AU MENU DU JOUR
Titre : L’Empereur Blanc
Auteur : Armelle Carbonel
Éditeur : Fayard / Mazarine
Parution : 2021
Origine : France
414 pages
De quoi ça cause ?
1965, Arkansas. Bill Ellison, un jeune auteur noir et ardent dĂ©fenseur des droits civiques, est assassinĂ© par le Ku Klux Klan alors qu’il s’Ă©tait rĂ©fugiĂ© dans Crescent House, une maison abandonnĂ©e de sinistre rĂ©putation. En revanche personne ne connait les circonstances exactes de la mort de Myra Ellison, l’Ă©pouse de Bill.
De nos jours. Cinq auteurs organisent une retraite littĂ©raire Ă Crescent House. Non seulement l’un manque inexplicablement Ă l’appel mais rapidement des Ă©vĂ©nements de plus en plus inquiĂ©tants s’enchaĂ®nent.
Dans le même temps, dans la ville voisine de Shannon Hills, une famille entière est sauvagement assassinée.
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
Parce que c’est Armelle Carbonel. Ses romans Criminal Loft et Majestic Murder m’avaient fait forte impression. Son prĂ©cĂ©dent roman, Sinestra, ayant Ă©tĂ© publiĂ© chez Ring, un Ă©diteur qui refuse le numĂ©rique, je n’ai pas jugĂ© utile de le lire. Bien content de la retrouver dans un circuit Ă©ditorial qui respecte tous les lecteurs sans aucune discrimination.
Ma Chronique
Je remercie chaleureusement les éditions Fayard et Net Galley pour leur confiance renouvelée.
Autant annoncer la couleur d’entrĂ©e de jeu, pour son nouveau roman, Armelle Carbonel nous mitonne un thriller psychologique qui va soumettre vos neurones et vos nerfs Ă rude Ă©preuve. Plus d’une fois vous vous demanderez s’il n’y aurait pas un soupçon de fantastique dans l’affaire, afin d’expliquer une situation bien tordue.
Le roman est divisĂ© en deux parties. La première relate le sĂ©jour des auteurs Ă Crescent House et se dĂ©roule quasiment Ă huis-clos, c’est aussi l’occasion de dĂ©couvrir l’histoire de Bill Ellison. Ça envoie dĂ©jĂ du lourd mais ce n’est qu’une mise en bouche avant la seconde partie qui va rapidement se rĂ©vĂ©ler encore plus complexe et sombre.
J’avoue sans aucun remord avoir un peu de mal Ă entrer dans l’histoire qui paraissait un peu trop convenue… mais c’était sans compter sur le talent (et le sadisme) d’Armelle Carbonel ! Quand les choses commencent Ă se dĂ©canter (et ça arrive assez vite, je vous rassure) on est littĂ©ralement happĂ© par l’intrigue, impossible de lâcher le morceau une fois que l’on a commencĂ© Ă rogner l’os qu’elle nous tend.
Pour qu’un thriller psychologique fonctionne de manière optimale il faut des personnages Ă la hauteur. LĂ encore l’auteure ne laisse rien au hasard. Ă€ commencer par son quintĂ© d’auteurs aux personnalitĂ©s vachement prononcĂ©es, du coup cinq caractères aussi trempĂ©s enfermĂ©s ensemble ça fait des Ă©tincelles… au risque de foutre le feu aux poudres. On retrouve les mĂŞmes personnalitĂ©s fortes et affirmĂ©es avec l’enquĂŞteur John Dudley et le docteur Amber Duke (qui sont les piliers de la seconde partie du roman). Mais aucun personnage n’est laissĂ© sur le bas-cĂ´tĂ©, tous bĂ©nĂ©ficient d’un traitement approfondi qui les positionne lĂ oĂą ils doivent ĂŞtre dans le dĂ©roulĂ© de l’intrigue. Sans oublier le plus complexe d’entre tous, le fameux Empereur blanc, mais ça ce sera Ă vous de le dĂ©couvrir !
Comme indiquĂ© en ouverture de la prĂ©sente chronique, l’intrigue va mettre vos nerfs Ă rude Ă©preuve, si j’avais devinĂ© certains points mineurs force est toutefois de reconnaĂ®tre que Armelle Carbonel m’a baladĂ© dans son roman ; je n’ai rien vu venir et j’Ă©tais loin d’imaginer un truc aussi chiadĂ©.
Encore un bouquin que j’ai dĂ©vorĂ© sans modĂ©ration. Armelle Carbonel confirme brillamment qu’elle fait dĂ©sormais partie des auteurs qui compte dans le monde du thriller français (et francophone… et plus si affinitĂ©s). Je n’avais aucun doute sur la question mais c’est toujours un plaisir de dĂ©couvrir des titres de cette qualitĂ© qui viennent confirmer mon ressenti.
MON VERDICT