction de l’exécutif).
Une fois de plus l’auteur prouve que, contrairement à ce que pensent ses détracteurs,  il sait se diversifier (même s’il aborde encore des thèmes qui lui sont chers, tels que l’amitié et l’amour) en restant efficace. Ce bouquin ne devrait pas séduire lesdits détracteurs, les inconditionnels devraient, quant à eux, y trouver leur bonheur même si ce n’est sans doute pas le meilleur de l’auteur.
Quid du duel Musso vs Levy cuvée 2014 ? J’ai apprécié ce bouquin mais je n’ai pas été bluffé comme m’avait laissé sur le cul la lecture de Central Park. Je donne donc, pour la seconde année consécutive, l’avantage à Guillaume Musso, sans la moindre hésitation cette fois.

[BOUQUINS] Craig DiLouie – Homeland Of The Dead

G. DiLouie - Homeland Of The DeadCa faisait un petit moment que je n’avais pas fais une petite excursion au rayon des viandes avariées. Voilà qui devrait réparer cet oubli et alléger mon challenge zombie. L’heureux moisi est Homeland Of The Dead deCraig Di Louie.
Afin de faire face à une pandémie les Etats-Unis décident de rapatrier leurs forces armées déployées à l’étranger sur le sol national. Le lieutenant Bowman et ses hommes sont expédiés à New York, leur mission est de protéger les « centres vitaux » qui leur sont assignés. Rapidement le virus mute, les infectés prolifèrent. L’escouade du lieutenant Bowman reçoit un nouvel ordre de mission…
Classique le pitch me direz-vous ? Oui… et non. Faut pas rêver, la base de toute histoire avec des zombies reposera plus ou moins sur le même principe (perso je préfère la version pandémie virale que les morts qui sortent de terre façon années 70), ce qui change c’est l’approche de l’auteur. Ici on assiste à cette Apocalypse Zombie à travers les yeux d’une escouade de l’armée, ce qui ajoute la dimension Grande Muette (surnom de l’armée) à l’intrigue. Non seulement les gars vont devoir protéger leur cible et lutter pour leur survie mais en plus ils devront faire avec des informations plus que parcellaires.
Si je peux me permettre un conseil, armez vous d’un calepin et d’un stylo et notez les noms, prénoms et grades des personnages au fur et à mesure de leur apparition. Ils sont nombreux et j’avoue que parfois j’ai dû m’y reprendre à plusieurs reprises pour parvenir à recadrer le qui est qui. Eventuellement vous pouvez aussi vous munir d’un stylo rouge pour rayer les morts…
L’auteur ne s’attarde pas à peaufiner ses personnages, quelques portraits esquissés rapidement suffisent à cerner la personnalité du personnage. ici c’est clairement le rythme qui est privilégié, et à ce titre le moins que l’on puisse dire c’est que l’on est servi. Ca speede du début à la fin sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle.
Nos petits soldats, vétérans de l’Irak, ne sont pas des machines à tuer décérébrées. Confrontés à une situation inédite (ils doivent tuer des américains pour survivre) on partage leurs états d’âme, d’ailleurs leur perception de la mission évolue au fil des événements.
Si la majeure partie du bouquin se concentre sur l’unité du lieutenant Bowman, ce ne sont pas les seuls protagonistes majeurs du récit. On suivra aussi un petit groupe de scientifiques, prisonniers dans leur laboratoire, qui tentent coûte que coûte de mettre au point un remède contre le virus. Au sein des deux groupes nous n’aurons pas de vision d’ensemble de la situation, juste ce qu’ils en savent eux. ce qui confère au récit une certaine humanité au milieu du chaos ambiant. Comme le dit l’un des gradés : « Pour l’instant, ma perception de la situation ne dépasse pas ce que je peux voir de mes propres yeux« .
Une nouvelle escapade en territoire zombie plutôt convaincante malgré quelques poussées de patriotisme américano-américain et une fin pas vraiment finalisée. Pour le moment j’ai plaisir  voir que, sur une même base (on ne sait pas exactement comment tout a commencé et encore moins comment ça va finir), les auteurs parviennent à nous offrir des récits ayant leur propre identité. Pourvu que ça dure…
C’est la première incursion de l’auteur dans la littérature zombie, il semblerait qu’il ait pris goût  la chose puisque depuis il a sorti le diptyque Infection (disponible chez Panini Books, et inscrit au programme de mon challenge zombie).

[BOUQUINS] Mallock – Les Visages De Dieu

Mallock - Les Visages De DieuJe ferai mon deuil d’une intégrale Mallock dans ma bibliothèque numérique, mais pas question par contre de faire l’impasse sur les débuts littéraires des Mallock. J’ai donc commandé cette réédition chez Pocket de la première enquête littéraire de celui qui est en passe de devenir mon commissaire préféré, Les Visages De Dieu et je n’ai pu résister à l’envie de me plonger dans sa lecture à peine la chose réceptionnée.
Un tueur en série particulièrement barbare sévit dans Paris, l’enquête piétine tandis que les crimes s’enchaînent. Le dossier est confié au commissaire Mallock et à son équipe. Ils vont tout reprendre à zéro afin de mettre fin aux agissement du tueur, mais celui-ci a l’art de brouiller les pistes…
Je m’attendais à découvrir le premier coup d’éclat du grand Mallock mais en fait au début du roman il est déjà quasiment une légende du 36. Une légende déjà blessée par ses drames personnels. Bref on retrouve l’ours Mallock tel qu’on le connait déjà. Ma foi ce n’est pas pour me déplaire, c’est une valeur sure !
Du coup si on retrouve notre Mallock tel qu’on l’a quitté (ou presque), rien d’étonnant  ce que les habitués soient aussi de la partie, qu’il s’agisse de son équipe du Fort (impliquée dès le départ dans l’affaire du Maquilleur) ou de ses amis, Mordome, le légiste, Léon, le libraire et bien entendu Margot, sa dame de coeur.
Sans surprise on retrouve aussi la plume affutée et fleurie de Mallock, l’auteur. C’est toujours un régal de le lire, d’autant que, une fois de plus, il nous offre une intrigue pas piquée des hannetons avec un tueur en série particulièrement retors. Et cette fois pas de coupable désigné, au contraire l’objectif premier de la Mallock Team est d’identifier leur adversaire.
Une fois de plus Mallock  nous offre un thriller haut de gamme, peut être pas aussi immersif que les deux derniers mais ça reste du lourd. Je ne epux pas vraiment expliquer ce ressenti alors je dirai simplement que notre ami Mallock est comme un grand cru classé, il se bonifie avec le temps.
Pour l’anecdote cette édition, parue chez Pocket en février 2014, est la troisième édition du roman, une version finale remaniée et complétée (plus du double de page par rapport à la première édition parue en 1999). Initialement il s’agissait de la seconde Chronique Barbare de Mallock mais visiblement l’auteur a décidé de modifier le cours des choses à l’occasion de cette réédition. La première Chronique Barbare, Le Massacre Des Innocents, se retrouvera donc chronologiquement décalée en seconde position (sortie prévue chez Pocket en octobre 2014 ; j’y serai !). Compliqué n’est-il point ? J’ai totale confiance en l’auteur pour que ce remaniement (non ministériel) passe comme une lettre à la poste (dans le cas contraire je ne manquerai pas de râler).
Dites m’sieur Mallock, est-ce-qu’un jour vous nous ferez partager les permiers pas de Mallock au 36 ? Ou au moins la ou les affaires qui lui ont permis d’atteindre la norotiété qu’on lui connait ? Notamment cette fameuse affaire du NAP qui a expédié notre ours préféré de l’autre côté de l’Atlantique…