[BOUQUINS] Dorison, Bajram, Cossu, Sentenac & Guillo – Goldorak

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Titre : Goldorak
Scénario : Xavier Dorison & Denis Bajram
Dessin : Denis Bajram, Brice Cossu & Alexis Sentenac
Couleur : Yoann Guillo
Éditeur : Kana
Parution : 2021
Origine : France
168 pages

De quoi ça cause ?

Dix ans se sont Ă©coulĂ©s depuis que la Patrouille des Aigles a dĂ©fait les forces de VĂ©ga et qu’Actarus, aux commandes de Goldorak, est retournĂ© sur Euphor pour essayer de redonner vie Ă  son monde d’origine.

Alors que l’humanitĂ© se croyait dĂ©finitivement hors de portĂ©e de la menace de VĂ©ga, une soucoupe amirale extra-terrestre apparaĂ®t dans le ciel japonais et dĂ©ploie le plus puissant golgoth de leur armada, l’Hydragon, sur Tokyo…

Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?

Parce que c’est Goldorak tout simplement ! Le grand retour d’un hĂ©ros devenu culte que l’on doit Ă  cinq Français, fans de la première heure, avec la bĂ©nĂ©diction du mangaka Go Nagai.

Ma Chronique

Si Ă  l’origine Goldorak (Grendizer en VO) est un manga créé par Go Nagai en 1975, le public français le dĂ©couvrira en 1978 dans l’Ă©mission RĂ©crĂ© A2 animĂ©e par DorothĂ©e (c’est d’ailleurs grâce Ă  elle que la France s’ouvrira aux animes made in Japan et aux mangas).

Force est de reconnaĂ®tre que l’arrivĂ©e de Goldorak sur nos petits Ă©crans Ă©tait une vĂ©ritable rĂ©volution en soi, ce programme et d’autres proposĂ©s par RĂ©crĂ© A2 puis par le Club DorothĂ©e proposait du jamais vu en France. Je n’ai pas adhĂ©rĂ© Ă  tous leurs dessins animĂ©s, mais j’ai tout de suite accrochĂ© Ă  Goldorak, et ultĂ©rieurement Ă  Albator (1980) et Ă  Ken le Survivant (1989).

Il fallait ĂŞtre sacrĂ©ment couillu pour reprendre le flambeau plus de 40 ans après la fin de la sĂ©rie… et aussi sacrĂ©ment fan et motivĂ© pour qu’un tel projet (un peu dingue) obtienne l’adoubement du « père » de Goldorak, le mangaka Go Nagai. Un challenge relevĂ© et remportĂ© par cinq Français.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je vais rĂ©pondre Ă  la question que vous vous posez peut-ĂŞtre : cette BD s’adresse-t-elle aux seuls fans de Goldorak ? Au risque de passer pour rĂ©ducteur, je serai tentĂ© de rĂ©pondre par un oui franc ; c’est clairement la cible première qui va se jeter sur cette BD.

Sur la forme la BD est au format classique (lecture de gauche Ă  droite, puis de haut en bas) plutĂ´t que d’adopter une lecture façon manga (de droite Ă  gauche, puis de haut en bas).

Les auteurs ont eu la bonne idĂ©e de proposer un rĂ©sumĂ© de la sĂ©rie avant de lancer leur propre intrigue. Intrigue sur laquelle je ne vais pas m’appesantir afin de garder intact le plaisir de la dĂ©couverte. Je dirai simplement qu’elle reste fidèle Ă  l’esprit imaginĂ© par Go Nagai, sans pour autant faire dans le copier-coller basique. Un hommage rĂ©ussi et brillant.

Une intrigue qui se situe donc dix années après la fin de la série. On retrouve avec plaisir nos personnages préférés ; à commencer par la fameuse Patrouille des Aigles (Actarus, Alcor, Venusia et Phenicia), le Professeur Procyon et les résidents du ranch du bouleau blanc (Rigel, Mizar et Banta).

Des personnages qui ont gagnĂ© en maturitĂ©, ainsi Alcor est un homme d’affaires Ă  la tĂŞte d’une entreprise leader dans son secteur et Venusia est une brillante et prometteuse interne en chirurgie. Actarus n’est plus le hĂ©ros fougueux qu’il Ă©tait, marquĂ© par des annĂ©es de combat et l’Ă©chec de renaissance pour Euphor, il navigue entre questionnements, doutes et dĂ©sillusions. La grande surprise vient de Rigel, dans l’anime il apportait une touche comique plus qu’autre chose, ici il est d’une grande sagesse et son l’expĂ©rience qu’il partagera avec Actarus offrira au prince d’Euphor une issue au conflit sans combats.

Du cĂ´tĂ© des forces de VĂ©ga, forcĂ©ment on dĂ©couvre une nouvelle unitĂ©, la Division Ruine. Si l’ultimatum de base reste 100% dans l’esprit VĂ©ga, la suite des Ă©vĂ©nements rĂ©servera quelques surprises… sur lesquelles je ne m’attarderai pas. Une approche inĂ©dite de la problĂ©matique vĂ©galienne qui permet aux lecteurs de mieux comprendre (Ă  dĂ©faut d’approuver) leur dĂ©marche.

Si le gĂ©nĂ©ral Arkhen est plutĂ´t modĂ©rĂ© (pour un vĂ©galien), son lieutenant, Kehos, est lui animĂ© par une haine farouche et une soif de vengeance Ă  l’encontre d’Actarus.

Si cette BD (que l’on peut qualifier de roman graphique au vu de sa richesse) laisse une place de choix Ă  l’action, elle brille surtout par la profondeur psychologique accordĂ©e aux personnages. Ce qui ne fait que confirmer mon impression, au risque de me rĂ©pĂ©ter, que les auteurs s’adressent aux fans de la première heure de Goldorak, des enfants / adolescents, devenus des adultes qui ont (a priori) gagnĂ© en maturitĂ©.

Le dessin (trait et couleur) reste fidèle Ă  l’original tout en Ă©tant rĂ©solument moderne, le rĂ©sultat est tout simplement Ă©poustouflant !

Vous l’aurez compris, cette suite est une totale rĂ©ussite. Ă€ la fois un hommage brillant et un second souffle audacieux totalement maĂ®trisĂ©.

La BD est complĂ©tĂ©e par un making of d’une trentaine de pages, outre la genèse de ce projet un peu fou (et de longue haleine), les auteurs nous prĂ©sentent les diffĂ©rentes Ă©tapes du processus crĂ©atif, du story-board Ă  la page colorisĂ©e.

Une BD achetĂ©e en numĂ©rique (et commandĂ©e en version papier) qui m’aura donnĂ© bien du fil Ă  retordre pour la lecture. Le fichier reçu est protĂ©gĂ© par un chiffrage LCP et n’est lisible que via le logiciel Thorium. Logiciel gratuit certes, mais qui ne fonctionne qu’en version 64 bits alors que mon système est en 32 bits… Je vous passe les dĂ©tails quant aux ruses de Sioux que j’ai dĂ» employer afin de contourner le problème.

MON VERDICT