Comme tous les ans à la même époque syndicats et direction se réunissent dans le cadre des négociations salariales et bien entendu comme tous les ans c’est la valse des propositions et contre-propositions… Toutefois la CAFAT n’ayant pas manqué de fanfaronner sur son important excédent de 2008 (voir l’article LNC du 3 juillet 2009) on pouvait espérer que la direction ferait un geste vers les agents… Surtout quand on sait que le pôle Direction s’est généreusement attribué une prime exceptionnelle de 150.000 XPF versée avec le salaire de janvier 2010 et qu’ils ont tous bénéficié de points d’évolution !
Si au départ les organisations syndicales avaient demandé le versement d’une prime exceptionnelle de 60.000 XPF elles ont revu leur copie à la hausse en se calquant sur la prime accordée au pôle Direction… Après tout il n’y a aucune raison que nous ne bénéficions pas des mêmes largesses que nos grosses têtes. Prime venant en complément d’une augmentation de salaire annuelle variable selon les syndicats (entre 2 et 5%).
A l’issue d’une première réunion, hier après-midi, voilà ce que propose la Direction :
– Augmentation de 0.5%
– Prime exceptionnelle de 20.000 XPF
Inutile de vous dire que la pilule a du mal à passer, à ce petit jeu on se dirige direct vers un mouvement de grève… Faudrait peut être qu’un jour on arrête de nous prendre pour des cons, ce ne sont pas nos chers cadres qui font tourner la CAFAT mais bel et bien les agents, et tout ça pour quoi ? Que dalle ! En 16 ans de boîte je ne fais plus guère d’illusion sur une quelconque reconnaissance (ah si on m’a généreusement attribué 7 points d’évolution cette année… sachant qu’un agent peut bénéficier de 4 à 20 points je reste dans la limite inférieure donc ne vous attendez pas à ce que je vienne vous lécher les pieds) mais malgré tout ils arrivent encore à me surprendre… En mal !
Affaire à suivre mais j’espère vraiment que les syndicats feront front commun pour défendre nos intérêts, quitte à aller au conflit s’il n’y a que ça pour faire réagir le Conseil d’Administration !
Catégorie : Au boulot
[PORTNAWAK] Quand la CAFAT se met à l’heure de Copenhague
Depuis déjà quelques temps la CAFAT nous invite à procéder au tri sélectif de nos déchets ; pour simplifier il faut savoir que l’on dispose de 2 bacs pour nos déchets du quotidien :
– notre poubelle de bureau pour les déchets en papier et cartons non souillés
– 2 bacs par étage pour les autres déchets (papiers souillés, plastique, canette…)
En plus de cela il existe quelques bacs (nettement plus rares) à usage spécifique (un pour les piles usagées, un pour les bouchons de bouteille en plastique et un pour les canettes en alu). Jusque là rien à redire l’idée serait plutôt louable pour qui veut se prêter au jeu du tri sélectif (qui n’est pas obligatoire en Nouvelle-Calédonie) ; sauf que cette semaine (sans doute un effet secondaire du fiasco annoncé du Sommet de Copenhague) nous recevons un mail afin de nous rappeler les procédures en vigueur qui termine par la phrase de la mort qui tue : « Un contrôle des corbeilles individuelles va être mise en place afin de veiller au respect de ces dispositions. » (copie d’écran jointe).
Quand je pense que la CAFAT dispose d’une Cellule Communication je me dis que l’auteur de ce message (dont j’ai volontairement voilé le nom sur la copie d’écran ci-jointe) aurait bien besoin de prendre des cours de comm. Ma fille si tu veux nous convaincre d’adhérer commence par nous expliquer le pourquoi du comment du tri sélectif plutôt que d’agiter la ridicule et stupide menace de contrôles individuels (ce qui laisse supposer sinon des sanctions au moins des rappels à l’ordre des fautifs).
C’est bien joli de trier nos déchets à la base mais si c’est pour qu’ils se retrouvent pèle-mêle dans le camion benne de la CSP je n’en vois pas trop l’utilité, comme il ne me semble pas que ladite CSP dispose d’un système de collecte sélectif j’avoue que je me pose des questions quant à l’utilité de toutes ces simagrées. Ceci dit je peux me tromper et dans ce cas un message rédigé intelligemment aurait eu pour effet d’informer les sceptiques dans mon genre et peut être les convaincre d’adhérer au système une fois qu’ils auraient été conscients de l’utilité de la chose. Au lieu de ça on nous agite une menace plus que risible sous le nez et résultat des courses on se braque encore d’avantage contre une mesure qui est peut être moins futile qu’il n’y paraît.
Plutôt que de faire l’effort de rédiger un message clair et informatif l’auteur a préféré se borner à un banal rappel des procédures existantes avant de conclure sur une menace à peine voilée qui fait d’elle la risée de bon nombre d’agents… Mais qu’elle se rassure le ridicule ne tue pas !
Ceci dit si la « menace » devait être mise à exécution je suis curieux de savoir comment ces Contrôleurs de Poubelles (un métier d’avenir à la CAFAT) comptent procéder. Difficile en effet de concevoir qu’ils puissent agir en notre absence (rien ne m’empêche de verser 1 litre d’huile de vidange dans la poubelle de mon voisin après son départ) ; comment garder son sérieux quand le gugusse va nous brandir une bouteille en plastique sous le nez en disant : « Pas bien ça monsieur. Bouteille en plastique devoir aller dans grande poubelle noire. Achtung !« . Je passe sous silence l’aspect purement légal d’un contrôle individuel de nos poubelles (à mon avis ça reste discutable comme démarche mais je ne suis pas un expert en la matière).
Merci à la Branche Budget et Affaires Générales pour cette tranche de rire à la veille des fêtes de fin d’année ; même si le comique est involontaire ça n’en reste pas moins très réussi !
L’art et la manière de bien causer en public
Entre la fin de la semaine dernière et le début de cette semaine la CAFAT m’a généreusement offert une formation sur « La prise de parole en public » répartie sur 4 demies journées… Si à la base je n’étais pas particulièrement enchanté (c’est typiquement le genre d’exercice que je déteste) je dois reconnaître qu’au final j’ai vraiment apprécié la formation (il faut dire aussi que le formateur était vachement sympa, ça aide) ; certes dans un monde idéal j’aurai préféré avoir cette formation avant mon baptême du feu (lundi dernier) mais bon on va pas chipoter sur un point de détail aussi négligeable…
L’une des premières étapes de la formation aura été de se situer en tant que communicant grâce à un « petit » questionnaire inspiré de l’analyse transactionnelle permettant d’obtenir notre égogramme (pour faire simple on va dire qu’il s’agit de nous positionner par rapport à 3 états : Parent – Adulte – Enfant). Le résultat est plutôt convaincant, je me retrouve dans la catégorie Enfant Adapté Rebelle (Subdivision de l’Enfant Adapté qui recherche la confrontation avec l’état « Parent » (le sien propre ou celui d’autres personnes). Il s’adapte aux demandes et attentes en se rebellant.).
Si vous voulez en savoir plus sur l’analyse transactionnelle je vous invite à consulter le site analysetransactionnelle.fr et pour avoir votre propre égogramme vous pouvez compléter les 3 tests proposés par le site analyse-transactionnelle.com (leurs analyses sont globalement trés pertinentes).
La suite de la formation aura été plus technique avec les différentes dimensions de la communication orale et notamment l’importance du langage non-verbal (notre regard, nos mains, notre corps et nos vêtements « parlent » à nos interlocuteurs d’avantage que nos mots) ; à première vue ça peut paraître un tantinet farfelu mais au final les explications et démonstrations tiennent la route. Et bien sûr nous n’avons pas pu échapper aux ateliers pratiques dont une prise de parole filmée et commentée sur un sujet de notre choix (ou à choisir parmi une liste pour les moins inspirés) ; expérience qui ne fait que me conforter dans l’idée que je ne suis pas fait pour être un grand orateur !
Concrètement, en l’état actuel des choses, je n’ai pas, dans le cadre de mon emploi, à intervenir en public (mon rôle d’assistant-statistiques se limite à « Rédiger et mettre en forme les résultats de l’étude soumis à validation par le statisticien » ; c’est au statisticien ou au responsable statistique qu’incombe la responsabilité de « présenter les résultats, avec complément oral possible« ). Je l’ai fait sur la base du bénévolat, chose que je ne manquerai pas de signaler lors de mon prochain entretien d’évaluation annuel en précisant bien que si cela devait se reproduire alors il faudrait envisager un passage à la catégorie supérieure (j’veux bien être un âne mais j’avance plus facilement avec une carotte… sinon je peux être plus obstiné que la plus têtue des bourriques)…
Cela dit j’envisage, dans le cadre du plan de formation 2010, de demander soit un stage de développement personnel, soit (ET si possible) une formation en Programmation Neuro-Linguistique (PNL) afin d’aller plus avant dans le domaine ; ne serait-ce que dans un intérêt personnel.
La culture d’entreprise vue par Bernard Werber
Dans son ouvrage, l’Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu (ESRA), Bernard Werber relate une expérience qui illustre parfaitement selon lui la « culture d’entreprise ».
Mettez 20 singes dans une chambre close, accrochez une banane au plafond et mettez une échelle permettant d’accéder à la banane. Il n’y a aucun autre moyen d’attraper la banane que d’utiliser l’échelle. Mettez en place un système qui fait que dès qu’un chimpanzé commence à escalader l’échelle toute la pièce est arrosée d’eau glacée… L’idée étant que si un chimpanzé décide de grimper à l’échelle tous les chimpanzés reçoivent une douche glacée. Rapidement les singes comprendront qu’il ne faut pas approcher de l’échelle.
Coupez ensuite l’arrivée d’eau glacée, aucun singe ne tentera d’escalader l’échelle qui reste pour eux synonyme de danger ou de punition. Remplacez maintenant un des 20 chimpanzés par un nouveau. Ce-dernier va bien entendu essayer de choper la banane et sans comprendre pourquoi il se fera tabasser par les autres ; pour lui l’idée est simple : les autres savent quelque chose qu’il ne sait pas et donc échelle = danger.
Remplacez de nouveau un des « anciens » chimpanzés par un nouveau, même topo son premier réflexe sera de se ruer sur la banane et dès qu’il approchera de l’échelle les autres l’attaqueront, et c’est le singe introduit juste avant lui qui sera le plus virulent. Continuez l’expérience jusqu’à ce que les 20 « anciens » chimpanzés aient été remplacés par des nouveaux, chaque nouvel arrivant étant passé à tabac par ses pairs dès qu’il approchera de l’échelle.
Au final les 20 nouveaux chimpanzés éviteront l’échelle sans savoir pourquoi il ne faut pas s’en approcher… Ils suivent bêtement une règle imposée à la collectivité sans chercher à en comprendre les tenants et les aboutissants.
Cette expérience illustre un concept économique appelé Loi de Parkinson qui veut que « plus une entreprise grandit, plus elle engage des gens médiocres et surpayés. Pourquoi ? Tout simplement parce que les cadres en place veulent éviter la concurrence. La meilleure manière de ne pas avoir de rivaux dangereux consiste à engager des incompétents. La meilleure façon de supprimer en eux toute velléité de faire des vagues est de les surpayer. Ainsi les castes dirigeantes se trouvent assurées d’une tranquillité permanente. A contrario, selon la loi de Parkinson tous ceux ayant des idées, des suggestions originales ou des envies d’améliorer les règles de la maison seront systématiquement éjectés. Ainsi, paradoxe moderne, plus l’entreprise sera grande, plus elle sera ancienne, plus elle entrera dans un processus de rejet de ses éléments dynamiques bon marché, pour les remplacer par des éléments archaïques onéreux. Et cela au nom de la tranquillité de la collectivité » (Bernard Werber).
Ainsi naît et se développe la culture de l’entreprise, plus une entreprise se structure, plus elle devient une machine à produire du conformisme et plus le jeu politique prend de l’espace au détriment des idées novatrices…
A méditer messieurs les managers et autres chefs en tout genre…
Quelques liens concernant Bernard Werber et l’ESRA :
– Site officiel
– ESRA Online
