Et hop encore un invité surprise au programme de mon Challenge retrouvailles, ou plutôt devrai-je dire UNE invitée surprise puisqu’il s’agit de Karin Slaughter et son roman Séduction, la troisième enquête conjointe menée par Will Trent et Sara Linton.
Quand Faith arrive, en retard, chez sa mère, à qui elle avait confié sa fille, la maison ressemble à une zone de guerre, Faith échappe à une embuscade en éliminant les deux agresseurs. Si Emma, sa fille, est à l’abri du danger, Evelyn, sa mère, est introuvable. Faith est suspendue le temps de l’enquête, elle pourra heureusement compter sur Will Trent et Sara Linton ; mais difficile pour elle de rester dans l’ombre alors que la vie de sa mère est en danger…
Le moins que l’on puisse dire c’est que je n’ai jamais été déçu en lisant les romans de Karin Slaughter et notamment la série Will Trent (même si ce n’est que le troisième que je lis), mais force est de constater que cette fois l’auteure impose à son intrigue un rythme de dingue. L’adrénaline monte en flèche dès les premières pages pour ne retomber qu’à la fermeture du bouquin. Ses personnages vont vivre trois jours particulièrement intenses.
Transition qui m’amène tout naturellement à évoquer les personnages en question. Jusqu’à maintenant Faith semblait taillée dans le marbre, inébranlable. Face à la situation qu’elle doit affronter on la découvre plus humaine, fragile et désemparée. Du coup je la considère avec davantage de bienveillance que dans les précédents romans.
Faith étant plus ou moins condamnée à l’immobilisme c’est donc à Will et Sara de prendre les rênes et de s’impliquer corps et âme dans un enquête particulièrement embrouillée. L’occasion d’étoffer leurs relations et leur complicité. Mais avec Will rien n’est simple…
Le personnage qui aura été le plus souvent sujet à questionnement reste incontestablement Amanda, la responsable du GBI. On la sent personnellement impliquée dans l’affaire mais plus d’une fois son comportement peut sembler ambigu. On en arrive à se demander à quel jeu elle joue… voire même dans quel camps elle se situe.
Comme dans Genesis et Broken, Karin Slaughter n’y va pas de main morte quand il s’agit de scènes violentes, ici on ne meurt pas tranquillement dans son sommeil ! Si l’intrigue se déroule sur un axe unique elle n’en est pas moins soignée, bien malin si vous découvrez le fin mot de l’histoire avant qu’il ne vous soit révélé.
J’avoue par contre avoir un peu de mal à comprendre le choix de la couverture et du titre français, rien ne saurait être plus éloigné du contenu du roman ; il eut été franchement plus judicieux de conserver le titre original : Fallen. L’intrigue évoque nettement plus la déchéance ou la chute que la séduction. Mais bon il faudra plus que ça pour gâcher mon plaisir !
Étiquette : Grasset
[BOUQUINS] Robert Galbraith – Le Ver A Soie
Mon Challenge retrouvailles poursuit son petit bonhomme de chemin, direction l’Angleterre avec Robert Galbraith (alias JK Rowling) et Le Ver A Soie, la seconde aventure de Cormoran Strike.
Cormoran Strike est contacté par Leonora Quine afin qu’il enquête sur la disparition de son mari, Owen, un écrivain un brin excentrique et un max mégalo. Rapidement Strike va découvrir que toute l’affaire semble tourner autour de Bombyx Mori, un manuscrit qui devait être le prochain roman d’Owen Quine ; un véritable brûlot susceptible d’en énerver plus d’un…
C’est avec plaisir que j’ai retrouvé le duo de choc composé du détective Cormoran Strike et son assistante, Robin Elacott. Une Robin qui aimerait que son patron la prenne davantage en considération en lui confiant un rôle plus important que de simples tâches de secrétariat ; sans le lui dire toutefois. Or, si Strike est un excellent détective il n’est pas particulièrement doué en matière de psychologie humaine, de fait les « ambitions non dites » de Robin sont pour lui une totale abstraction… Voilà qui ne va pas simplifier les relations entre le patron et son employée.
Pour cette nouvelle enquête l’auteur(e) nous entraîne dans le monde de l’édition et le moins que l’on puisse dire c’est que ce n’est pas vraiment le pays des Bisounours. Un monde que Galbraith / Rowling doit bien connaître puisque c’est celui dans lequel elle évolue. Un monde qu’un des personnages du roman, un auteur à succès, résume en une phrase : « Si vous cherchez des amitiés sincères, généreuses et pérennes, engagez-vous dans l’armée et apprenez à tuer. Si vous préférez des liens éphémères avec des gens qui exercent le même métier que vous et se réjouiront de tous vos échecs, écrivez des romans. »
Comme dans L’Appel Du Coucou on retrouve tous les éléments d’un polar classique, avec une enquête qui avance lentement mais sûrement sans jamais ennuyer le lecteur. Au contraire on va chercher en même temps que Strike à comprendre qui est le ou la coupable ; la seule certitude étant que ce n’est évidemment pas la coupable désignée ! Et une fois de plus l’auteur(e) parvient à nous bluffer avec son coup d’éclat final.
Au niveau des personnages nous avons le droit à une belle brochette de suspects, tous auraient un mobile plus ou moins valable pour se débarrasser d’Owen Quine. Il faut dire que dans son Bombyx Mori l’écrivain n’épargne pas tout ce petit monde.
La plume et le style de l’auteur(e) nous plonge au coeur de l’action, en totale immersion dans un Londres hivernal. On peut regretter certaines longueurs dans les descriptions, mais c’est peut être le prix à payer pour justement se trouver en totale immersion dans le récit et le décor. Pour ma part je me serai volontiers passé des états d’âme de Strike quant à sa relation avec son ex. D’autant qu’ils n’ont plus aucun contact, une fois ça va, deux fois ça passe, mais au bout d’un moment ça devient lourd, voire gavant.
Un polar classique mais bien ficelé et efficace. Je serai fidèle au rendez-vous pour la prochaine enquête de Cormoran Strike ; l’auteur a annoncé vouloir consacré sept romans au duo Strike / Robin (pur hasard ou superstition ce choix de 7 tomes ? Le même nombre de bouquin que pour sa série Harry Potter).
MON VERDICT

[BOUQUINS] John Verdon – Il Faut Tuer Peter Pan
Je l’espérais sans trop y croire, John Verdon l’a fait : Dave Gurney est de retour et il ne compte toujours pas vivre comme un paisible retraité rural. Il Faut Tuer Peter Pan, ainsi se nomme le quatrième opus des enquêtes de Gurney.
Dave Gurney est appelé à la rescousse par son ami, John Hardwick, ex-flic passé dans le privé. Hardwick est un avocat ont pour objectif de faire réviser le procès de Kay Spalter, emprisonnée pour le meurtre de son mari. Dans sa quête de la vérité Dave Gurney va rapidement se rendre compte que l’enquête a été bâclée, voire menée exclusivement à charge contre la suspecte. Mais plus son enquête avance, plus Gurney va se trouver face à de nouvelles questions…
C’est donc avec un réel plaisir que j’ai retrouvé les personnages de John Verdon. En effet Dave Gurney n’est pas le seul à revenir sur les devants de la scène, on retrouve bien entendu sa tendre moitié, Madeleine et leur relation fusionnelle même si parfois il y a quelques frictions. On peut la comprendre c’te brave Maddie, son époux semble prendre un malin plaisir à aller aux devants des emmerdes et à se mettre en danger (le thème est d’ailleurs largement abordé dans ce roman).
Puis il y a Kyle, le fils de Dave, qui tient de nouveau un rôle actif dans ce roman. Sans oublier l’inénarrable Hardwick avec sa grande gueule et son cynisme à toute épreuve. Mais le gros dur a su être apprivoisé par une nouvelle venue, Esti Moreno, une enquêtrice du NYPD tombée sous le charme rustique de Hardwick.
Au fil des pages vous croiserez de nombreux nouveaux personnages, notamment la famille Spalter dont aucun membre ne semble tourner totalement rond. Entre l’épouse accusée de meurtre qui fait montre d’une froideur à filer une pneumonie à un pingouin ; la fille, Alyssa, une camée totalement délurée qui ferait rougir la plus nymphomane des nymphos et enfin Jonah, le frère de la victime, un illuminé touché par la grâce (à moins que ça ne soit par le Dieu dollar).
Mais Gurney croisera aussi la route d’un flic ripoux et alcoolo, d’un mafieux grec et du plus redoutable et insaisissable des tueurs en série… Que du beau monde !
Du beau monde au service d’une intrigue en béton armé parfaitement maîtrisée par son auteur. Vous n’avez pas fini de vous arracher les cheveux en essayant de comprendre le fin mot de l’histoire ; l’auteur prend un malin plaisir à brouiller les pistes et à mettre ses enquêteurs face à des situations qui dépassent l’entendement. Complexe mais à aucun moment brouillon, au contraire c’est du mitonné aux petits oignons. L’auteur sait où il veut y aller et quand on le découvre on ne peut que se mettre une violente tape sur le front en s’écriant : « Bon sang mais c’est bien sûr ! » (à éviter en public).
Le titre peut surprendre mais quand vous découvrirez le fameux Peter Pan vous ne pourrez qu’acquiescer, le titre original, Peter Pan Must Die, est d’ailleurs de la même veine.
Bref je me suis régalé à la lecture de ce quatrième roman de John Verdon, une fois de plus le gars m’a bluffé et surpris. Et j’en redemande ! En espérant retrouver bientôt Gurney et sa fine équipe, il ne faudrait pas qu’il prenne goût à la retraite. En attendant j’ai décidé que j’allais rester dans le registre des retrouvailles littéraires…
[BOUQUINS] Karin Slaughter – Pas De Pitié Pour Martin
Je n’ai pu résister à la tentation de voir ce que Karin Slaughter pouvait faire quand elle s’éloigne de son genre de prédilection (le thriller) et de ses personnages habituels (Sarah Linton et Will Trent) ; c’est donc un mélange d’avidité et de curiosité que je me suis plongé dans Pas De Pitié Pour Martin.
Martin Reed, 36 ans, est un individu lambda, invisible, quand il n’est pas la cible des railleries de ses collègues ou de sa mère acariâtre chez qui il vit encore. Tout change le jour où il se retrouve suspecté du meurtre d’une de ses collègues. Tout le monde semble convaincu de sa culpabilité sauf la détective An Albada en charge du dossier…
Vu comme ça on pourrait penser que Karin Slaughter reste dans le polar/thriller mais que nenni, Pas de Pitié Pour Martin est au thriller ce que le Canada Dry est à l’alcool. Ca y ressemble fort mais ça n’en est pas ! L’auteure joue à fond la carte de l’humour, un humour qui se consomme noir et fait un bien fou aux zygomatiques (la scène de l’interrogatoire est à pleurer de rire au vu des prouesses de l’avocat commis d’office).
Tandis que Karin Slaughter prend un malin plaisir à jouer avec les règles d’un genre qu’elle maîtrise sur le bout des doigts, elle en profite aussi pour rendre hommage à d’autres grands nom de la littérature policière. Même avec un humour omniprésent l’auteure nous propose une intrigue qui tient plutôt bien la route, notamment grâce à une galerie de personnages hors normes, pour ne pas dire pathétiques (Martin en tête, un loser puissance 10 mais aussi un personnage terriblement attachant).
N’espérez pas un suspense à couper au couteau, vos nerfs ne devraient pas être mis à trop rude épreuve, comme je l’ai déjà indiqué (ça doit être l’âge, je radote) ce sont vos zygomatiques qui intéressent Karin Slaughter. N’attendez pas non plus LE livre de l’année (il date de 2009), prenez le simplement pour ce qu’il est : une pause détente sans prise de tête avec quelques sourires (les éclats de rire en public j’évite… surtout à la bibliothèque) à la clé.
Le roman est court et se lit d’une traite, sans se presser afin de prendre le temps d’en savourer toutes les subtilités (on se surprend à espérer quelques pages de plus au moment de le refermer). En lisant les répliques cinglantes de la mère de Martin je visionnais parfaitement dans le rôle le personnage de Berta (Conchata Ferrell) dans la série Mon Oncle Charlie, Alan (Jon Cryer) ferait un bon Martin avec quelques kilos en plus.
[BOUQUINS] Robert Galbraith – L’Appel Du Coucou
Peu à peu je viens à bout de cette rentrée littéraire d’une incroyable richesse, c’est la première fois qu’autant de titres atterrissent à quelques jours d’intervalles dans mon Stock à Lire Numérique. L’heureux élu de ce nouveau tirage (pas du tout au sort) est un polar signé Robert Galbraith, L’Appel Du Coucou.
Le même jour le détective Cormoran Strike, au bord du gouffre aussi bien personnellement que professionnellement, doit gérer une rupture pas franchement à l’amiable et l’arrivée d’une nouvelle secrétaire, Robin, mais aussi et surtout un client qui pourrait bien lui éviter le naufrage. John Bristow lui demande en effet d’enquêter qur la mort de sa soeur, Lula Landry, un célébre top model, la police a validé la thèse du suicide mais lui refuse d’y croire…
Robert Galbraith ? Au cas où ce nom ne vous dirait rien, malgré un roman annoncé haut et fort par la presse, n’est autre que J.K. Rowling. Là si çà ne vous parle toujours pas je rends mon tablier, crévindiou c’est l’auteure de la saga Harry Potter (toujours en attente de lecture chez moi). Si quelqu’un me demande ce qu’est Harry Potter je crois que je me fais interner avant de commettre un geste irréparable (manger tout un pot de Nutella par exemple) ! Une façon comme une autre de rompre avec l’univers de son sorcier préféré, même si elle a déjà publié sous son véritable nom Une Place A Prendre (un titre diversement apprécié) ; il semblerait que Strike et Robin soient à leur tour appelés à devenir des personnages récurrents, je leur souhaite le même avenir que Harry (Potter pas le prince british).
Contrairement à son précédent roman cette fois l’auteure affiche clairement la couleur : elle va s’essayer au polar à l’anglaise, du pur jus. Sans révolutionner le genre elle parvient à jouer efficacement avec les régles du genre.
Le duo aussi antagoniste que complémentaire formé par Strike et Robin (leur premier contact fut épique… et douloureux pour elle) est particulièrement bien travaillé, les personnages secondaires ne sont pas laissés pour compte ; l’auteure dresse une galerie de personnage très convaincante et surtout profondément humaine.
L’enquête de Strike (aidé par Robin) est on ne peut plus normale, d’abord il collecte des informations par divers moyens (presse, internet…), puis il interroge un maximum de personnes susceptibles de l’éclairer, ensuite il épluche ses notes pour relever d’éventuels incohérences ou mensonges et étudier les prochaines pistes à suivre. Pas de fusillades à tout va, ni de bastons à gogo… Bienvenue dans la vraie vie ! N’allez pas en déduire que la lecture du bouquin doit être chiante à en crever, d’une part c’est bien écrit, et d’autre part l’enquête est bien ficelée, maintenant le suspense intact jusqu’à la révélation finale.
Bref un polar classique mais réussi. Ce n’est déjà pas si mal pour un prermier essai. Pour ma part je retrouverai avec plaisir Strike et Robin pour leur prochaine enquête.
C’est le Sunday Times qui a révélé, suite à un tweet anonyme, la véritable identité de Robert Galbraith, ce qui a eu pour effet quasi immédiat de booster les ventes qui jusqu’alors n’étaient pas extraordinaires malgré un bon accueil critique et public ; en quelques jours le bouquin s’est retrouvé en tête des ventes.
[BOUQUINS] Karin Slaughter – Broken
A défaut d’avoir trouvé le temps de me plonger dans les « anciens » titres de Karin Slaughter je poursuis mon exploration de son univers avec son nouveau roman, Broken, qui réunit, pour la seconde fois, les personnages de Sara Linton et Will Trent.
Sara Linton revient à Grant County pour passer thanksgiving en famille mais elle est rapidement contactée par le chef de la police qui l’informe qu’un prisonnier, inculpé pour le meurtre d’une adolescente, veut lui parler. Quand elle arrive au commissariat, l’homme, un ancien patient de Sara, attardé léger, s’est suicidé. Il a eu le temps d’écrire « Pas moi » avec son sang sur le mur de sa cellule. En lisant le compte rendu d’interrogatoire Sara est convaincue que la police a bâclé son enquête, elle fait alors appel à Will Trent du GBI…
Heureusement pour les gens qui, comme moi, n’ont pas encore lu la série Grant County, les faits relatifs à la mort de Jeffrey Tolliver (le mari de Sara) sont repris ici. On se doute bien que le retour de Sara ne va pas se faire sans heurts, surtout quand elle va découvrir que Lena Adams, qu’elle considère comme en partie responsable de la mort de son mari, est à l’origine de cette enquête bouclée à la va-vite. De même on peut supposer que la police locale, qui ne semble pas franchement du genre irréprochable, ne va pas apprécier qu’un agent fédéral vienne piétiner leur plates bandes… Pour nous lecteur le climat s’annonce propice à un thriller tendu à souhait. Et en effet on est servi en matière de tension, trois jours durant Sara et Will vont tout mettre en oeuvre pour faire éclater la vérité au grand jour, loin de les décourager l’hostilité de la police locale ne fera que les motiver d’avantage.
Au niveau des personnages on voit évoluer la relation entre Sara et Will, vers d’avantage de complicité (et peut être d’avantage). Par contre Sara manque totalement d’objectivité quand il est question de Lena Adams, ça frôle la mauvaise foi par moments. Les deux autres personnages impliqués sont justement Lena Adams et Frank Wallace, le chef de la police, difficile d’éprouver la moindre sympathie envers ces deux oiseaux.
L’intrigue est double et complémentaire, d’une part découvrir la vérité sur les circonstances de l’arrestation et de la mort de Tommy Braham, d’autre part démasquer le tueur. A ce titre attendez vous à quelques surprises de taille mais je ne vous en dirai pas plus par crainte de dévoiler des indices. Pas forcément un thriller 100% adrénaline mais suffisamment addictif pour que l’on ait aucune envie de le lâcher avant de connaître la vérité.
Je ne désespère pas d’inclure au programme de mes prochaines lectures les précédents titres de l’auteure, le truc c’est d’envisager une échéance raisonnable. Pour être totalement honnête il est plus que probable que je lise les suivants (il y a encore trois titres après Broken, non encore traduits en français) avant de revenir à Grant County…
