[BOUQUINS] Jérôme Camut & Nathalie Hug – Rémanence

J. Camut & N. Hug - RémanenceMalgré une pointe de déception après la lecture de 3 Fois Plus Loin je décide de laisser une nouvelle chance au couple Jérôme Camut et Nathalie Hug, il faut dire que Rémanence peut être considéré comme l’ultime chapitre des Voies De L’Ombre même si le personnage de Kurtz n’intervient quasiment pas dans l’intrigue qui se déroule 15 ans après la fin de la trilogie.
Clara, devenue adulte et désormais appelée Claire, est toujours hantée par le souvenir du cauchemar Kurtz mais elle est bien déterminée à aller de l’avant pour oublier son passé douloureux. Le jour de son mariage Louis (qui se fait désormais appeler Milan), son compagnon d’infortune et amour de jeunesse vient lui rendre visite après 15 ans de silence et d’absence. Comme si cela ne suffisait pas à ébranler le semblant de normalité retrouvée, son père, Andréas Darblay est libéré de prison quelques jours plus tard… Alors que son équilibre est plus que jamais menacé Claire doit choisir la voie qu’elle veut suivre, doit-elle écouter son coeur et suivre Milan vers un avenir incertain, ou plutôt écouter sa raison et vivre cette vie de couple bien rangée qui ne lui correspond pas ?
Encore une fois j’ai un sentiment mitigé après la lecture du bouquin, l’histoire est sympa, plutôt bien menée mais la quatrième de couv’ nous induit en erreur ; en effet on est bien loin d’un thriller haletant avec un serial killer sadique façon Kurtz. Toutefois je n’en dirai pas plus afin de ne pas dévoiler les bases de l’intrigue. D’autre part je trouve dommage l’ouverture du bouquin sur quelques pages qui nous révèlent que Clara sera retenue par son père à l’issue des événements décrits dans le roman.
Même si le personnage de Kurtz ne fait qu’une brève apparition on sent sa présence et son influence sur les personnages, qu’il s’agisse du père de Clara, victime puis complice qui continue de vouer au tueur une fascination morbide, ou des enfants, devenus adultes, dont la captivité puis la fuite aura marqué leur destinée, chacun à sa façon. D’une manière générale la principale force du bouquin reste ses personnages et notamment ceux de Clara/Claire et Louis/Milan aussi bien dans leur individualité que dans leur complémentarité (malgré leurs différences).

Gallimard prend les lecteurs pour des cons

Le Prix Goncourt 2011, L’art français de la guerre d’Alexis Jenni, peut se vanter de faire le buzz sur le web. Malheureusement ce n’est pas sa qualité littéraire qui est mise en avant (pour ma part c’est un bouquin qui ne m’intéresse pas le moins du monde) mais plutôt les fautes et coquilles qui parsèment le roman. Orthographe, grammaire, conjugaison, syntaxe… Tout y passe le bouquin est bourré de fautes énormes, au départ on pouvait penser que seule la version numérique était concernée mais finalement la version papier est du même acabit.
Visiblement le bouquin a sauté la case « correction » avant d’être publié et franchement ça la fout doublement mal :
– D’une part Gallimard est quand même une grande maison d’édition
– D’autre part le bouquin incriminé est le Prix Goncourt 2011
En terme d’image et de communication on peut imaginer mieux comme pub ! Mais histoire d’enfoncer le clou il s’avère que le bouquin est proposé par la Team Alexandriz (le plus grand réseau pirate d’ebooks français) dans une version corrigée (et gratuite). A noter que la Team effectue ce travail de correction sur tous les titres proposés, un travail de titan qui nous garanti des fichiers numériques de qualité (parfois même mieux que la version commerciale comme le prouve ce Goncourt 2011).
Pour ma part je reconnais sans le moindre remord que ma bibliothèque numérique provient à 99% de titres proposés par la Team et à ce jour je n’ai jamais été déçu par leur travail. Je ne conserve que les fichiers epub que je gère et lis via le logiciel Calibre, au pire si je relève des erreurs je les corrige avec Sigil avant de renvoyer le fichier corrigé à la Team mais je tiens à préciser que ça reste exceptionnel et que les erreurs relevées sont bien souvent mineures.
Pour en revenir à Gallimard c’est du foutage de gueule pur et simple de proposer au prix fort un bouquin à peine lisible tellement il contient de fautes… J’espère au moins qu’ils auront la décence de fournir gratuitement une mise à jour numérique à tous ceux qui ont acheté la version ebook du Goncourt 2011.
Un peu de lecture pour terminer ce billet d’humeur :
– Lire l’article ‘Galllimard : le dernier Goncourt corrigé par la communauté pirate‘ sur ebouquin
– Lire le post ‘Un pavé dans la mare – Correction‘ de la Team Alexandriz
– Le bouquin proposé par la Team Alexandriz
– Un article édifiant sur la politique de correction des maisons d’édition (Blogs Le Monde)

[BOUQUINS] David Vann – Sukkwan Island

Sukkwan IslandC’est après avoir écrit sur SensCritique que j’avais aimé La Route de Cormack McCarthy (malgré une prise en main poussive) qu’il m’a été conseillé par Desperados61 de lire Sukkwan Island de David Vann en me promettant « une claque à la puissance 10 » ; il n’en fallait pas plus pour attiser ma curiosité et donc quand je l’ai aperçu en librairie, au hasard d’une errance livresque, je l’ai aussitôt ajouté à ma bibliothèque.
Jim est en pleine période de crise, professionnellement et émotionnellement tout fout le camps dans sa vie. Pour conjurer le sort et renouer avec la vraie vie il décide de s’offrir une année sabbatique sur Sukkwan Island, une île déserte et sauvage au large de l’Alaska. Il parvient à convaincre son ex-femme de le laisser partir avec leur fils Roy, 13 ans, un garçon qu’il connaît à peine et qu’il voudrait justement apprendre à connaître. Le père et le fils se font donc déposer sur l’île avec des provisions et tout le matériel de survie dont ils auront besoin assure Jim. Mais rien ne se passera comme prévu sur cette terre inhospitalière, coupés du monde (la radio ne fonctionne pas) les ennuis se succèdent et Jim s’avère totalement incapable de faire face aux problèmes…
Impossible de rester de marbre face à un roman d’une telle force et d’une telle intensité, on a envie de haïr cet homme irresponsable, incompétent et égoïste mais d’un autre côté on se demande comment l’on réagirait dans la même situation ; puis au fur et à mesure de ses erreurs on sent que l’issue ne pourra être que dramatique et c’est la haine qui reprend le dessus tandis que l’on tourne frénétiquement les pages pour découvrir quel forme prendra ce drame que l’on sait inéluctable.
Fin de la première partie et le drame survient comme on coup de poing dans le bide il nous coupe le souffle. Et dire que l’on a à peine dépassé la première moitié du bouquin ! On se prend alors à espérer que l’homme comprenne enfin que c’est lui le seul responsable et agisse en conséquence plutôt que de s’apitoyer sur son propre sort et sa vie de merde. Mais non rien n’y fait, il est irrémédiablement con !
L’auteur, David Vann, a travaillé deux ans sur ce premier roman, il nous livre une œuvre d’une incroyable noirceur, glauque et désespérante mais aussi, et c’est bien là le pire, terriblement réaliste. A ce titre le bouquin est encore plus percutant que La Route car c’est justement une histoire ancrée dans la réalité. On y retrouve le même style épuré et minimaliste même si, globalement, j’ai trouvé la lecture plus aisée.
Si La Route m’a foutu une claque alors Sukkwan Island me colle le plus puissant des uppercuts dans la tronche ; d’ailleurs à la fin de la lecture on est KO technique, il faut quelques secondes pour retrouver ses esprits… Je crois que je viens de comprendre tout le sens de l’expression un livre « coup de poing » ! A noter que le roman a reçu le Prix Médicis (qui couronne un auteur débutant) étranger 2010, bien que n’étant pas du genre à courir les prix littéraires (au contraire le bandeaux rouges autour des bouquins tendent à me faire fuir) je ne peux que saluer le choix du jury.

[BOUQUINS] Robert J. Sawyer – Flashforward

FlashforwardJ’avais bien accroché à la série TV Flashforward mais comme de nombreux fans je suis resté sur ma faim avec une unique saison qui ne se termine pas ; seule solution pour connaître le fin mot de l’histoire, me plonger dans le bouquin homonyme de Robert J. Sawyer. Sauf que Flashforward, le roman, n’est pas aisé à dégotter sur le Territoire et c’est finalement une version numérique que je réussirai enfin à récupérer ; reste à savoir maintenant si la série suit fidèlement le roman ou si elle se contente de s’en inspirer…
21 avril 2009, Lloyd Simcoe et son équipe du CERN lancent une expérience sur un accélérateur de particules ultra perfectionné. Dès que l’opération commence toute la population mondiale va rester inconsciente durant deux minutes et avoir une vision de leur futur, vingt un ans plus tard. Les conséquences de cette perte de conscience collective sont dramatiques, les catastrophes et les morts ne se comptent plus sur l’ensemble de la planète mais ce sont surtout ces visions du futur qui ont marqué les esprits des vivants. Et ceux qui n’ont pas eu de vision, pourquoi n’ont-ils pas vu leur avenir ?
Dès le départ il vaut mieux s’affranchir la série TV pour profiter pleinement de bouquin, en effet les « visions » dans la série portent sur un avenir relativement proche (6 mois) alors que dans le roman on part sur du très long terme (plus de 20 ans), d’autre part les personnages ne sont pas les mêmes, le roman met l’accent sur les chercheurs du CERN et non sur une équipe du FBI (et pour cause le CERN est à Genève), par contre le duo de chercheurs constitué par Lloyd et Théo peut se rapprocher des agents Mark et Demetri (Théo et Demetri n’ayant pas eu de flash, les visions de Lloyd et de sa fiancée, comme celles de Mark et son épouse,mettent leur couple en danger).
N’étant pas scientifique dans l’âme (loin s’en faut) j’avoue avoir craint un moment que les théories exposées ne soient totalement incompréhensible pour le profane mais finalement elles ne font pas obstacle au plaisir de la lecture (même si je reconnais volontiers n’avoir pas tout compris, la physique quantique ce n’est pas ma tasse de thé), pour preuve j’ai bouclé ce bouquin (380 pages) en trois jours. Et pour tout vous dire ça faisait un bail (et même plusieurs) que je ne m’étais pas plongé dans un bon bouquin de science fiction, avec Flashforward j’ai enfin pu remédier à la situation. Au delà de l’intrigue à proprement parler (encore plus prenante et plus dense que celle de la série TV car moins dispersée) se pose la question de l’immuabilité du futur ; est-il déjà tout tracé sans laisser la moindre place au libre arbitre individuel ou existe-t-il plusieurs futurs possibles pour un même individu ? En ce qui me concerne j’espère vraiment que c’est la deuxième option la bonne mais jusque là personne n’est en mesure de démontrer que l’une ou l’autre est avérée… A chacun de se forger une idée en fonction de ses propres convictions.
J’ai trouvé ce roman captivant même si j’avoue que la toute fin m’a un peu déçu, je trouve que ça part un peu trop en vrille et, pour en revenir à la série TV, rien dans le roman ne permet d’imaginer une quelconque intrigue pour une saison qui ne verra jamais le jour. A défaut d’avoir pu répondre à cette attente ce roman m’aura permis une très agréable escapade littéraire, c’est déjà pas si mal…
Juste pour l’anecdote j’ai trouvé dans le roman, écrit en 1999, une coïncidence curieuse (à défaut d’être troublante), le pape imaginé par Robert J. Sawyer se nomme Benoit XVI. Pas difficile de supposer en 1999 que Jean Paul II ne serait plus pape en 2009 (il n’était déjà plus au top de sa forme) mais impossible de savoir que le nouveau pape (élu en 2005) choisirait de se faire appeler Benoit XVI ; vision du futur ou simple coïncidence ?

Retour en arrière sur l’après Coupe du Monde de Rugby

Loin de moi l’idée de vouloir apporter mon grain de sel aux polémiques inutiles et puériles d’un côté comme de l’autre, ma position n’a pas bougé d’un iota depuis la finale : oui la France a joué un beau match contre les All Blacks (pas au mieux de leur forme), oui les Bleus auraient mérités la victoire mais en aucun cas le XV tricolore ne méritait la Coupe du Monde, sur ce dernier point c’est bel et bien la meilleure équipe de la compétition qui a remporté le précieux trophée. le but de ce billet n’est pas de radoter mais plutôt de revenir sur deux points, les changements survenus au classement IRB et les IRB Awards.
Au niveau du classement IRB le top 5 à l’issu du tournoi se présente tel quel (entre parenthèses la position avant la compétition) :
– Nouvelle-Zélande (1)
– Australie (3)
– France (5)
– Afrique du Sud (2)
– Angleterre (4)
Sans surprise la Nouvelle-Zélande conserve la tête du classement, la plus belle progression du top 5 revient à la France qui gagne 2 places et le grand perdant est l’Afrique du Sud qui perd deux places. Mais en dehors du top 5 la plus belle progression revient aux Iles Tonga qui passent de la quinzième à la neuvième position (c’est la première fois de leur histoire qu’ils figurent dans le top 10 ; merci qui ? Bon allez soyons sympa on va pas remuer couteau dans la plaie… N’empêche que sans notre pitoyable défaite en match de poule…
Passons maintenant aux IRB Awards 2011 dont les résultats ont été proclamés quelques jours après la finale de la Coupe du Monde. Il ne vous aura sans doute pas échappé que le titre de meilleur joueur de l’année est revenu à Thierry Dusautoir le capitaine du XV tricolore (il était en lice avec trois joueurs néo-zélandais et deux australiens). Sans surprise le titre de la meilleure équipe 2011 aura été attribué à la Nouvelle-Zélande et celui de meilleur sélectionneur récompensera Graham Henry le coach des Blacks qui se retire après 8 ans de bons et loyaux services et un palmarès à faire baver plus d’un sélectionneur (5 victoires en Tri Nations, 1 Coupe du Monde, 88 victoires sur 103 matches disputés).
Voilà c’était pour moi l’occasion de rendre un vibrant hommage personnel à ce sport que j’adore (je ne dirai pas depuis toujours mais pas loin)… Par contre j’avoue ne pas suivre assidûment le Top 14 (l’équivalent ovale de la Ligue 1 des footeux), je me contente de me tenir informés des résultats.

[BOUQUINS] Jean Teulé – Le Magasin Des Suicides

Le Magasin Des SuicidesAyant beaucoup aimé Mangez-Le Si Vous Voulez mais n’étant pas particulièrement attiré par les romans historiques je voulais tout de même prolonger ma découverte de l’univers de Jean Teulé ; j’ai donc opté pour Le Magasin Des Suicides.
La famille Tuvache tient la boutique Le Magasin des Suicides qui, comme son nom l’indique, propose toute une gamme de produits pour aider leurs clients à en finir avec la vie. Le couple a trois enfants, Vincent, abonné à la dépression mais très créatif (dans le morbide), Marylin une adolescente mal dans sa peau et Alan, le cadet, dont la joie de vivre désespère ses parents. Et si cette joie de vivre était contagieuse ? Et si l’enfant parvenait à la transmettre à la clientèle ou pire, à la famille ?
L’idée de départ a tout de suite attiré mon attention, et vu l’épaisseur du bouquin (157 pages) c’est un choix idéal pour une lecture vite expédiée à temps perdu. Un concept original pour traiter avec humour de la mort, voilà de quoi se dérider les zygomatiques me suis-je dit en attaquant ma lecture. Effectivement le ton est plutôt frais et décalé (dommage que l’auteur ait affublé le jeune Alan d’un zozotage qui n’apporte rien de plus à son intrigue), le style est minimaliste mais sans lourdeur du coup le bouquin se lit d’une traite. Toutefois ne vous attendez pas à rire aux éclats, vous sourirez sans doute de temps en temps mais à vrai dire on cherche surtout à comprendre où tout ça nous mènera… Et au final, à la toute dernière phrase, on est sur le cul sans vraiment comprendre le pourquoi du comment de cette fin, quelque part ça nous laisse un arrière goût d’inachevé. Bref un court roman sans prétention agréable à lire mais rien de franchement transcendant non plus… Pour être tout à fait franc cette lecture restera une petite déception, sympa mais je m’attendais à mieux, sans doute un peu plus d’humour noir et un ton plus incisif.
A noter qu’une adaptation sous forme de film d’animation est annoncée pour 2012, et c’est Patrice Leconte qui est aux commandes (plus d’infos sur Allociné). Ne vous attendez pas à de la 3D révolutionnaire mais plutôt à un dessin animé traditionnel (ce qui n’est pas forcément un mal). Pour vous faire patienter (à défaut de saliver) voilà à quoi ressemblera la famille Tuvache sur grand écran :

La Famille Tuvache

[MUSIC] Lou Reed & Metallica – Lulu (2011)

LuluPause culturelle ON – Difficile d’imaginer une collaboration entre Lou Reed, anciennement chanteur/leader du Velvet Underground (groupe rock psychédélique/alternatif) avant de partir sur une carrière en solo plus rock sans toutefois jamais vraiment percer de le box office, et Metallica, les vieux de la vieille du métal à la carrière en dent de scie ; certains n’ont pas hésité à parler d’alliance contre-nature à l’annonce du projet Lulu. Pari d’autant plus osé que l’album se veut une adaptation musicale modernisée d’un opéra inachevé d’Alban Berg, lui même inspiré de deux textes du XIXème siècle du dramaturge allemand Frank Wedekind. Si l’initiative du projet revient à Lou Reed celui-ci se borne à assurer le côté vocal (narré, psalmodié mais rarement chanté) tandis que Metallica prend en charge la partie musicale du projet (les différents titres de l’album sont co-composés par les deux artistes). – Pause culturelle OFF
Concrètement je n’ai eu l’idée de me pencher sur cet album que par une curiosité motivée par la déferlante de critiques négatives qui semble coller à la peau du projet depuis son annonce jusqu’à la sortie de l’album (les réactions les plus incisives provenant des fans de Metallica). Me considérant moi-même comme un fan de Metallica (ce qui ne m’empêche nullement de reconnaître qu’ils ont aussi pondu de grosses daubes durant leur carrière musicale) j’ai donc décidé de me forger ma propre opinion en testant la chose.
Alors pour commencer à quel genre s’attendre : rock progressif ou métal ? A ce stade je pense qu’on peut parler de rock expérimental, à moins de se borner à dire que c’est indéfinissable mais ça fait un peu simpliste. On a clairement connu des compos de Metallica plus inspirées (et plus rock) mais au final ce qui me dérange le plus dans l’histoire c’est Lou Reed, il parle, crie, marmonne, psalmodie ses textes ; ça ne colle pas à la musique et du coup on ne peut s’empêcher de se demander dans quel merdier s’est encore fourré Metallica (pourtant encore auréolé de la gloire de leur dernier album, Death Magnetic). D’autre part les morceaux sont longs (entre 4 minutes 30 et presque 20 minutes, les 10 titres tiennent sur 2 CD), à moins de se pencher sur les textes (ce que je n’ai pas fait… et ne ferai pas) le tout semble répétitif.
Je vous livre là une réaction à chaud après une première écoute, je vais me repasser l’album (pas tout de suite !!!) afin de voir s’il y a moyen de temporiser mais c’est bien souvent la première impression qui demeure. Si besoin je ferai un – Edit – en fin de post mais franchement je doute de sortir enthousiaste d’une seconde, voire d’une troisième écoute…

Pour vous faire une idée de la chose je vous propose une vidéo du premier single extrait de l’album, The View.

[BOUQUINS] Franck Thilliez – Vertige

VertigeParmi les auteurs français que je m’étais promis de découvrir figure Franck Thilliez, un spécialiste du thriller façon Maxime Chattam ou Jean-Christophe Grangé (il y a pire comme comparaison) ; j’ai donc profité de la sortie de son dernier roman, Vertige, pour pallier cette lacune littéraire (sans quoi on va encore m’accuser de snober les auteurs français de thriller)…
Jonathan Touvier se réveille enchaîné au poignet au fond d’un gouffre, avec lui, Pok son chien et deux compagnons d’infortune, Farid, enchaîné par une cheville et Michel, dont le visage a été couvert d’un masque de fer qui déclenchera une explosion s’il s’éloigne de plus de 50 mètres de ses codétenus. Les trois hommes ne se connaissent pas et n’ont aucune idée de qui a bien pu les réunir dans cette macabre mise en scène ni ce que leur tortionnaire attend d’eux sinon, comme annoncé dans une lettre qu’il leur laissé, qu’ils meurent un à un. Pourquoi sont-ils réunis dans ce piège mortel ? Quel est le lien entre ces trois personnes qui semblent ne pas se connaître ? Comment échapper à ce cauchemar ?
Difficile de ne pas penser à Saw (premier du nom) avec une telle intrigue de base et c’est vrai que l’on retrouve les ingrédients qui ont fait la force du film, un plan aussi machiavélique qu’implacable, des humains capable de tout (et surtout du pire) dans des situations extrêmes. Je dirai que c’est même encore plus flippant sous la plume de Franck Thilliez qui, à l’image du réalisateur James Wan, n’épargne rien à ses personnages en faisant monter la tension avec un brio qui fait plaisir à lire (même si parfois ça peut paraître dérangeant). L’auteur réussit à nous faire vivre un huis clos redoutablement efficace, par moment on se sent pris aux tripes et on ne peut s’empêcher de se poser la question qui dérange : et moi que ferai-je dans une telle situation ? A vrai dire je préfère ne pas y penser… J’ignore jusqu’où on peut aller pour survivre mais nul doute que acculé dans nos derniers retranchements on réveillera notre « côté obscur ».
Un excellent thriller riche en rebondissements que l’on lit parfois avec le sentiment d’étouffer tant on s’immerge dans l’intrigue et ce gouffre qui retient les trois hommes prisonniers indifférent à la situation qui dégénère peu à peu jusqu’au point de non retour. Une chose est certaine ça m’a donné envie de me lancer dans les précédents romans de Franck Thilliez, j’ai d’ores et déjà décidé de m’attaquer à son diptyque consacré à la violence, composé du Syndrome [E] et de Gataca. A terme (plus ou moins long) il faudra aussi que je me plonge dans les thrillers de Maxime Chattam (pour le moment je n’ai lu de lui que la première trilogie du cycle Autre-Monde, j’avoue que je ne sais pas très bien par quel thriller commencer), je pense que je tiendrai là le trio gagnant du thriller français (Grangé – Chattam – Thilliez).

[DVD] A Bout Portant

A Bout PortantA peine le temps de souffler et on enchaîne sur un deuxième film, changement radical de genre avec A Bout Portant, thriller 100% adrénaline signé Fred Cavayé.
Tout semble aller pour le mieux dans la vie de Samuel (Gilles Lellouche), sa femme Nadia (Elena Anaya) est enceinte et il semble bien parti pour passer d’aide soignant à infirmier. Les choses vont brutalement s’accélérer pour lui quand Hugo (Roschdy Zem), un truand, est transporté dans son service suite à un accident. Le soir même le couple est agressé à son domicile, Nadia est enlevée, et si Samuel veut la revoir il doit aider Hugo à quitter l’hôpital. Sauf que le truand est déjà sous surveillance policière…
Le film démarre sur les chapeaux roues et le rythme ne faiblit pas en intensité jusqu’au générique de fin, les rebondissements s’enchaînent au fur et à mesure que l’intrigue se complique (complications que je tairai afin de laisser la surprise intacte). On quitte le film presque aussi essoufflé que ce pauvre aide-soignant entraîné malgré lui dans une affaire qui ne lui laissera aucun répit… Le réalisateur maîtrise parfaitement son intrigue et nous offre une belle brochette de personnages (avec des acteurs dans des rôles où on ne les attend pas forcément mention spéciale à Gérard Lanvin en flic ripoux et bien entendu à Gilles Lellouche qui signe une prestation époustouflante), quant à nous on retient notre souffle en s’agrippant au fauteuil !
Fred Cavayé m’avait déjà séduit avec son premier film, Pour Elle, un mix entre le thriller et le drame subtilement dosé, mais avec ce second long métrage il passe clairement à la vitesse supérieure en nous offrant un spectacle digne des plus grands réalisateurs hollywoodiens. A ce titre je suis curieux de savoir comment Hollywood réagira à ce film, séduits par le scénario de Pour Elle nos amis américains ont réalisé un remake du film, Les Trois Prochains Jours (de Paul Haggis avec Russel Crowe dans le rôle principal). A quand une version ketchup de A Bout Portant ? En attendant Fred Cavayé réussit à s’imposer en seulement deux films et deux ans comme un réalisateur redoutablement efficace, à suivre de près donc…

[DVD] Moi, Moche Et Méchant

Moi, Moche et MéchantPour les prochains posts classés dans la rubrique DVD je vais tricher un peu, en fait je vais vous parler des films vus sur CanalSat que j’aurai été tenté d’acheter ; depuis que mon lecteur déconne je n’ai plus acheté un seul film, je suis l’actu des sorties mais je préfère dépenser mon budget loisir dans les bouquins… Première tricherie donc avec le film d’animation Moi, Moche Et Méchant, signé par le duo franco-américain Pierre Coffin et Chris Renaud (qui a déjà travaillé sur l’Age De Glace 2 et 3) pour le compte des Studios Universal.
Gru (doublé en VO par Steve Carell et en VF par Gad Elmaleh) se plait à penser qu’il est le méchant le plus méchant de tous les temps mais force est de constater que la jeune génération tend à lui voler la vedette, notamment un certain Vector. Mais Gru ne renonce pas et projette de réussir son coup d’éclat en volant la lune ! Sauf qu’il n’a pas les moyens de financer son ambitieux projet et que la Banque du Mal ne lui accordera sa confiance que s’il se procure une arme secrète nécessaire à sa réussite… Arme que Vector lui subtilise de manière déloyale ! Pour la récupérer Gru va devoir utiliser trois fillettes orphelines qui vendent des cookies dont Vector raffole… Aussitôt dit, aussitôt fait, il adopte les fillettes et va devoir s’improviser père de famille tout en poursuivant ses funestes desseins…
Je ne saurai dire exactement pourquoi (film trop neuneu en apparence peut être) mais le film ne me motivait pas plus que ça au départ, je me suis donc affalé sur le canapé plus par curiosité que par conviction, un bouquin à portée de main, « au cas où ». Mais finalement à aucun moment je n’aurai été tenté de prendre mon bouquin, dès le départ j’ai accroché au film et ce jusqu’au générique de fin. L’animation est digne des plus grands (Pixar et Dreamworks), le film est bourré d’humour (mention spéciale à l’armée délirante de Gru) et d’émotions. J’ai passé un agréable moment de cinéma, idéal pour bien commencer la journée (diffusé à 7h30 dimanche matin). Un excellent divertissement familial que les petits et les grands devraient apprécier, chacun à sa manière…
Par contre je ne vois pas vraiment l’intérêt de se pencher sur une suite (prévue pour 2013), l’histoire se termine en effet sans qu’il soit besoin de plus ; je crains que ce genre de démarche ne soit motivée que par les préoccupations financières des studios hollywoodiens et ne n’apporte rien à l’histoire. Ceci dit je peux me tromper, on n’est pas à l’abri d’une agréable surprise (hmouais n’empêche que j’en doute)…