Goodbye Emmanuelle

Sylvia Kristel (1952-2012)Je suis loin d’être un adepte des rubriques nécrologiques aussi je réserve ce genre de post à des personnalités dont le décès à un impact émotionnel personnel.
Sylvia Kristel, née en 1962 à Amsterdam, restera pour beaucoup l’interprète d’Emmanuelle dans le film homonyme réalisé par Just Jaeckin en 1974 (et ses suites en 1975 et 1977) ; outre sa plastique ce sont aussi sa candeur et son innocence qui séduiront la gente masculine et inscrira le film dans les annales du cinéma. L’actrice est décédée le 17 octobre à l’âge de 60 ans, elle était dans le coma depuis juin 2012 suite à un AVC et c’est donc telle la Belle au Bois Dormant qu’elle quittera ce monde, vaincue par une récidive d’un cancer de la gorge.
Cela peut paraitre cruel de résumer la carrière d’une actrice en en seul rôle mais force est de reconnaître que c’est LE rôle qui marquera les esprits, même si elle ne s’est pas cantonnée au cinéma érotique et a tourné avec certains réalisateurs prestigieux(JP Mocky, Claude Chabrol, Roger Vadim pour ne citer qu’eux), ses autres rôles sont restés dans l’ombre d’Emmanuelle. Si vous voulez en savoir plus sur le parcours professionnel et personnel de Sylvia Kristel je vous invite à visiter la page que Wikipedia lui consacre. L’on y fait quelques découvertes étonnantes :
– On pourrait avoir tendance à classer l’actrice comme « potiche » mais ce serait une sacrée erreur, avec un QI de 165 elle damnerait le pion à plusieurs d’entre nous sur bien des questions,
– Il aura fallu trois assauts de La Faucheuse pour terrasser Sylvia Kristel ; en 2002 elle a été soignée pour un cancer de la gorge et en 2004 pour un cancer du poumon, sans compter qu’elle s’est sortie de la spirale infernale de l’alcool et de la drogue.
– Elle a renoué avec la gloire en tant qu’artiste peintre
Pour en revenir à Emmanuelle, le film, il ne faut pas oublier qu’il est lui même adapté du roman homonyme d’Emmanuelle Arsan (pseudonyme de l’épouse d’un diplomate français) publié en 1959 et dont la réputation sulfureuse doit beaucoup au succès du film (en plus de son interprète principale). Le film lui même a bien failli subir les foudres de la censure à l’époque (merci au gouvernement Giscard, moins coincé de la braguette que celui de Pompidou), s’il n’est pas le premier film érotique réalisé, loin s’en faut, il est incontestablement celui qui ouvrira la voie royale au genre… Force est de reconnaître que s’il devait sortir aujourd’hui il passerait quasiment inaperçu, je suis même quasiment certain qu’il n’écoperait pas de l’interdiction aux moins de 18 ans (c’est justement l’une des forces du film : son esthétisme, on suggère plus que l’on montre).

[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Thérapie

S. Fitzek - ThérapieRetour au rayon « Découvertes » pour la suite de mon programme littéraire, je me penche donc sur le cas de l’auteur allemand Sebastian Fitzek et plus particulièrement sur son premier roman Thérapie (paru en 2006 en Allemagne et en 2008 en France).
La vie de Viktor Larenz, un éminent psychiatre berlinois, a basculé le jour où, quatre ans plus tôt, sa fille, Josy, atteinte d’un mal étrange, a disparu alors qu’il l’accompagnait à une consultation chez un énième spécialiste. Quatre ans après ce drame, alors que le psychiatre (qui n’exerce plus) prépare une interview, Anna Spiegel, une auteure de livres pour enfants, débarque à l’improviste chez lui et lui confie qu’elle souffre d’un type particulier de schizophrénie : les personnages de ses livres prennent vie sous ses yeux et reproduisent exactement les faits et gestes de ses récits. Et comme par hasard l’héroïne de son dernier livre est une fillette atteint d’un mal inconnu et qui disparait mystérieusement. Désormais le Dr Larenz n’a plus qu’une obsession : découvrir la fin de l’histoire d’Anna et ce qu’il est advenu de sa fille…
La majeure partie du bouquin se déroule sous la forme d’un huis clos entre le Dr Larenz et Anna, et, autant vous prévenir tout de suite la confrontation vous mettra les nerfs à vif ! Bienvenue au coeur d’une folie pas franchement ordinaire, au départ on se demande si « folie » (au sens large du terme) il y a, puis au fil des pages on se demande lequel des deux protagonistes est le plus atteint. Et peu à peu les pièces s’imbriquent les unes avec les autres, les choses prennent forme et on se dit que ce mec (Sebastian Fitzek, l’auteur) est un génie machiavélique ! Pour un premier roman on peut dire que l’auteur réussit un coup de maître, jusqu’à la dernière page il nous tiendra en haleine et de fait le bouquin se lit quasiment d’une traite tant on veut comprendre le pourquoi du comment de l’intrigue (même quand on commence à deviner en totalité ou en partie la vérité, l’auteur nous réserve encore quelques surprises de taille).
J’ai bien l’intention de continuer à explorer l’univers littéraire de Sebastian Fitzek, d’ores et déjà j’ai ses trois autres romans déjà publiés en français. Le gars est plutôt productif quand on sait qu’entre 2006 et 2010 il a publié six romans ! Par contre depuis 2010 silence radio, aurait-il renoncé à l’écriture ? A moins qu’il ne soit en train de nous mitonner son opus magnum…En tout cas si ses autres titres sont tous aussi percutants que ce coup d’essai ça promet de longues heures de suspense et quelques poussées d’adrénaline…

[BOUQUINS] Jo Nesbo – Le Léopard

J. Nesbo - Le LéopardC’est au fil de mes errances dans les librairies de la place que je découvert que le dernier opus des enquêtes de Harry Hole était désormais disponible en version poche, autant dire que je n’ai pas hésité longtemps avant de m’offrir Le Léopard de Jo Nesbo et c’est donc tout naturellement qu’il a trouvé sa place au coeur de mon challenge 100% thriller.
Fortement éprouvé par l’affaire du Bonhomme de Neige, Harry Hole a quitté la police et la Norvège pour se réfugier dans les bas fonds de Hong Kong et ses fumeries d’opium. Quand l’inspecteur Kaja Solness, de la Brigade Criminelle d’Oslo le repère enfin dans la mégapole grouillante de vie il n’est plus que l’ombre de lui même. Son ancien patron lui demande d’aider la police à coincer un tueur en série qui a déjà tué deux jeunes femmes, mais Hole n’a aucune envie de reprendre du service, s’il suit Kaja à Oslo c’est d’abord parce que son père est malade. Mais finalement, flic dans l’âme, il va finir par s’impliquer dans l’affaire avec une équipe réduite et la consigne de ne pas faire de vagues…
J’ai constaté à l’usage que c’est quand Harry est au plus bas que ses enquêtes sont les plus palpitantes, du coup comme au début du bouquin il est largement en dessous du zéro absolu on pouvait espérer une « bombe ». Et Jo Nesbo ne nous déçoit pas en nous livrant une intrigue particulièrement dense et pleine de rebondissements sur fond de guerre des polices. Une enquête qui nous fera voyager, outre Hong Kong et la Norvège une partie de l’intrigue ménera Harry et Kaja au Congo. Si le rythme peut paraitre un peu lent au début (voire monotone) je vous rassure ça va crescendo au fil des chapitres jusqu’à un final explosif. Jamais auparavant Harry Hole n’aura été autant malmené, même le Bonhomme de neige passerait pour un enfant de choeur face à ce nouvel ennemi.
Même si c’est le plus épais des bouquins de la série (848 pages) il se lit avec une incroyable fluidité tant l’intrigue est prenante. De plus comme la version poche (collection Folio policier) permet de découvrir, en exclusivité, le premier chapitre du prochain opus de la saga on sait que prochainement (sortie prévue en mars 2013) notre flic préféré reprendra du service…
Pour l’anecdote c’est le seul bouquin papier qui est inscrit à mon programme thriller, pour être tout à fait exact c’est le seul que j’ai lu en version papier, je l’avais en numérique depuis déjà quelques temps…

[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Sacrifices

P. Lemaitre - SacrificesQuand j’ai appris que Sacrifices, le dernier opus de la trilogie de Pierre Lemaitre consacrée à Camille Verhoeven (après Travail Soigné et Alex) était sorti j’ai commencé à garder un oeil sur les rayons des librairies mais finalement c’est le forum de la Team AlexandriZ qui sera le plus rapide pour le mettre à disposition… Moyennant quoi je ne me suis pas fait prier pour le télécharger et le lire ; et encore un invité surprise qui rejoint mon programme tout thriller.
Le jour même où le commandant Camille Verhoeven, de la Crim, assiste à l’enterrement de son ami et collégue, Armand, sa compagne, Anne Forestier, tombe par hasard sur deux individus qui s’apprêtent à commettre un casse dans une bijouterie voisine, ceux ci la passent vilolemment à tabac avant de tenter de l’abattre mais elle parvient à leur échapper. Hospitalisée en urgence elle est brisée et défigurée. Camille prend aussitôt les choses en main pour régler cette affaire au plus vite, quitte à prendre certaines libertés avec les procédures…
J’ai découvert Pierre Lemaitre avec Alex et j’avais été bluffé par l’efficacité de l’auteur qui nous livrait un thriller haut de gamme. Et bien je peux vous assurer que Sacrifices est dans la même veine, une intrigue en béton armé riche en rebondissements qui vous laisseront sur le cul (on se doute assez rapidement qu’il y a certaines choses pas claires mais au fur et à mesure que le puzzle s’assemble on va de surprise en surprise). Le style est le même que pour Alex, des chapitres courts sans fioritures histoire de ne pas casser le rythme que l’auteur nous impose. Le récit se divise en trois parties représentant chacune une journée de l’enquête et propose de suivre le point de vue des divers protagonistes (Camille, Anne et le tueur).
N’ayant pas la patience d’attendre que Travail Soigné soit mis en partage sur le forum je me le suis offert au format poche. Original de terminer une trilogie par le premier tome mais j’ai trop envie de savoir comment tout a commencé pour me laisser découragé par une telle incongruité et tant pis si je connais déjà la fin de l’histoire… Par contre j’ai appris qu’entre Alex et Sacrifices se glissait un roman feuilleton de 14 épisodes, Les Grands Moyens, disponible sur Smartnovel au rythme d’un épisode par jour (les premiers épisodes sont gratuits mais après il faut dégainer la carte bleue) ; j’vais voir si éventuellement je peux me le procurer par des moyens détournés.
Bien que la trilogie Verhoeven soit close il n’en reste pas moins que je continuerai à suivre la carrière de Pierre Lemaitre, d’ailleurs, outre Travail Soigné, j’ai encore deux autres titres dans ma bilbiothèque numérique, sans compter ses futures sorties. J’ai dévoré Sacrifices en deux jours, c’est vous dire si j’ai été happé par l’intrigue ! Pas question de passer à côté de thrillers de cette qualité…

[DVD] Films en vrac

Films en vrac
Men In Black 3

On attaque notre programme cinéma avec une « valeur sûre » puisque nous opterons pour Men In Black 3, toujours avec Barry Sonnenfeld aux commandes.
Les agents J (Will Smith) et K (Tommy Lee Jones) se lancent à la poursuite de Boris (Jermaine Clement), un alien particulièrement belliqueux qui vient de s’évader du pénitencier lunaire où il était détenu. Boris est bien décidé à se venger de K, à l’origine de son arrestation et de sa mise en détention. Pour y parvenir il décide de voyager dans le passé pour changer le cours de l’histoire et éliminer K, ce qui devrait lui laisser les mains libres pour asservir la Terre… C’était sans compter sur J qui décide lui aussi d’aller faire un tour dans le passé afin de contrer les plans de Boris et sauver son partenaire…
Même si cette suite ne s’imposait pas forcément elle aura su se faire attendre (MiB2 est sorti en 2002) ; c’est donc avec une certaine impatience et une pointe d’appréhension que j’abordais ce film. Et finalement envolées les appréhensions, le film reprend les ingrédients qui ont fait le succès de ses aînés (action, humour et un bestiaire des plus exotiques) sans sombrer dans le déjà-vu puisque l’intrigue nous propose une approche nouvelle et permet d’approfondir le personnage de K.
Je ne serai pas surpris que l’on retrouve nos fameux « hommes en noir » dans de nouvelles aventures, en effet l’équipe n’excluait pas un ou plusieurs nouveaux volets tant que le public en redemande. Avec un budget de 225 millions de dollars et un box office mondial de 624 millions de dollars il semblerait que le public ne soit pas encore lassé de nos chasseurs d’aliens. Pour ma part si l’équipe peut nous garantir des films aussi efficaces que ce troisième opus alors je dis pourquoi pas…

Le Prénom

Changement de registre pour la suite avec notre seule escapade dans le cinéma « made in France », l’heureux élu a été Le Prénom, une comédie réalisée par Alexandre De La Pattellière et Matthieu Delaporte.
Pierre (Charles Berling) et son épouse, Elizabeth (Valérie Benguigui) se préparent à recevoir le frère de cette dernière, Vincent (Patrick Bruel) et sa femme, Anna (Judith El Zein) ainsi que leur ami d’enfance, Claude (Guillaume De Tonquédec). La soirée commence par une discussion autour du prénom de l’enfant qu’attend Anna, l’occasion pour Vincent de lancer une plaisanterie qui va rapidement faire dégénérer le repas en un règlement de comptes entre les convives…
Le concept de la réunion familiale/amicale qui part en vrille n’est pas nouveau mais ça reste l’occasion de franches rigolades quand le sujet est bien traité et c’est justement le cas ici, les personnages sont limites caricaturaux mais c’est justement de leurs antagonismes que naissent les quiproquos et les prises de bec. Rien de novateur mais les acteurs, plus que convaincants, nous permettent de passer un bon moment sans prise de tête.
Pour la petite histoire avant d’être un film Le Prénom a d’abord été une pièce de théâtre (les réalisateurs en sont les auteurs et le casting est quasiment le même, exception faite de Charles Berling). M’est d’avis que le résultat doit être encore plus efficace sur les planches…
Enfin je reste convaincu que les discussions autour des prénoms des enfants peuvent rapidement tourner au vinaigre, il faut bien reconnaître que parfois la marge entre l’originalité et le ridicule est des plus ténue…

Dark Shadows

Retour à Hollywood avec le dernier Tim Burton, Dark Shadows.
En 1752 Barnabas Collins (Johnny Depp), transformé en vampire par la sorcière Angélique (Eva Green), est enterré vivant par cette dernière. Plus de 200 ans plus tard il est accidentellement libéré de sa tombe, c’est tout naturellement qu’il décide de rejoindre le manoir familial, désormais « gouverné » par Elizabeth Collins (Michelle Pfeiffer) et sa famille. Quand Barnabas découvre que son ennemie jurée est encore de ce monde et menace toujours la famille Collins il décide de tout mettre en oeuvre pour se venger et protéger les siens…
Je n’ai jamais été déçu par un Tim Burton et ce n’est pas Dark Shadows qui fera exception à la règle, l’univers fantastique se prête bien aux délires visuels du réalisateur (notamment pour le personnage de Barnabas Collins). On pourrait regretter un aspect un peu superficiel de l’ensemble, voire lui reprocher un arrière goût d’inachevé, mais le réalisateur n’exclut pas l’idée de se pencher sur une suite (au vu des résultats du box office mondial, 239 millions de dollars pour un budget de 150, il y a fort à parier que le public répondra présent si suite il y a.
Pour l’anecdote c’est la huitième collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp, une équipe qui fonctionne à la perfection et qui, n’en doutons pas, nous réserve encore quelques bonnes surprises…

L’Age De Glace 4 – La Dérive Des Continents

Le temps d’un film on redevient des enfants avec L’Age De Glace 4 – La Dérive Des Continents, de Steve Martino et Mike Thurmeier.
Suite à un tremblement de terre Syd, Manny et Diego se retrouvent isolés de leurs amis, ils dérivent sur un morceau d’iceberg tandis que les autres cherchent à échapper à la colère de la nature. Bien déterminés à rejoindre les leurs ils vont tout faire pour y parvenir, jusqu’à ce que leur « route » croise celle d’un équipage pirate des plus hétéroclite et pas franchement amical…
Le troisième opus m’avait laissé une impression plutôt mitigée, il était clair que la licence commençait à s’épuiser aussi j’avais quelques doutes quant au quatrième film de la saga, d’autant que Carlos Saldanha, retenu sur un autre projet, ne figurait pas au sein de l’équipe technique. Au final le film est plutôt une bonne surprise, on y découvre de nombreux nouveaux personnages dont certains pourraient être appelés à revenir si un projet de suite devait voir le jour. Et bien entendu l’inénarrable Scrat est toujours là pour nous dérider les zygomatiques avec ses nombreuse gaffes.
C’est pas plus mal qu’ils aient renoncé à leur projet initial de dégel (les héros prisonniers de la glace reviennent à la vie de nos jours) qui me laissait plus que perplexe, si suite il y a j’espère que ça restera dans la même veine que ce troisième film, leur histoire de dégel serait pour le film de trop qui viendrait pourrir la saga.
On notera au passage que parmi les acteurs chargés du doublage dans la VO on trouve Alain Chabat (si, si, le nôtre, celui des Nuls) qui prête sa voix (en version française aussi cela va de soi) à la mouette Silas. Certes pas le rôle le plus important du film mais c’est quand même une sacrée reconnaissance. Le doublage du Capitaine Gutt, le chef pirate, est assuré en VO par Peter Dinklage, qui incarne Tyrion Lannister dans la série Le Trône De Fer.

Prometheus

Retour au cinéma mais façon blockbuster cette fois avec le film Prometheus de Ridley Scott.
Les professeurs Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green) prennent par à une expédition spatiale destinée à en apporter un jour nouveau sur les origines de l’humanité. Après un voyage de plus de deux ans le vaisseau Prometheus, placé sous l’autorité de Meredith Vickers (Charlize Theron) arrive enfin à destination. Mais dès leur première sortie les choses ne se passent pas comme prévu, les extra-terrestres qu’ils espéraient croiser semblent avoir été décimés par des créatures hostiles. Et ces créatures n’ont pas abandonné la place une fois leur forfait accompli, comme l’équipage ne tardera pas à le découvrir…
Ca faisait un bail que Ridley Scott ne s’était pas aventuré dans la science-fiction (depuis Blade Runner, sorti en 1982) mais visiblement il n’a pas perdu la main, loin s’en faut ! Outre des effets spéciaux parfaitement maîtrisés (même si les créatures sont un peu moins abouties que les xénomorphes d’Alien) on a le droit à une intrigue bien ficelée, pleine de surprise et à une ambiance qui deviendra de plus en plus glauque. Du grand et bon cinéma de SF !
A la base conçu pour n’être qu’une préquelle de la saga Alien le film a finalement bénéficié d’une attention particulière du réalisateur et finalement pourrait se décliner sous la forme d’une trilogie permettant de faire le lien entre Prometheus et Alien. Si on se fie aux seuls chiffres (402 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 130) on peut dire que le réalisateur a le vent en poupe, je n’imagine pas les studios lui refuser une ou plusieurs suites.

Bad Ass

Sans transition on passe du blockbuster à un film de série B sorti directement en DVD avec Bad Ass de Craig Moss.
Vétéran du Vietnam Franck Vega (Danny Trejo) n’a jamais vraiment réussi à faire quelque chose de sa vie jusqu’au jour où il vient en aide à une personne âgée en mettant une branlée à deux petites frappes. La vidéo, postée sur Youtube, connaît une popularité fulgurante et fait de Franck un héros local. Mais le répit sera de courte durée, Klondike Washington (Harrison Page), son seul ami et lui aussi vétéran, sera assassiné alors qu’ils venaient d’emménager ensemble. Franck va remonter la piste des tueurs en s’imposant par la force, mais il se pourrait bien qu’il s’attaque à plus fort que lui cette fois…
Soyons clairs dès le départ, ce n’est certainement pas un film qui restera dans les annales du cinéma mais ce n’est pas pour autant que c’est une sinistre daube. Le concept n’est pas nouveau, il a été popularisé par la saga du justicier (incarné par Charles Bronson) et repris par de nombreux autres films avec plus ou moins de réussite ; globalement je dirai que ce film se classe dans la moyenne haute, essentiellement grâce au jeu de Danny Trejo qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour s’imposer à l’écran.

A la base on voulait clore notre programme par un film « intelligent » du coup on s’était lancé dans Cosmopolis de David Cronenberg, mais après 33 minutes de blablatages sans le moindre intérêt et dans une ambiance profondément soporifique on a renoncé ; ça m’aurait vraiment fait chier de dépenser 4000 balles (33 Euros) pour avoir un film aussi pourri dans ma collection de DVD !

[Zik News] Diana Krall – Glad Rag Doll

Diana Krall - Glad Rag DollComme vous le savez si vous me suivez depuis un certain temps je ne consacre pas beaucoup de posts à des chroniques musicales, et pourtant je passe mon temps à écouter de la zik et à récupérer des albums divers et variés (mes goûts musicaux sont très éclectiques). Si je poste ici c’est soit pour partager un coup de coeur, soit pour vous faire découvrir un truc qui sort de l’ordinaire…
Ca fait plus de 10 ans que je « suis » la carrière musicale de Diana Krall et j’avoue ne jamais avoir été déçu par un de ses albums depuis The Look Of Love (sorti en 2001), elle fait incontestablement partie des voix qui comptent sur la scène jazz internationale aussi quand j’ai appris que la lady sortait un nouvel album, Glad Rag Doll je me suis rué dessus sans la moindre hésitation.
La première surprise est visuelle avec une jaquette loin de la sobriété habituelle de Diana Krall, l’artiste, légèrement vêtue, prend une pose sensuelle, aguicheuse juste ce qu’il faut sans être vulgaire ; il faut dire qu’à 47 ans la jazzy woman a encore des atours forts sympathiques. Mais le « choc » est surtout sonore, la chanteuse a renoncé au jazz pour nous offrir un album de reprises modernisées de standards du blues et le résultat est plutôt bluffant. Ce n’est pas une surprise de découvrir que la voix de la chanteuse est particulièrement bien adaptée au genre, par contre si le piano est toujours présent il se fait plus discret, globalement les mélodies sont plus « musclées » que dans les précédents albums de la chanteuse.
L’avenir nous dira si c’est un véritable tournant dans la carrière de Diana Krall ou s’il s’agit juste d’une incartade histoire de se faire plaisir. Pour ma part je trouverai dommage qu’elle renonce définitivement au jazz car c’est vraiment un domaine où elle excelle. Toutefois force est de reconnaître que cette escapade bluesy est aussi une totale réussite et un pur bonheur pour les oreilles.
A noter que cette année a aussi vu la sortie du nouvel opus d’une autre grande voix de la scène jazz féminine, en effet Melody Gardot nous offre The Absence, et, étrange coïncidence, elle aussi a délaissé le son jazzy pour s’aventurer vers d’autres sonorités (avec des mélodies fortement teintées de rythmes sud-américains).

[BOUQUINS] John Grisham – Les Partenaires

J. Grisham - Les partenairesMon marathon littéraire sous le signe du thriller me réserve encore quelques découvertes mais, de temps en temps, je vais l’émailler par quelques « valeurs sures » du genre ; mon choix se portera donc sur John Grisham et son dernier opus en date, Les Partenaires.
David Zinc, jeune et brillant avocat dans l’un des plus prestigieux cabinet de Chicago décide un beau matin de changer de vie. Il quitte son job et file prendre une cuite dans un bar avant de se retrouver, presque par hasard, chez Finley & Figg, un modeste cabinet sont les deux associés ne semblent pas vraiment à cheval sur la déontologie. Le jeune homme, déjà bien bourré, affirme qu’il souhaite rejoindre leur cabinet. Et de fait le lendemain il se présente, frais et dispo, chez ses nouveaux partenaires qui l’embauchent. Justement le cabinet envisage de se joindre à un recours collectif contre un puissant groupe pharmaceutique soupçonné d’avoir mis sur le marché un médicament potentiellement dangereux pour les patients. Dès lors les trois associés, aidés de leur secrétaire juridique, vont tout mettre en oeuvre pour constituer un dossier solide sensé leur assurer la fortune. A condition que David (Finley & Figg) parvienne à terrasser Goliath (Varrick Labs)…
Ceux qui affirment que quand on a lu un roman de John Grisham on les a tous lus n’ont pas dû en lire beaucoup avant de prononcer un verdict aussi péremptoire qu’infondé ; certes la quasi totalité de ses bouquins sont des thrillers juridiques mais ce n’est pas pour autant qu’ils n’ont pas une « identité » propre… Mais bon laissons ces mauvais coucheurs (et mauvais lecteurs) là où ils sont ! Pour ma part pour avoir lu une bonne partie de sa prose je n’ai jamais été déçu, la qualité est inégale mais globalement ça reste des intrigues bien ficelées souvent enrichies d’un regard sans concession sur la société américaine. Ce dernier opus ne déroge pas à la règle et c’est notamment l’industrie pharmaceutique qui est mise sur la sellette mais aussi les gros cabinets que l’on pourrait comparer à des « usines à avocats ». Par contre au rayon des nouveautés on trouve de nombreuses touches d’humour dans le récit (surtout dans la première partie, avant que l’affaire ne soit réellement lancée). Autre originalité de ce titre par rapport à ses prédécesseurs l’intrigue principale (la confrontation entre F&F et Varrick Labs) est émaillée de plusieurs affaires « secondaires » (essentiellement les dossiers que monte et défend David). Pour le reste Les Partenaires se classe dans les thrillers 100% juridiques de l’auteur qui maîtrise toujours aussi bien les arcanes du système judiciaire américain.
Pour moi c’est du tout bon, des personnages crédibles et attachants, une intrigue bien ficelée et riche en rebondissements… Les adeptes de Grisham adoreront, les autres détesteront sans doute (mais on peut se demander pourquoi ils persistent s’ils n’aiment pas l’auteur… doivent être un peu maso sur les bords).
Difficile de ne pas faire le rapprochement entre le Krayoxx (le médicament supposé nocif de Varrick Labs) et le Mediator des Laboratoires Servier ; d’une part ils sont sensiblement identiques (ce sont deux hypocholestérolémiants) et les effets secondaires nocifs sont les mêmes (valvulopathies pouvant entraîner la mort). De là à penser que John Grisham s’est inspiré du scandale du Mediator pour son nouveau roman il n’y a qu’un pas que je n’hésite pas à franchir allégrement…

Une tribu dans la ville : les cases de la discorde

Dans le cadre de la commémoration du 24 septembre (autoproclamée journée de la citoyenneté) la mairie de Nouméa a donné son feu vert pour la construction temporaire de 8 cases mélanésiennes sur le parking de la Moselle, les organisateurs s’étaient pour leur part engagés à démonter lesdites cases fin septembre. Sauf que ce qui devait arriver est arrivé (c’était prévisible genre gros comme une maison) : plus question de démonter les cases, un collectif s’y oppose au nom de l’identité kanake…
Sur ce coup notre « cher » maire, Jean Léques, s’est fait empapaouté comme un bleu, une preuve de plus, si besoin en était vraiment, qu’il serait plus que temps que l’ancêtre libère le trône municipal pour le céder à quelqu’un de plus compétent (ça ne devrait pas être bien compliqué à trouver)… Mais bon je doute fort que papy soit suffisamment courageux pour se remettre en question avant les prochaines municipales ; courage ce n’est pas si loin que ça mars 2014 ! En espérant que les électeurs persévéreront dans leur volonté d’un réel changement politique (les législatives ne doivent pas être une fin en soi mais bel et bien le premier pas vers une nouvelle donne, et ce à tous les niveaux politiques).
Bref du coup c’est le gouvernement qui a hérité du « dossier cases » avec pour objectif de proposer un nouvel emplacement pour le site… Pour ma part, même si je reconnais que ces cases sont plutôt attrayantes visuellement et pourraient avoir un certain potentiel touristique, j’estime toutefois qu’elles n’ont rien à foutre là où elles sont actuellement (à la base un parking public gratuit… une denrée rare à Nouméa !). Mais au-delà de cet aspect purement pratique (qui ne me concerne pas vu que je suis un éternel piéton) c’est surtout une question de principe : le camps indépendantiste se plaît à nous bourrer le mou avec le respect de la parole donnée mais dès qu’il s’agit de passer à l’action se sont les premiers à se carapater ! Vous avez pris des engagements clairs, respectez-les !

Une tribu dans la ville
Le « destin commun » façon enculade unilatérale ça commence franchement à bien faire ; l’idée sur le papier était que chacun accepte de faire des concessions mais dans les faits le camps loyaliste se fait enculer à sec (parfois même avec le concours d’élus loyalistes… Merci Frogier !) et on devrait leur dire merci, voire encore !

[TV News] Grimm – Saison 1

Grimm - Saison 1On plonge dans le fantastique pour la suite de notre découvertes de nouvelles séries TV puisque nous enchaînerons avec Grimm, série créée par David Greenwalt et Jim Kouf.
Quand Nick (David Giuntoli), lieutenant à la crim’ de Portland, commence à voir des trucs bizarres il apprend qu’il est en fait l’un des derniers représentants des Grimm, une unité d’élite chargée de combattre les créatures maléfiques qui hantent notre monde. Bien qu’il soit tenu de garder le secret il peut compter sur le soutien de sa fiancée, Juliette (Bitsie Tulloch), et de son ami et co-équipier, Hank (Russel Hornsby) ; mais aussi sur l’aide, plus inattendue, d’Eddie (Silas Weir Mitchell), un « loup » qui a renoncé à ses instincts primaires…
La série se présente sous un format relativement classique (22 épisodes de 42 minutes). Chaque épisode commence par une phrase extraite d’un des contes des frères Grimm afin de nous renseigner sur ce qui nous attend, mais je dois bien avouer qu’il y a bien longtemps que j’ai oublié les classiques de ma prime jeunesse (si tant est que je les ai connus un jour) ; mais généralement ça me revient en cours de route. Contrairement à American Horror Story la série joue plus la carte du divertissement que de l’ambiance glauque, à ce titre elle remplit parfaitement son office, la série est plutôt ficelée et du coup on passe un bon moment sans prise de tête avec un mix réussi entre la série policière et la série fantastique, le tout saupoudré d’humour. Par contre si vous recherchez le grand frisson vous pouvez passer votre chemin…
La fin de la série se sera fait attendre vu qu’il a fallu patienter plus de trois mois entre l’épisode 15 et l’épisode 16, ensuite retour à la normale au rythme de 2 épisodes par semaine. Même si les épisodes sont indépendants les uns des autres il vaut mieux les prendre dans l’ordre car l’intrigue (ainsi que les personnages et le contexte) évolue au fil de l’histoire ; ne serait-ce que dans la façon dont Nick aborde son rôle de Grimm, pas question de dézinguer tout ce qui n’est pas 100% certifié humain, il ne s’attaque qu’aux créatures maléfiques et sympathise même avec les autres. La fin de cette première saison ne répond pas à toutes les questions que l’on pouvait se poser, au contraire elle en entraîne de nouvelles interrogations… Espérons que la saison 2 (actuellement en cours de diffusion aux USA) vienne éclairer notre lanterne mais pour le savoir il va falloir prendre son mal en patience…