Je m’autorise une nouvelle petite escapade littéraire qui s’éloigne du thriller pur et dur le temps de découvrir Une Place A Prendre de J. K. Rowling, le premier roman « adulte » de l’auteure de la saga Harry Potter, et surtout heureux élu du Book Club de la Team AlexandriZ pour ce mois d’octobre (d’où ma fugue). J’aborde ce titre sans aucun a priori étant donné que c’est le premier roman de l’auteure que je lis (les HP sont dans mon stock à lire mais ne figurent pas parmi mes priorités).
Barry Fairbrother, un notable réputé de la paisible bourgade de Pagford, meurt brusquement d’une rupture d’anévrisme. Son siège au Conseil Paroissial, où il faisait office de figure de proue de l’opposition, se retrouve donc vacant ; les prétendants ne tardent pas à se manifester, certains pour reprendre le flambeau, d’autres pour museler l’opposition. Peu à peu des tensions vont apparaitre entre les communautés et même au sein des familles, des années de mensonges et d’hypocrisie vont ressurgir de l’oubli et diviser Pagford…
Bon certes ce n’est sans doute pas de la grande littérature (d’un autre côté je ne suis pas non plus un inconditionnel de cette supposée/prétendue/autoproclamée « Grande Littérature ») mais ce n’est pas non plus franchement illisible, pour moi le problème réside plus dans le fond que dans la forme. On ne sait pas trop vers quel style voulait s’orienter l’auteure, satire sociale, humour noir, drame, tragi-comique ; du coup par moment on est un peu largués à force de ne pas savoir sur quel pied danser. Ajoutez à cela que ça foisonne de personnages pas toujours clairement définis (les plus intéressants sont les ados, bien plus ancrés dans la réalité contemporaine que ceux qui peuplent Poudlard), de fait il faut parfois un temps de recul pour les recadrer. Bref globalement ce bouquin me semble être une tentative de la part de l’auteure de couper le cordon ombilical qui la lie à Harry Potter mais qui nous laisse un arrière goût de travail bâclé…
Si la première partie, sensée planter le décor et les personnages, traîne quelques longueurs dont on se serait volontiers passer, les choses se décantent par la suite, au fur et à mesure que Pagford (une bourgade fictive soit dit en passant) s’embourbe dans la confusion et que les vieilles rancoeurs refont surface, le style de l’auteure se fait plus incisif, le rythme est plus soutenu. Et en guise de bouquet final l’auteure plonge sa paisible bourgade dans le chaos.
Ma note (A : Excellent – B : Bien – C: Moyen – D: Bof – E : Nul) : C/D
Est-ce que je relirai ce bouquin ? Non, mais de toutes façons je ne suis pas un fan des relectures, j’ai trop de choses à découvrir.
Est-ce que je le conseillerai à d’autres lecteurs ? Non, je dirai même que je mettrai en garde un lecteur potentiel selon ses attentes.
Est-ce que je lirai d’autres titres de cette auteure ? Oui, la saga HP un de ces jours. Pour les titres à venir on avisera en temps et en heure mais je ne me jetterai pas dessus.
[BOUQUINS] Esparbec – Frotti-Frotta
Nouvelle escapade littéraire avec un bon vieux livre papier (donc hors programme 100% trhiller) et un genre à la réputation sulfureuse puisque je me suis plongé dans Frotti-Frotta, un « roman pornographique » signé par Esparbec, auteur considéré par beaucoup comme le meilleur auteur français du genre…
Quatrième de couverture : Dans les proches environs de Villeneuve, en pleine campagne, cerné par la garenne, Madame Grimaldi dirige un pensionnat pour jeunes filles pas vraiment comme les autres. Les jolies recluses vivent au grand air de la campagne, à l écart des miasmes de la ville, et pourtant… il semble régner ici un climat pernicieux… L une des règles de fer de l Institution ? Les élèves, si elles ont déjà goûté aux plaisirs de la chair, n en sortent que pour se marier. Cependant, leur sort n est pas aussi horrible qu on pourrait le croire. En attendant de leur trouver l homme qui leur conviendrait, et à qui elles conviendraient, la directrice et ses assistants, gardiens immondes de leur vertu, s efforcent de former et de distraire à leur façon ces malheureuses pensionnaires. Tout cela, évidemment, à l’insu de la foule, bien à l’abri derrière les murs impénétrables de l’Institution, établissement au-dessus de tout soupçon.
Je ne vais pas jouer les vierges effarouchées en disant que je ne m’attendais pas à ça et pourtant ce n’est pas complétement faux, non que j’aie été choqué par la chose mais disons que j’espérais quelque chose de plus érotique/sensuel qu’un banal étalage de scénettes pornographiques sans réelle trame de fond. Car c’est bien là que le bât blesse, si l’écriture et le style de l’auteur permettent une lecture fluide et agréable on peut lui reprocher un manque de scénario, tout apparait superficiel (surtout les personnages qui auraient mérités plus de profondeur, sans vouloir faire de mauvais jeux de mots) et laisse même un goût d’inachevé quand on referme le bouquin.
N’allez pas croire que je me suis ennuyé au cours de cette lecture, sachant que j’ai lu la chose le temps d’un week-end c’est forcément que tout n’est pas négatif, ce n’est pas déplaisant et surtout on se laisse facilement entrainer par l’écriture de l’auteur. Ca me confirme juste qu’en littérature (n’en déplaise aux intégristes culturels de tout poil je considère aussi ce genre comme appartenant pleinement au monde littéraire) comme au cinéma je suis plutôt adepte de la suggestion érotique que de pornographie pure et dure, et surtout d’histoires bénéficiant d’une réelle ligne conductrice. Par contre j’ai lu le bouquin de la première à la dernière page sans même opter pour une lecture en diagonale alors que je pense pouvoir affirmer n’avoir jamais réussi à mater un porno du début à la fin d’une traite…
Je voulais découvrir cet auteur et c’est désormais chose faite, toutefois je ne suis pas certain d’avoir envie d’aller plus avant dans son univers littéraire.
[BOUQUINS] David Vann – Désolations
Après la monumentale claque que fut Sukkwan Island il me tardait de me plonger dans le second roman de David Vann, Désolations, je l’ai donc commandé via France Loisirs et je peux enfin m’y plonger tout en ayant bien conscience que je retrouverai sans doute pas la même intensité que dans Sukkwan Island. Bien entendu cette lecture ne s’inscrit pas dans mon « voyage au pays du thriller », mais comme c’est un bon vieux livre papier ça ne compte pas (comment ça mon excuse est bancale ? Non mais, c’est moi qui les règles du jeu).
Gary et Irene sont mariés depuis 30 ans, retraités et parents de deux enfants désormais adultes ils semblent ne pas avoir accompli grand chose de leur vie. C’est alors que Gary décide de construire une cabane en rondins sur un ilot inhospitalier. Convaincue que son mari s’apprête à la quitter, Irene, malgré des maux de tête incapacitants, décide de le suivre dans ce projet qu’elle juge pourtant absurde mais qui tourne vite à l’obsession pour Gary. Mais l’isolement et une météo de plus en plus hivernale n’aideront pas à souder le couple, ce sont au contraire les rancoeurs et non-dits qui referont surface…
On retrouve le même style minimaliste et sans fioriture qui se concentre sur l’essentiel, à savoir le devenir d’un couple en dérive et de ceux qui les entoure (leurs deux enfants et leurs partenaires). Mais c’est bien là le seul point commun avec Sukkwan Island, même l’environnement y est moins hostile. Ca ne foisonne pas d’action (loin s’en faut) et pourtant on ne s’ennuie pas une minute tandis que l’auteur nous fait partager le quotidien et les pensées de ses personnages. C’en est presque jubilatoire de voir la haine s’installer progressivement entre Gary et Irene, n’y voyez pas là un plaisir sadique, c’est juste la plume de David Vann qui excelle à alourdir le climat sans concessions, ni parti pris.
Si Gary et Irene sont d’accord pour dire qu’ils n’ont pas vécu la vie qu’ils espéraient chacun en rejette la faute sur l’autre, d’abord en ruminant ses regrets dans son coin, puis peu à peu en se les balançant à la gueule de plus en plus crûment. Il n’y a aucune violence physique mais parfois les mots peuvent faire plus de mal qu’une gifle, et avec le temps le mal se gangrène dans le coeur et l’esprit, la rancoeur, poussée à son paroxysme, ne peut que déboucher sur une issue fatale. Et c’est le cas ici, on devine que ça finira mal et l’on regarde le couple s’enfoncer jusqu’au point de non retour, jusqu’à l’irréparable.
Si le bouquin est moins « dérangeant » et moins « percutant » que Sukkwan Island il n’en reste pas moins agréable à lire, comme pour son prédécesseur à éviter toutefois en période de blues à l’âme…
[NO COMMENT] Happy birthday to Team AlexandriZ
Goodbye Emmanuelle
Je suis loin d’être un adepte des rubriques nécrologiques aussi je réserve ce genre de post à des personnalités dont le décès à un impact émotionnel personnel.
Sylvia Kristel, née en 1962 à Amsterdam, restera pour beaucoup l’interprète d’Emmanuelle dans le film homonyme réalisé par Just Jaeckin en 1974 (et ses suites en 1975 et 1977) ; outre sa plastique ce sont aussi sa candeur et son innocence qui séduiront la gente masculine et inscrira le film dans les annales du cinéma. L’actrice est décédée le 17 octobre à l’âge de 60 ans, elle était dans le coma depuis juin 2012 suite à un AVC et c’est donc telle la Belle au Bois Dormant qu’elle quittera ce monde, vaincue par une récidive d’un cancer de la gorge.
Cela peut paraitre cruel de résumer la carrière d’une actrice en en seul rôle mais force est de reconnaître que c’est LE rôle qui marquera les esprits, même si elle ne s’est pas cantonnée au cinéma érotique et a tourné avec certains réalisateurs prestigieux(JP Mocky, Claude Chabrol, Roger Vadim pour ne citer qu’eux), ses autres rôles sont restés dans l’ombre d’Emmanuelle. Si vous voulez en savoir plus sur le parcours professionnel et personnel de Sylvia Kristel je vous invite à visiter la page que Wikipedia lui consacre. L’on y fait quelques découvertes étonnantes :
– On pourrait avoir tendance à classer l’actrice comme « potiche » mais ce serait une sacrée erreur, avec un QI de 165 elle damnerait le pion à plusieurs d’entre nous sur bien des questions,
– Il aura fallu trois assauts de La Faucheuse pour terrasser Sylvia Kristel ; en 2002 elle a été soignée pour un cancer de la gorge et en 2004 pour un cancer du poumon, sans compter qu’elle s’est sortie de la spirale infernale de l’alcool et de la drogue.
– Elle a renoué avec la gloire en tant qu’artiste peintre
Pour en revenir à Emmanuelle, le film, il ne faut pas oublier qu’il est lui même adapté du roman homonyme d’Emmanuelle Arsan (pseudonyme de l’épouse d’un diplomate français) publié en 1959 et dont la réputation sulfureuse doit beaucoup au succès du film (en plus de son interprète principale). Le film lui même a bien failli subir les foudres de la censure à l’époque (merci au gouvernement Giscard, moins coincé de la braguette que celui de Pompidou), s’il n’est pas le premier film érotique réalisé, loin s’en faut, il est incontestablement celui qui ouvrira la voie royale au genre… Force est de reconnaître que s’il devait sortir aujourd’hui il passerait quasiment inaperçu, je suis même quasiment certain qu’il n’écoperait pas de l’interdiction aux moins de 18 ans (c’est justement l’une des forces du film : son esthétisme, on suggère plus que l’on montre).
[BOUQUINS] Sebastian Fitzek – Thérapie
Retour au rayon « Découvertes » pour la suite de mon programme littéraire, je me penche donc sur le cas de l’auteur allemand Sebastian Fitzek et plus particulièrement sur son premier roman Thérapie (paru en 2006 en Allemagne et en 2008 en France).
La vie de Viktor Larenz, un éminent psychiatre berlinois, a basculé le jour où, quatre ans plus tôt, sa fille, Josy, atteinte d’un mal étrange, a disparu alors qu’il l’accompagnait à une consultation chez un énième spécialiste. Quatre ans après ce drame, alors que le psychiatre (qui n’exerce plus) prépare une interview, Anna Spiegel, une auteure de livres pour enfants, débarque à l’improviste chez lui et lui confie qu’elle souffre d’un type particulier de schizophrénie : les personnages de ses livres prennent vie sous ses yeux et reproduisent exactement les faits et gestes de ses récits. Et comme par hasard l’héroïne de son dernier livre est une fillette atteint d’un mal inconnu et qui disparait mystérieusement. Désormais le Dr Larenz n’a plus qu’une obsession : découvrir la fin de l’histoire d’Anna et ce qu’il est advenu de sa fille…
La majeure partie du bouquin se déroule sous la forme d’un huis clos entre le Dr Larenz et Anna, et, autant vous prévenir tout de suite la confrontation vous mettra les nerfs à vif ! Bienvenue au coeur d’une folie pas franchement ordinaire, au départ on se demande si « folie » (au sens large du terme) il y a, puis au fil des pages on se demande lequel des deux protagonistes est le plus atteint. Et peu à peu les pièces s’imbriquent les unes avec les autres, les choses prennent forme et on se dit que ce mec (Sebastian Fitzek, l’auteur) est un génie machiavélique ! Pour un premier roman on peut dire que l’auteur réussit un coup de maître, jusqu’à la dernière page il nous tiendra en haleine et de fait le bouquin se lit quasiment d’une traite tant on veut comprendre le pourquoi du comment de l’intrigue (même quand on commence à deviner en totalité ou en partie la vérité, l’auteur nous réserve encore quelques surprises de taille).
J’ai bien l’intention de continuer à explorer l’univers littéraire de Sebastian Fitzek, d’ores et déjà j’ai ses trois autres romans déjà publiés en français. Le gars est plutôt productif quand on sait qu’entre 2006 et 2010 il a publié six romans ! Par contre depuis 2010 silence radio, aurait-il renoncé à l’écriture ? A moins qu’il ne soit en train de nous mitonner son opus magnum…En tout cas si ses autres titres sont tous aussi percutants que ce coup d’essai ça promet de longues heures de suspense et quelques poussées d’adrénaline…
[BOUQUINS] Jo Nesbo – Le Léopard
C’est au fil de mes errances dans les librairies de la place que je découvert que le dernier opus des enquêtes de Harry Hole était désormais disponible en version poche, autant dire que je n’ai pas hésité longtemps avant de m’offrir Le Léopard de Jo Nesbo et c’est donc tout naturellement qu’il a trouvé sa place au coeur de mon challenge 100% thriller.
Fortement éprouvé par l’affaire du Bonhomme de Neige, Harry Hole a quitté la police et la Norvège pour se réfugier dans les bas fonds de Hong Kong et ses fumeries d’opium. Quand l’inspecteur Kaja Solness, de la Brigade Criminelle d’Oslo le repère enfin dans la mégapole grouillante de vie il n’est plus que l’ombre de lui même. Son ancien patron lui demande d’aider la police à coincer un tueur en série qui a déjà tué deux jeunes femmes, mais Hole n’a aucune envie de reprendre du service, s’il suit Kaja à Oslo c’est d’abord parce que son père est malade. Mais finalement, flic dans l’âme, il va finir par s’impliquer dans l’affaire avec une équipe réduite et la consigne de ne pas faire de vagues…
J’ai constaté à l’usage que c’est quand Harry est au plus bas que ses enquêtes sont les plus palpitantes, du coup comme au début du bouquin il est largement en dessous du zéro absolu on pouvait espérer une « bombe ». Et Jo Nesbo ne nous déçoit pas en nous livrant une intrigue particulièrement dense et pleine de rebondissements sur fond de guerre des polices. Une enquête qui nous fera voyager, outre Hong Kong et la Norvège une partie de l’intrigue ménera Harry et Kaja au Congo. Si le rythme peut paraitre un peu lent au début (voire monotone) je vous rassure ça va crescendo au fil des chapitres jusqu’à un final explosif. Jamais auparavant Harry Hole n’aura été autant malmené, même le Bonhomme de neige passerait pour un enfant de choeur face à ce nouvel ennemi.
Même si c’est le plus épais des bouquins de la série (848 pages) il se lit avec une incroyable fluidité tant l’intrigue est prenante. De plus comme la version poche (collection Folio policier) permet de découvrir, en exclusivité, le premier chapitre du prochain opus de la saga on sait que prochainement (sortie prévue en mars 2013) notre flic préféré reprendra du service…
Pour l’anecdote c’est le seul bouquin papier qui est inscrit à mon programme thriller, pour être tout à fait exact c’est le seul que j’ai lu en version papier, je l’avais en numérique depuis déjà quelques temps…
[BOUQUINS] Pierre Lemaitre – Sacrifices
Quand j’ai appris que Sacrifices, le dernier opus de la trilogie de Pierre Lemaitre consacrée à Camille Verhoeven (après Travail Soigné et Alex) était sorti j’ai commencé à garder un oeil sur les rayons des librairies mais finalement c’est le forum de la Team AlexandriZ qui sera le plus rapide pour le mettre à disposition… Moyennant quoi je ne me suis pas fait prier pour le télécharger et le lire ; et encore un invité surprise qui rejoint mon programme tout thriller.
Le jour même où le commandant Camille Verhoeven, de la Crim, assiste à l’enterrement de son ami et collégue, Armand, sa compagne, Anne Forestier, tombe par hasard sur deux individus qui s’apprêtent à commettre un casse dans une bijouterie voisine, ceux ci la passent vilolemment à tabac avant de tenter de l’abattre mais elle parvient à leur échapper. Hospitalisée en urgence elle est brisée et défigurée. Camille prend aussitôt les choses en main pour régler cette affaire au plus vite, quitte à prendre certaines libertés avec les procédures…
J’ai découvert Pierre Lemaitre avec Alex et j’avais été bluffé par l’efficacité de l’auteur qui nous livrait un thriller haut de gamme. Et bien je peux vous assurer que Sacrifices est dans la même veine, une intrigue en béton armé riche en rebondissements qui vous laisseront sur le cul (on se doute assez rapidement qu’il y a certaines choses pas claires mais au fur et à mesure que le puzzle s’assemble on va de surprise en surprise). Le style est le même que pour Alex, des chapitres courts sans fioritures histoire de ne pas casser le rythme que l’auteur nous impose. Le récit se divise en trois parties représentant chacune une journée de l’enquête et propose de suivre le point de vue des divers protagonistes (Camille, Anne et le tueur).
N’ayant pas la patience d’attendre que Travail Soigné soit mis en partage sur le forum je me le suis offert au format poche. Original de terminer une trilogie par le premier tome mais j’ai trop envie de savoir comment tout a commencé pour me laisser découragé par une telle incongruité et tant pis si je connais déjà la fin de l’histoire… Par contre j’ai appris qu’entre Alex et Sacrifices se glissait un roman feuilleton de 14 épisodes, Les Grands Moyens, disponible sur Smartnovel au rythme d’un épisode par jour (les premiers épisodes sont gratuits mais après il faut dégainer la carte bleue) ; j’vais voir si éventuellement je peux me le procurer par des moyens détournés.
Bien que la trilogie Verhoeven soit close il n’en reste pas moins que je continuerai à suivre la carrière de Pierre Lemaitre, d’ailleurs, outre Travail Soigné, j’ai encore deux autres titres dans ma bilbiothèque numérique, sans compter ses futures sorties. J’ai dévoré Sacrifices en deux jours, c’est vous dire si j’ai été happé par l’intrigue ! Pas question de passer à côté de thrillers de cette qualité…
[DVD] Films en vrac
On attaque notre programme cinéma avec une « valeur sûre » puisque nous opterons pour Men In Black 3, toujours avec Barry Sonnenfeld aux commandes.
Les agents J (Will Smith) et K (Tommy Lee Jones) se lancent à la poursuite de Boris (Jermaine Clement), un alien particulièrement belliqueux qui vient de s’évader du pénitencier lunaire où il était détenu. Boris est bien décidé à se venger de K, à l’origine de son arrestation et de sa mise en détention. Pour y parvenir il décide de voyager dans le passé pour changer le cours de l’histoire et éliminer K, ce qui devrait lui laisser les mains libres pour asservir la Terre… C’était sans compter sur J qui décide lui aussi d’aller faire un tour dans le passé afin de contrer les plans de Boris et sauver son partenaire…
Même si cette suite ne s’imposait pas forcément elle aura su se faire attendre (MiB2 est sorti en 2002) ; c’est donc avec une certaine impatience et une pointe d’appréhension que j’abordais ce film. Et finalement envolées les appréhensions, le film reprend les ingrédients qui ont fait le succès de ses aînés (action, humour et un bestiaire des plus exotiques) sans sombrer dans le déjà-vu puisque l’intrigue nous propose une approche nouvelle et permet d’approfondir le personnage de K.
Je ne serai pas surpris que l’on retrouve nos fameux « hommes en noir » dans de nouvelles aventures, en effet l’équipe n’excluait pas un ou plusieurs nouveaux volets tant que le public en redemande. Avec un budget de 225 millions de dollars et un box office mondial de 624 millions de dollars il semblerait que le public ne soit pas encore lassé de nos chasseurs d’aliens. Pour ma part si l’équipe peut nous garantir des films aussi efficaces que ce troisième opus alors je dis pourquoi pas…
Changement de registre pour la suite avec notre seule escapade dans le cinéma « made in France », l’heureux élu a été Le Prénom, une comédie réalisée par Alexandre De La Pattellière et Matthieu Delaporte.
Pierre (Charles Berling) et son épouse, Elizabeth (Valérie Benguigui) se préparent à recevoir le frère de cette dernière, Vincent (Patrick Bruel) et sa femme, Anna (Judith El Zein) ainsi que leur ami d’enfance, Claude (Guillaume De Tonquédec). La soirée commence par une discussion autour du prénom de l’enfant qu’attend Anna, l’occasion pour Vincent de lancer une plaisanterie qui va rapidement faire dégénérer le repas en un règlement de comptes entre les convives…
Le concept de la réunion familiale/amicale qui part en vrille n’est pas nouveau mais ça reste l’occasion de franches rigolades quand le sujet est bien traité et c’est justement le cas ici, les personnages sont limites caricaturaux mais c’est justement de leurs antagonismes que naissent les quiproquos et les prises de bec. Rien de novateur mais les acteurs, plus que convaincants, nous permettent de passer un bon moment sans prise de tête.
Pour la petite histoire avant d’être un film Le Prénom a d’abord été une pièce de théâtre (les réalisateurs en sont les auteurs et le casting est quasiment le même, exception faite de Charles Berling). M’est d’avis que le résultat doit être encore plus efficace sur les planches…
Enfin je reste convaincu que les discussions autour des prénoms des enfants peuvent rapidement tourner au vinaigre, il faut bien reconnaître que parfois la marge entre l’originalité et le ridicule est des plus ténue…
Retour à Hollywood avec le dernier Tim Burton, Dark Shadows.
En 1752 Barnabas Collins (Johnny Depp), transformé en vampire par la sorcière Angélique (Eva Green), est enterré vivant par cette dernière. Plus de 200 ans plus tard il est accidentellement libéré de sa tombe, c’est tout naturellement qu’il décide de rejoindre le manoir familial, désormais « gouverné » par Elizabeth Collins (Michelle Pfeiffer) et sa famille. Quand Barnabas découvre que son ennemie jurée est encore de ce monde et menace toujours la famille Collins il décide de tout mettre en oeuvre pour se venger et protéger les siens…
Je n’ai jamais été déçu par un Tim Burton et ce n’est pas Dark Shadows qui fera exception à la règle, l’univers fantastique se prête bien aux délires visuels du réalisateur (notamment pour le personnage de Barnabas Collins). On pourrait regretter un aspect un peu superficiel de l’ensemble, voire lui reprocher un arrière goût d’inachevé, mais le réalisateur n’exclut pas l’idée de se pencher sur une suite (au vu des résultats du box office mondial, 239 millions de dollars pour un budget de 150, il y a fort à parier que le public répondra présent si suite il y a.
Pour l’anecdote c’est la huitième collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp, une équipe qui fonctionne à la perfection et qui, n’en doutons pas, nous réserve encore quelques bonnes surprises…
L’Age De Glace 4 – La Dérive Des Continents
Le temps d’un film on redevient des enfants avec L’Age De Glace 4 – La Dérive Des Continents, de Steve Martino et Mike Thurmeier.
Suite à un tremblement de terre Syd, Manny et Diego se retrouvent isolés de leurs amis, ils dérivent sur un morceau d’iceberg tandis que les autres cherchent à échapper à la colère de la nature. Bien déterminés à rejoindre les leurs ils vont tout faire pour y parvenir, jusqu’à ce que leur « route » croise celle d’un équipage pirate des plus hétéroclite et pas franchement amical…
Le troisième opus m’avait laissé une impression plutôt mitigée, il était clair que la licence commençait à s’épuiser aussi j’avais quelques doutes quant au quatrième film de la saga, d’autant que Carlos Saldanha, retenu sur un autre projet, ne figurait pas au sein de l’équipe technique. Au final le film est plutôt une bonne surprise, on y découvre de nombreux nouveaux personnages dont certains pourraient être appelés à revenir si un projet de suite devait voir le jour. Et bien entendu l’inénarrable Scrat est toujours là pour nous dérider les zygomatiques avec ses nombreuse gaffes.
C’est pas plus mal qu’ils aient renoncé à leur projet initial de dégel (les héros prisonniers de la glace reviennent à la vie de nos jours) qui me laissait plus que perplexe, si suite il y a j’espère que ça restera dans la même veine que ce troisième film, leur histoire de dégel serait pour le film de trop qui viendrait pourrir la saga.
On notera au passage que parmi les acteurs chargés du doublage dans la VO on trouve Alain Chabat (si, si, le nôtre, celui des Nuls) qui prête sa voix (en version française aussi cela va de soi) à la mouette Silas. Certes pas le rôle le plus important du film mais c’est quand même une sacrée reconnaissance. Le doublage du Capitaine Gutt, le chef pirate, est assuré en VO par Peter Dinklage, qui incarne Tyrion Lannister dans la série Le Trône De Fer.
Retour au cinéma mais façon blockbuster cette fois avec le film Prometheus de Ridley Scott.
Les professeurs Elizabeth Shaw (Noomi Rapace) et Charlie Holloway (Logan Marshall-Green) prennent par à une expédition spatiale destinée à en apporter un jour nouveau sur les origines de l’humanité. Après un voyage de plus de deux ans le vaisseau Prometheus, placé sous l’autorité de Meredith Vickers (Charlize Theron) arrive enfin à destination. Mais dès leur première sortie les choses ne se passent pas comme prévu, les extra-terrestres qu’ils espéraient croiser semblent avoir été décimés par des créatures hostiles. Et ces créatures n’ont pas abandonné la place une fois leur forfait accompli, comme l’équipage ne tardera pas à le découvrir…
Ca faisait un bail que Ridley Scott ne s’était pas aventuré dans la science-fiction (depuis Blade Runner, sorti en 1982) mais visiblement il n’a pas perdu la main, loin s’en faut ! Outre des effets spéciaux parfaitement maîtrisés (même si les créatures sont un peu moins abouties que les xénomorphes d’Alien) on a le droit à une intrigue bien ficelée, pleine de surprise et à une ambiance qui deviendra de plus en plus glauque. Du grand et bon cinéma de SF !
A la base conçu pour n’être qu’une préquelle de la saga Alien le film a finalement bénéficié d’une attention particulière du réalisateur et finalement pourrait se décliner sous la forme d’une trilogie permettant de faire le lien entre Prometheus et Alien. Si on se fie aux seuls chiffres (402 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget de 130) on peut dire que le réalisateur a le vent en poupe, je n’imagine pas les studios lui refuser une ou plusieurs suites.
Sans transition on passe du blockbuster à un film de série B sorti directement en DVD avec Bad Ass de Craig Moss.
Vétéran du Vietnam Franck Vega (Danny Trejo) n’a jamais vraiment réussi à faire quelque chose de sa vie jusqu’au jour où il vient en aide à une personne âgée en mettant une branlée à deux petites frappes. La vidéo, postée sur Youtube, connaît une popularité fulgurante et fait de Franck un héros local. Mais le répit sera de courte durée, Klondike Washington (Harrison Page), son seul ami et lui aussi vétéran, sera assassiné alors qu’ils venaient d’emménager ensemble. Franck va remonter la piste des tueurs en s’imposant par la force, mais il se pourrait bien qu’il s’attaque à plus fort que lui cette fois…
Soyons clairs dès le départ, ce n’est certainement pas un film qui restera dans les annales du cinéma mais ce n’est pas pour autant que c’est une sinistre daube. Le concept n’est pas nouveau, il a été popularisé par la saga du justicier (incarné par Charles Bronson) et repris par de nombreux autres films avec plus ou moins de réussite ; globalement je dirai que ce film se classe dans la moyenne haute, essentiellement grâce au jeu de Danny Trejo qui n’a pas besoin d’en faire des tonnes pour s’imposer à l’écran.
A la base on voulait clore notre programme par un film « intelligent » du coup on s’était lancé dans Cosmopolis de David Cronenberg, mais après 33 minutes de blablatages sans le moindre intérêt et dans une ambiance profondément soporifique on a renoncé ; ça m’aurait vraiment fait chier de dépenser 4000 balles (33 Euros) pour avoir un film aussi pourri dans ma collection de DVD !
[Zik News] Diana Krall – Glad Rag Doll
Comme vous le savez si vous me suivez depuis un certain temps je ne consacre pas beaucoup de posts à des chroniques musicales, et pourtant je passe mon temps à écouter de la zik et à récupérer des albums divers et variés (mes goûts musicaux sont très éclectiques). Si je poste ici c’est soit pour partager un coup de coeur, soit pour vous faire découvrir un truc qui sort de l’ordinaire…
Ca fait plus de 10 ans que je « suis » la carrière musicale de Diana Krall et j’avoue ne jamais avoir été déçu par un de ses albums depuis The Look Of Love (sorti en 2001), elle fait incontestablement partie des voix qui comptent sur la scène jazz internationale aussi quand j’ai appris que la lady sortait un nouvel album, Glad Rag Doll je me suis rué dessus sans la moindre hésitation.
La première surprise est visuelle avec une jaquette loin de la sobriété habituelle de Diana Krall, l’artiste, légèrement vêtue, prend une pose sensuelle, aguicheuse juste ce qu’il faut sans être vulgaire ; il faut dire qu’à 47 ans la jazzy woman a encore des atours forts sympathiques. Mais le « choc » est surtout sonore, la chanteuse a renoncé au jazz pour nous offrir un album de reprises modernisées de standards du blues et le résultat est plutôt bluffant. Ce n’est pas une surprise de découvrir que la voix de la chanteuse est particulièrement bien adaptée au genre, par contre si le piano est toujours présent il se fait plus discret, globalement les mélodies sont plus « musclées » que dans les précédents albums de la chanteuse.
L’avenir nous dira si c’est un véritable tournant dans la carrière de Diana Krall ou s’il s’agit juste d’une incartade histoire de se faire plaisir. Pour ma part je trouverai dommage qu’elle renonce définitivement au jazz car c’est vraiment un domaine où elle excelle. Toutefois force est de reconnaître que cette escapade bluesy est aussi une totale réussite et un pur bonheur pour les oreilles.
A noter que cette année a aussi vu la sortie du nouvel opus d’une autre grande voix de la scène jazz féminine, en effet Melody Gardot nous offre The Absence, et, étrange coïncidence, elle aussi a délaissé le son jazzy pour s’aventurer vers d’autres sonorités (avec des mélodies fortement teintées de rythmes sud-américains).

