[BOUQUIN] Maxime Chattam – Autre-Monde : Malronce

Autre-Monde : MalronceCe week-end de glandouille aura aussi été l’occasion pour moi de terminer Malronce, le second opus de la saga Autre-Monde écrite par Maxime Chattam.
On y retrouve nos trois jeunes héros de l’Alliance Des Trois bien déterminés à traverser les contrées sauvages jusqu’au royaume de la reine Malronce afin d’obtenir des réponses sur le pourquoi du comment de la traque impitoyable des armées royales (les cyniks) contre les enfants survivants (les pans). Mais le périple ne sera pas de tout repos, outre les patrouilles de cyniks la nature est devenue plus hostile que jamais ; mais cette quête sera aussi l’occasion de croiser de nouveaux alliés potentiels… Et d’affronter la perversité des adultes métamorphosés par le cataclysme ; et si le prix à payer était justement la perte de l’innocence propre à l’enfance…
Si le premier tome m’avait quelque peu laissé sur ma faim par son côté un peu trop enfantin force est de reconnaître que Maxime Chattam reprend les choses en main dans ce second opus, ça n’a pas non plus la puissance obscure d’un Grangé ou d’un King mais l’histoire est empreinte d’avantage de noirceur et d’ambiguïtés… Plus de violence aussi, car pour survivre face à l’adversité nos héros n’auront d’autres choix que de tuer; et s’ils finissaient par prendre goût à cette violence ? Au fil des pages se pose aussi la question du devenir des pans, est-ce qu’en prenant de l’âge ils sont condamnés à devenir des cyniks ou existe-t-il une alternative ? Est-ce que la sexualité, taboue ou bannie, est définitivement l’élément déclencheur de la métamorphose ?
Sur le site officiel de la saga Maxime Chattam explique que depuis son plus jeune âge il rêve d’écrire une saga à la façon du Seigneur des Anneaux, si Autre-Monde n’est pas l’aboutissement de ce rêve (de son propre aveu) c’est en tout cas un coup d’essai qu’il est en passe de transformer. Au vu des multiples questions laissées en suspens à la fin de ce second tome j’attends avec impatience la sortie du suivant (déjà sorti en France, il devrait être disponible en libraire courant mai ici), d’autant qu’il boucle une première partie de la saga qui devrait compter 7 tomes.

[DVD] Un Prophète

Un ProphètePour notre première pause DVD du week-end nous opterons pour le film Un Prophète de Jacques Audiard ; vu l’accueil enthousiaste qu’il a reçu, aussi bien de la part du public que de la critique, il m’était impossible de passer à côté et donc de me faire ma propre opinion de la chose.
A première un scénario somme toute assez classique. Un jeune délinquant maghrébin (Tahar Rahim) est expédié en Centrale pour y purger une peine de 6 ans. Après avoir fait ses preuves auprès d’un caïd de la pègre corse (Niels Arestrup) il est pris sous son aile, en échange de menus services il bénéficie de la protection du clan. Fort du conseil d’un co-détenu (et future victime) il est bien déterminé à faire en sorte de sortir de taule moins con qu’en y entrant, non seulement il va apprendre à lire et écrire mais en plus il va apprendre le corse histoire de comprendre ce que manigancent ses « protecteurs ». Sous des apparences de détenu modèle il est déterminé à ne pas rester le larbin des corses et à se faire une place au soleil, quitte à jouer dangereusement sur plusieurs tableaux à la fois…
Pour tout vous dire ce film fait l’effet d’une claque en pleine gueule qui vous laisse sur le cul ! Tout est parfaitement maîtrisé, le scénario, les acteurs (outre les personnages principaux on croise de nombreux rôles secondaires tous parfaitement travaillés et crédibles), l’image… Franchement on frôle la perfection, ses 9 César (parmi les plus prestigieux) et sa palme d’or à Cannes (entre autres récompenses) sont amplement mérités je n’hésiterai même pas à affirmer que s’il est passé à côté de l’Oscar du meilleur film étranger c’est, à mon avis, parce qu’il fait trop « américain » justement. En effet il n’a pas à rougir face aux films carcéraux à gros budget Made in Hollywood ; au contraire sa place est bel et bien aux côtés des plus grands du genre (Papillon, Midnight Express, Les Evadés, L’évadé D’Alcatraz… Et j’en oublie sûrement plein d’autres).
Certes c’est un film noir et violent mais d’un autre côté la prison ne ressemble pas franchement au pays des bisounours, l’univers carcéral y est dépeint avec beaucoup de réalisme (violence omniprésente, corruption), sans concession et pour y survivre il faut bien souvent se montrer impitoyable et c’est exactement ce que fait ce gamin qui cherche avant tout à s’en sortir la tête haute, quel que soit le prix à payer. Le film nous prend aux tripes comme rarement un film français a su le faire. Je le dis et le redis haut et fort Un Prophète est un véritable chef d’oeuvre du cinéma français, incontestablement un futur film culte qui fera référence dans les annales du cinéma. Jacques Audiard confiait que c’est là son « plus gros film » et bien qu’il se rassure le résultat est au-delà de toutes attentes, il peut être fier de son bébé…

Islande – Illustration de l’effet papillon

L’effet papillon est une métaphore qui sert de fondement à la théorie du chaos : un simple battement d’aile d’un papillon peut-il déclencher une tornade à l’autre bout du Monde ? L’idée étant qu’une situation initiale a priori banale peut, à force d’accumulation de divers facteurs, avoir des conséquences aussi lourdes qu’imprévisibles. Pour plus de détails « techniques » sur la chose je vous renvoie à des sites spécialisés, mes compétences en la matière étant on ne peut plus inconsistantes.

Islande - 14-04-2010Il est rare que je me fasse l’écho d’événements internationaux (et même nationaux), non que cela ne m’intéresse pas mais simplement parce que j’estime que d’autres médias, professionnels, le font beaucoup mieux que je ne le ferai ; mais je vais pourtant déroger à cette règle vu l’ampleur de la chose. En effet nul n’aurait pu prévoir qu’une éruption volcanique en Islande paralyserait la quasi totalité de l’espace aérien européen et pourtant c’est bel et bien ce qui est train de se produire.
Tout a commencé fin mars quand un volcan islandais situé sous le glacier Eyjafjallajökulla (enchanté… heu… à vos souhaits) a commencé à donner des signes d’activité préoccupants alors qu’il était en sommeil depuis 1823 ; les choses se sont accélérées le 14 avril pour finalement donner lieu à une éruption le lendemain. Eruption depuis continue qui génère un imposant nuage de cendres porté par les vents et qui s’étend progressivement sur le continent européen, perturbant le trafic aérien.
Le problème ne se pose pas tant en terme de visibilité (le vol aux instruments est justement là pour pallier ce genre de déconvenues) mais bel et bien en terme de sécurité, les poussières étant susceptibles d’endommager les réacteurs des avions (l’accumulation des particules bloquant les sorties d’air et coupant ainsi l’alimentation des moteurs) mais aussi, dans une moindre mesure, leur pare-brise et le fuselage. Rapidement les perturbations se sont enchaînées pays après pays pour finalement paralyser la quasi totalité du trafic aérien. Ainsi pour la seule journée de samedi ce sont pas moins de 21 pays qui ont été concernés avec plus de 17000 vols annulés !
Difficile de dire quand les choses pourront reprendre leur cours normal, en attendant les passagers bloqués (qu’ils soient en partance d’Europe ou à destination de l’Europe) n’ont guère d’autres choix que de prendre leur mal en patience ou de trouver une solution de rechange. Il est toutefois indéniable que les conséquences économiques de cette éruption vont se faire sentir un peu partout en Europe et sans doute bien au-delà… Aux dernières nouvelles l’éruption du volcan serait en train de baisser d’intensité, peut être une lueur d’espoir à l’horizon…
On va terminer ce post par une note positive : il semblerait en effet que le nuage ne présente pas actuellement de risques significatifs pour la santé du fait de sa dispersion et de l’altitude ; toutefois, par mesure de précaution, il fait l’objet d’une veille sanitaire attentive et quotidienne par les autorités compétentes… Nous voilà rassurés !

Automobilistes, c’est pour votre bien ! Puisqu’on vous le dit…

Au vu de l’actualité de ces derniers jours il est « amusant » de constater que deux institutions peuvent avoir une vision totalement paradoxale du confort des automobilistes ; effectivement le moins que l’on puisse c’est qu’en la matière la Province Sud et la Mairie de Nouméa ne sont pas sur la même longueur d’onde.

Commençons par la Province Sud qui semble décidée à prendre sérieusement en main le problème des embouteillages à l’entrée et à la sortie de Nouméa via son « Projet Sud Express » ; un ensemble de neuf chantiers concernant autant d’axes routiers qui devrait s’étaler sur 3 ou 4 ans et coûter pas loin de 4.5 milliards de francs (37.5 millions d’euros). Bref c’est du lourd, du très lourd même ! Mais il faut bien reconnaître que le problème est réel et a parfois été géré en dépit du bon sens (on commence par remplacer les feux tricolores aux carrefours par des rond-points pour finalement, quelques années plus tard, remettre des feux tricolores en service). Espérons que cette fois sera la bonne (pour le détail des chantiers je vous renvoie à l’article paru dans LNC).
Parallèlement l’institution entend privilégier la mise ne place d’un véritable réseau de transport en commun sur le Grand Nouméa mais pour le moment on est encore dans le flou à ce sujet, diverses pistes ont été (et sont encore) explorées reste à savoir ce qui est réalisable et à quel prix ; une chose est certaine c’est un travail de titan qui pourrait s’étaler sur 10 à 20 ans… Autant dire que ce n’est pas demain la veille !

A coté de ça la Mairie de Nouméa annonce que le parking du Banian (un des plus grands parking gratuit en ville) va devenir partiellement payant (la moitié de la surface actuelle, soit 200 place de parking). Le tarif envisagé étant de 50 frs la demie heure limité à 3 heures (avec des forfaits prévus à la demie journée et à la journée, respectivement 250 et 500 frs) ; histoire d’enfoncer le clou le maire de Nouméa annonce que de toutes façon ce parking est appelé à disparaître au profit d’un projet immobilier (lire l’article paru dans LNC).
Quand on sait à quel point se garer au Centre-Ville tient d’un véritable parcours du combattant (et plus encore de se garer gratuitement) on peut se demander quelle mouche a piqué la majorité municipale ! L’idée de génie de nos élus municipaux étant de faire prendre conscience aux automobiliste « de la non-gratuité du stationnement au coeur de la cité » et ainsi modifier leur comportement en les poussant vers les transports en commun (au moins là dessus ils sont d’accord) ou le covoiturage. Hmouais y’a pas à dire mais j’suis franchement pas convaincu, la logique de la chose m’échappe totalement…

Voilà je voulais vous faire profiter de ce petit paradoxe qui m’a fait sourire ; mais bon étant piéton je suppose que je peux en rire, certains automobilistes ont dû grincer des dents en apprenant la nouvelle…

[TV News] Pékin Express – La Route du Bout du Monde

Pékin Express - Saison 5Mercredi soir nous avons le droit au lancement de a cinquième saison de Pékin Express, intitulée La Route du Bout du Monde et toujours animée par Stéphane Rottenberg.
Petit rappel des règles du jeu. Dix équipes de deux s’affrontent dans une course de 10.000 kms avec 1 Euro par jour et par personne pour se nourrir, le transport se fera en stop (ou en transport en commun mais à titre gratuit ou se faisant offrir des places à bord) et les candidats devront trouver un moyen de se faire héberger chez l’habitant pour la nuit (ou dormir à la belle étoile pour les plus malchanceux). Chaque émission correspond à 3 jours d’aventure et est ponctuée d’une épreuve d’immunité (comme son nom l’indique l’équipe qui remportera l’épreuve ne pourra pas être éliminée) ; à la fin de chaque étape l’équipe arrivée dernière sera éliminée et la première gagnera une amulette d’une valeur de 7000 Euros.
Première originalité cette année les candidats sont partis chacun d’un point différent en pleine jungle amazonienne, leur premier but étant de gagner le plus rapidement possible un point de ralliement (l’équipe gagnante sera non seulement qualifiée d’office pour l’épreuve d’immunité mais sera aussi dispensée de la première partie de la course, bénéficiant d’une journée et d’une nuit au milieu d’une tribu d’indiens d’Amazonie). Cette année le départ se fait donc en Equateur et leur périple les mènera jusqu’à la ville d’Ushuïa via le Chili et l’Argentine.
Sans être un jeu de survie à proprement parler ce n’en est pas moins une épreuve éprouvante physiquement et moralement et généralement il ne faut pas longtemps avant que les équipes, qu’elles soient en couple, en famille, entre amis ou entre parfaits inconnus (chaque année une équipe est ainsi constituée, contraignant généralement à la cohabitation deux caractère diamétralement opposés), il ne faut pas longtemps pour que la tension grimpe et que les engueulades et autres craquages en tout genre s’enchaînent… Pour notre plus grand plaisir sadique !
Voilà c’était juste un petit post pour dire que j’aime beaucoup cette émission…
Voir le site officiel de l’émission.

[DVD] Arthur Et La Vengeance De Maltazard

Arthur Et La Vengeance De MaltazardChronique un peu tardive sur notre pause DVD du week-end mais en ce moment j’ai un emploi du temps quelque peu chargé… Nous avons donc opté pour Arthur Et La Vengeance De Maltazard, second volet des aventures du jeune Arthur et de ses amis les Minimoys face au terrible Matazard avec, bien entendu, toujours Luc Besson aux commandes.
Alors qu’il est vacances chez ses grands parents, Arthur (Freddie Highmore), reçoit un appel de détresse des Minimoys ; mais rien ne se passe comme prévu, tout semble se liguer contre lui pour l’empêcher de voler au secours de ses amis… Quand enfin il arrive à rejoindre leur monde nul ne semble au courant d’un quelconque appel au secours, pire encore la princesse Selenia est introuvable… Serait-ce elle qui a envoyé ce message de détresse ? S’agirait-il d’un piège ? Si tel est le cas qui en serait le responsable ? Et pourquoi ?
Autant que vous le sachiez tout de suite ce second film se contente de répondre à ces quelques questions (réponses que l’on devine sans trop de mal) et à poser le décor en vue de l’ultime opus de la trilogie… Et donc forcément à la fin du film vous resterez obligatoirement sur votre faim, le générique de fin apparaissant alors que les choses sérieuses allaient commencer. Luc Besson justifie se choix en rappelant que son film s’adresse avant tout à un public jeune et qu’un spectacle de plus de 3 heures n’était pas adapté à ce style de public… Moyennant quoi il faut bien reconnaitre qu’il n’a pas forcément tort sur ce point… N’empêche que pour le public moins jeune l’attente va être longue ! Rien à voir toutefois avec les 3 ans qui ont séparé le premier film de sa suite ; la sortie ciné du troisième et dernier opus, Arthur Et La Guerre Des Deux Mondes est en effet annoncée pour le mois d’octobre.
Hormis cette légère contrariété temporelle il n’y rien à redire, Luc Besson maîtrise parfaitement son sujet et l’on se laisse bercer par l’histoire, même si elle est beaucoup moins rythmée que dans le précédent film (et certainement moins encore que dans le suivant). Le rendu 3D du monde des Minimoys est irréprochable aussi bien dans les décors que dans les personnages, l’humour est omniprésent… Bref la magie opère encore même si l’effet de surprise n’est plus vraiment au rendez-vous.

[Actu] Gérard Jodar / USTKE – Chronique d’un divorce annoncé

Une tape sur l’épaule n’est qu’à quelques centimètres d’un coup de pied au cul !

Ce week-end s’est déroulé le congrès de l’USTKE et sans surprise Gérard Jodar s’est fait évincé de la présidence syndicat… Ce n’est un secret pour personne que LKU et Jodar ne s’entendaient pas aussi bien qu’ils voulaient le laisser paraitre, le conflit Aircal et les multiples dérapages liés de près ou de loin à ce conflit n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu d’une entente tout sauf cordiale ! Difficile toutefois pour LKU de se désolidariser ouvertement de son encombrant président tandis qu’il était emprisonné au Camps Est, mais à peine Gégé le Barjot libéré des « geôles coloniales » le Big Boss Loulou avait plus ou moins laissé entendre que le prochain congrès de l’USTKE serait l’occasion de remanier en profondeur l’organigramme du syndicat. Même si Gérard Jodar n’a pas inventé le fil à couper le beurre il a parfaitement capté que le message s’adressait à lui directement martelant à qui voulait l’entendre (plus grand monde en fait) qu’il ne se contenterait pas d’un titre fantoche (genre président honoraire) et quitterait l’USTKE si cela devait se produire. Même pas peur qu’ils lui ont répondu ce week-end !
Voilà pour la partie non événementielle du congrès de l’USTKE ; restait ensuite à savoir qui reprendrait les rênes d’un syndicat à la dérive. LKU allait-il reprendre personnellement les choses en main ? Si non placerait-il un véritable leader aux commandes ou un pantin aussi malléable que manipulable ? Difficile pour LKU de concilier crédiblement la présidence d’un syndicat ouvrier et d’un parti politique, certainement échaudé par l’expérience ratée d’un Jodar devenu totalement incontrôlable il était logique de jouer la carte de la prudence. C’est donc Marie-Pierre Goyetche qui a été désignée à la présidence du syndicat.
Un choix qui pourrait sembler plutôt étonnant quand on se souvient qu’elle a été complètement incapable de garder la situation sous contrôle et de tenir ses troupes tandis que Jodar était au Camps Est et que le conflit Aircal continuait de s’enliser ! Mais avec elle LKU joue clairement la carte de la prudence, elle n’a aucun charisme et pas beaucoup plus de crédibilité donc aucun risque qu’elle ne devienne un électron libre échappant à tout contrôle ; au contraire c’est un bon petit soldat qui fera exactement ce qu’on lui demande. Les cancres qui ne suivent pas demanderont étonnés : Qui ça « on » ? LKU bien entendu ! Avec une femme de paille à la tête du syndicat il est assuré de garder la mainmise sur son bébé.

Et Gégé le Barjot dans tout ça demanderez-vous inquiets ? Le temps de digérer le contrecoup de ce coup de pied au cul syndical (il préférerait sans doute les termes « coup de couteau dans le dos » mais restons réalistes) et je lui fais confiance pour rebondir. Des rumeurs persistantes et récurrentes font état de son intention de créer une nouvelle organisation syndicale destinée à la défense des océaniens. Saura-t-il tirer les leçons de son échec et privilégier le dialogue social ? J’en doute fort…

[BOUQUIN] Anthony Zuiker & Duane Swierczynski – Level 26

Level 26Comme vous pouvez le constater j’ai mis à profit mon arrêt maladie pour me plonger corps et âme dans mes lectures en attente. Changement total de registre par contre puisque j’ai opté pour un thriller avec Level 26, écrit par Anthony Zuiker et Duane Swierczynski.
Petit détour par l’histoire pour commencer. Un tueur en série particulièrement diabolique tient la police et le FBI en échec ne laissant aucun indice permettant de l’identifier ou même de le pister d’une façon ou d’une autre ; il semble frapper au hasard selon ses envies du moment. Un seul homme a été à deux doigt de l’arrêter, Steve Dark, ancien agent du FBI qui s’est retiré après que sa famille ait été massacrée par le tueur. Le Ministère de la Défense est bien décidé à tout mettre en oeuvre pour le persuader de reprendre l’affaire ; quand Dark accepte il sait qu’il va devoir se mettre dans la tête du tueur… Au risque d’y perdre son âme… Et plus encore…
Rien de bien révolutionnaire dans l’idée, la confrontation / fusion entre le flic et le criminel étant un classique du genre ; mais la véritable originalité est ailleurs. Au fil des pages on obtient des mots de passe permettant de débloquer (via le site Level26.com) de courtes séquences videos sensées compléter le récit. Même si leur visionnage n’est pas indispensable à la compréhension de l’intrigue (au contraire parfois elles cassent le rythme du récit) ces séquences apportent tout de même un petit plus non négligeable. Dommage que le sous-titrage français soit d’aussi piètre qualité…
Si les noms des auteurs ne vous disent peut être rien ils n’en sont pas pour autant des inconnus ; Anthony Zuiker est le scénariste et producteur de la série TV Les Experts et Duane Swierczynski est un auteur de roman policier et scénariste de comics pour Marvel. C’est ensemble qu’ils ont mis au point ce nouveau concept de diginovel (ou digilivre en français).
J’avoue qu’à la lecture de quelques critiques dithyrambiques piochées çà et là sur le Net (Le Bookomaton et Le Vent Sombre notamment) j’étais plutôt sceptique (pour ne pas dire plus) mais finalement ma curiosité aura pris le dessus sur l’appréhension. Et finalement je n’ai aucun regret, certes ce n’est pas LE thriller du siècle (ni même de l’année) mais ce n’est pas non plus une sinistre daube illisible.
Le scénario tient la route (malgré quelques incohérences et erreurs), le rythme y est plutôt soutenu, les personnages sont bien cernés et l’écriture (comme la lecture) est parfaitement fluide (pour preuve je l’ai bouclé en deux jours). Premier volume d’une trilogie annoncée le final laisse bien des questions en suspens et promet une suite au moins aussi sombre que ce premier opus… pas grand chose à ajouter sinon un enthousiaste : vivement la suite !

[BOUQUIN] Nicolas Rey – Un Léger Passage A Vide

Un Léger Passage A VideAyant décidé d’aller voir un toubib pour me débarrasser d’une grippe tenace (et accessoirement bénéficier d’un arrêt de travail) j’ai donc opté pour le plus proche de l’appart, à savoir le Cabinet médical du Motor-Pool. Une précédente visite en 2004 m’ayant appris qu’il fallait s’armer de patience avant d’être reçu j’ai pris un bouquin histoire de ne pas trouver le temps trop long (plus d’une heure d’attente pour une consultation d’un quart d’heure et un arrêt de 3 jours).
J’ai donc gentiment attendu mon tour en lisant Un Léger Passage A Vide de Nicolas Rey (chroniqueur radio et écrivain). En 180 pages il nous décrit des tranches d’une vie décomposée entre l’alcool, les médocs et la drogue puis sa décision de se reprendre en main pour pouvoir voir son fils grandir (ses conneries lui ayant déjà coûté son mariage) et enfin sa rédemption une fois libéré de ses anciens démons.
Même si ce n’est pas de la grande littérature ça se lit plutôt bien, plus comme une successions de courtes chroniques que comme un essai ; l’auteur se contente d’exposer les faits bruts de décoffrage, il ne se perd pas en analyses ou psychanalyses du pourquoi du comment des choses, c’est comme ça point barre.
Commencé dans la salle d’attente d’un cabinet médical et terminé l’après-midi même, on peut reprocher à l’auteur d’avoir choisi la facilité en se contentant des faits mais je pense pour ma part qu’il s’est borné à décrire sa réalité. Pas certain qu’au moment d’avaler son énième whisky il se soit posé la moindre question, idem quand il se fait un rail de coke ou qu’il ingurgite médoc sur médoc. L’auteur jette un regard sans concessions ni pitié sur ce qu’il qualifie de « léger passage à vide » tout  comme il ne cherche pas à se mettre en avant dans sa quête éperdue de la rédemption qui lui est apparue comme une évidence. Tout simplement… Sans prétentions certes mais pas pour autant sans intérêt.
Un message plutôt optimiste pour ceux qui souffrent d’une quelconque dépendance, pas une leçon de courage mais juste une preuve de plus qu’avec de la volonté tout est possible, il suffit de trouver l’élément déclencheur avant qu’il ne soit trop tard. Nicolas Rey l’a trouvé et semble être libéré de ses vices (même si comme le lui a signalé son médecin la victoire n’est jamais acquise à 100% ; 80% des patients rechutent à un moment ou un autre) désormais il n’est accro qu’à son fils et au Coca Light…