AU MENU DU JOUR
Titre : L’Évasion
Série : Emma, livre 2
Auteur : Jean Reno
Éditeur : XO
Parution : 2026
Origine : France
330 pages
De quoi ça cause ?
Après son baptême du feu dans les sables d’Oman, Emma, l’ancienne masseuse, a officiellement intégré les rangs de la DGSE. Mais est-elle vraiment faite pour l’existence de l’ombre ?
Embarquée dans la plus périlleuse mission de sa jeune carrière, Emma endosse une identité « sous légende » pour approcher un agent russe.
L’objectif : remonter la trace de milliers de jeunes déportés dans l’enfer des nouveaux goulags.
Armée de son courage et d’un don singulier qui coule en elle – le Fluide –, Emma s’apprête à défier l’ours russe sur son propre terrain. Dans cette course contre la montre où les faux-semblants sont mortels, Emma devra suivre son instinct.
Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?
Parce que j’ai lu et globalement apprécié le précédent opus, Emma. Il me semblait donc naturel de suivre le mouvement en me laissant porter par ce second tome.
Ma Chronique
Comme promis, je réponds présent à la sortie du second opus des aventures d’Emma, la masseuse devenue agent de la DGSE. Et, bien entendu, c’est de nouveau Jean Reno qui est à la manœuvre avec L’Évasion.
Au début du roman, on retrouve Emma alors qu’elle termine sa formation d’agent au sein de la DGSE. Ça tombe bien – je prends des raccourcis, mais l’auteur aussi –, son patron a justement besoin d’elle pour une nouvelle mission périlleuse. Cette fois, c’est en Russie qu’Emma sera propulsée, avec pour destination finale un centre pénitentiaire paumé au fin fond de la Sibérie. Dans ce camp, des enfants ukrainiens, arrachés à leurs familles, subissent, entre deux maltraitances, le programme de « russification » cher à ce brave Vladimir.
Si vous espérez plonger dans une intrigue d’espionnage hyperréaliste, avec des pics d’adrénaline vertigineux, passez votre chemin. L’intrigue tient globalement la route, en dépit de quelques invraisemblances et facilités, mais le réalisme, lui, prend rapidement du plomb dans l’aile. J’ai du mal à croire qu’on puisse devenir agent de terrain de la DGSE au terme d’une formation aussi vite expédiée. De même, je doute qu’une mission de cette envergure se prépare en quelques mois : ce laps de temps ne suffirait même pas à construire une légende crédible.
Ayant lu Emma, le premier opus, je savais parfaitement à quoi m’en tenir. J’ai donc été plutôt agréablement surpris. On trouve bien çà et là quelques résidus de guimauve, mais l’ensemble fait nettement moins Harlequin que son prédécesseur. L’intrigue est également plus convaincante, peut-être parce qu’elle s’ancre davantage dans l’actualité du moment. Les chapitres qui se déroulent dans le camp TK11 apportent quant à eux une noirceur bienvenue au récit, et lui donnent enfin un peu de gravité.
Peu de personnages déjà croisés dans le premier tome font leur retour, hormis Martel, le supérieur direct d’Emma, et le chat, Mardi. Du côté des nouvelles têtes, j’ai beaucoup apprécié Irina, le contact d’Emma en Russie : depuis la mort de son fils, elle ne tient plus que par sa soif de vengeance, ce qui lui confère une vraie épaisseur. Dans le camp TK11, le personnage le plus charismatique est de loin Luka, un jeune détenu qui s’efforce tant bien que mal de ne pas flancher.
Lire le premier tome n’est pas indispensable pour apprécier l’intrigue de L’Évasion, mais cela reste un plus indéniable pour suivre l’évolution d’Emma.
Un second opus mieux ficelé que le premier, donc, mais qui reste léger : on est clairement dans la fiction de pur divertissement. De temps en temps, ça ne fait pas de mal de se plonger dans un bouquin qui ne te donne pas de nœuds au cerveau, ne te tord pas les nerfs dans tous les sens et laisse ton palpitant au repos.
MON VERDICT