AU MENU DU JOUR
Titre : Mensonge
Auteur : JP Delaney
Éditeur : Fayard
Parution : 2019
Origine : Etats-Unis (2018)
432 pages
De quoi ça cause ?
Extrait de la quatrième de couv’
Étudiante en art dramatique à New York, Claire finance ses cours de théâtre en jouant un rôle peu conventionnel : elle flirte, pour le compte d’un cabinet d’avocats spécialisé dans les divorces, avec des hommes mariés suspectés d’infidélité.
Sa couverture fonctionne parfaitement, jusqu’à ce que l’une de ses « proies » soit soupçonnée de meurtre… La police exige alors de Claire qu’elle utilise ses talents d’actrice pour pousser Patrick Fogler à confesser son crime.
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
Parce que j’avais apprĂ©ciĂ© le prĂ©cĂ©dent roman de JP Delaney, La Fille D’Avant, tout en lui reprochant un Ă©vident manque de profondeur au niveau des personnages. J’espĂ©rais donc une intrigue aussi bien construite et maĂ®trisĂ©e avec des personnages nettement plus Ă©toffĂ©s.
Ma Chronique
Je remercie les Ă©ditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelĂ©e qui m’a permis de dĂ©couvrir ce roman en avant-première (sortie le 18 septembre).
Dans ses remerciements l’auteur nous apprend que ce roman est la réécriture complète d’un de ses prĂ©cĂ©dents bouquins publiĂ© dix-sept ans plus tĂ´t. Il ne m’a pas fallu longtemps pour identifier le titre en question (merci Google), publiĂ© en français sous le titre L’Appât et signĂ© Tony Strong (Anthony Capella de son vrai nom).
Si le prĂ©cĂ©dent roman de JP Delaney (le premier signĂ© sous ce pseudonyme), La Fille D’Avant, m’avait sĂ©duit par la qualitĂ© de son intrigue, j’Ă©tais nettement plus mitigĂ© quant Ă la profondeur des personnages qui Ă©taient soit creux, soit trop stĂ©rĂ©otypĂ©s. Autant dire que j’attendais beaucoup de ce second roman, ni plus ni moins qu’un sans-faute aussi bien au niveau de l’intrigue que des personnages. Et bien entendu j’espĂ©rais aussi quelque chose de complètement diffĂ©rent du prĂ©cĂ©dent roman.
Je n’aurai jamais imaginĂ© que l’on puisse construire l’intrigue d’un thriller autour de Charles Baudelaire et de son recueil Les Fleurs Du Mal ; un challenge d’autant plus grand quand l’auteur est britannique. Et bin si ! Et ça fonctionne mĂŞme rudement bien. Donc niveau surprise et originalitĂ© le deal est rempli.
Si certains aspects de l’intrigue s’avèrent parfois prĂ©visibles, nul doute que bien des retournements de situation vous laisseront sur le cul. Je reconnais volontiers m’ĂŞtre laissĂ© berner plus d’une fois… et j’ai adorĂ© ça. Rien Ă redire l’auteur mène sa barque d’un main de maĂ®tre et je peux vous assurer que la traversĂ©e sera tout sauf un long fleuve tranquille !
JP Delaney nous offre un thriller psychologique parfaitement maîtrisé et je ne vous apprendrais pas que pour que la sauce prenne dans ce genre de roman, il faut apporter un soin tout particulier aux personnages.
L’accroche en couverture annonce la couleur avec le très prometteur : « Aime-moi. Confie-toi. Mais ne me crois pas. » Et je vous garantis que ce n’est pas une simple accroche marketing. Au fil des pages nous n’aurons de cesse de comprendre qui manipule qui, qui dit la vĂ©ritĂ©, qui ment… Qu’il s’agisse de Claire (l’apprenti comĂ©dienne), de Patrick (le prĂ©sumĂ© coupable qu’elle doit dĂ©masquer) ou de la police (tout particulièrement via le personnage de Kathryn Latham, profiler de son Ă©tat).
Impossible de lâcher le bouquin une fois que vous aurez mordu Ă l’hameçon. Et tout est mis en oeuvre pour rendre l’appât irrĂ©sistible dès les premières pages. Je l’ai dĂ©vorĂ© en deux jours, les obligations professionnelles imposant une pause forcĂ©e ; sans ça nul doute que je l’aurai lu d’une traite.
J’aimerai tempĂ©rer mon enthousiasme en soulevant un bĂ©mol (mĂŞme minime) mais rien ne me vient Ă l’esprit après avoir refermĂ© ce roman. Si je voulais pinailler, limite user de mauvaise foi, je pourrai toujours dire que ce bouquin ne rĂ©volutionnera pas le genre mais force est de reconnaĂ®tre que les rĂ©volutions sont rares dans un genre si souvent dĂ©clinĂ© Ă toutes les sauces possibles et imaginables.
Ce sera donc un coup de cœur amplement mérité.
Un troisième titre signĂ© JP Delaney est d’ores et dĂ©jĂ disponible en VO et un quatrième est annoncĂ© pour 2020. Je frĂ©tille dĂ©jĂ d’impatience dans l’attente de leur parution en français ; en espĂ©rant retrouver la mĂŞme qualitĂ©, voire plus encore.


