AU MENU DU JOUR
Titre : La Constance Du Prédateur
SĂ©rie : Ludivine Vancker – Tome 4
Auteur : Maxime Chattam
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2022
Origine : France
448 pages
De quoi ça cause ?
Une page se tourne pour Ludivine Vancker qui va intégrer le Département des Sciences du Comportement (DSC) de la gendarmerie et ses équipes de profilers.
Ă€ peine arrivĂ©e, elle est plongĂ©e dans le feu de l’action. Un charnier a Ă©tĂ© dĂ©couvert dans le puit dĂ©saffectĂ© d’une mine en Alsace. De prime abord toutes les victimes ont Ă©tĂ© tuĂ©es suivant un mĂŞme mode opĂ©ratoire entre les annĂ©es 70 et 90.
L’affaire, dĂ©jĂ complexe, se corse lorsque l’ADN du tueur prĂ©sumĂ© est retrouvĂ© sur deux nouvelles victimes… tuĂ©es au cours de ces dernières semaines.
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
Parce que c’est Maxime Chattam et parce qu’il nous offre l’occasion de retrouver Ludivine Vancker dans une nouvelle enquĂŞte.
Ma Chronique
Avec ce roman, Maxime Chattam fête ses 20 ans d’écriture (aventure débutée en 2002 avec L’Ame Du Mal, le premier opus de La Trilogie Du Mal). C’est le vingt-huitième roman de l’auteur (sans parler des nombreuses nouvelles qu’il a publié en parallèle à sa carrière romanesque).
C’est avec un rĂ©el enthousiasme que je retrouve Ludivine Vancker et ses collègues de la SR (Section de Recherches) de Paris. Mais au bout de quelques pages je dĂ©couvre que Ludivine va ĂŞtre mutĂ©e au DĂ©partement des Sciences du Comportement (DSC). Adieu les collègues de la SR, et let’s go pour de nouvelles aventures !
Oui… et non. Si Ludivine intègre bel bien le DSC (Ă sa demande), l’affaire Ă laquelle ils vont se frotter s’annonce tellement Ă©norme que la SR de Paris va ĂŞtre appelĂ©e en renforts. Une sorte de transition en douceur, plutĂ´t qu’une rupture nette. Bien jouĂ© Maxou !
Le DSC de la Gendarmerie Nationale a Ă©tĂ© créé en 2001 (mais n’est opĂ©rationnel qu’Ă partir de 2002), son rĂ´le est de dresser le « profil » d’un criminel au vu de la scène de crime. Pour cela des experts en psychocriminologie travaillent de pair avec des enquĂŞteurs de terrain. Pour faire simple, nos gendarmes du DSC sont plus ou moins l’Ă©quivalent des fameux profilers amĂ©ricains. Dans les faits les mĂ©thodes du DSC s’apparentent davantage aux techniques d’analyses comportementales dĂ©veloppĂ©es par la Gendarmerie royale canadienne et la police sud-africaine.
Si Ludivine va retrouver ses anciens collègues (Segnon, Guilhem, Magali et Franck), elle va aussi et surtout devoir travailler de concert avec sa supĂ©rieure hiĂ©rarchique, la chef d’escadron Lucie Torrens et s’adapter aux mĂ©thodes d’investigations du DSC.
J’ai apprĂ©ciĂ© de retrouver le personnage de Ludivine Vancker dĂ©barrassĂ©e (plus ou moins) de ses anciens dĂ©mons, le couple qu’elle forme avec Marc semble avoir un effet positif et apaisant sur sa personnalitĂ©.
J’avoue avoir eu un Ă©norme coup de cĹ“ur pour le personnage de Lucie Torrens. Elle mĂ©riterait presque que Maxime Chattam lui consacre au moins au roman… mais bon, il fait ce qu’il veut, c’est un grand garçon (et vu les idĂ©es sombres qui lui passent par la tĂŞte, vaut mieux pas lui chercher des noises).
Superbe (la modestie ne m’Ă©touffe pas) transition qui m’amène Ă dire quelques mots de l’intrigue. Sans mentir c’est peut-ĂŞtre l’une des plus machiavĂ©liques parmi les nombreux thrillers que j’ai lu ces dernières annĂ©es. Vous n’avez pas fini de vous triturer les mĂ©ninges pour dĂ©mĂŞler pareil Ă©cheveau.
La violence est omniprĂ©sente mais au service de l’intrigue, et encore je trouve que l’auteur a Ă©tĂ© plutĂ´t soft vu la perversitĂ© de Charon, le tueur en sĂ©rie qui va donner bien du fil Ă retordre au DSC et Ă la SR parisienne. Si violence il y a, c’est plutĂ´t le contexte imaginĂ© par l’auteur qui fait froid dans le dos ; dans le genre plongĂ©e au cĹ“ur de ce que l’humain a de plus pourri et pervers, on peut difficilement faire pire dans l’innommable…
En refermant ce roman vous réaliserez à quel point le titre colle parfaitement à l’intrigue.
Ce roman confirme ce que l’on avait dĂ©jĂ pressenti ces dernières annĂ©es, Maxime Chattam excelle quand il fait du Chattam pur jus… pas quand il cherche Ă imiter les autres (je fais ici rĂ©fĂ©rence aux romans Le Signal et Illusion qui ne m’ont vraiment pas convaincu).
MON VERDICT

Extrait – Prologue
Voici les premières phrases du roman :
Claire n’aimait pas sucer.
Elle détestait ça même. L’acharnement un peu vain, illusoire, de vouloir faire durer les choses. La perte de temps, d’efficacité. Et puis les sons que cela produisait ! Claire avait un vrai problème avec les clapotements de joues, les claquements humides de langue, les décollements successifs des lèvres moites ou les déglutitions à répétition.
Osez affirmer sans ciller que vous n’avez pas immĂ©diatement pensĂ© Ă la mĂŞme chose que moi !
Alors, esprit mal tourné ou pas ? Vous le saurez en lisant la suite.
Une sacrĂ©e mise en bouche, si j’ose dire (ah oui, j’ai osĂ©).