[BOUQUINS] Robert McCammon – Swan Song – La Glace Et Le Feu

Sept années ont passé, l’holocauste nucléaire a obscurci le ciel d’un voile de poussière et recouvert la terre d’un linceul de neige grise, cédant la place à un hiver sans fin dont les mâchoires gelées se referment lentement, mais inexorablement sur la planète entière.

Et dans ce monde d’après, les hommes continuent à s’entredéchirer, pour les ressources, pour le pouvoir, par pure folie.

Néanmoins l’espoir subsiste, infime, précieux, dans des amitiés improbables nées d’une lutte commune pour la survie, dans l’éclat fascinant d’un anneau de verre aux couleurs étincelantes et qui semble révéler à ceux qui le touchent un monde idyllique. Dans les mains d’une jeune fille capable de faire renaître ce qui semblait définitivement mort.

Dans ce monde à l’agonie, le moment est venu de savoir si un nouveau printemps est possible.

Parce que c’est la suite de Swan Song, une suite qui nous fait faire un bon dans le temps de sept annĂ©es après les Ă©vĂ©nements dĂ©crits dans le premier opus du diptyque.

Sept annĂ©es se sont Ă©coulĂ©es depuis que le monde a Ă©tĂ© dĂ©vastĂ© par le feu atomique, sept annĂ©es d’un hiver nuclĂ©aire qui a rendu la nature hostile et oĂą survivre est un combat au quotidien pour les quelques rescapĂ©s de la folie des hommes.

On retrouve Josh et Swan, tous deux lourdement marqués par les radiations, qui sillonnent le pays, de colonie en colonie, en compagnie de Rusty, du chien Killer et du cheval Mulet.

Sister et Paul suivent tant bien que mal les images que l’anneau de cristal transmet Ă  Sister. Elle est dĂ©sormais convaincue qu’elle doit retrouver Swan, mais pas facile de suivre une piste aussi diffuse.

Le colonel Macklin et Roland n’ont de cesse de grossir les rangs et les stocks de leur ArmĂ©e de l’Excellence ; tant pis si pour y parvenir ils doivent piller les colonies qu’ils croisent et tuer tout individu susceptible de reprĂ©senter une menace.

De son cĂ´tĂ© l’homme Ă  l’Ĺ“il Ă©carlate, ainsi que le surnomme Swan, continue de traquer inlassablement Sister et son anneau, plus dĂ©terminĂ© que jamais Ă  dĂ©truire cette chose qu’il ne connaĂ®t pas et qui lui fait redouter le pire.

Le pire, pour celui qui pourrait bien ĂŞtre le Diable en personne, est que l’espoir refasse surface des profondeurs. Cet anneau et Swan pourraient bien ĂŞtre les vecteurs de cet espoir…

Ce second opus est encore plus glauque que le prĂ©cĂ©dent, il faut dire qu’Ă  la survie Ă  proprement parler va s’ajouter un combat entre le Bien et le Mal qui va, plus que jamais, prendre des dimensions mystiques, voire bibliques.

Ă€ l’instar du FlĂ©au de Stephen King (publiĂ© une première fois en 1977 et rééditĂ© en 1990 dans une Ă©dition intĂ©grale et rĂ©visĂ©e), Robert McCammon opte pour un manichĂ©isme assumĂ©, pour ne pas dire revendiquĂ©.

Un second opus qui vous réservera encore bien des surprises (bonnes ou mauvaises) avec son lot de morts violentes. Mais qui vous permettra aussi de faire de belles rencontres avec de nouveaux personnages, notamment Robin et Glory.

Mais le maĂ®tre-mot de ce second opus reste l’espoir malgrĂ© la noirceur et la violence quasi omniprĂ©sentes. Un espoir qui se conjugue au fĂ©minin et qui pourrait bien donner une seconde chance Ă  l’HumanitĂ©… Reste Ă  savoir si elle saura la saisir.

Les chapitres courts et l’Ă©criture directe de Robert McCammon permettent de maintenir le rythme et l’intensitĂ©, surtout au cĹ“ur des phases d’action (et elles sont nombreuses).

D’ores et dĂ©jĂ  je peux affirmer que Swan Song restera l’une des plus belles dĂ©couvertes littĂ©raires de cette annĂ©e 2023, une Ĺ“uvre majeure dans le registre post-apocalyptique.

Je serai tenté d’interpréter le titre de deux manières, la plus évidente étant l’odyssée de Swan (la chanson de Swan), la seconde étant le chant du cygne de l’humanité avant son extinction… ou sa renaissance. Mais ça n’engage que moi.