[BOUQUINS] Rémy D’Aversa – Chiaroscuro

Novembre, Lyon plongée dans un brouillard inquiétant.

Le capitaine de police Santonino Roccasecca est envoyé de toute urgence dans le VIIème arrondissement de la ville où trois têtes viennent d’être découvertes dans un congélateur. Le tueur en série, un certain Hector Bahiamantis, s’est défenestré, non sans avoir décapité, au préalable, sa propre mère qu’il a surprise en train d’appeler la police.

Coup de folie ? Coup de panique ? Sans doute… Tout le monde est soulagé, Bahiamantis ne pourra plus nuire. Mais bientôt, d’autres têtes sont découvertes dans des endroits stratégiques de Lyon. Les crimes sont signés d’une reproduction de Caravaggio, le peintre italien. Au dos, un message manuscrit à l’attention des policiers, et sur chacune des cartes, des empreintes. Celles de la future victime.

Commence alors une course contre la montre effrénée. L’inspecteur Roccasecca arrivera-t-il à temps ?

Parce que j’avais bien aimé la précédente enquête du capitaine Roccasecca, Géronimo. J’étais curieux de le retrouver avec son équipe, confronté un nouveau défi criminel.

J’ai fait connaissance avec le capitaine Roccasecca de la PJ de Lyon, à l’occasion de sa première apparition littéraire dans le roman Géronimo (ma chronique). Une rencontre plutôt convaincante qui m’a donné envie de le retrouver sur d’autres enquêtes.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Santonino Roccasecca, un brin provocateur et anticonformiste, mais surtout bon vivant qui succombe sans modération aussi bien aux plaisirs de la bonne chère (entre lui et sa voisine, leurs petits plats vous mettront l’eau à la bouche) autant qu’aux délices de la chair (avec Chiara, sa voisine, escort de luxe et maîtresse attitrée, Clotilde, la procureure et maîtresse occasionnelle ou encore Marie, son ex-femme).

Sa nouvelle affaire réunissait tous les ingrédients pour être bouclée aussi vite qu’elle s’était ouverte. Un tueur en série qui se suicide après avoir décapité sa mère, trois têtes dans un congélateur et un journal intime. Bon débarras ! Sauf que les choses vont sérieusement se corser quand de nouvelles têtes décapitées vont faire leur apparition…

Dès lors les enquêteurs vont se retrouver confrontés à un tueur en série insaisissable qui semble prendre un malin plaisir à narguer la police. S’en suit un jeu de chat et de la souris parsemé de cadavres.

J’ai trouvé l’intrigue plus aboutie que la précédente, il faut dire aussi que l’affaire est nettement plus complexe et réservera aux policiers son lot de fausses pistes.

Au niveau des personnages Rémy D’Aversa développe presque exclusivement les personnalités de Santonino, Chiara et Marie. Les membres de l’équipe d’enquêteurs sont quelque peu laissés sur le bas-côté, nous n’apprendrons pas grand-chose de leurs caractères et vécus.

Il n’en reste pas moins que Blanchet en amoureux transi de la belle Chloé m’a fait sourire plus d’une fois. J’ai aussi apprécié les interventions du légiste, Andoni Urcelay (il faut dire qu’il est pas mal sollicité sur cette affaire).

J’avoue que le titre m’intriguait, ne voyant pas du tout à quoi il pouvait faire référence. En tout cas une chose est sûre, il ne s’agissait pas d’un chef indien cette fois… ni d’un chat. Une spécialité culinaire italienne ? Que nenni ! Si vous n’avez pas succombé à l’appel de Google, vous apprendrez en temps et en heure qu’il est parfaitement adapté à l’intrigue et au tueur en série du roman.

Je terminerai par un petit bémol qui porte davantage sur la forme que sur le fond, les correcteurs et correctrices des éditions Alter Real ont laissé passer quelques coquilles qui piquent les yeux. Dommage que Antigone n’ait pas eu l’occasion de jeter un œil au manuscrit avant publication du bouquin.

Quoi qu’il en soit, cela ne m’empêchera pas de répondre présent pour la prochaine enquête de ce cher Santo.

[BOUQUINS] Rémy D’Aversa – Géronimo

AU MENU DU JOUR


Titre : Géronimo
Auteur : Rémy D’Aversa
Éditeur : Alter Real
Parution : 2022
Origine : France
237 pages

De quoi ça cause ?

Le capitaine Roccasecca de la PJ lyonnaise est appelé sur une scène de crime. Une jeune femme a été tuée, le crâne fracassé. Aucun indice sur la scène de crime, les deux seuls témoins sont le fils de la victime âgé de 2 ans et le chat Geronimo.

Pourquoi lui plutôt qu’un autre ?

C’est via Facebook que j’ai entendu parler de ce roman et bien entendu c’est la couv’ qui a en premier lieu attiré mon regard. Non seulement le chat est splendide mais en plus il ne risque pas de passer inaperçu avec ce rose prédominant.

Ma Chronique

Avec Géronimo, Rémy D’Aversa signe son premier roman mais il aimerait que son capitaine Roccasecca soit à la ville de Lyon ce que Montalbano est à la Sicile ou Brunetti à Venise… ma fois, c’est tout le mal que je lui souhaite.

Il faut bien reconnaitre que même s’il ne révolutionne pas les règles du genre, l’auteur tire son épingle du jeu en nous livrant un polar bien ficelé et agréable à lire. Une enquête certes relativement classique mais avec son lot de fausses pistes et de rebondissements.

J’aurai juste un petit bémol sur l’aspect inachevé du « cas Verdon ». Je n’entrerai pas dans le détail afin d’éviter tout risque de spoiler mais c’est vrai que je suis un peu resté sur ma faim sur ce coup.

Si l’équipe de la PJ en charge de l’enquête est effectivement basée à Lyon, le crime a eu lieu sur la commune de Larajasse, un milieu nettement plus rural que la mégapole lyonnaise ; l’occasion pour nos policiers citadins de se mettre au vert lorsqu’il s’agira d’enquêter sur le terrain.

Mentionner l’équipe en question est la transition idéale pour aborder les personnages. À commencer par Santonino Roccasecca, flic d’origine italienne (au cas où vous auriez des doutes) qui aime la bonne chère (certains des petits plats qu’il mijote m’ont fait saliver d’envie)… et consomme sans modération – trop ? – la gent féminine. Le gars ne refuse jamais une partie de jambes en l’air… quelle que soit sa partenaire.

Sa collègue, Amira, est de loin le personnage ayant l’histoire personnelle la plus intéressante ; là encore je vous laisse découvrir de quoi il retourne. Les autres membres de l’équipe ne sont abordés que de façon succincte.

Un premier roman plutôt réussi, on referme le bouquin avec l’envie de retrouver Roccasecca et son équipe pour d’autres enquêtes. Ce sera aussi l’occasion de développer les autres membres du groupe.

Je terminerai par un questionnement concernant le titre du roman. Que vient faire ce e accentué dans le nom Géronimo ? Geronimo étant un nom anglais (celui que les blancs ont donné au chef apache, son nom de naissance est Go Khla Yeh, parfois surnommé Guu Ji Ya), ce e accentué n’est clairement pas approprié. C’est d’autant plus curieux que dans le roman le nom du chat est bien orthographié Geronimo…

MON VERDICT