[BOUQUINS] Gilles Legardinier – J’Ai Encore Menti !

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G. Legardinier - J'ai encore menti !

Titre : J’Ai Encore Menti !
Auteur : Gilles Legardinier
Éditeur : Flammarion
Parution : 2018
Origine : France
400 pages

De quoi ça cause ?

Laura est une jeune femme qui se pose beaucoup de questions sur son avenir et la vie en général. Jusqu’à sa rencontre avec Tartiflette, un poney sournois ; rencontre qui se soldera par un violent choc frontal avec une branche tout aussi sournoise.

Laura reprend connaissance à l’hôpital, totalement amnésique ! Une âme d’enfant enfermée dans un corps de femme. Elle va devoir tout réapprendre, de l’usage des objets du quotidien à ses relations avec les autres en passant par toutes les règles, dites et non dites, qui régentent notre vie, voire nos sentiments…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier, et pis c’est tout !

Ma chronique

Il y en a qui réclament à leur Père leur pain quotidien (c’est tellement plus simple d’aller le chercher à la boulangerie… mais bon, chacun son truc), moi j’attends toujours avec la même impatience mon rendez-vous annuel avec Gilles Legardinier… à défaut de l’auteur, je me contenterai de son nouveau roman.

Et le voilà justement qui m’arrive entre les mains comme du pain bénit tombé du ciel… bon OK ça ne c’est pas vraiment fait comme ça, mais je suis en phase lyrico-mystique, vous n’allez quand même pas me coupez dans mon élan.

En parlant du pain bénit (ça va finir par me donner faim tous ces pains) vous imaginez sans mal que cette histoire de perte de mémoire totale offre un terrain de jeu aux possibilités quasiment infinies à Gilles Legardinier. Et le bougre ne s’en prive pas, il s’en donne même à cœur joie pour nous réjouir.

Visuellement déjà la couv’ donne le ton : sérieux s’abstenir ! La chanson de Henri Salvador, Faut Rigoler, pourrait être la devise de l’auteur. Difficile en effet de garder son sérieux en lisant ce bouquin, plus difficile encore d’éviter de pouffer de rire en public tant certaines scènes sont déjantées. Un condensé de bonne humeur, de sourires et de rires qui fait un bien fou.

Vous le savez sûrement si vous me lisez depuis déjà quelque temps et plus encore si vous êtes un lecteur assidu de Gilles Legardinier, l’auteur se sert du rire pour mettre en avant les valeurs humaines qui lui tiennent à coeur. Et il le fait avec beaucoup d’intelligence et d’humanité sans jamais sombrer dans le sentimentalisme sauce guimauve ou la mièvrerie.

Au fil des chapitres il sera question, entre autres, de famille, d’amitié, d’amour et de solidarité, avec quelques belles réflexions pleines de bon sens. L’occasion aussi de pointer du doigt une triste vérité : enfant on nous inculque de nombreuses valeurs morales à respecter (pour ceux et celles qui ont eu la chance de bénéficier d’une véritable éducation), on nous apprend à discerner ce qui est bien de ce qui est mal ; mais arrivé à l’âge adulte on a tendance à tout oublier pour se conformer à ce que le système attend de nous…

Chaque jour, des illusions qui volent en éclats et chaque jour, de nouveaux espoirs. J’ai l’impression de me recevoir une avalanche en permanence. Ensevelie sous les protocoles, les devoirs, les usages, les bienséances, les principes, sans parler de tout ce que l’on découvre qui se cache derrière… J’ai l’impression que toutes les règles qu’on nous impose ne sont là que pour étouffer notre nature, pour faire taire nos élans. Il faudrait ne rien dire, ne rien changer, se conformer, et jouer un jeu qui n’est pas le nôtre.

J’ai bien entendu beaucoup aimé le personnage de Laura qui redécouvre la vie et se (re)construit, mais j’avoue avoir eu un véritable coup de cœur pour Lucie, son amie un tantinet barrée. Et bien entendu, impossible pour ma part de ne pas succomber au charme irrésistible de Cubix…

J’aurai aimé, en refermant ce roman, connaître le fin mot de l’histoire relative à l’abject Monsieur D. ; sur ce coup je reste sur ma faim, mais il faudra plus que ça pour m’ôter ce sourire béat.

J’ai déjà eu l’occasion de le dire, mais je le répète avec le même plaisir, Gilles Legardinier a inventé l’OLIG (Objet Littéraire d’Intérêt Général), ses romans sont un élixir face à la morosité ambiante, ils devraient être déclarés d’utilité publique et remboursés par la Sécurité Sociale… Comment ça je m’emballe ?

Décidément ce Legardinier cuvée 2018 a tout du grand cru.

MON VERDICT

[BOUQUINS] C.J. Tudor – L’Homme Craie

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CJ Tudor - L'homme craie

Titre : L’Homme Craie
Auteur : C.J. Tudor
Éditeur : Pygmalion (France) / Flammarion (Québec)
Parution : 2018
Origine : Angleterre
384 pages

De quoi ça cause ?

Anderbury, 1986. Cinq ados, amis inséparables, Eddie, Gros Gav, Hoppo, Mickey et Nicky, vont vivre quelques mois ponctués d’événements dramatiques qui vont les changer à jamais. Le fil rouge de ces drames, des bonshommes grossièrement dessinés à la craie.

Anderbury, 2016. A quelques jours d’intervalles reçoit une lettre anonyme contenant un dessin à la craie d’un pendu et un morceau de craie, ainsi qu’un appel de Mickey qui souhaite le rencontrer alors que ça fait des années qu’ils ne se parlent plus.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Incontestablement le déclencheur a été la couv’, à la fois so(m)bre et intrigante. Le pitch proposé en quatrième de couv’ s’annonçant prometteur, il n’en fallait pas plus pour que je craque.

Pourquoi ne pas l’avoir laissé prendre la poussière dans l’immensité de mon Stock à Lire Numérique (comme bon nombre de ses congénères injustement oubliés) ? C’est internet (blogosphère, Babelio, Facebook…) qui l’a boosté en pole position.

Ma chronique

En signant ce premier roman, un polar noir à souhait, l’auteure, CJ Tudor, semble s’être appuyée sur l’adage populaire qui affirme que « C’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe« . En effet, si le bouquin reste plutôt classique tant par son intrigue que par sa structure, il n’en est pas moins réussi, parfaitement abouti et redoutablement efficace.

Que demande le lecteur ? Un bouquin original raté ou plutôt un classique réussi ? Je ne sais pas pour vous, mais perso j’opte sans hésitation pour le second choix. Bon OK, dans l’idéal je pencherai pour un bouquin original ET réussi, mais à défaut un bouquin « juste » réussi me convient parfaitement (surtout après la déception ressentie à la lecture de Sleeping Beauties). A ce titre L’Homme Craie remplit pleinement sa mission.

Si CJ Tudor ne s’écarte guère des sentiers battus, ça n’empêche pas son intrigue d’être hautement addictive. On est happé dès les premières pages et la découverte d’un corps démembré auquel il manque la tête, ensuite plus moyen de lâcher le bouquin avant de connaître le fin mot de l’histoire. A chaque fois que je refermais le roman, je n’avais qu’une hâte, m’y remettre ! Mais bon faut bien manger et dormir de temps en temps (et accessoirement profiter d’un apéro).

L’histoire est écrite à la première personne, c’est Eddie qui nous fait partager ses souvenirs et son périple à la recherche de la vérité. Les chapitres, courts et percutants, alternent donc entre 1986 et 2016, on sent une réelle volonté de l’auteure d’aller à l’essentiel sans égarer le lecteur en digressions (inutiles ajouterai-je) de forme et de fond.

Le groupe d’ados qui se retrouve, des années plus tard, confronté au passé qui refait brusquement surface n’est sans doute pas sans vous rappeler Ça, le cultissime roman de Stephen King. Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est totalement fortuit, l’auteure revendiquant le fait d’être une grande fan de Stephen King. Histoire de boucler la boucle, j’ajouterai que Stephen King a avoué avoir été impressionné par le roman de CJ Tudor.

Si l’auteure soigne son intrigue (qui vous réservera, je n’ai aucun doute là-dessus, quelques surprises de taille), elle ne néglige pas pour autant ses personnages. A commencer par notre fameux quintet adolescent, et plus tard, adulte ; chacun à sa propre personnalité et son parcours qui le rend unique. Les personnages secondaires bénéficient du même soin, selon le bon vouloir de l’auteure vous les trouverez sympathiques ou les prendrez en grippe.

Ce qu’il y a de frustrant dans le fait de rédiger la chronique d’un polar ou d’un thriller réussi c’est de devoir se retenir. On voudrait partager son enthousiasme sur des biens points, mais il faut savoir se refréner au risque d’en dire trop.

Aussi me contenterai-je dire que CJ Tudor répond à l’essentiel des questions soulevées au fil des chapitres, s’il reste quelques zones d’ombres non résolues, je ne pense qu’il s’agisse d’une négligence de l’auteure. Comme dans la vraie vie, on ne peut toujours avoir réponse à tout. Qui plus est en aucun cas ces absences de réponses ne nuisent à la compréhension de l’intrigue.

Un premier roman qui place la barre haut, et aussi un sacré tour de force pour CJ Tudor puisque son roman bénéficie d’une publication internationale quasi immédiate. Comme quoi les vieux dictons populaires ne disent pas toujours des conneries sans queue, ni tête…

MON VERDICT

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Une Fois Dans Ma Vie

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G. Legardinier - Une fois dans ma vie
Titre : Une Fois Dans Ma Vie
Auteur : Gilles Legardinier
Editeur : Flammarion
Parution : 2017
Origine : France
430 pages

De quoi ça cause ?

Eugénie, Céline et Juliette sont trois amies inséparables. Trois âges différents, chacune leur parcours et chacune leur façon d’appréhender l’avenir. Ensemble, elles vont affronter les épreuves, les doutes et les questionnements du quotidien, mais aussi partager les petits et grands bonheurs qu’offre ce même quotidien…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier et que cet auteur, quel que soit le genre qu’il aborde, ne m’a jamais déçu.
Parce que, pour son nouveau roman, il a décidé de renouer avec la comédie façon feel good ; par les temps qui courent un peu de bonne humeur fait du bien.

Ma chronique

Comme vous pouvez le constater point de chat en couverture. Je suppose que c’est pour Gilles Legardinier une façon d’affirmer le changement d’éditeur. Comme dirait l’autre : « Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse« …

Dès les premières phrases, on retrouve le style profondément humain de l’auteur, on sent qu’il aime ses personnages et veut nous faire partager cette empathie. Et ça fonctionne toujours aussi bien !

Commençons justement par faire les présentations avec ce trio de choc 100% féminin. Eugénie est, avec son mari, Victor, en charge du gardiennage du théâtre. Elle est à un tournant de sa vie, se demandant si quelles traces son passage aura laissé et surtout si ça vaut la peine de continuer en l’absence de but existentiel.

Céline élève seule son fils, Ulysse, depuis son divorce. Son ex n’honorant ni ses responsabilités, ni ses obligations, elle passe son temps à compter et recompter son argent, espérant boucler le mois en limitant les dégâts. Au théâtre, elle est costumière.

Juliette a l’insouciance de la jeunesse, elle butine la vie et papillonne entre les aventures sans lendemain. Mais quand elle croise enfin le bon, l’homme de sa vie (elle en est intimement convaincue), elle perd tous ses moyens. C’est la chorégraphe de la troupe.

Au fil des pages, vous croiserez de nombreux personnages secondaires, à commencer par ceux qui font vivre et vibrer ce modeste théâtre (une belle brochette de personnages, tous plus attachants les uns que les autres, avec leurs qualités et leurs défauts), puis il y a ceux qui gravitent autour de nos trois héroïnes (parfois pour embellir le quotidien, d’autres, au contraire, pour leur pourrir la vie). Je n’en dirai pas davantage afin de laisser entier le plaisir de la découverte.

Si, dans les premiers chapitres, j’ai été un peu décontenancé par l’aspect saynètes du récit, Gilles Legardinier a rapidement su balayer mes a priori et c’est avec beaucoup de plaisir que je me suis laissé embarquer dans son récit.

Il faut dire que l’auteur a le don de confronter ses personnages à des situations pour le moins déroutantes, on est parfois en plein de vaudeville, mais la magie opère encore et toujours. Les sourires, les rires et les fous rires sont au rendez-vous… pour notre plus grand plaisir !

Fidèle à son habitude l’auteur ne se contente pas de jouer avec un seul registre de l’humour, le comique de situation cède la place ou se combine avec un comique de dialogues et / ou un comique de caractère. C’est un véritable concentré de bonne humeur que l’on a entre les mains.

De fait c’est avec un sourire béat, mais aussi un léger pincement au coeur, que nous quittons ce roman et ses personnages… Mais on se rassure en se disant que le prochain sera tout aussi bon, voire encore meilleur.

Je laisse le mot de la fin à Gilles Legardinier, après tout c’est encore lui le mieux placé pour nous parler de son roman :

« Je souhaite dédier ce livre à ceux – musiciens, auteurs, réalisateurs, peintres, sculpteurs… – qui vivent pour partager des émotions, et à ceux qui ont envie de les recevoir. Je vous vois déjà sourire. Vous vous dites qu’en cumulant ces deux catégories, je touche la totalité de la population du monde. Détrompez-vous. Certains n’ont que faire de partager, et d’autres n’ont pas envie de ressentir. Observez autour de vous. Bien qu’étant théoriquement l’apanage de notre espèce, l’empathie et l’élan ne sont pas universels. C’est donc aux rêveurs que je rends un hommage affectueux, ainsi qu’à ceux qui les croient. »

MON VERDICT

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – le Premier Miracle

G. Legardinier - Le Premier MiracleDepuis que j’ai « découvert » Gilles Legardinier avec Demain J’Arrête (en 2011), j’attends, tout les ans avec la même impatience, son nouveau roman… un rendez-vous feel good incontournable ! Enfin, la chose vient grossir les rangs de mon Stock à Lire Numérique, son titre : Le Premier Miracle. Avant même de l’ouvrir on a le droit à de nombreuses surprises ; d’une part point de chat sur la couv’ (à force c’est devenu la marque de fabrique du feel good façon Legardinier), normal en fait puisque point non plus de feel good au menu, le roman se présente comme « un miracle de suspense et d’humour » (je suis confiant, j’avais été conquis par Nous Etions Les Hommes, son dernier thriller en date), enfin l’auteur a quitté Fleuve pour rejoindre Flammarion (pour pouvoir bénéficier davantage plus de liberté nous explique-t-il à la fin du roman, dans son habituel mot aux lecteurs). Et puisque nous sommes (presque) en aparté Gilles, je vais commencer par répondre à votre question : « Accepterez-vous de me prendre la main les yeux fermés pour que je vous emmène ?« . OUI !!! Sans la moindre hésitation.
Ben Horwood, un historien au British Museum est brusquement tiré de ses vacances en France par Karen Holt, agent secret d’une agence encore plus secrète. C’est presque à l’insu de son plein gré qu’il se retrouve enrôlé dans une enquête sur une série de vols ayant pour objet soit des artefacts plus ou moins à vocation ésotérique, soit du matériel scientifique très haut de gamme. En essayant de découvrir le fil rouge qui relie ces différents vols, Ben et Karen sont loin de se douter qu’ils s’engagent dans une affaire qui dépassera de loin tout ce qu’ils pouvaient imaginer…
Après cette longue introduction et une présentation bavarde mais pas trop, il est temps pour moi d’entrer dans le vif du sujet. Avec ce roman Gilles Legardinier s’essaye au thriller ésotérique, le résultat est un mix entre la tétralogie Robert Langdon de Dan Brown et le diptyque Le Premier Jour / La Première Nuit de Marc Levy. Ca mérite quelques explications, n’est-il pas ?
Pour être crédible c’est un genre qui nécessite un énorme travail de documentation et de recherche, mais pas que… Il faut aussi savoir faire en sorte que les faits avérés, les théories non démontrées et les éléments purement fictionnels, s’imbriquent pour donner un tout cohérent. Ca c’est pour le côté Dan Brown (j’aurai sans doute pu citer un autre auteur spécialisé dans ce genre mais il s’avère que c’est le seul dont j’ai lu plus d’un roman). Sur ce coup Gilles Legardinier remporte haut la main son challenge, son intrigue est bien ficelée et ne manquera pas de vous surprendre. Avec en prime quelques moments de tension propres au genre.
Et Marc Levy alors ? Deux éléments essentiels que l’on retrouve aussi chez Gilles Legardinier. D’une part la place primordiale de l’humain dans son intrigue, pour se faire rien de tel qu’un duo improbable, dans le genre on peut difficilement trouver plus dissemblables que Ben et Karen. D’autre part, malgré une intrigue des plus périlleuses, l’humour reste omniprésent durant tout le récit (les joutes verbales opposant, gentiment, Ben et Karen sont excellentes).
Ces deux aspects sont parfaitement dosés, ajoutez-y un soupçon de romance et vous obtiendrez un roman captivant à plus d’un titre… et instructif. J’aime ces romans qui donnent envie d’aller fouiner sur Internet pour aller plus loin dans le contexte, quel qu’il soit : historique, géographique, artistique, symbolique…
Avec ce Premier Miracle Gilles Legardinier démontre qu’il peut encore surprendre ses lecteurs, ceux qui le connaissaient pour ses thrillers retrouveront avec plaisir une intrigue rythmée à souhait, quant aux amateurs de feel good, nul doute qu’ils suivront avec plaisir cette aventure pleine d’humanité et d’humour. Cerise sur le gâteau, ce récit vous fera voyager aux quatre coins du monde, avec à la clé des découvertes pour le moins étonnantes. Pour ma part ce fut une belle surprise, je partais confiant, je suis arrivé conquis ! Et donc un coup coeur aussi légitime que mérité.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur

PS : il y aurait beaucoup à dire sur ce roman mais je reste volontairement dans le vague afin de laisser intact le plaisir des nombreuses découvertes qui vous attendent au fil des pages.

[BOUQUINS] Henri Loevenbruck – Le Syndrome Copernic

H. Loevenbruck - Le syndrome CopernicComme annoncé je retrouve donc avec plaisir Henri Loevenbruck pour découvrir son thriller Le Syndrome Copernic. Un titre à lire dans le cadre d’un Book Club même si je suis légèrement en retard sur ce coup.
Vigo Ravel est schizophrène et amnésique. Du moins c’est ce qu’il pensait jusqu’à ce que les voix dans la tête ne lui sauvent la vie en le poussant à quitter une tour du quartier de la Défense juste avant qu’elle ne soit détruite par un attentat terroriste. Dès lors Vigo se met à douter, d’autant que les événements étranges se multiplient autour de lui… à moins que tout cela n’existe que dans sa tête.
Le moins que l’on puisse dire c’est que l’auteur nous propose un thriller hors normes, certes il respecte les règles du genre mais il n’hésite pas à les modeler afin qu’elles collent à son intrigue. Intrigue que l’on vit à la première personne à travers le regard et les perceptions de Vigo Ravel… le moins que l’on puisse dire c’est que le voyage ne sera pas du tout repos ! Parfois les pensées de Vigo tendent à partir en vrille, non seulement il a fumé la moquette mais il a aussi bouffé le seau de colle qui va avec… Et pourtant difficile pour autant d’affirmer que Vigo clapote du couvercle.
Henri Loevenbruck nous plonge en totale immersion dans son personnage. Une fois de plus son talent de conteur fait le reste, au fil des pages on devient Vigo, on pense comme Vigo : « Je doutais tellement de moi, et autrui me faisait si peur !« . Le doute. Tel est le maître mot qui pourrait définir les perceptions de Vigo, il doute de lui, il doute des autres, il doute de la réalités de certaines situations, de certains faits… Bref sa vie est un sempiternel questionnement.
Heureusement il ne sera pas tout seul dans sa quête de la vérité (à moins qu’il ne s’agisse, une fois de plus, d’un délire schizo-paranoïde). Je n’en dirai pas plus quant aux alliés qui croiseront son chemin, autant laisser intacte la surprise et la découverte.
L’intrigue compte un soupçon de fantastique (et encore, difficile d’en être absolument sûr) mais reste résolument orientée thriller, le prologue nous met d’office l’eau à la bouche… et on n’en finit plus de baver (la fusillade dans les sous-sols est stressante à souhait). Comme Vigo nous ne manquerons pas de nous poser des questions au fil des 88 chapitres (un chiffre qui ne doit rien au hasard).
Vous l’aurez sans doute compris l’auteur ne mise pas tout sur l’action et le rythme, la psychologie des personnages est primordiale… Avec un héros schizo (ou pas) ça semble inévitable. Et sur ce terrain aussi il maîtrise totalement son sujet.
Pour faire simple j’ai de nouveau été bluffé par le talent de conteur de Henri Loevenbruck même si le bouquin ne m’a pas pris aux tripes comme Nous Rêvions Juste De Liberté. Je le place tout de même dans le haut de gamme de la catégorie thriller.
Mon idée première était de laisser Henri Loevenbruck en stand-by en attendant la seconde saison de Sérum, annoncée pour le début 2016, mais le hasard a voulu que je tombe sur la quatrième de couv’ de son premier thriller, Le Testament Des Siècles, qui figure aussi dans mon Stock à Lire Numérique. Le personnage principal est Damien Louvel que l’on croise dans Le Syndrome Copernic, comme il y est vaguement fait mention d’un passé trouble et douloureux, il n’en fallait pas moins pour titiller ma curiosité ; il est donc plus que probable que je retrouve Henri Loevenbruck plus tôt que prévu…

MON VERDICT
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[BOUQUINS] Henri Loevenbruck – Nous Rêvions Juste De Liberté

H. Loevenbruck - Nous rêvions juste de libertéA force de lire ou entendre des critiques toutes plus enthousiastes les unes que les autres sur ce bouquin j’ai donc décidé de changer mon programme de lectures pour le propulser en pole position de mon Stock à Lire Numérique. A mon tour de vous livrer mes impressions sur le roman Nous Rêvions Juste De Liberté, dernier titre en date de Henri Loevenbruck.
Quand Hugo, un adolescent difficile, se retrouve scolarisé au collége privé catholique de Providence il ose à peine imaginer le calvaire que ça va être pour lui de se retrouver au milieu de ces gosses de riches pourris gâtés. Et pourtant c’est là qu’il va croiser les chemins de Freddy, Oscar et Alex, des ado comme lui, des mauvais garçons déracinés, commencera alors une longue et indéfectible amitié…
Henri Loevenbruck fait partie de ses auteurs qui forcent l’admiration, le gars parvient à donner corps et vie à ses récits, quel que soit le genre abordé (fantasy, thriller, roman historique…). Je n’ai aucune hésitation à affirmer que ce mec à une plume en or. Et ce n’est pas ce roman qui me fera mentir, au contraire il ne fait que renforcer mon admiration pour ce formidable talent de conteur.
Cette fois l’auteur se met dans la peau de Hugo pour nous conter son parcours, avec ses mots à lui ; rassurez-vous même si c’est plus parlé que littéraire ce n’est pas non plus du charabia à la sauce djeun’s qui veut se la jouer racaille. On a vraiment l’impression d’être en face du narrateur, de l’écouter sans oser l’interrompre. Bravo et merci Monsieur Loevenbruck !
Merci pour ce road trip exceptionnel en compagnie de Hugo et ses potes. Un long périple à moto à travers les USA, avec des rencontres (bonnes et mauvaises) et des choix (bons et mauvais) mais surtout riche en émotions en tout genre.
Merci pour cette ode à l’amitié et à la liberté. Merci aussi pour cette belle réflexion sur la Liberté ; qu’est-ce être libre ? Faire tout et n’importe quoi au mépris de tout et de tous ? Pour moi on est davantage dans le registre de l’anarchie là, le concept est sympa aussi mais il a ses limites. Croquer la vie à pleines dents en essayant de faire le moins de tort possible aux autres ? Ca me semble pas mal comme définition, on a jamais dit que c’était facile d’être libre…
Il est temps pour moi de répondre à la question que tout le monde (personne serait sans doute plus réaliste) se pose : est-ce que j’ai versé une larmiche en lisant ce bouquin ? J’aurai pu répondre non car j’ai tenu bon mais l’épilogue m’a achevé !
Les motos et les bikers te laissent de marbre ? Tu kiffes pas les bandes de jeunes ? Moi non plus, mais ça ne m’a nullement empêché d’adorer ce bouquin. Si je n’avais pas déjà publié mon Top 10 il y a fort parier qu’il en aurait fait partie.
Pour la petite histoire ces fameux 1% existent bel et bien et désignent en effet ces gangs de motards considérés comme des organisations criminelles ; les plus célèbres représentants sont les éternels rivaux Hells Angels et Bandidos. Pas vraiment des enfants de choeur !
Le hasard a voulu que je prévoyais de lire Le Syndrome Copernic du même auteur dans le cadre d’un book club, c’est partie remise ; ce ne sera pas ma prochaine lecture mais la suivante.

Morceaux choisis… Et c’est pas évident de choisir tant il y a de belles réflexions dans ce roman.

Plus le temps passe, plus j’ai l’impression de voir nos libertés s’abîmer, comme un buisson auquel on fait rien que de couper les branches, « pour son bien ». J’ai le sentiment que, chaque jour, une nouvelle loi sort du chapeau d’un magicien drôlement sadique pour réglementer encore un peu plus nos toutes petites vies et mettre des sens interdits partout sur nos chemins.

On peut être libres à plusieurs, j’ai dit. Moi, j’ai connu des solitudes qui ressemblaient vachement à des prisons.

(…) je pensais que la vie serait plus jamais la même, que je laisserais plus jamais passer une seule minute sans déguster la liberté, que plus jamais je laisserais rien ni personne m’emmerder, que plus jamais je ferais partie des 99 % de moutons.

La liberté, il y en a partout. Il faut juste avoir le courage de la prendre.

Dans la vie, je crois qu’il vaut mieux montrer ses vrais défauts que ses fausses qualités. Vaut mieux surprendre que décevoir.

Un jour, comme ça, pour me moquer un peu, j’ai dit à la Fouine qu’il avait quand même vachement changé d’avis sur la cocaïne et tous ses beaux discours, avec le temps, et alors il m’a répondu que c’était drôlement plus intelligent d’en vendre que d’en prendre, ce qui n’était pas loin d’être vrai.

Merci aussi à ces anciens « amis » devenus de bons gros patrons bien tristes, qui m’ont appris la saveur amère de la désillusion et de la trahison.

MON VERDICT
jd5Coup double