[BOUQUINS] Gilles Legardinier – La Compagnie Des Heureux Hasards

Qui n’a jamais perdu foi en l’existence ? Qui n’a jamais été épuisé – voire écœuré – au point de douter de la valeur même de la vie ? Lily en est là.

Une rupture, beaucoup de désillusions… mais ce n’est pas cette part de son histoire qui nous intéresse.

Grâce à Mère-Grand et au Petit Poucet, Lily va découvrir un autre chemin. Loin d’un conte de fées, c’est une renaissance, aux antipodes des faux-semblants et des égoïsmes. Les Heureux Hasards vont la conduire jusqu’à la face cachée du monde tel qu’on ne le montre jamais.

Gilles Legardinier fait partie de ces auteurs que je considère comme incontournables. C’est encore plus vrai quand il nous propose de nouvelles rencontres placées sous le signe du feel good.

Quand nous faisons connaissance avec Lily, la nouvelle héroïne de Gilles Legardinier, elle n’est clairement pas au mieux de sa forme. Elle peine à se remettre d’une rupture récente — pourtant Dieu sait que son ex était, et demeure, une sinistre sous-merde. Résultat : elle est hébergée par une amie un peu fofolle mais adorable. Par-dessus tout, elle semble avoir totalement perdu foi en l’humanité et ne plus croire en son bonheur personnel.

Pour garder la tête hors de l’eau, Lily se lance à fond dans son nouveau job au sein d’une agence d’intérim pas tout à fait comme les autres. Une grande partie du personnel appartient en effet à la mystérieuse — et plus ou moins clandestine — Compagnie des heureux hasards, un groupe de collègues disparate qui s’est donné pour mission de venir en aide à des inconnus confrontés à des situations parfois critiques, parfois simplement tristes, mais toujours profondément humaines.

Cette Compagnie est l’occasion pour Gilles Legardinier de nous offrir une belle galerie de personnages. Certains bénéficient d’un éclairage plus appuyé en raison de parcours de vie atypiques — mention spéciale à Hugo, dont l’histoire m’a particulièrement touché. J’ai également développé une réelle sympathie pour Bruno, le patron de l’agence et fondateur de la Compagnie, qui incarne une forme de bonté simple, sincère et totalement désintéressée.

L’entourage de Lily n’est pas en reste, notamment Poppy, son amie et logeuse. Sous ses dehors fantasques, elle se révèle d’une humanité et d’une empathie désarmantes — un personnage comme Gilles Legardinier sait si bien en créer.

Comme souvent chez l’auteur, les animaux occupent une place de choix. Il y a d’abord Coincoin, le chat qui ne miaule jamais et squatte l’accueil de l’agence. Mais aussi tous ces animaux « anonymes » dont Hugo s’occupe avec une dévotion incroyable dans le refuge où il est bénévole. Cette présence animale ajoute une touche supplémentaire de tendresse et de sincérité au récit.

Vous l’aurez compris : on retrouve ici un roman bourré d’humour et d’émotion, une intrigue profondément humaine, construite avec intelligence et sensibilité. Certes, c’est très manichéen : les gentils sont adorables, les rares personnages franchement antipathiques (Vivien, l’ex de Lily, et Daviane, sa collègue) sont des déchets finis. Mais au fond, on s’en moque : une bonne pelletée de bons sentiments dans ce monde de brutes, ça fait un bien fou.

Malgré le rush des courses de fin d’année, j’ai réussi à boucler ma lecture avant le réveillon de la Saint-Sylvestre. Et finir l’année sur une note aussi bienveillante, croyez-moi, c’est un plaisir aussi précieux que réconfortant.

[BOUQUINS] Mattias Köping – Cartel 1011 – Les Bâtisseurs

La péninsule du Yucatán, entre le golfe du Mexique et la mer des Caraïbes. Des sites d’une beauté renversante mais qui, depuis des siècles, se résignent à la violence. Le Yucatán est le fief du clan Hernandez, arrivé avec les premiers conquistadors et qui compte sur le pharaonique projet du Train Maya pour resserrer encore l’emprise qu’exerce son conglomérat, la toute-puissante Comex.

C’est là aussi, entre Cancún et Tulum, qu’émerge un nouveau cartel, le 1011, capable du pire pour asseoir son hégémonie sur les trafics internationaux.

Comme celui des capitaines d’industrie, l’appétit des criminels est sans limite. Tout s’achète et tout se vend : drogues, armes, matières premières, animaux, territoires, corps, âmes. Rares sont les téméraires qui osent leur résister.

En Europe aussi, les victimes s’accumulent. Les forces de police sont sur les dents, confrontées à une sauvagerie inédite.

Car nul ne bâtit de nouvel empire sans anéantir les précédents.

J’ai flashé sur ce roman dès sa sortie mais j’ai sans cesse repousser sa lecture pour x mauvaises raisons. Il était grand temps que je me lance enfin.

Je connais Mattias Köping de nom – et de réputation. Même si j’ai ses trois romans en stock depuis leur sortie, les seuls textes que j’ai lus de lui sont ceux du recueil Macadam, des textes au scalpel sublimés par les illustrations de Marsault.

Si je vous dis Cancún, nul doute que vous pensiez d’abord à la célèbre station balnéaire, à ses plages de sable blanc et à ses fêtes démesurées. Oubliez immédiatement la carte postale. Avec Cartel 1011 – Les Bâtisseurs, Mattias Köping nous entraîne dans l’envers du décor, au cœur de la face la plus sombre du Yucatán. Et l’auteur n’y va pas avec le dos de la cuillère.

Si vous pensiez avoir déjà tout lu en matière de littérature noire, ce roman risque fort de faire vaciller vos certitudes. L’avertissement éculé « âmes sensibles s’abstenir » n’est ici pas une formule creuse : Köping ne recule devant rien pour immerger son lecteur dans les horreurs perpétrées par les membres du Cartel 1011. Violence extrême, cynisme absolu, brutalité systémique : le texte assume pleinement sa radicalité.

Deux forces s’affrontent dans ce premier tome, véritables monstres à têtes multiples.

D’un côté, la COMEX, conglomérat tentaculaire, incarnation froide et implacable d’un capitalisme prédateur. Présente dans tous les secteurs stratégiques et économiques du pays, elle étend son emprise sans se soucier des conséquences humaines ou environnementales. Pour parvenir à ses fins, tout est permis. Malheur à celles et ceux qui se dresseront sur son chemin.

De l’autre, le Cartel 1011, nouvel acteur dans un paysage criminel mexicain déjà saturé de violence. Ce cartel entend s’imposer sur tous les trafics : drogues, armes, êtres humains. Sa loi repose sur la peur, la terreur et l’élimination méthodique de toute concurrence. Les rivaux sont absorbés ou annihilés. Et l’ambition du Cartel 1011 ne s’arrête pas aux frontières du Mexique.

Le choix narratif de Mattias Köping peut dérouter dans un premier temps. La première partie du roman se construit par fragments : des tranches de vie, des trajectoires individuelles confrontées tantôt à la COMEX, tantôt au Cartel 1011. Un fil rouge existe, mais le récit se montre volontairement éclaté, presque chaotique. Ce parti pris renforce toutefois le sentiment de confusion et de vertige. Le roman retrouve ensuite une structure plus classique, permettant aux différentes lignes narratives de converger avec une efficacité redoutable.

Le style de Köping, incisif, frontal, quasi chirurgical, se révèle parfaitement adapté à son propos. L’auteur tranche dans le vif, expose les faits bruts, sans fioritures ni complaisance. Ici, pas de romantisation du crime : seulement une mécanique de violence froide et méthodique, glaçante de réalisme.

On devine sans peine l’ampleur du travail documentaire en amont de l’écriture. Cette rigueur confère au roman une puissance immersive rare : le lecteur est happé au cœur des rouages criminels, politiques et économiques, dans un voyage qui n’a rien d’un long fleuve tranquille. Nous sommes plutôt embarqués dans une descente de rapides déchaînés, sans possibilité de reprendre notre souffle.

Difficile également de ne pas établir un parallèle troublant avec l’actualité française, où le narcotrafic s’impose plus que jamais dans le débat public : gestion des narcotrafiquants incarcérés, explosion des faits divers sanglants, implantation durable des réseaux criminels. Certes, nous sommes encore loin des scènes décrites par Köping… mais pour combien de temps ?

Cartel 1011 – Les Bâtisseurs fait office de mise en bouche aussi brutale qu’addictive. En refermant ce premier tome, une seule envie subsiste : découvrir la suite. Il faudra pourtant s’armer de patience : Mattias Köping travaille encore sur le second opus et aucune date de sortie n’a été annoncée à ce jour.

Une chose est certaine : si la trilogie tient ses promesses, elle s’annonce d’ores et déjà comme un monument de la littérature noire contemporaine.

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – J’Ai Commencé Par Mourir

En débarquant dans un village perdu de la côte écossaise, Christopher Runyard est convaincu que sa présence n’est due qu’à un malentendu. Immédiatement subjugué par cette baie hors du temps, il ignore que, voilà des siècles, une tragédie s’y est déroulée au nom d’un secret qui n’a rien d’une légende.

Depuis, l’onde de choc du drame n’en finit pas de provoquer rivalités et intrigues, chacun cherchant à s’approprier la clé du mystère. Ces derniers temps, les habitants meurent de façon suspecte, et Runyard est le prochain sur la liste.

Pour survivre à cette énigme qui vire à la malédiction, il va devoir découvrir qui est digne de confiance, et répondre aux deux seules questions que nous devons tous nous poser un jour : qui sommes-nous au fond, et que valons-nous réellement quand la tempête se déchaîne ?

La seule mention de Gilles Legardinier suffit à motiver mon choix.

En plus j’ai pris du retard, son nouveau roman est sorti il y a peu…

Avec ce roman Gilles Legardinier renoue avec le polar, mais un polar avec sa griffe inimitable, pas de brusques montées d’adrénaline à prévoir, plutôt une intrigue qui met l’accent sur l’aspect humain et parsemée de touches d’humour bienvenue (souvent due à l’apparente désinvolture de son héros).

Le prologue nous renvoie en 1668 dans le village écossais de Kilthorpe. Une partie des habitants fuient afin de se mettre à l’abri, tandis que les plus vaillants s’apprêtent à affronter une horde d’ennemis en approche.

Retour de nos jours, toujours à Kilthorpe. En apparence un paisible bourg paumé au fin fond de l’Écosse, mais Christopher Runyard, après une arrivée pour le moins mouvementée, va rapidement découvrir que les apparences sont trompeuses. Le village et ses habitants cachent de nombreux secrets, et certains sont prêts à tout pour les protéger.

Nombreux sont ceux qui voient d’un mauvais œil l’arrivée de ce « touriste » qui n’en est pas vraiment un. Christopher est en effet venu prendre possession d’un terrain qui lui a été légué sans qu’il en comprenne le pourquoi du comment…

Dès son arrivée Christopher va faire la connaissance de Kate Fairlie, une ranger en mission à Kilthorpe. Plus exactement c’est elle qui va le tirer d’une situation plutôt inconfortable. Rapidement l’opposition des personnalités va s’avérer complémentaire, le binôme va faire face ensemble, bien décidé à lever le voile sur ce qui se trame à Kilthorpe. Une collaboration parfois houleuse mais d’une remarquable efficacité.

Avec la petite quarantaine d’habitants qui peuplent Kilthorpe, Gilles Legardinier nous offre une belle galerie de portrait parfaitement travaillée. Chacun cherche à protéger la part du secret qu’il connaît tout en essayant de découvrir ce que les autres savent. Les motivations des uns et des autres sont parfois troubles. Ça magouille, ça trahit… et accessoirement ça zigouille !

J’avoue avoir eu un coup de cœur pour Thorton, l’aïeul de village, sa mémoire vivante en quelque sorte. Il s’avérera être un allié précieux pour Christopher. Le fait qu’il soit un amateur de whisky joue forcément sa faveur. J’aurai bien aimé en apprendre davantage sur les secrets de son breuvage (il faut dire que l’Ecosse est l’un des berceaux historiques du whisky).

Le village et la baie font partie intégrante de l’intrigue, ils réservent eux aussi leur lot de secrets (grottes et autres souterrains). Le décor en apparence paradisiaque peut, en un temps record, se transformer en pièges mortels au gré des caprices de la météo.

Une fois encore Gilles Legardinier parvient à faire de ces divers éléments une parfaite alchimie sublimée par ses talents de narrateur.

Petit bémol, qui ne viendra en rien ternir mon appréciation globale du roman, le mystère reste entier concernant l’origine de l’héritage de Christopher. A priori ce n’est pas un parent ou un proche qui lui a fait ce legs, mais alors qui et pourquoi ? Nous ne le saurons jamais.

Ce roman est bien plus qu’un simple roman policier : c’est une plongée dans l’âme humaine, où chaque personnage incarne une facette de nos propres contradictions. Avec une écriture fluide, une construction narrative impeccable et une galerie de personnages mémorables, Gilles Legardinier signe une œuvre qui captive autant qu’elle interroge. Une lecture addictive que je recommande sans modération !

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Mon Tour De Manège

C’est bien connu, on ne choisit pas sa famille. On ne choisit pas non plus les lettres que l’on reçoit. Amandine va en recevoir une, une seule, qui va l’obliger à se demander qui elle est, ce qu’elle attend de la vie, ce qu’elle tient de ses parents, ce qu’elle espère des hommes, ce qu’elle doit à ses amies, si la couleur citrouille lui va bien, où vivent réellement les écureuils, si elle croit aux fantômes, combien de temps elle peut tenir dans l’eau glacée, ce que l’on gagne lorsqu’on passe la barre des 100 contraventions, quel est le vrai goût des croquettes pour chat, et surtout ce qu’elle est prête à endurer pour avoir une chance de se construire une vie qui lui ressemble vraiment. Une seule lettre pour choisir son destin, car elle le devine, il n’y aura pas de deuxième tour de manège.

Parce que Gilles Legardinier fait partie de ces écrivains qui me sont devenu incontournables, plus encore quand l’auteur renoue avec le roman feel good.

Si Gilles Legardinier n’a plus rien à prouver en matière de roman policier ou de roman d’aventures, c’est clairement dans la littérature feel good qu’il excelle et que ses lecteurs l’attendent avec impatience.

Après la noirceur absolue de Jacques Saussey, il fallait bien l’aura lumineuse de Gilles Legardinier pour apporter une lueur d’espoir dans les ténèbres de l’âme humaine. J’ai déjà eu l’occasion de le dire et de le répéter, mais les romans de Gilles Legardinier devraient être décrétés d’utilité publique et faire l’objet d’un remboursement par la Sécurité Sociale (et tant pis pour son trou insondable).

Comme à chaque fois, l’auteur réussi à nous plonger dans la peau de ses personnages, aussi différent puissent-ils être de nous. En l’occurrence je n’ai guère de points communs avec Amandine et pourtant la magie a opéré une fois de plus. J’ai vécu à fond ses mésaventures.

Et quelles mésaventures ! Tout commence par un courrier qui lui fixe un rendez-vous chez le notaire. Un rendez-vous qui va complètement chambouler son quotidien, mais aussi balayer ce qu’elle tenait pour acquis.

Fidèle à son habitude, Gilles Legardinier place l’humain au cœur de son récit, l’occasion de porter un regard affûté sur l’amour, l’amitié, la famille, le poids des secrets. Sans jamais se départir d’un humour ravageur (sourires et franches rigolades seront de la partie), l’auteur aborde des thèmes qui nous concernent tous. De même on se prend souvent à se poser les mêmes questions qu’Amandine.

A ce titre, j’ai beaucoup aimé la définition que M. Forcetti, le nouveau voisin d’Amandine, donne de la famille :

Pour apporter de la bonne humeur même dans les pires moments de doute, vous pouvez compter sur la joyeuse bande des Patates. Il n’y a pas qu’Amandine qui connaît de grands bouleversements dans son quotidien, mais il faut plus que ça pour démoraliser ou désolidariser cette petite bande d’amies.

Le parcours d’Amandine ne sera pas un long fleuve tranquille, entre une veuve hargneuse qui s’estime spoliée et un amoureux transi un tantinet envahissant, elle aura fort à faire pour tracer sa route.

Heureusement, elle ne sera pas seule face à l’adversité, outre ses fidèles Patates, elle pourra aussi compter sur l’aide et le soutien de son mystérieux voisin, d’un jeune homme serviable rencontré au fil d’un lancer de boîte de raviolis et même du fils du défunt qui n’hésitera pas à se dresser contre la teigneuse matriarche.

Du Gilles Legardinier comme on l’aime, humain, drôle et intelligent. J’ai profité d’un week-end à rallonge pour dévorer le bouquin d’une traite. Et c’est avec un sourire béat aux lèvres que je l’ai refermé. Quelques effets secondaires s’opposent à une lecture dans les lieux publics, outre les crises fous rires incontrôlés susceptibles de survenir à tout moment, votre béatitude pourrait bien se retourner contre vous (c’est mal vu en ces temps de sinistrose et de morosité ambiante… et c’est pour ça que c’est si bon).

Gilles, mon cher Gilles, je n’ai aucune honte à le dire : mon manège à moi, c’est toi ! (Pardon Édith, je n’ai pas pu résister).

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Mardi Soir, 19h

AU MENU DU JOUR


Titre : Mardi Soir, 19h
Auteur : Gilles Legardinier
Éditeur : Flammarion
Parution : 2021
Origine : France
380 pages

De quoi ça cause ?

A l’approche de la trentaine, Elynn a l’impression de s’enliser dans sa vie. Entre sa vie de couple à l’état végétatif et son quotidien professionnel presque routinier, elle est convaincue de faire du sur-place.

Pour briser cette routine, elle s’inscrit à un cours de gym hebdomadaire… une occasion rêvée pour faire de nouvelles rencontres.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier tout simplement. Ce gars à un talent fou pour vous donner une pêche d’enfer et activer vos zygomatiques. En ces temps de crise sanitaire, c’est le remède idéal !

Ma Chronique

Ah que voilà un rendez-vous annuel que je ne manquerai sous aucun prétexte. C’est toujours une joie de retrouver Gilles Legardinier… ou plus exactement son dernier roman. Une certitude de passer un agréable moment et d’oublier la morosité ambiante. Au risque de paraître un peu con (voire franchement niais), c’est le rayon de soleil qui fait éclater la chape nuageuse sur notre quotidien.

Promis je n’ai fumé ni consommé la moindre substance illicite… même pas encore commencé l’apéro. C’est juste mon état post-Legardinier.

Ce n’est certainement pas un hasard si, en cette période de crise sanitaire majeure, Gilles Legardinier a choisi la profession d’infirmière pour son personnage principal. Plus que jamais le personnel soignant mérite un hommage appuyé pour leurs efforts (et parfois même leurs sacrifices) ; ils se donnent sans compter pour soulager la souffrance des patients et de leurs proches. Un hommage amplement mérité doublé d’une piqûre de rappel sur la situation du milieu hospitalier en général… saigné à blanc par des réformes iniques !

Je vous rassure de suite l’auteur opte résolument pour un ton feel good pour son nouveau roman. Une fois encore il aborde des sujets sérieux avec une légèreté qui s’avère redoutablement efficace pour nous pousser – l’air de rien – à la réflexion. Et bien entendu il le fait en mettant en avant l’humain dans tout ce qu’il a de meilleur (on oublie parfois qu’il y a du bon dans l’humain… ça fait de mal de nous rappeler que tout espoir n’est pas perdu).

Au fil des pages il sera beaucoup question d’amitiés (oui au pluriel, la relation d’Elynn avec ses collègues de travail n’est pas la même que celle qu’elle a avec ses copines de gym) et d’amours (il n’y a pas qu’une forme d’amour… et encore moins un chemin tout tracé pour le trouver). Une fois de plus les relations humaines sont au cœur de l’intrigue, avec Elynn on s’interrogera, on doutera, on partagera sa peine… mais le plus souvent on sourira et plus si affinités (les zygomatiques sont mis à rude épreuve… attention aux regards étonnés ou méfiants si vous lisez dans un lieu public).

Elynn qualifie son lieu de travail (le service orthopédique d’un hôpital) de zoo, et force est de reconnaître que certaines rencontres seront tout sauf ordinaires ! Pour notre plus grand plaisir.

Elynn se sent seule (et la solitude est l’un des pivots du récit) mais elle est entourée de gens formidables, que ce soit à l’hôpital ou à ses cours de gym, elle peut compter sur des amitiés indéfectibles. Au fond elle le sait, même si sa nature la pousse d’abord à réparer les peines et les doutes des autres, avant de s’occuper de sa petite personne.

Une fois de plus l’effet feel good est immédiat… il ne vous quittera pas de la première à la dernière page du roman. Dommage que l’effet s’estompe avec le temps.

MON VERDICT

(BOUQUINS] Gérard Jugnot – C’Est L’Heure Des Contes

AU MENU DU JOUR

G. Jugnot - C'est l'heure des contes
Titre : C’Est L’Heure Des Contes
Auteur : Gérard Jugnot
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
155 pages

De quoi ça cause ?

Gérard Jugnot revisite avec une pointe d’humour caustique une quinzaine de contes et fables connus de tous les petits et les grands.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est en regardant un Sept À Huit qui se terminait par une interview de Gérard Jugnot que j’ai entendu parler de ce bouquin ; ça a tout de suite fait tilt ! Je le veux… et je l’ai eu.

Ma Chronique

En ces temps troublés et moroses il est des livres qui font du bien à l’âme et au cœur, incontestablement cette réécriture de contes et fables connus de tous par Gérard Jugnot est de ceux-là. Une redécouverte qui donne la banane et booste les zygomatiques.

Comme tout le monde je connais (et apprécie énormément) Gérard Jugnot l’acteur, mais pour ma part j’ignorais qu’il maniait aussi la plume. Une belle surprise, d’autant que sa plume a plus d’un atout pour séduire les lecteurs.

Un grand méchant loup végan, une Cindy qui surfe sur la vague #BalanceTonPorc, une grenouille anorexique, une Cendrillon qui oublie un petit détail avant d’aller au bal princier, un Petit Poucet et ses frangins qui font une mauvaise rencontre, trois petits cochons exilés en Thaïlande… tout ceci n’est qu’un avant-goût de ce que vous trouverez dans ces pages.

Chaque conte s’ouvre sur un titre illustré, suivi d’une phrase d’introduction au format image, puis le texte agrémenté d’une ou plusieurs illustrations. Une mise en page plutôt agréable mais malheureusement pas vraiment optimisée pour un affichage sur liseuse. Un petit souci technique d’autant moins compréhensible qu’il se règle très facilement via Sigil, dommage que Flammarion n’ait pas fait l’effort de mieux finaliser la version numérique du bouquin.

Rien à redire concernant la revisite des contes et fables, l’humour et l’irrévérence de Gérard Jugnot font mouche et se rient du politiquement correct (en la matière mention spéciale au Petit Poucet).

Il n’en reste pas moins que j’ai refermé ce bouquin avec un léger sentiment de frustration, c’est court, trop court. Beaucoup trop court même. Je suis convaincu que Gérard Jugnot aurait pu revisiter davantage de contes. Mais aurait-il pu le faire avant les fêtes de fin d’année ?

Quinze contes répartis sur 155 pages dont 150 consacré aux contes à proprement parler (je ne compte pas la couverture, la page titre, la page de copyright, la page de présentation et la postface). À cela vous retirez les 15 pages de titre et les 15 pages rouges qui concluent le conte, il vous reste 130 pages. Si on vire les illustrations et qu’on opte pour une mise en page un peu moins aérée je pense qu’on devrait arriver à plus ou moins 120 pages de texte. A 15€ la version papier et 11€ la version numérique, je trouve la note un peu salée.

Cela dit, il n’en reste pas moins que ce bouquin fait du bien, surtout en ce moment. Si le rapport quantité / prix n’est pas optimal, la qualité est toutefois au rendez-vous. Et pour rester dans l’air du temps, c’est une belle idée cadeau.

Pour rester dans la revisite des contes mais dans un tout autre genre (nettement plus hardcore et trash), il faudrait que je songe à me lancer dans les Contes Interdits des éditions AdA (Québec).

MON VERDICT

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Une Chance Sur Un Milliard

AU MENU DU JOUR

G. Legardinier - Une chance sur un milliard
Titre : Une Chance Sur Un Milliard
Auteur : Gilles Legardinier
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
432 pages

De quoi ça cause ?

Hormis une récente rupture dont il peine à se remettre, Adrien est un trentenaire épanoui qui a toute la vie devant lui. Jusqu’au jour où son médecin et ami, Darshan, lui annonce qu’il souffre d’une pathologie cardiaque aussi rare qu’irréversible…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier, un auteur qui a un véritable don pour transformer en or tout ce qu’il touche.

Avec ce nouveau roman, il revient à un genre dans lequel il excelle, la littérature feel good. Gilles est un véritable virtuose quand il s’agit faire jaillir des émotions de sa partition.

Ma Chronique

Avec ce roman Gilles Legardinier signe son douzième titre « adulte » et célèbre ses dix ans de carrière littéraire (même si je devine que ce terme lui ferait horreur). Une carrière commencée chez Fleuve Éditions sous le signe du thriller (avec L’Exil Des Anges et Nous Étions Les Hommes) avant d’enchaîner avec cinq titres résolument feel good (et leurs incontournables couv’ félines).

Puis Gilles change de crèmerie pour gagner en liberté, chez Flammarion il revient au thriller en alternance avec des titres feel good. Quel que soit le domaine qu’il décide d’explorer, il ne se contente pas d’exploiter des recettes déjà éprouvées, chaque titre apporte une réelle touche d’originalité par rapport aux précédents.

Une Chance Sur Un Milliard ne déroge pas à la règle, même avec un postulat de départ qui ne semble pas vraiment adapté à un traitement léger – et encore moins comique – Gilles Legardinier réussit à faire sourire (et même rire) ses lecteurs, sans jamais tourner son thème en ridicule.

Son secret ? Une plume et un style profondément (viscéralement oserai-je même dire) empreints d’humanité. Ca peut sembler bizarre à dire mais on une réelle sensation de proximité entre l’auteur et ses personnages, et par extension entre ses personnages et nous. En l’occurrence n’importe quel quidam peut s’identifier à Adrien ou à une personne de son entourage ; pas forcément par leur personnalité, mais parce que l’on pourrait très bien, un jour ou l’autre, se retrouver confronté à une situation identique (quand ça n’a pas déjà été le cas).

Il faut bien avouer que la bande de potes qui entoure Adrien est tellement hétéroclite qu’il est aisé de s’identifier à l’un(e) ou l’autre. Une bande de potes unie par une complicité indéfectible qui résiste aussi bien au temps et qu’à la distance.

L’entourage d’Adrien ne se limite pas à ses ami(e)s, il est aussi présent pour sa famille, surtout son grand-père, Papilau, qui, malgré son âge et quelques fuites au niveau de sa mémoire, demeure d’une grande sagesse et peu même parfois se montrer particulièrement alerte.

Mais Adrien doit aussi composer avec son milieu professionnel, un domaine dans lequel, malgré son évidente réussite, il s’est laissé dépasser par certains aspects. Une bonne occasion pour lui de reprendre les choses en mains et de remettre les pendules à l’heure.

Si Gilles Legardinier sait incontestablement y faire pour faire sourire (et même rire) ses lecteurs, il ne se cantonne pas au rôle de clown de service. Avec ce roman il prouve une fois de plus, et peut-être même encore plus que dans ses précédents titres, qu’il est à même de faire naître tout un panel d’émotions à travers ses mots. Des mots toujours simples, sans figure de style alambiquée, mais qui vont droit au cœur, à l’âme et à l’esprit. Des mots qui, au fil des situations, vous feront passer du rire aux larmes (oui j’avoue, j’ai versé quelques larmiches çà et là).

Comme il a coutume de le faire, Gilles Legardinier termine son roman par un aparté avec ses lecteurs (le fameux « Et pour finir… »). L’occasion de nous questionner sur ce que nous aurions fait des dessins retrouvés (exhumés serait un terme plus approprié) par Adrien à sa place. Personnellement, si je devais me retrouver confronté à la même situation qu’Adrien, la véritable question serait de savoir avec qui j’aimerai renouer pour solde de tout compte et surtout pour partir l’esprit léger et libéré.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Cyril Massarotto – Les Dédicaces

AU MENU DU JOUR

C. Massarotto - Les Dédicaces
Titre : Les Dédicaces
Auteur : Cyril Massarotto
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
263 pages

De quoi ça cause ?

Claire collectionne les livres dédicacés, que le signataire soit l’auteur ou un anonyme, elle recherche avant tout les dédicaces qui racontent une histoire (réelle ou imaginée).

Quand elle tombe sur un roman de Frédéric Hermelage, elle est surprise par l’audace (voire l’outrecuidance) de la dédicace que l’auteur adresse à une certaine Salomé. En lisant le roman elle découvre une écriture à l’opposé de la dédicace, tout en finesse et subtilité.

Claire va lors tout mettre en œuvre afin de rencontrer « incognito » Frédéric Hermelage afin d’essayer de mieux cerner le personnage.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai beaucoup aimé Dieu Est Un Pote A Moi et sa « suite », Le Petit Mensonge De Dieu, de Cyril Massarotto. D’autres romans de l’auteur sont depuis venus grossir les rangs de mon Stock A Lire Numérique sans toutefois s’extraire du lot. Il était donc temps pour moi de le découvrir dans un autre registre…

Ma Chronique

Si, comme moi, l’intégrisme culturel vous fout la gerbe, si les auteurs, critiques et lecteurs qui tirent à boulets rouges sur la littérature populaire (et ses auteurs) vous donnent des envies de meurtres, pris au premier degré ce roman ne manquera pas de vous piquer les yeux et de vous brûler les mains !

À travers les jugements sans appels émis par Claire (lectrice), Frédéric (auteur) et Marc (éditeur), les auteurs populaires tels Guillaume Musso, Marc Lévy, Amélie Nothomb ou encore Anna Gavalda (pour ne citer qu’eux) se font dézinguer sans qu’ils aient l’ombre d’une chance de se défendre. Et je ne vous parle même pas de tout le mal qu’ils pensent de la littérature feel-good (à leurs yeux littérature et feel-good sont deux notions impossibles à associer, c’est tout juste si ces bouquins méritent un méprisant feel-good books pour les qualifier).

Et pourtant je me suis régalé en parcourant ces quelques pages ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il m’apparaît impossible de ne pas prendre de tels propos au second degré, deux raisons à cela :

1 – il faudrait vraiment être un connard prétentieux pour défendre noir sur blanc cette position, et je ne pense pas que Cyril Massoratto entre dans cette catégorie (les mêmes mots écrits par une tête à tarte comme BHL ne m’auraient certainement pas fait sourire) ;

2 – sans vouloir le vexer, Cyril Massoratto ne peut décemment pas affirmer être le fils spirituel de Céline, Sartre, Camus, Balzac ou Zola. Pour autant que je sache son œuvre s’inscrit davantage dans la littérature populaire que dans la « grande littérature » (les guillemets viennent juste souligner le dégoût que m’inspire ce terme).

Vous l’aurez compris, Les Dédicaces est un roman qui place la littérature au premier plan. Qu’il s’agisse du livre en tant qu’objet (le numérique n’a pas sa place dans le cœur de Claire), du rapport entre le lecteur et le livre, du lecteur et de l’auteur et inversement, de l’auteur et de ses lecteurs…

Au fil des pages il sera aussi question de la relation homme-femme dans le couple, là encore Claire n’est pas vraiment le parfait exemple de la nana épanouie… même si, au vu de son ex, le contraire eut été étonnant ! Une relation qui doit se construire autour d’un juste équilibre entre l’idéal fantasmé et le réel.

N’en déplaise à Cyril Massarotto, son roman est un bouquin qui fait du bien à lire, qui vous donne le sourire et la pêche pour la journée (vous noterez que je ne l’ai pas qualifié de feel-good). Le style épuré et direct de l’auteur (ainsi que l’épaisseur du bouquin) permet de le lire quasiment d’une traite.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Xavier De Moulins – Le Petit Chat Est Mort

AU MENU DU JOUR

X. De Moulns - Le petit chat est mort

Titre : Le Petit Chat Est Mort
Auteur : Xavier De Moulins
Éditeur : Flammarion
Parution : 2020
Origine : France
128 pages

De quoi ça cause ?

« Le petit chat est mort », il n’y a pas de bonne ou de mauvaise manière d’annoncer à ses enfants que l’animal de compagnie du foyer est mort. C’est quand il n’est plus là que l’on réalise alors toute la place qu’il occupait et tout le bonheur qu’il apportait…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que j’ai connu trop de ces « petits chats » partis trop tôt.

Pour dire un gros merde à ceux et celles qui disent ou pensent  « ce n’était qu’un chat » !

Ma Chronique

Je vais faire court et aller à l’essentiel avec cette chronique. Non parce qu’il n’y a  pas grand-chose à dire sur le bouquin de Xavier De Moulins, mais plutôt parce qu’au travers de ces quelques pages, l’auteur dit tout ce qu’il y a dire sur le sujet. Et il le dit mieux que je ne pourrai jamais le faire.

Si le bouquin s’ouvre sur la mort du chat et l’annonce de la triste nouvelle à ses filles, au fil des pages Xavier De Moulins revient sur les jours heureux qui ont suivi l’arrivée du chaton à la maison, sur tout le bonheur qu’il a apporté à chacun des membres de la famille et bien entendu sur le terrible vide que sa disparition laisse.

Qu’il s’agisse du choix des mots ou du ton employé par l’auteur, tout est d’une incroyable justesse. Inévitablement cette lecture réveille de vieilles douleurs jamais totalement oubliées, mais surtout le texte nous prend véritablement au coeur et aux tripes.

Ce récit n’est aucunement un mode d’emploi pour faire le deuil de son animal de compagnie ni un guide pour apprendre à en parler avec ses enfants ; chacun réagira à la perte de son petit compagnon avec plus ou moins d’intensité en fonction de son propre vécu et de son ressenti.

Tout n’est pas noir dans ces pages, l’auteur partage aussi les bons souvenirs liés au passage du « petit chat » de leur famille, les moments de tendresse partagés, les rires et fous rires, les colères que l’on n’arrive finalement pas à avoir quand il fait une connerie… bref, tout ce qui fait que la perte d’un animal de compagnie peut être un véritable déchirement.

Un livre hommage au « petit chat » et à tous les petits chats partis trop vite, qu’ils aient été emportés par la maladie ou victimes d’un accident. Un hommage aussi brillant que vibrant qui se lit d’une traite.

MON VERDICT

[BOUQUINS] Gilles Legardinier – Pour Un Instant D’Éternité

AU MENU DU JOUR

G. Legardinier - Pour un instant d'éternité
Titre : Pour Un Instant D’Éternité
Auteur : Gilles Legardinier
Éditeur : Flammarion
Parution : 2019
Origine : France
576 pages

De quoi ça cause ?

Paris, 1889. La capitale est en effervescence alors que se prépare l’Exposition Universelle. Loin de toute cette agitation Vincent Cavel et son équipe se sont spécialisés dans la conception de passages secrets et autres caches en tout genre.

Deux événements vont bousculer le quotidien de la fine équipe. D’une part un mystérieux agresseur semble les prendre pour cible. D’autre part Vincent va faire une rencontre qui changera à jamais sa façon de voir les choses…

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

Parce que c’est Gilles Legardinier, une raison qui se suffirait à elle seule. Mais comme avec ce roman il semble ajouter une nouvelle corde à son arc (déjà bien rempli), ça ne pouvait que titiller davantage ma curiosité… et mon impatience !

Ma Chronique

Pour son nouveau roman Gilles Legardinier s’essaye au roman d’aventures sur fond historico-ésotérique. Historique puisque son intrigue démarre en 1889, à quelques jours de l’Exposition Universelle qui verra l’inauguration de la Tour Eiffel (construction conçue à l’origine pour ne durer que le temps de l’événement). Ésotérique n’est peut-être pas le terme le plus judicieux, pour Vincent ce récit sera l’occasion d’un parcours initiatique et spirituel… mais aussi et surtout profondément humain (un élément indissociable de l’œuvre de Gilles Legardinier, quel que soit le genre auquel il s’essaye).

Un fond historique impose un important travail de documentation, heureusement l’auteur a pu compter sur l’aide de sa fille, Chloé, qui s’est dévouée corps et âme (oui bon, peut-être pas autant… mais elle tout de même fait un boulot monstre) à sa tâche… et tout ça bénévolement je parie !

Le résultat est bluffant, on est en totale immersion dans la ville de Paris à l’aube du XXe siècle. Une période charnière riche en progrès technologiques, notamment grâce à l’expansion de l’activité industrielle.

Maintenant que le décor est posé, il est temps de parler des acteurs. Une sympathique troupe d’artisans spécialisée dans la confection de passages secrets, portes dérobées et autres caches. Des hommes (et une jeune femme qui est arrivée là un peu par hasard) qui se complètent, tant par leur domaine d’activité que par leur personnalité ; une équipe soudée par une amitié inaltérable.

Une sympathique troupe menée par Vincent ; même s’il ne se considère pas comme un chef, il ne peut toutefois s’empêcher de se sentir responsable de ses amis. Du coup quand des inconnus commencent à s’en prendre à eux, Vincent va tout faire pour identifier la menace et mettre les siens à l’abri.

Comme si cela ne suffisait pas à le tourmenter et à lui occuper l’esprit, Vincent va faire une rencontre qui va complètement changer sa façon de voir et d’appréhender les choses et la vie en général.

Comme à l’accoutumée, l’auteur peaufine ses personnages afin de leur conférer une personnalité et un caractère propre à chacun. Impossible de ne pas tomber sous le charme de cette fine équipe. C’est volontairement que je ne m’attarde pas davantage sur les personnages, il serait dommage de vous priver d’une partie du plaisir de la découverte.

De même je ne dirai pas grand chose de l’intrigue, si ce n’est que celle-ci entraînera souvent le lecteur dans les profondeurs souterraines de Paris. L’auteur vous invite à une chasse au trésor rondement menée… on en viendrait presque à regretter que ce fameux sanctuaire ne soit pas une réalité (à moins qu’il soit bien réel mais n’ait pas encore été découvert).

Gilles Legardinier s’offre deux apartés à la fin de son roman. Dans le premier, Entre nous, il partage avec ses lecteurs quelques faits historiques en lien avec son intrigue (même si celle-ci reste 100% fictionnelle). Suivra l’incontournable Et pour finir, dans lequel il nous expose la genèse de son roman. Comme ses personnages on devine un auteur profondément attaché à l’humain et proche de ses lecteurs.

Vous l’aurez compris, une fois de plus j’ai été sous le charme de l’histoire imaginée par l’auteur. Après la littérature jeunesse, les thrillers et la littérature feel good (je fais volontairement l’impasse sur la romance sauce guimauve), l’auteur peut accrocher le roman d’aventures à son tableau de chasse (il faut dire qu’il avait déjà bien défriché le terrain avec Le Premier Miracle qui flirtait plus ou moins avec le genre).

MON VERDICT