AU MENU DU JOUR
Titre : Le Temps Des Chimères
Auteur : Bernard Werber
Éditeur : Albin Michel
Parution : 2023
Origine : France
512 pages
De quoi ça cause ?
Que deviendrait le monde si l’ĂŞtre humain changeait de forme ?
C’est le projet fou d’Alice Kammerer, jeune et brillante scientifique, qui parvient, au lendemain de la troisième guerre mondiale, Ă inventer de nouvelles espèces hybrides : des chimères, mi-homme mi-animal.
Tandis qu’elle assiste, fascinĂ©e, Ă l’Ă©volution de ces bĂ©bĂ©s pourvus d’ailes, de griffes ou de nageoires, un monde diffĂ©rent se construit.
Il est Ă la fois porteur d’alliances et de conflits, de passion et d’espoir…
Mais quelle place l’ancienne humanitĂ© pourra-t-elle conserver face Ă ces nouveaux « voisins » ?
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
MalgrĂ© une production quelque peu inĂ©gale, Bernard Werber ne m’a jamais franchement déçu. Si je suis encore loin d’avoir lu tous ses romans (surtout parmi les plus anciens), j’essaye depuis quelques annĂ©es d’ĂŞtre fidèle au poste.
Ma Chronique
Ce n’est pas la première fois que Bernard Werber suggère que la survie de l’humanitĂ© passe par une « Ă©volution » de l’espèce humaine. Dans la trilogie Troisième HumanitĂ©, la rĂ©ponse Ă la menace passait par les micros humains, avec Le Temps Des Chimères l’auteur va encore plus loin dans son idĂ©e Ă©volutive.
Ce n’est d’ailleurs certainement pas un hasard si dans les deux cas la scientifique Ă l’origine de projet se nomme Kammerer (Aurore dans Troisième HumanitĂ©, Alice dans Le Temps Des Chimères).
Le fil rouge de l’Ĺ“uvre de Bernard Werber, l’EncyclopĂ©die du Savoir Relatif et Absolu, en perpĂ©tuelle Ă©volution grâce Ă la persĂ©vĂ©rance de la famille Wells, sera bien entendu de la partie. Des pauses culturelles aussi instructives que distrayantes, l’auteur Ă un vĂ©ritable don quand il s’agit de vulgariser des thèmes a priori complexes.
Ami(e)s lecteurs et lectrices, vous l’aurez sans doute compris, avec ce roman l’auteur s’inscrit clairement dans le registre de la science-fiction, donc si vous ĂŞtes hermĂ©tique Ă ce genre vous pouvez d’ores et dĂ©jĂ passer votre chemin.
Force est de reconnaĂ®tre que l’hybridation imaginĂ©e par Alice Kammerer franchit allĂ©grement les frontières entre rĂ©el, plausible et imaginaire pour entrer de plain-pied dans cette dernière catĂ©gorie. Au dĂ©part j’ai eu quelques rĂ©ticences, pensant que ce serait quand mĂŞme un tantinet too much Ă accepter, mais Bernard Werber sait y faire pour nous convaincre d’ouvrir en grand les portes de notre imagination.
L’intrigue du roman s’Ă©tend sur une cinquantaine d’annĂ©es. Au fil des pages, nous suivrons le pĂ©rilleux chantier du projet MĂ©tamorphosis, puis l’Ă©volution des hybrides dans un contexte post-atomique. Il sera bien sĂ»r question des relations entre les trois espèces hybrides (Aerials, Diggers et Nautics), mais aussi de leurs liens avec les humains (les Sapiens).
Les hybrides sauront-ils tirer des leçons des erreurs des Sapiens ? Ou reproduiront-ils ces mĂŞmes erreurs ? Comme vous vous en doutez certainement, les choses ne vont pas se passer exactement comme l’imaginait Alice Kammerer… ce ne serait pas marrant autrement !
Pour tout vous dire j’ai parfois eu du mal avec le personnage d’Alice, par moment ses rĂ©actions semblent en totale dĂ©connexion de la rĂ©alitĂ©. Et comme elle est plutĂ´t impulsive et peu Ă l’Ă©coute des conseils des autres, ça fait parfois des Ă©tincelles. Ă€ sa dĂ©charge, il faut bien avouer qu’elle va souvent se retrouver confrontĂ©e Ă des situations totalement inĂ©dites pour un ĂŞtre humain.
Ne perdons pas de vue le double sens du mot Chimère, certes il peut dĂ©signer la crĂ©ature hybride de la mythologie grecque, mais il est aussi synonyme d’illusion ou encore de grands projets sĂ©duisants mais totalement irrĂ©alisable.
Si Le Temps Des Chimères ne se classe pas dans le best of the best de Bernard Werber, ça reste pour moi une lecture très agréable. À aucun moment je ne me suis ennuyé, bien au contraire, j’avais toujours envie d’aller plus loin afin de découvrir le fin mot de l’histoire.
En parlant de fin, je trouve que celle-ci aurait mérité d’être un peu plus étoffée. Je ne reste pas sur ma faim, mais un ou deux chapitres supplémentaires n’auraient pas été de trop.
MON VERDICT