[BOUQUINS] Richard Adams – Watership Down

R. Adams - Watership DownAu menu du jour une chronique que j’aurai pu intituler « Mieux vaut tard que jamais » puisque que c’est le roman de Richard Adams, Watership Down, qui aura titillĂ© ma curiositĂ©.
Fyveer prĂ©vient son frère Hazel qu’un grand danger plane sur leur garenne mais sans pouvoir lui en dire davantage sur la nature de cette menace. Le MaĂ®tre de la garenne refusant d’Ă©vacuer les lapins, seuls quelques volontaires acceptent de suivre Hazel et Fyveer dans ce voyage vers l’inconnu…
Watership Down a Ă©tĂ© publiĂ© pour la première fois en 1972 au Royaume Uni (un tirage plus que modeste Ă  2500 exemplaires). Le succès viendra deux ans plus tard, en 1974 avec une publication aux Etats-Unis assurĂ©e par une grosse maison d’Ă©dition (Macmillan) ; en un an le roman passera le cap du million d’exemplaires vendus. En France il faudra attendre 1976 pour que Flammarion propose une traduction de Pierre Clinquart sous le titre Les Garennes De Watership Down. Avec la prĂ©sente Ă©dition, publiĂ©e par Monsieur Toussaint Louverture en 2016, on peut dĂ©couvrir le texte dans une version revue et corrigĂ©e par Pierre Clinquart.
Avant cette nouvelle Ă©dition on estimait que le roman s’Ă©tait vendu, de part le monde, Ă  plus de cinquante millions d’exemplaires. Un joli succès pour ce qui ne fut au dĂ©part qu’une histoire que Richard Adams racontait Ă  ses filles.
Le hasard a voulu que je me lance das cette lecture courant dĂ©cembre 2016, l’auteur est dĂ©cĂ©dĂ© le 24 dĂ©cembre dernier Ă  l’âge (plus qu’honorable) de 96 ans.
Franchement si on m’avait dit que je me laisserai captiver par une histoire de lapins en goguette, au mieux j’aurai affichĂ© ma moue la plus sceptique qui soit, au pire j’aurai carrĂ©ment ris au nez de mon interlocuteur. SĂ©rieux quoi, j’ai passĂ© l’âge pour ce genre d’histoire… Et bin j’aurai eu tout faux !
Si l’on retrouve bien tous les ingrĂ©dients d’un rĂ©cit de fantasy, je n’irai pas non jusqu’Ă  comparer Watership Down au Seigneur des Anneaux ou au TrĂ´ne de Fer ; l’intrigue est nettement moins complexe en compagnie de nos valeureux lapinous. Il n’en reste pas moins que Richard Adams nous propose un beau rĂ©cit d’aventure qui flirte mĂŞme avec le voyage initiatique, un mix totalement addictif et captivant (le dĂ©lai pour le lire n’est dĂ» qu’Ă  la pĂ©riode festive qui a largement empiĂ©tĂ© sur mon temps de lecture).
Au niveau des personnages (oui je sais, ce sont essentiellement des lapins) on trouve une galerie de personnalitĂ©s variĂ©es mais complĂ©mentaires. A la tĂŞte de la troupe on trouve Hazel, le leader charismatique qui sait qu’il n’a pas le droit de se laisser abattre par les Ă©preuves, il lui faut en permanence motiver ses compagnons de voyage. Fyveer, son jeune frère, fait office de mystique du groupe depuis sa vision. Bigwig et Silvère sont les gros bras de la troupe, ils ne reculeront devant aucun danger pour permettre Ă  leurs amis de progresser. Dandelion s’avĂ©rera ĂŞtre un conteur hors pair qui ravira ses compagnons (et nous mĂŞme, lecteurs) avec les lĂ©gendes de Shraavilshâ (l’Ă©quivalent lapin de notre Robin des Bois).
Au fil de leur pĂ©riple riche en rebondissements en tout genre, nos amis lapinous feront de nombreuses rencontres, certaines amicales (j’ai adorĂ© le personnage de Keehar) d’autres nettement moins sympathiques. Il faut bien reconnaĂ®tre que pour des lapins en vadrouille, les dangers ne manquent pas, Ă  commencer bien entendu par l’homme et ses acolytes Ă  quatre pattes (chiens et chats), mais mĂŞme loin des hommes les dangers ne manquent pas, renards, belettes, faucons… et mĂŞme d’autres lapins !
L’Ă©criture et le style de l’auteur assurent une lecture d’une grande fluiditĂ©, d’autant que Richard Adams joue habilement avec les changements de rythme au fil des chapitres.
Vous l’aurez compris les lapins de Watership Down auront su tirer de son hibernation mon âme d’enfant ; j’ai craquĂ© et leur accorde sans hĂ©sitation mon premier coup de coeur de cette annĂ©e 2017.
En 1996, Richard Adams a publiĂ© Tales From Watership Down, un recueil de nouvelles liĂ©es encore inĂ©dit en français. Avec un peu de chance l’Ă©diteur se penchera sur la question et permettra aux lecteurs français de retourner Ă  leur garenne prĂ©fĂ©rĂ©e.
2017 permettra aux fans de Watership Down de retrouver leurs lapins favoris sur petit Ă©cran, ABC et Netflix travaillent en effet sur une mini-sĂ©rie en 4 Ă©pisodes d’une heure chacun. Je sais d’ores et dĂ©jĂ  que je serai au rendez-vous devant ma TV.

MON VERDICT
jd5Coup de Coeur