Nouvelle escapade littéraire nordique (suédoise pour être précis) avec le court roman (128 pages) Cyanure de Camilla Läckberg.
Martin Molle accompagne sa petite amie sur l’île de Valö à l’occasion d’un week-end en famille. Au cours de la première soirée le grand-père, richissime et autoritaire maître de cérémonie, meurt après avoir annoncé à toute sa petite famille qu’il les déshéritait, tous ! Molle, jeune inspecteur de police, se rend rapidement compte que le vieil homme a été empoisonné au cyanure. Dehors la tempête fait rage et empêche de rejoindre ou même de contacter le continent, Molle prend donc les choses en main afin de débusquer l’assassin. Au cours de son enquête il va faire remonter à la surfaces les nombreux secrets et vices d’une famille d’hypocrites intéressés uniquement par le fric du défunt…
C’est le premier roman de Camilla Läckberg que je lis et j’avoue avoir été plutôt séduit par son style. Certes le roman n’est pas d’une grande originalité (j’aurai même tendance à dire que c’est une intrigue classique du polar depuis Sir Arthur Conan Doyle et Agatha Christie) mais cette enquête à huis clos est rondement menée par l’auteur qui parvient à nous tenir en haleine tout au long de son récit jusqu’à son surprenant final. Le cadre familial est prétexte à de sérieuses empoignades au fur et à mesure que les secrets de chacun refont surface, chaque « petit » secret ainsi révélé pouvant constituer un mobile pour un meurtre…
Le personnage de Martin Molle est attachant dans le sens ou c’est un jeune flic qui a bien du mal à se dépatouiller au milieu de ce sac de noeuds ; on doute même parfois de sa capacité à résoudre cette énigme. Dommage que les autres personnages ne soient pas plus travaillés, à défaut de les rendre attachants ça les aurait sans doute un peu plus humanisés…
Un polar qui ne restera certainement pas dans les annales du genre mais tout n’est pas non plus à jeter, un peu plus de profondeur (aussi bien dans les personnages que dans l’intrigue) aurait été un plus non négligeable mais au final ça se lit vite et bien…
A noter que le roman est paru en Suède en 2006, l’éditeur, Actes Sud, surfe sur le succès de l’auteur et de ses personnages fétiches, Erica Falck et Patrik Hedström, pour ajouter ce titre à son catalogue et appâter le client (c’est de bonne guerre et le bouquin est plutôt agréable à lire donc on leur pardonne ce stratagème purement commercial)…
Mois : décembre 2011
[BOUQUINS] Jo Nesbo – Le Sauveur
Retour dans le grand nord en compagnie de Harry Hole pour sa sixième enquête, Le Sauveur, toujours sous la plume de Jo Nesbo cela va de soi.
A quelques jours de Noël un membre de l’Armée du Salut est abattu au cours d’un concert public. Hole et son équipe comprennent rapidement qu’ils ont affaire à un professionnel, mais qui pourrait avoir intérêt à éliminer un salutiste a priori sans histoire. De son côté, le tueur se rend compte qu’il s’est trompé de cible, il décide donc de finir le travail pour lequel il a été engagé. Entre la police et le tueur commence une partie du chat et de la souris dont l’enjeu est la vie d’un homme. Pour espérer stopper le tueur Hole devra découvrir le mobile et l’identité du commanditaire…
Comme à l’accoutumée Jo Nesbo nous offre une enquête rythmée et riche en surprises avec son flic bourru mais profondément humain (ce qui implique quelques faiblesses) et d’une redoutable perspicacité même si cette fois il va devoir se mesurer à un adversaire aussi redoutable que déterminé. On retrouve un Harry Hole plus apaisé que dans le précédent roman même s’il va encore être malmené par le destin dans ce tome… Comme souvent l’auteur prend un malin plaisir à nous démontrer que tout n’est pas noir ou blanc, mais plutôt en nuances de gris ; à ce titre la confession finale de Bjarne Moller fait l’effet d’une douche froide.
Que dire que je n’ai déjà dit lors des précédentes chroniques ? Je suis définitivement fan de ce personnage et c’est toujours avec le même plaisir que je le retrouve le temps d’une enquête. Il ne me reste qu’un tome en poche, après quoi il ne me restera qu’à attendre que le dernier roman en date (Le Léopard) sorte en poche (il est sorti en grand format en février 2011 donc je ne peux guère espère le voir avant mi-2012, voire début 2013). Je me console en me disant que Jo Nesbo ne semble pas encore décidé à mettre son inspecteur fétiche à la retraite, pour le plus grand plaisir de ses lecteurs…
[BOUQUINS] Alain Hertz – L’Agrapheur
Je ne sais pas quelle mouche m’a piqué quand je me suis lancé dans la lecture de L’Agrapheur, sous-titré « Intrigues policières à saveur mathématique« , écrit par Alain Hertz et édité par les Presses Internationales Polytechniques. On va mettre ce moment de faiblesse sur le compte de la curiosité face à la promesse de me trouver face à la résolution d’enquêtes policières sur fond de raisonnement mathématique (un peu à la façon de la série Numbers) ; certes j’adore les polars et thrillers, j’estime avoir un minimum de sens logique qui me permet de m’intéresser aux énigmes et jeux de logique mais par contre je reste hermétique aux mathématiques passé le minimum vital nécessaire à la survie au quotidien…
L’inspecteur Manori de l’Institut de Police Scientifique de Montréal est connu de ses pairs pour son efficacité à résoudre ses affaires en s’aidant de la théorie des graphes, c’est d’ailleurs dans ce cadre qu’il se rend à un Congrès de la Police Scientifique à Lausanne. Au cours de divers groupes de travail les policiers vont mettre leurs connaissances en commun afin de tenter de résoudre des affaires en suspens depuis un certain temps…
Autant vous le dire d’entrée de jeu je n’avais jamais jamais entendu parler de la fameuse théorie des graphes avant d’ouvrir ce bouquin, je me suis donc dit que c’était là une occasion rêvée d’apprendre quelque chose de nouveau de façon ludique. Après deux premiers chapitres assommants de théorie mathématique visant à poser les bases de ladite théorie on entre enfin dans le vif du sujet et sa mise en application sur des cas concrets… Les chapitres suivants suivent tous la même logique, le cas pratique est exposé puis la théorie des graphes intervient pour trouver le fin mot de l’histoire à grand renfort de nouveaux éléments théoriques. Bref l’aspect polar n’est que prétexte à une tentative de vulgarisation mathématique à laquelle je n’ai pas pigé grand chose (n’en voyant pas d’application concrète je n’ai pas non plus chercher à approfondir la question) et à laquelle l’auteur ne parvient pas à nous faire adhérer (du moins en ce qui me concerne). A titre personnel je peux donc affirmer que Alain Hertz a échoué dans sa tentative d’éveiller ma curiosité pour les graphes ; peut être que je ne suis pas un bon public pour ce genre de bouquin…
Je ne remet pas en cause les compétences mathématiques de l’auteur, nul doute qu’il maîtrise son sujet, c’est plutôt son aptitude à intéresser le profane que je juge discutable, sans un minimum d’intérêt personnel pour la théorie des graphes je ne vois pas comment adhérer au bouquin, la simple curiosité ne suffit pas. Ceci dit la vulgarisation scientifique sur fond de fiction n’est certainement pas un exercice de style des plus aisé…
Pour ceux que la théorie des graphes serait susceptible d’intéresser l’éditeur propose un site d’accompagnement exposant les grands principes théoriques développés dans le bouquin, à consulter sur Polymtl.ca. Quant à moi je vais me limiter à des valeurs sures pour le choix de mes prochaines lectures ; si le stock à lire en livres papier s’épuise inexorablement celui en version numérique ne cesse de croître…