[BOUQUINS] Scott Snyder & Francesco Francavilla – La Nuit De La Goule

Un passionnĂ© enquĂŞte sur un ancien studio de cinĂ©ma qui aurait brĂ»lĂ© et finit par tomber sur ce projet. Il remonte la piste du rĂ©alisateur, qui vit reclus dans une maison de retraite. Selon lui, une goule hanterait son hospice, et la dĂ©couverte d’une vieille bobine de La Nuit de la Goule risque bien de rĂ©veiller la bĂŞte, que le film soi-disant disparu avait dĂ©truit.

Je remercie les éditions Delcourt et la plateforme Net Galley pour leur confiance renouvelée.

La Nuit De La Goule est avant tout un hommage au cinĂ©ma d’horreur des annĂ©es 50/60 (l’âge d’or de la Hammer et ses deux acteurs fĂ©tiches, Peter Cushing et Christopher Lee), et sur ce point c’est une totale rĂ©ussite.

Pour la petite histoire la BD a d’abord été diffusée, en version originale, sous forme de feuilleton numérique en six épisodes, avant d’être publiée en un volume unique par Dark Horse.

Pour son intrigue Scott Snyder s’inspire très librement d’une crĂ©ature mythique de la littĂ©rature arabe, la goule, un monstre nĂ©crophage. Si Francesco Francavilla me demandait : « Quoi ma goule ? Qu’est-ce qu’elle a ma goule ? », je lui rĂ©pondrais qu’il s’est contentĂ© du minimum syndical avec sa bestiole. Une vague forme noire aux yeux rouges… ça va mec, pas trop fatiguĂ© ?

Heureusement pour le reste le dessinateur est irrĂ©prochable en alternant les styles au grĂ© de l’intrigue. Le trait est toujours fin et prĂ©cis, mais le fond s’adapte parfaitement au rĂ©cit, le dessinateur optant mĂŞme pour une palette de couleurs Ă  part pour les scènes d’horreur.

L’intrigue est dĂ©crite selon deux arcs narratifs distincts (avec chacun son ambiance graphique donc), d’une part les faits qui se dĂ©roulent dans le prĂ©sent, d’autre part les extraits du film. Film nous permet de suivre une troupe de soldats amĂ©ricains de la Première Guerre mondiale, la troupe part en Ă©claireur dans un village italien qui serait occupĂ© par les Allemands. Mais c’est tout autre chose qu’ils vont croiser lors de cette excursion.

Globalement j’ai trouvĂ© ce second arc narratif plus abouti que le premier. Il faut dire que la surprise n’est pas vraiment au rendez-vous, les quelques rebondissements ainsi que le twist final sont relativement prĂ©visibles.

Heureusement sous la trame plutĂ´t classique on retrouve de vrais sujets de rĂ©flexion tels que les traumatismes vĂ©cus en temps de guerre par les militaires et leur impact lors d’un retour Ă  la vie civile, ou encore les relations familiales (entre un père et son fils en premier lieu).

Ă€ l’instar des films de la Hammer, et malgrĂ© quelques bĂ©mols, le divertissement est bel et bien au rendez-vous. Ă€ l’inverse du grand frisson, mais je doute que les auteurs aient eu la prĂ©tention de vous donner des sueurs froides et des nuits pleines de cauchemars. Oserai-je donc terminer ce billet par un ironique : « Que de la goule ! » ? Ah bin oui, j’ai osĂ©.