[BOUQUINS] Robert McCammon – Swan Song – le Feu Et La Glace

Missiles et fusées se croisent dans le ciel et font s’abattre sur la terre des tornades de feu. Un vent terrible se lève, les poussières radioactives voilent le soleil, la vie telle qu’on la connaît va s’achever.

Dans une plaine déserte du Kansas brûlée par le feu nucléaire, Josh, une force de la nature, se voit confier une mission par un vieillard mourant : ­protéger une enfant.

Dans les décombres d’un New York annihilé par les bombes, une sans-abri à moitié folle découvre un étrange anneau de verre.

Dans les ruines souterraines d’un camp survivaliste des montagnes de l’Idaho, un adolescent apprend à tuer…

Je connaissais Swan Song de nom et de réputation, il faut dire que pour beaucoup il se classe parmi le must-have du roman post-apocalyptique. Top dans lequel on retrouve quelques titres incontournables tels que Le Fléau de Stephen King, La Route de Cormac McCarthy, Je Suis Une Légende de Richard Matheson, World War Z de Max Brooks ou encore La Planète Des Singes de Pierre Boulle.

Un grand merci à Monsieur Toussaint Louverture qui nous permet enfin, 36 ans après sa publication, de découvrir ce titre dans sa version française.

Publié outre Atlantique en 1987, Swan Song est considéré comme l’une des œuvres majeures de Robert McCammon et même comme un des meilleurs romans post-apocalyptiques. Le public francophone aura dû s’armer de patience pour pouvoir, 36 ans plus tard, découvrir l’œuvre dans sa version française.

Un grand merci aux éditions Monsieur Toussaint Louverture qui nous propose une version française déclinée en deux tomes, chacun bénéficiant d’une couverture magnifique (félicitations à l’illustrateur, Bernard Khattou).

Un petit mot sur l’époque de publication du roman, en 1987. Sur le plan des relations internationales la Guerre Froide oppose encore les blocs Ouest (avec les États-Unis en tête de file) et Est (mené par l’URSS), bien que lointaine la menace nucléaire reste une réalité.

D’un point de vue technologique, nous étions bien loin du monde 2.0 que nous connaissons quasiment tous aujourd’hui… mais cela n’est pas un problème puisque le feu nucléaire sonnera le glas de toute technologie.

Après une première partie qui pose le décor et les personnages principaux, une guerre nucléaire totale ravage la planète (Qui a tiré le premier ? On ne le saura jamais… pour ce que ça change). Après avoir assisté à la destruction des États-Unis, Robert McCammon nous plonge au cœur de l’hiver nucléaire qui suivra.

Au niveau des personnages, on découvre – par ordre d’entrée en scène –, Sister Creep une SDF un peu fêlée qui prêche (dans le vide) dans les rues de Manhattan ; Josh Hutchins, un catcheur d’une taille impressionnante qui fait route vers le Kansas pour un prochain combat ; Darleen Prescott et sa fille Swan qui font aussi route vers le Kansas en espérant des lendemains meilleurs et enfin les époux Croninger et leur fils Roland qui s’offrent un séjour survivaliste dans un bunker sous les montagnes de l’Idaho.

Au final nous serons amenés à suivre Josh et Swan qui après une rencontre fortuite ont miraculeusement survécu à l’holocauste, Sister Creep qui s’est liée d’amitié avec un autre survivant de Manhattan, Artie, et Roland Croninger qui échappera à l’enfer du bunker dévasté en compagnie du colonel Macklin, un vétéran du Vietnam (1987, rappelez-vous…) considéré comme un héros de guerre.

Nous suivrons ces personnages au fil de leurs errances dans un monde dévasté qui leur est désormais inconnu, leur caractère et leur personnalité se forgeront au fil des épreuves et des rencontres – parfois bonnes, souvent mauvaises. Chez certains cette nouvelle donne fera ressortir ce qu’ils ont de meilleur, chez d’autres ce sera au contraire l’occasion de laisser s’exprimer leurs instincts les plus primaires.

C’est justement par cette opposition quasi manichéenne entre le bien et le mal que le roman m’a parfois fait penser au Fléau de Stephen King (que je considère comme une œuvre culte du genre), mais attention malgré cette similitude dans le traitement des personnages, les deux romans sont radicalement différents.

Robert McCammon a un incroyable talent de conteur pour nous plonger au cœur de ce monde ravagé, et pour nous faire vivre les événements en nous mettant dans la peau de ses personnages. Un récit façon point of view avant l’heure…

J’ai été tellement emballé par cette lecture que je comptais enchaîner directement avec le tome 2, finalement, comme cette suite se déroule 7 ans après les événements que l’on vient de découvrir, je vais m’autoriser un court break avant de revenir à la charge.

On fustige souvent les éditeurs français qui découpent en plusieurs tomes un récit publié initialement en un seul volume – et je suis souvent de ceux que cette manœuvre bassement commerciale fait rager –, mais en l’occurrence le découpage du récit permet une édition en deux tomes sans que cela ne pénalise pas outre mesure le lecteur (qui devra tout de même payer deux bouquins pour connaître la fin de l’histoire).

Swan Song a remporté la première édition (1987) du prix Bram-Stoker du meilleur roman (à égalité avec Misery de Stephen King) . Prix décerné par les auteurs de la Horror Writers Association qui récompense les œuvres de dark fantasy ou d’horreur dans différentes catégories (meilleur roman, meilleur premier roman, meilleur recueil de nouvelles…).

Pour l’anecdote les lecteurs francophones de Robert McCammon ne sont pas les mieux lotis. Les éditions Bragelonne ont publié en 2008 les deux premiers titres de la série Le Chant De l’Oiseau De Nuit avec Matthew Corbett comme héros récurrent et depuis silence radio… À ce jour la série compte neuf tomes en VO.

De nombreux autres titres restent inédits en langue française.

[BRD] Dr Strange In The Multiverse Of Madness

Benedict Cumberbatch – Stephen Strange / Dr Strange
Elizabeth Olsen – Wanda Maximoff / La Sorcière Rouge
Rachel McAdams – Christine Palmer
Xochitl Gomez – America Chavez
Benedict Wong – Wong
Chiwetel Ejiofor – Karl Mordo

Stephen Strange sauve la jeune America Chavez des griffes d’un démon. La jeune femme lui apprend qu’elle a le pouvoir de voyager dans le multivers, mais ne maîtrise pas ce don ; un don qui attise visiblement les convoitises d’un puissant ennemi.

Strange va alors solliciter l’aide de Wanda Maximoff, loin de se douter qu’elle est désormais la Sorcière Rouge et que c’est elle qui traque America Chavez dans le but avoué de lui voler son pouvoir…

Ce deuxième film consacré au Dr Strange est le vingt-huitième du MCU et le cinquième de la phase IV… Un film qui explore, encore davantage que ne le fit Spiderman – No Way Home, les possibilités du multivers.

Plutôt surprenant de retrouver un réalisateur comme Sam Raimi aux commandes, même s’il est familier de l’univers Marvel (on lui doit la première trilogie Spider-Man avec Tobey Maguire dans le rôle-titre). Avec un pareil réalisateur aux manettes on s’attend à un film plus glauque que ses pairs du MCU.

Le multivers offre des possibilités quasiment illimitées pour construire les intrigues les plus folles. Sam Raimi exploite à la perfection ces possibilités, au cours de sa quête le Dr Strange va se retrouver face à différentes versions de lui-même, dans des mondes ayant évolué différemment du sien (nous aurons même le droit à une version alternative des Avengers, les Illuminati).

L’autre personnage phare du film est Wanda Maximoff qui est désormais la Sorcière Rouge grâce aux pouvoirs que le procure le Dakrhold (un puissant grimoire de magie noire). Pour comprendre les raisons d’un tel changement de personnalité, il faut se référer à la série WandaVision diffusée sur Disney+. Mais même sans avoir vu la série (ce qui est mon cas) on saisit les grandes lignes…

Après une épique bataille au cœur du sanctuaire de Kamar-Taj, les deux héros vont se livrer à une course poursuite à travers le multivers. Chacun poursuivant des objectifs radicalement différemment. Strange doit mettre la main sur le Livre des Vishanti (l’antithèse du Darkhold) s’il veut espérer lutter contre la Sorcière Rouge et sauver America Chavez. De son côté, Wanda doit anéantir America Chavez pour absorber ses pouvoirs et prendre la place de son alter ego sur Terre-838.

Un film certes plus mature et plus sombre que les dernières productions du MCU, mais une intrigue qui laisse tout de même la part belle au divertissement.

Comme à l’accoutumée le film se termine par deux scènes post-générique. La première ouvrant encore de sombres perspectives pour le Dr Strange. La seconde clôturant un cameo dans lequel Sam Raimi invite son acteur fétiche, Bruce Campbell.

En termes de rentabilité le film se classe dans le haut du panier, avec un budget estimé à 170 millions de dollars, il a engrangé plus de 955 millions de dollars au box-office international. Un joli score qui en fait le onzième plus gros box-office du MCU. Le top 3 étant occupé par Spider Man – No Way Home (1,977 milliards), Avengers – Infinity War (2,052 milliards) et Avengers -Endgame (2,799 milliards).

La suite de mon exploration du MCU va me mener dans la phase V, en espérant cette fois retrouver un fil rouge entre les différents films. Mon petit doigt me dit que je ne devrai pas être déçu…