J’ai pris un certain retard dans mes lectures de RJ Ellory (ses trois derniers titres parus chez Sonatine prennent la poussière dans mon Stock à Lire Numérique), il était donc grand temps d’y remédier. Pour y remédier j’ai décidé de commencer par la fin avec Les Assassins, son dernier opus en date (en français, en VO il est sorti en 2009, avant Les Anges De New York).
Alors que l’inspecteur Ray Irving, enquête sur le meurtre sordide d’une adolescente, il apprend par John Costello, enquêteur pour le New York City Herald, que « son » crime, ainsi que deux autres, sont d’exactes reconstitutions de crimes perpétrés par d’illustres tueurs par le passé. Les deux hommes vont devoir unir leurs efforts et leurs connaissances pour stopper le(s) coupable(s) de ces mortelles mises en scène…
RJ Ellory a le don d’explorer les différentes facettes du thriller tout en renouvelant les règles du genre. Aucun de ses romans ne ressemblent aux précédents, et chacun se distingue des autres références du genre. Et c’est exactement ce qu’il fait de nouveau avec Les Assassins, le mythe (et la triste réalité) des serial killers est revisité façon copycat… mais un copycat à inspirations multiples !
Avant d’aller plus loin commençons par un constat qui fait froid dans le dos : « La vérité, c’est qu’il y a quelque chose comme dix-huit mille meurtres commis chaque année aux États-Unis. Ce qui nous fait mille cinq cents par mois, soit environ quatre cents par semaine, cinquante-sept par jour, un toutes les vingt-cinq minutes et demie. Et seuls deux cents par an sont l’œuvre de tueurs en série…« .
Pour mener à bien son intrigue, sur fond de faits réels, l’auteur a dû se livrer à un gros travail de documentation afin de faire cadrer les dates et les modes opératoires des différents tueurs en série qu’il mentionne. Prendre de véritables tueurs en série comme toile de fond donne une autre dimension à l’intrigue ; comme pour nous rappeler que souvent, la réalité dépasse la fiction dans l’horreur.
L’auteur met en scène trois personnages principaux pour nous guider dans son récit. D’abord on trouve l’inspecteur Ray Irving, flic solitaire, bourru et un tantinet asocial qui se voue corps et âme à son boulot. La touche féminine est apportée par Karen Langley, une journaliste au caractère bien trempé qui n’a pas la langue dans sa poche. Enfin on trouve John Costello, victime d’un tueur en série dans son adolescence, il est incollable sur le sujet. De loin l’un des personnages les plus complexes que j’aie croisé dans les romans de RJ Ellory, mais travaillé tout en finesse !
Les personnages secondaires ne sont pas pour autant laissés en plan, tous bénéficient du même traitement visant à leur donner une véritable personnalité. J’aurai toutefois aimé en apprendre davantage sur le Commémorateur mais l’auteur semble avoir pris le parti du constat glaçant que ces gens-là existent et qu’il n’y a rien à expliquer…
L’intrigue est (sans surprise) rondement menée, outre la question de savoir qui est le tueur (ou qui sont les tueurs, allez savoir) on se demande quel sera son prochain crime et de qui il s’inspirera. Autant vous dire que les nerfs seront mis à rude épreuve… mais qu’est-ce que c’est bon !
Un style direct parfaitement adapté au thriller, des chapitres courts et parfois percutants ; tout est fait pour nous garantir une totale immersion dans l’intrigue et nous rendre accro ! Pari réussi Monsieur Ellory, malgré une fin en partie prévisible (tout petit bémol).
MON VERDICT

Autre bémol mineur, adressé cette fois aux numérisateurs des éditions Sonatine (même si je suppose que ça ne leur fera ni chaud, ni froid… en admettant même que ça leur arrive aux oreilles), la présence d’une table des matières complète apporte une réelle valeur ajoutée à la qualité d’un epub. Surtout pour ceux (dont je suis) qui lisent un même livre sur plusieurs supports (PC et liseuse en l’occurrence).
J’ai aussi dans mon Stock à Lire Numérique, de nombreux titres de Stéphane Bourgoin, ce roman m’a donné envie de les découvrir enfin, et tant qu’à faire autant commencer par son ouvrage de référence, Serial Killers, un joli pavé de plus de 1100 pages dans son édition définitive (2014).
Deux Ellory en 2015, nous avons été gâtés.
Et pour le coups les deux m’ont séduite.
Ils m’en permis de renouer avec cet auteur que j’avais adoré sur ces 2 (ou 3 ???)premiers romans. Puis de fils en aiguilles, il m’a perdu, je trouvé ses romans moins percutants, moins émouvants.
Et avec celui-ci mais surtout avec « Papillon de nuit », j’ai retrouvé toute la puissance créatrice et narratrice de l’auteur.
Alors merci, cher Lord, pour cet belle analyse que je partage jusqu’au petit bémol. 😉
Je n’en ai lu que 4, jamais été déçu.
C’est que c’est 4 bons 😉
Je te rejoins aussi parfaitement sur cet avis 🙂
ce mec est un génie, il transforme tout en or. Content de lire ta belle chronique. Pas déçu de mon coté par la fin, ce n’est pas un vrai thriller, cette fin est cohérente je trouve
Rien à redire sur la cohérence de la fin, juste un brin prévisible. Mais ça reste un putain de bon bouquin !
Lu et adoré ! Oui, une table des matières n’est pas du luxe, même si je ne lis jamais sur mon PC. 😉
En plus il y a des moyens d’automatiser la génération de la TdM.
Sur un seul support c’est sûr que ça reste optionnel.
J’ai du mal à lire sur mon PC…
De temps en temps au boulot, histoire de me ménager une pause (ma pause café sans caféine). Sinon je privilégie Kobinou 🙂
Un café sans caféine, pour moi, ça équivaut à une bière sans alcool ! PTDR
Kobinou, c’est mon chouchou, j’ai lu plus de 80 sur lui, en 15 mois que je l’ai. J’ai réussi à faire, dans Calibre, une colonne avec l’en-tête « Lu » et des « oui » ou « non » quand c’est lu ou pas (en les triant par rating, puisque je leur colle des étoiles une fois lus) et une autre avec « urgence » et des « yes » (un petit v en vert) quand je veux les lire en priorité, mais là, c’est du travail à la main, toute seule comme une grande, passer TOUT le stock du Calibre au peigne fin… d’un coup ou par catégories.
Dur de passer au numérique sans devenir accro à Calibre 🙂
J’bois pas de café, je pioche ma caféine dans la Monster Energy Ultra et le Coca Zero… que des produits 100% bio-écolo-diétético-parfaits 😀
Oui, je vois que tu fais dans le bio dur… le vrai, le seul, l’unique… MDR
JAMAIS je n’aurais pensé (et j’ose le dire) que je serais devenue accro au numérique ! Autant je suis pas accro à mon smartphone (mais il n’a qu’un mois aussi), autant je suis entrée de suite dans Kobinou et je m’amuse avec les tutos de Calibre ou en chipotant toute seule comme une grande.
C’est tellement pratique le numérique… et pas que pour les moyens détournés de nourrir la liseuse.
Non, pas que pour ça… pour la place et le classement aussi !
C’est sûr qu’une carte MicroSD c’est moins encombrant qu’une nouvelle bibliothèque !
Mais ça en jette mois aussi, il manque le plaisir de tout remettre en ordre, de les regarder avec amour…
C’est sûr qu’esthétiquement Kobinou ne tient pas la route 🙂
Non, de ce point de vue là, c’est pas top…
Mais on s’habitue à un logement sans bibliothèque 😀
Non, j’aurais du mal, beaucoup de mal…