Comme vous vous en êtes sans doute déjà aperçu, si vous me suivez déjà depuis quelques temps, en matière de polar nordique je visite presque exclusivement la Norvège de Harry Hole (Jo Nesbo) et la Suéde de Kurt Wallander (Henning Mankell), j’ai donc décidé d’élargir mon horizon en m’offrant un petit détour par le Danemark avec Miséricorde de Jussi Adler-Olsen (prix du meilleur polar scandinave 2011).
Carl Morck se retrouve à la tête du Département V, un nouveau service de la police criminelle chargé de se replonger dans des affaires passées jamais résolues. en fait c’est d’avantage une mise au placard qu’une réelle promotion. A sa demande on lui adjoint un jeune syrien comme assistant, Assad. Alors que le flic blasé espérait se la couler douce son assistant va inciter Carl Morck à se reprendre en main et à se pencher sur l’affaire Merete Lynggaard, une politicienne de premier plan mystérieusement disparue cinq ans plus tôt au cours d’une excursion en ferry…
Vous l’aurez compris si, comme moi vous êtes fan de la série TV, on se retrouve là en face d’un Cold Case version nordique. Sauf que l’équipe du Département V se limite à l’inspecteur Morck (flic blasé et taciturne) et à son assistant Assad qui n’est même pas policier mais qui ne manque pas pour autant de sens logique et de bonne volonté, mais surtout c’est lui qui booste son « chef » quand ce dernier tend à baisser les bras. Les échanges entre les deux coéquipiers ne manquent pas de piment et c’est sans doute l’une des grandes forces de ce polar, l’humour vient sans cesse ponctuer l’enquête. Ladite enquête est d’ailleurs rondement menée, rythmée et riche en rebondissements inattendus qui viennent démolir les hypothèses que l’on essayait de construire en même temps que les enquêteurs du Département V.
Par sa construction le bouquin alterne entre l’enquête actuelle du Département V et la situation de Merete Lynggaard, des semaines qui ont précédées son enlèvement à aujourd’hui. Du coup forcément on ne manque de se poser des questions sur le pourquoi du comment du calvaire (particulièrement vicieux soit dit en passant) infligé à Merete. Mais là encore les indices filtrent au compte goutte, on suppose sans doute avant Merete de quoi il retourne mais on en a la certitude que quand elle même en prend conscience.
Le personnage de Carl Morck peut passer pour totalement antipathique mais en creusant un peu sous la surface on devine que ses airs bourrus sont d’avantage destinés à masquer ses propres faiblesses (notamment le poids de la culpabilité) ; du coup à mes yeux le personnage devient fort sympathique (peut être parce que moi aussi je me cache sous des faux airs d’ours grognon). Pour conclure cette chronique je note que l’auteur n’hésite pas à égratigner la société danoise et sa classe politique mais j’avoue que ça me passe largement au-dessus la tête n’étant pas du tout un spécialiste en la matière et n’ayant pas une once de curiosité sur le sujet (tout comme les états d’âme de Wallander/Mankell sur la « dérive » de la société suédoise me laissent de marbre).
C’est avec un réel plaisir que j’ai appris que le Département V est de nouveau à l’honneur dans le second roman de Jussi Adler-Olsen, Profanation, d’ores et déjà il a intégré mon stock à lire numérique (qui a la fâcheuse tendance d’enfler plus vite que je ne lis soit dit en passant). Un petit break histoire de changer d’air pour ma prochaine escapade littéraire (je ne sais pas encore sur quel titre je jetterai mon dévolu) mais je ne quitte pas le Danemark des yeux et compte bien y revenir prochainement.
[DVD] Hunger Games
Après un weekend placé sous le signe de la fantasy médiévale avec la seconde saison du Trône De Fer nous avons décidé de nous offrir une pause ciné dimanche soir, changement d’époque et de genre puisque nous opterons pour Hunger Games, film de SF réalisé par Gary Ross.
Dans un futur indéterminé une grande compétition sous forme de combats à mort oppose les 12 districts qui ont osé se rebeller contre le Capitole. Deux candidats, un garçon et une fille, âgés de 12 à 18 ans, sont choisis au hasard pour représenter leur district de ces nouveaux jeux du cirque hyper médiatisés, sur les 24 candidats un seul restera vivant. Pour épargner à sa jeune soeur de se retrouver dans l’arène Katniss (Jennifer Lawrence) se porte volontaire pour représenter le district 12, côté garçon c’est Peeta (Josh Hutcherson) qui sera désigné. Avant d’être livrés à eux mêmes (et aux autres) les jeunes gens subissent un rapide entraînement ponctué de quelques conseils, pour le district 12 ce sont Haymitch (Woody Harrelson) et Cinna (Lenny Kravitz) qui devront préparer « leurs » candidats…
Le film est l’adaptation de la trilogie littéraire du moment (elle est la saga la plus vendue de tous les temps sur Amazon.com, devant Harry Potter) écrite par Suzanne Collins. Le pitch me plaisait bien mais j’avoue que l’étiquette « littérature jeunesse » a coupé court à ma curiosité, pourtant la trilogie Hunger Games figure dans mon stock à lire numérique depuis déjà quelques temps. Finalement le film sera sans doute l’élément déclencheur pour passer outre mes appréhensions, il m’a en effet donné envie d’en savoir plus sur le contexte de la saga (à peine abordé dans le film) et surtout pour connaître le fin mot de l’histoire sans avoir besoin de patienter jusqu’à 2015 (date annoncée pour le dernier long métrage, le troisième opus étant divisé en deux films).
Le film est bien parti pour connaître le même engouement que les bouquins, avec un budget de 78 millions de dollars il a déjà engrangé près de 685 millions de recettes au box office mondial. Un succès dont entend bien profiter Jennifer Lawrence, elle a en effet demandé un cachet de 10 millions pour participer au second opus (contre 500 000 $ pour ce premier film), nul doute qu’elle aura gain de cause, un changement de casting serait un pari trop risqué. Par contre Gary Ross ne sera pas aux commandes de la suite, il estime en effet que les studios lui mettent trop de pression au niveau du timing, aux dernières nouvelles ce serait Francis Lawrence (aucun lien de parenté avec Jennifer) qui prendrait la relève.
Vous l’aurez sans doute compris j’ai été conquis par le film qui est moins « nunuche » que ce que je présageais, certes on a bien un dosette d’histoire d’amour en toile de fond mais elle est loin d’être au centre de l’intrigue. L’accent est plutôt mis sur le rythme et l’action, pari réussi puisqu’on ne s’ennuie pas une minute au cours des 2h20 que dure le film. Vivement la suite, en espérant qu’elle soit à la hauteur de ce premier film…
[TV News] Game Of Thrones – Saison 2
Parallèlement à la lecture des bouquins je me suis plongé dans la suite du Trône De Fer en version série TV, avec une seconde saison riche en promesses (au vu de la lecture du second opus de l’intégrale).
Avec le sacre de Joffrey (Jack Gleeson) et la mort de Ned Stark, Westeros sombre dans la guerre civile. Outre les troupes du Nord, menées par Robb Stark (Richard Madden), Stannis et Renly Baratheon, les frères de Robert, revendiquent eux aussi leurs droits au Trône de Fer. A Port Real Thyrion Lannister (Peter Dinklage), main du roi, doit à la fois préparer la défense de la cité, calmer les ardeurs du roi et déjouer les complots et manigances de Cersei (Lean Headey), sa soeur et reine régente…
Si la première saison respectait plus ou moins scrupuleusement le bouquin ce n’est pas du tout le cas de cette seconde saison qui prend plus de libertés avec son modèle quand elle ne part pas franchement dans des directions opposées (il manque notamment les personnages de Jojen et Meera pourtant appelés à jouer un rôle clé par la suite). Ceci dit la série reste toujours aussi captivante avec ses intrigues multiples.
La saison repose essentiellement sur les épaules de Thyrion (même si son rôle est moindre que dans le bouquin) et sur l’interprétation magistrale de Peter Dinklage qui donne à son personnage une réelle profondeur ; Thyrion étant certainement l’un des personnages de la saga les plus complexe l’acteur lui rend là un brillant hommage.
J’attendais beaucoup de la bataille de la Néra qui est l’un des moments forts du second tome de l’intégrale, à l’écran je l’ai trouvé trop brève et simplifiée (dans le bouquin le feu grégeois n’est que l’un des ingrédients de la victoire). Mais bon ce n’est là qu’un point de détail qui ne me gâchera pas le plaisir d’une série TV qui tient décidément toutes ses promesses ; la preuve on s’est fait cette seconde saison le temps d’un weekend.
Maintenant va falloir s’armer de patience en attendant la saison 3, d’autant que le dernier épisode ouvre encore bien des interrogations quant à la suite… Vivement 2013 pour retrouver Le Trône De Fer et The Walking Dead.
[BOUQUINS] Daniel Pennac – Comme Un Roman
Changement total de registre pour ma nouvelle escapade littéraire puisque j’ai, le temps d’un essai, renoncé au roman avec le livre de Daniel Pennac, Comme Un Roman.
Un essai consacré à la lecture et au livre mais avant tout au plaisir de lire. L’auteur nous livre avec humour et pertinence ses réflexions sur l’approche de la lecture par le système éducatif, une approche totalement inadéquate qui ne peut que brouiller l’élève et le livre car la lecture est alors dénuée de tout plaisir. Le bouquin date de 1992 mais reste malheureusement d’actualité 20 ans plus tard. L’Education Nationale réussit toujours aussi bien à transformer le livre en instrument de torture… L’auteur, lui même prof de français, nous explique alors comment réconcilier le livre et l’élève en mettant en avant le plaisir de lire tout simplement sans chercher à disséquer le livre (une fois ce plaisir retrouvé la curiosité d’en savoir plus vient naturellement) ; qu’est-ce que j’aurai aimé avoir des profs de français comme lui, malheureusement je n’ai eu que des tâches mais je me console en me disant qu’ils n’ont pas réussi à étouffer mon amour pour les livres et la lecture.
Daniel Pennac dresse aussi une liste de « droits imprescriptibles du lecteur » qui sont :
– Le droit de ne pas lire.
– Le droit de sauter des pages.
– Le droit de ne pas finir un livre.
– Le droit de relire.
– Le droit de lire n’importe quoi.
– Le droit au bovarysme (maladie textuellement transmissible).
– Le droit de lire n’importe où.
– Le droit de grappiller.
– Le droit de lire à voix haute.
– Le droit de nous taire.
Pour la petite histoire c’est de cette fameuse liste qu’est né mon clash avec la Reine-Mère sur BookNode, tout ça pour avoir osé dire qu’elle me parlait d’avantage que les avis prétendument éclairés de tel ou tel supposé spécialiste de la chose. Soit dit en passant ma position n’a pas évolué d’un iota sur cette question, je revendique le droit de lire ce que je veux et celui de dire haut et fort tout le mal que j’ai pensé d’un bouquin, même si celui-ci est considéré comme un classique et porté aux nues. Pour rester dans l’anecdotique sans cette prise de bec je n’aurai sans doute jamais eu la curiosité de lire ce bouquin (ce qui aurait été bien dommage), c’est en effet la curiosité de replacer cette liste dans son contexte qui a motivé ma lecture et franchement je ne regrette pas d’avoir découvert cet essai qui se lit en effet comme un roman.
[NO COMMENT] Quel est le point commun entre…
Un polo Slazenger (firme britannique)
Un pantashort Adidas (firme allemande)
Une paire de Crocs (firme américaine)
?
…
…
…
Made in China
Ainsi hier j’étais habillé 100% chinois
[BOUQUINS] Serge Brussolo – La Fille De L’Archer
Toujours aussi désireux de participer au Book Club de la Team AlexandriZ je me suis donc plongé dans le dernier roman de Serge Brussolo, La Fille De L’Archer.
Wallah et son père font partie d’une troupe de saltimbanques en dirigée par Bézélios. A la mort de son père la jeune fille hérite de ses talents d’archer, un pacte passé avec une étrange sorcière fera d’une elle une archère hors pair. Un don bien utile pour assurer la survie de la petite troupe en pleine débâcle, qu’il s’agisse de chasser leur nourriture ou de louer ses services à des nobles. C’est ainsi que Wallah et Bézélios entendent parler du baron de Bregannog qui serait menacé par une créature monstrueuse et paierait cher pour être débarrassé de la bestiole…
De prime abord ce n’est pas le genre de lecture qui éveillerait ma curiosité, le Moyen-Age n’est guère ma tasse de thé mais comme il peut aussi me réserver de bonnes surprises (comme L’Apothicaire de Henri Loevenbruck, lu aussi dans le cadre du Book Club) je ne ferme pas toutes les écoutilles. Soit dit en passant c’est là un bouquin bien difficile à caser dans un genre bien précis, on se trouve en présence d’un mix réussi entre le roman historique (pour la période et quelques faits relatés au cours du roman), le fantastique et l’aventure avec même une pointe de polar.
Force est de reconnaître que c’est fichtrement bien écrit, le Moyen Age rendu par Brussolo, avec ses us et coutumes (assortis de croyances et supersitions), est plutôt crédible. Les personnages auraient sans doute mérités un traitement plus approfondi (surtout Wallah même s’il est vrai qu’elle ne sait pas grand chose de son passé) mais ils restent convaincants. L’intrigue, sans être particulièrement rythmée, parvient toutefois à nous accrocher, surtout une fois que le baron de Bregannog entre en scène, on essaye nous aussi de démêler le vrai du faux des deux versions des faits et de démasquer le menteur, si menteur il y a (chapeau bas si vous devinez le fin mot de l’histoire avant qu’elle ne soit révélée à Wallah).
Si l’histoire se termine tout laisse à penser que l’on retrouvera Wallah dans de nouvelles aventures (le bouquin se conclut en effet par la phrase « fin du tome 1 »), reste juste à savoir dans quel délai Serge Brussolo compte s’atteler à cette « suite » (pour l’anecdote Hurlemort, paru en 1993, se terminait aussi sur la promesse d’un tome 2, à ce jour les fans attendent toujours). Ceci ne suffira pas à me gâcher le plaisir d’une lecture que j’ai vraiment trouvée agréable, encore une bonne surprise que je dois au Book Club de la Team.
Ma note (A : Excellent – B : Bien – C : Moyen – D : Décevant – E : Nul) : B
– Est-ce que je conseillerai ce livre à d’autres personnes ? Sans hésitation et sans réserve.
– Est-ce que je lirai d’autres livres de cet auteur ? Absolument, j’ai même déjà certains titres dans les starting blocks.
– Est-ce que je relirai ce livre ? Non, j’ai trop de nouveaux livres à lire pour perdre mon temps en relecture.
[BOUQUINS] John Verdon – 658
Quand j’ai lu la quatrième de couv’ de 658, le premier roman de John Verdon, ça a tout de suite fait tilt chez moi. Je comptais aller le prendre à France Loisirs mais finalement comme il était dispo sur le forum de la Team Alexandriz j’ai cédé à la facilité…
Dave Gurney, inspecteur de la criminelle à la retraite, est contacté par un ancien camarade de fac qui lui demande l’aider. Mark Mellery a reçu une première lettre anonyme lui demandant de penser à un nombre, en ouvrant la seconde enveloppe il découvre le nombre 658 auquel il venait précisément de penser. Deux autres lettres suivront, sans sens réel ni menace voilée et pourtant elles inquiètent l’homme ; comment l’auteur pouvait-il deviner ce nombre 658, choisi pourtant au hasard ? Et qu’attend-t-il de Mellery ? En acceptant d’aider son ami Dave Gurney est loin de se douter qu’il vient de mettre les pieds dans une vengeance machiavélique parsemée de morts brutales…
Qu’il est bon de lire un polar aussi bien ficelé du début à la fin. L’enquête de Dave Gruney ne manquera pas de vous tenir en haleine et je suis persuadé que vous vous demanderez par quelle invraisemblable pirouette l’auteur va nous expliquer les tenants et les aboutissants. Et bien que nenni, les explications tiennent la route et toutes les pièces du puzzle finissent par s’emboiter avec une logique implacable. J’ai beau avoir l’habitude des polars j’avoue que je suis resté sur le cul !
Pour un premier roman on peut dire que John Verdon place la barre haut en réussissant un polar/thriller brillant. Ce 658 est aussi le premier opus d’une trilogie consacrée à Dave Gurney, d’ores et déjà le second, N’Ouvre Pas Les Yeux a intégré mon « stock à lire » numérique et je compte bien sauter sur le dernier dès qu’il sera dispo en français (sortie prévue cette année aux Etats Unis).
L’on fait donc connaissance avec le personnage de Dave Gurney, un inspecteur de la crim’ désormais retraité qui vit loin du tumulte des grandes villes avec Madeleine, son épouse. Un flic de génie tourmenté par son passé sur le plan personnel et qui, même à la retraite, se réfugie dans son travail pour oublier ou fuir la réalité. Résultat des courses il communique peu avec son épouse qu’il aime pourtant encore, à croire que c’est que dans un contexte criminel que leurs liens peuvent se resserrer.
Je profite de ce post pour m’offrir un petit aparté sur la frontière entre le polar et le thriller, les deux genres ayant une nette tendance à se mêler (voire s’emmêler) bien qu’un polar ne soit pas forcément un thriller et vice versa ; pour ma part j’ai tendance à considérer comme polar un bouquin qui se focalise sur l’enquête criminelle dans son contexte alors que le thriller est plus « extrême » et joue avec les nerfs du lecteur. Une frontière très théorique je le reconnais volontiers ; si vous avez mieux je suis preneur… En attendant concernant 658 je suis bien emmerdé pour le classer dans l’une ou l’autre des catégories, on va sel a jouer à la normande : 50/50.
Le prix d’une vie volée…
J’évoquais dans ma chronique consacrée au livre de Bertrand parent, Un Jour Sur La Route J’ai Tué Un Homme, l’accident mortel survenu le 22 juillet à la Baie des Citrons. Le verdict est tombé hier pour le chauffard meurtrier :
– 5 ans de prison dont 3 avec sursis (concrètement on va dire dire 2 ans de prison ferme)
– Indemnisation des victimes (aucune mention du montant des dommages et intérêts dans l’article du journal)
– Mise à l’épreuve avec obligation de soins
– Annulation du permis de conduire pour une durée de 3 ans
Un verdict attendu par beaucoup du fait des circonstances particulières de l’accident, pour rappel il est survenu en plein jour (10 heures du matin), le chauffeur effectuait un dépassement dangereux, roulait trop vite et était complètement bourré et, cerise sur le gâteau, on termine par un délit de fuite ! Dans le genre circonstances aggravantes il a touché le jackpot !!! Et justement au vu de ces nombreuses circonstances aggravantes je ne peux m’empêcher de penser que le verdict reste clément…
Je pense surtout à la famille, aux proches et amis de la victime qui ne demandait rien à personne sinon à profiter du beau temps pour une balade dominicale avec une amie ; jusqu’à ce que sa route croise celle d’un inconscient au volant de son arme… Pas certain que ce verdict soulage leur peine, surtout en entendant le chauffard assassin bredouiller qu’il ne se souvient de rien ! Espérons au moins qu’il ne bénéficiera d’aucun aménagement de peine, ni pour la prison, ni pour le retrait de permis (ça me troue le cul de lire qu’à la sortie de l’audience des proches du chauffard se réjouissaient du verdict en concluant par « avec les remises de peine dans un an il est dehors » ; un peu de décence putain !)… Et surtout qu’il tire les leçons de sa connerie !
Je ne suis pas non plus d’accord avec l’avocat qui affirme que c’est « un accident qui peut arriver à tout le monde » ; c’est un accident qui aurait pu être évité si le gugusse avait eu un minimum de bon sens. Déjà pour ma part j’aurai qualifier les fait d’homicide par imprudence plutôt qu’homicide involontaire, avec circonstances aggravantes cela va de soi.
[DVD] Films en vrac…
Notre première pause cinéma sera pour le thriller fantastique Limitless de Neil Burger.
Eddie Morra (Bradley Cooper) est un écrivain en manque d’inspiration qui semble foirer tout ce qu’il touche. Jusqu’à ce qu’il découvre le NZT, une drogue expérimentale qui réveille et multiplie ses capacités cérébrales de façon exponentielle. Quasiment du jour au lendemain sa vie change du tout au tout, quoi qu’il entreprenne le succés est au rendez-vous à tel point qu’il finit par éveiller la curiosité de Carl Van Loon (Robert De Niro), un puissant magnat de la finance. Mais pour rester au sommet Eddie doit s’assurer un approvisionnement continu au risque de chuter de son piédestal, de même il va devoir affronter le manque et les effets secondaires tandis que d’autres semblent prêt à tout pour mettre la main sur ses réserves de NZT…
C’est la comédie Very Bad Trip qui donnera le réel coup d’envoi à la carrière cinématographique de Bradley Cooper, avec ce film il prouve qu’il est plus que « le beau gosse de service » et peut convaincre dans un tout autre registre. Faut dire aussi qu’il est aidé en cela par un scénario en béton mené tambour battant et ponctué çà et là par quelques touches d’humour, sans oublier que le fait de partager la tête d’affiche avec De Niro est un luxe qui ne se refuse pas.
Le film a bénéficié d’un accueil favorable aussi bien de la critique que du public, résultat des courses il peut se targuer d’un box office mondial de plus de 155 millions de dollars ; pour un budget de 27 millions, on peut dire que le réalisateur et les studios ont raflé la mise…
Voyage au pays des contes de fée avec une nouvelle version de Blanche Neige, revue et corrigée par Tarsem Singh.
Quand Blanche Neige (Lily Collins) commence à remettre en question l’autorité et la légitimité de sa belle-mère de reine (Julia Roberts) celle-ci décide de la faire éliminer. Au lieu d’obéir le valet chargé de tuer la jeune femme l’abandonne en pleine forêt. Elle sera recueillie par une bande de nains hors la loi qui feront d’elle une des leurs et lui apprendront à prendre confiance en elle même et en ses capacités. Ce ne sera pas de trop pour contrer les noirs desseins de la marâtre…
Il faut croire que dans l’horoscope selon Grimm, 2012 est placée sous le signe de Blanche Neige puisque pas moins de trois films revisiteront le célèbre conte déjà mis en image par Walt Disney en 1937 ; outre ce film on trouvera aussi à l’affiche Blanche Neige Et Le Chasseur de Rupert Sanders (qui en profitera pour s’envoyer en l’air avec « sa » Blanche Neige/Bella, incarnée par Kristen Stewart) et, faisant office d’outsider, La Fantastique Histoire De Blanche Neige de Rachel Goldenberg.
Retour à nos moutons avec le film de Tarsem Singh. Le réalisateur joue clairement la carte de la comédie aux décors et costumes très kitchs, une touche de fraîcheur plutôt réussie. Mais la grande originalité du film réside dans son septuor de nains devenus hors la loi après avoir bannie par la reine, de même leurs noms sont plus le reflet de leur ancienne profession que de leur personnalité. A défaut de rester dans les annales le film mérite le détour pour un divertissement familial sans prise de tête.
Petite escapade par le cinéma français avec le dernier film d’Etienne Chatiliez, L’Oncle Charles.
Charles Doumeng (Eddy Mitchell), richissime homme d’affaire expatrié en Nouvelle-Zélande depuis plus de 50 ans, décide, alors qu’il se sait condamné par la médecine, de renouer contact avec sa soeur qu’il a perdu de vue depuis qu’il a quitté la France suite à un accident. Quand Corinne (Valérie Bonneton), ambitieuse clerc de notaire dans la région nantaise, prend connaissance de l’annonce du milliardaire mourant elle voit l’opportunité de se faire de l’argent facile. Elle parvient à convaincre Louise (Alexandra Lamy), sa cousine éternellement fauchée, de se faire passer pour la nièce, en piochant dans chacune de leur famille ils recomposent une « famille modèle » et contactent la Nouvelle-Zélande afin d’annoncer la « bonne » nouvelle…
Même si on a connu Chatiliez plus inspiré (La Vie Est Un Long Fleuve Tranquille, Le Bonheur Est Dans Le Pré et l’excellentissime Tatie Danielle pour ne citer que son top 3 « made in moi »), il nous offre une comédie familiale (sur le thème de la famille et pour toute la famille) dont il a le secret, riche en surprises et quiproquos en tout genre… Bref encore un divertissement réussi à mettre à son actif, je serai presque tenté de dire « sans surprise » puisqu’il me semble n’avoir jamais été déçu par un film signé Chatiliez (à ma décharge je n’ai vu ni La Confiance Régne, ni Agathe Clery, ces deux titres ne m’inspirant pas outre mesure)…
Retour à Hollywood avec un thriller pur jus signé Ben Affleck, The Town.
Doug McRay (Ben Affleck) et ses complices sont braqueurs pour le compte d’un caïd de Boston. Au cours d’un braquage ils prennent en otage Claire Keesey (Rebecca Hall), la directrice de l’agence, afin de couvrir leur fuite avant de la relâcher une fois à l’abri de la police. LE FBI, en la personne de l’agent Frawley (John Hamm), est envoyé en renfort auprès de la police locale afin d’identifier les braqueurs et de mettre fin à leurs attaques. Bien entendu le témoignage de Claire peut jouer un rôle détarminant dans l’avancée de l’enquête, afin de suivre les progrès de l’enquête Doug décide de se rapprocher anonymement de la jeune femme. Alors qu’un autre braquage se profile Doug et Claire nouent une relation de plus en plus intime…
Comme je l’ai dit en intro on plonge là dans un thriller pur et dur, une intrigue rythmée (avec notamment une belle course poursuite) et pleine de rebondissements, des personnages convaincants (portés et sublimés par Ben Affleck) et même une pointe d’émotion. Au final c’est du tout bon, on se laisse embarquer par le film pour ne plus décrocher jusqu’au clap de fin.
Pour la petite histoire, le quartier de Charlestown, où se déroule le film, détient le record mondial de braquages de banques et attaques de fourgons blindés au km² ! Et pour rester dans l’anecdotique le film s’inspire d’un roman de Chuck Hogan (co-auteur avec Guillermo Del Toro de l’excellente trilogie vampirique La Lignée De Sang), Le Prince Des Voleurs.
Notre ultime pause cinéma de la semaine sera placée sous le signe de l’humour brut de décoffrage puisque nous opterons pour The Dictator de Larry Charles.
L’Amiral-Général Aladeen (Sacha Baron Cohen) régne en maître absolu sur la Wadiya assisté par son bras droit et conseiller Tamir (Ben Kingsley). Sommé par les Nations-Unies de s’expliquer sur la nature de son programme nucléaire le dictateur se rend à New-York accompagné de son précieux conseiller et d’une petite délégation. Mais à peine arrivé sur le sol américain le voilà victime d’un putsch opragnisé par Tamir qui prétend vouloir instaurer un pouvoir démocratique. Le dictateur est bien déterminé à reprendre les rênes du pouvoir coûte que coûte, mais sans sa barbe (coupée par son tortionnaire) personne ne le reconnaît ; c’est alors qu’il rencontre avec Zoey (Anna Farris), une militante écolo-bio-pacifiste…
Troisième collaboration entre Larry Charles et Sacha Baron Cohen après Borat (que j’ai beaucoup aimé) et Brüno (j’ai déjà moins adhéré), The Dictator est de loin leur film le plus abouti. Il bénéficie en effet d’un réel scénario plutôt que de sembler être une succession de sketches, les personnages bénéficient d’une réelle profondeur et évoluent (notamment Aladeen) au fil du scénario ; tout ça sans renier l’humour cash (parfois trash) et la provoc qui sont quand même leur marque de fabrique. Résultat des courses j’ai passé un bon moment de franche rigolade…
Comme d’hab Sacha Baron Cohen a assuré une promo hors norme en s’exhibant çà et là dans son uniforme militaire et arborant sa longue barbe, pour l’occasion un site officiel interactif a aussi été créé (je n’ai pas encore eu l’occasion d’y jeter un oeil mais je compte bien réparer cette lacune prochainement).
J’aurai pu dédié un post à part entière à ce film étant donné que je compte bien acheter le DVD, ne serait-ce que pour avoir une version « unrated » et les bonus qui doivent valoir le détour. Même si vous n’avez pas aimé les deux précédents films je vous invite à laisser une chance à celui-ci plutôt que de le rejeter d’office…
[BOUQUINS] Donato Carrisi – Le Tribunal Des Ames
J’avais été emballé par Le Chuchoteur, le premier roman de Donato Carrisi, c’est donc plutôt enthousiaste que je me suis plongé dans Le Tribunal Des Âmes du même auteur.
Etant bien incapable de vous proposer un pitch perso je me contenterai de la présentation de l’éditeur, récupérée sur Amazon. Marcus est un homme sans passé. Sa spécialité : analyser les scènes de crime pour déceler le mal partout où il se terre. Il y a un an, il a été grièvement blessé et a perdu la mémoire. Aujourd’hui, il est le seul à pouvoir élucider la disparition d’une jeune étudiante kidnappée. Sandra est enquêtrice photo pour la police scientifique. Elle aussi recueille les indices sur les lieux où la vie a dérapé. Il y a un an, son mari est tombé du haut d’un immeuble désaffecté. Elle n’a jamais tout à fait cru à un accident. Leurs routes se croisent dans une église, devant un tableau du Caravage. Elles les mèneront à choisir entre la vengeance et le pardon, dans une ville qui bruisse encore de mille ans de crimes chuchotés au coeur du Vatican.
Autant Le Chuchoteur m’avait embarqué dès les premières pages autant j’aurai eu du mal à entrer dans l’intrigue (ou plutôt les intrigues) de ce second roman. Outre les deux intrigues principales (Marcus et Sandra) que l’on peut supposer liées même si c’est loin d’être évident à la lecture du bouquin, chaque chapitre est coupé par un flashback faisant un bond d’un an en arrière dans lequel un homme traque un tueur en série transformiste (non seulement il élimine ses victimes mais il prend aussi leur place)… Quel rapport avec l’intrigue présente ? Il va falloir attendre pour comprendre, d’autant que l’auteur est plutôt avare en indices.
Je ne doute pas que cette fameuse pénitencerie soit une réalité historique mais j’ai un peu plus de mal à admettre que ces prêtres apprentis criminologues (voire justiciers) sévissent encore de nos jours, même dans la clandestinité. Dommage ça m’aurait donné une occasion de jeter un oeil moins méprisant sur l’Eglise et ses hordes de culs bénits. Ceci dit je veux bien faire abstraction de mes doutes pour essayer d’entrer de plain pied dans l’intrigue imaginée par Donato Carrisi. Mais même avec ce recul la sauce a du mal à prendre, non que ce soit mal écrit, loin s’en faut et même l’intrigue réussit progressivement à nous scotcher mais il manque quelque chose pour atteindre l’excellence. Même la fin, plutôt bien trouvée (hormis la partie concernant l’amnésie de Marcus, trop prévisible), laisse un goût d’inachevé. Peut être que j’attendais trop de ce second roman…
