[BOUQUINS] Guillaume Musso & Miles Hyman – La Vie Secrète Des Ă‰crivains

Après avoir publié trois romans devenus cultes, le célèbre écrivain Nathan Fawles annonce qu’il arrête d’écrire et se retire à Beaumont, une île sauvage et sublime au large des côtes de la Méditerranée.

Vingt ans après, alors que ses romans continuent de captiver les lecteurs, Mathilde Monney, une jeune journaliste, dĂ©barque sur l’île, bien dĂ©cidĂ©e Ă  percer son secret. Commence entre eux un dangereux face-Ă -face, oĂą se heurtent vĂ©ritĂ©s et mensonges, oĂą se frĂ´lent l’amour et la peur…

Je n’ai pas pour habitude de relire un bouquin dĂ©jĂ  lu, d’une part parce que je n’en vois pas forcĂ©ment l’intĂ©rĂŞt, d’autre part parce que mon Stock Ă  lire NumĂ©rique ne cesse d’enfler plus vite que je ne lis.

Bien qu’ayant dĂ©jĂ  lu La Vie Secrète Des Écrivains (lien vers ma chronique), j’Ă©tais curieux de dĂ©couvrir ce que pouvait donner son adaptation graphique. Raconter la mĂŞme histoire sur moins de 200 pages (le roman compte tout de mĂŞme 352 pages) sans la dĂ©naturer me semblait ĂŞtre un sacrĂ© challenge.

Autre challenge, plus personnel cette fois : comment Ă©crire la chronique d’un roman dĂ©jĂ  chroniquĂ© sans radoter ? En relisant mon billet concernant le roman de Guillaume Musso j’ai constatĂ© que j’avais fait l’impasse sur le personnage de Mathilde, me concentrant sur le binĂ´me Nathan / RaphaĂ«l. Du coup la rĂ©ponse s’est imposĂ©e d’elle-mĂŞme, non seulement rendre Ă  Mathilde la place qui lui appartient, mais aussi me centrer davantage sur l’aspect policier du bouquin.

Force est de reconnaĂ®tre une première impression des plus positives, d’emblĂ©e j’ai retrouvĂ© l’ambiance du roman, avec en bonus un visuel du plus bel effet.

Nathan Fawles Ă©tait un Ă©crivain Ă  succès qui a mis fin Ă  sa carrière du jour au lendemain il y a une vingtaine d’annĂ©es. Depuis il s’est retirĂ© sur l’Ă®le de Beaumont oĂą il coule des jours heureux. Mais ça, c’Ă©tait avant…

Coup sur coup il va recevoir la visite de RaphaĂ«l Bataille, un Ă©crivain en herbe qui veut Ă  tout prix lui soumettre son manuscrit et de Mathilde Monney, une jeune et sĂ©duisante journaliste suisse sans pas si innocente qu’elle ne le laisse Ă  penser. Pour essayer de percer les secrets de Mathilde, Nathan va devoir, Ă  son grand dĂ©sarroi, faire appel Ă  RaphaĂ«l.

Cerise sur le gâteau, v’lĂ  t’y pas qu’un cadavre est retrouvĂ©, le corps exposĂ© dans une mise en scène macabre. Du coup les autoritĂ©s dĂ©crètent un blocus de l’Ă®le.

Dans le roman chaque chapitre s’ouvre sur une citation d’un auteur (Umberto Eco, Margaret Atwood, Agatha Christie, Milan Kundera…), le principe est repris et magnifiĂ© ici puisque ladite citation est enrichie d’une illustration mettant en avant son auteur.

On retrouve bien les ingrédients du thriller psychologique dans le face-à-face entre Mathilde et Nathan. Il a beau soupçonner que cette femme peut être dangereuse, voire lui être fatale, il va entrer dans son jeu de séduction sans toutefois baisser totalement sa garde.

Chacun cherche la vĂ©ritĂ©, mais laquelle ? Comme le dit Nathan : « La vĂ©ritĂ© n’existe pas. Ou plutĂ´t si, elle existe, mais elle est toujours en mouvement, toujours vivante, toujours changeante. » Une affirmation qui va prendre tout son sens dans la dernière partie du roman.

Le lecteur va quant Ă  lui se balader au cĹ“ur d’une intrigue riche en rebondissements, certes si vous avez dĂ©jĂ  lu le roman vous n’apprendrez rien de nouveau, mais cela ne m’a pas dĂ©rangĂ© outre mesure. Ă€ vrai dire je n’ai pas eu l’impression d’une relecture, mais plus de la lecture d’une réécriture, Ă  la fois fidèle Ă  l’original tout en proposant une construction diffĂ©rente.

Le trait et le choix des couleurs de Miles Hyman collent parfaitement au rĂ©cit. On en viendrait presque Ă  regretter que cette Ă®le de Beaumont soit fictive, les illustrations nous donnent vraiment envie d’y passer des vacances… et plus si affinitĂ©s.

RĂ©sultat des courses, j’ai dĂ©vorĂ© cette lecture d’une traite. Revenant mĂŞme parfois en arrière pour le seul plaisir de profiter pleinement des illustrations. Une belle (re)dĂ©couverte qui pourrait bien me pousser vers d’autres adaptations graphiques de romans dĂ©jĂ  lus.