[BOUQUINS] Magali Collet – Les Yeux D’Iris

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Titre : Les Yeux D’Iris
Auteur : Magali Collet
Éditeur : Taurnada
Parution : 2021
Origine : France
244 pages

De quoi ça cause ?

Morgane a quitté la France pour se construire une nouvelle vie en Irlande après le suicide de sa sœur, Iris, laissant en plan son frère aîné, Fred, et leurs parents ravagés par le drame qui les a frappés de plein fouet.

Quand elle reçoit un SMS lui annonçant qu’il est temps d’honorer une ancienne promesse, elle revient dans la maison de famille, dĂ©sormais tenue par Fred, sans la moindre hĂ©sitation. Lui aussi est liĂ© par ce pacte surgi du passĂ©…

Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?

Parce que c’est Taurnada et que leur catalogue est riche de belles dĂ©couvertes.

Parce que j’Ă©tais passĂ© Ă  cĂ´tĂ© du prĂ©cĂ©dent roman de Magali Collet, La Cave Aux PoupĂ©es, il convenait donc de rĂ©parer cette injustice en dĂ©couvrant son nouveau bĂ©bĂ©.

Ma Chronique

Je remercie chaleureusement les Ă©ditions Taurnada, et tout particulièrement JoĂ«l, pour leur confiance renouvelĂ©e et l’envoi de ce roman.

Une fois n’est pas coutume je vais mentionner la quatrième de couv’ dans ma chronique, et c’est autour d’elle que s’articulera ma chronique :

Un meurtre et un suicide.
Trois hommes. Trois femmes.
Des retrouvailles.
Un pacte.
Tout se paye, mĂŞme l’amitiĂ©.

Un meurtre : pas de surprise c’est sur cette scène que s’ouvre le bouquin.
Un suicide : celui d’Iris, la sĹ“ur de Morgane et Fred.
Pour ĂŞtre exhaustif il manque un troisième fait dĂ©clencheur, celui par lequel tout va s’enchaĂ®ner… mais je ne vous en dirai pas plus.

Trois hommes : par ordre d’apparition Fred, Bastien et MickaĂ«l.

Fred est policier Ă  Draguignan, après le suicide d’Iris et le dĂ©part de Morgane il s’est retrouvĂ© seul avec ses parents abattus par la perte brutale de leur fille. Il a gĂ©rĂ© le quotidien tant bien que mal tout en composant avec son propre chagrin et sa culpabilitĂ©.

Bastien et MickaĂ«l sont amis et collègues (plus exactement le second est le patron du premier). D’entrĂ©e de jeu je n’ai pas pu les blairer ces deux gugusses, Bastien pour des raisons Ă©videntes (c’est un connard de beauf parvenu qui ne voit pas plus loin que son nombril, doublĂ© d’un macho misogyne) ; pour MickaĂ«l ça a Ă©tĂ© plus subtil (le mari et le père modèle, nĂ© d’une bonne famille il a consolidĂ© la fortune familiale… trop propre pour ĂŞtre honnĂŞte). En plus ils partagent une mĂŞme passion pour la chasse (non alimentaire je prĂ©cise), ça n’aide pas Ă  faire monter mon niveau d’empathie.

Trois femmes : par ordre d’apparition Morgane, Julie et Audrey.

De loin les personnages les plus complexes de l’intrigue, difficile de les cerner avec prĂ©cision. Afin de garder intact le plaisir de la dĂ©couverte je ne m’attarderai pas sur elles et leurs liens.

Après le suicide d’Iris, Morgane est partie vivre en Irlande pour s’Ă©loigner d’une famille au bord du gouffre et essayer de se reconstruire malgrĂ© ses propres blessures. Avec son frère, ce sont les personnages les plus attachants (et les plus vrais) du bouquin.

Julie est la compagne de Bastien. Audrey est l’Ă©pouse de MickaĂ«l, ils ont un fils de onze mois, Tom. A tour de rĂ´le, elles souffleront le chaud et le froid, inspirant tantĂ´t une rĂ©elle empathie, tantĂ´t une totale aversion.

Des retrouvailles. Un pacte.  Magali Collet sait y faire pour faire durer le suspense quant au pourquoi de ces retrouvailles et la nature du pacte. Il faudra attendre le chapitre 11 pour que les choses commencent Ă  se mettre en place et encore quelques chapitres pour avoir, en mĂŞme temps que Morgane, toutes les cartes (et encore quelques questions et doutes) en main. C’est aussi Ă  partir de ce moment-lĂ  que le rythme de l’intrigue passe Ă  la vitesse supĂ©rieure, tout va s’accĂ©lĂ©rer jusqu’au dĂ©nouement et l’ultime retournement de situation (pas vraiment une surprise).

Sans prendre le risque d’en dire trop je dois reconnaĂ®tre que dès que la jeune femme s’est engagĂ©e dans le souterrain j’ai devinĂ© le drame qui allait se dĂ©rouler sous nos yeux. J’ai du mal Ă  imaginer que la rĂ©fĂ©rence au film de Gaspar NoĂ©, IrrĂ©versible (2002), soit le seul fruit du hasard… MĂŞme si Magali Collet ne nous Ă©pargne pas dans la description du calvaire que va subir « sa » victime, c’est moins insoutenable (mais tout aussi gerbant) que les 9 minutes du film de Gaspar NoĂ©.

La construction du roman contribue Ă  garder le lecteur dans le flou (pour la bonne cause) en alternant entre l’intrigue prĂ©sente et les flashbacks ; une bonne façon pour l’auteure de distribuer les indices Ă  son rythme

Avec ce roman Magali Collet signe un thriller psychologique totalement maîtrisé, porté, comme il se doit, par des personnages tirés au cordeau. Une intrigue qui mettra parfois vos nerfs à rude épreuve, surtout si, comme moi, vous êtes sensible à la cause féminine (et allergique aux connards qui les bafoue allégrement).

Peut-ĂŞtre vous demandez vous d’oĂą vient le titre du roman, pour le savoir il vous faudra le lire, tout ce que je peux vous dire c’est qu’il ne doit rien au hasard.

« Court mais intense », telle pourrait ĂŞtre la devise de l’Ă©quipe Ă©ditoriale des Ă©ditions Taurnada. Je parle bien entendu du choix des manuscrits qui intĂ©greront leur catalogue (en privĂ© « cela ne nous regarde pas », comme diraient les autres).

MON VERDICT