AU MENU DU JOUR
Titre : Ce Que Je N’Ai Pas Su
Auteur : Solène Bakowski
Éditeur : Plon
Parution : 2023
Origine : France
352 pages
De quoi ça cause ?
Après dix ans de vie commune, Hélène se fait larguer par son compagnon, Paul. Un simple mot laissé sur la table basse du salon pour clore une décennie de vie à deux.
Un an, jour pour jour, après le dĂ©part de son compagnon, un coup de tĂ©lĂ©phone lui annonce qu’il s’est tuĂ© en voiture. En se rendant aux obsèques, HĂ©lène va peu Ă peu rĂ©aliser qu’elle ne connaissait pas le vrai visage de celui qui a partagĂ© sa vie dix annĂ©es durant…
Pourquoi lui plutĂ´t qu’un autre ?
Parce que ça faisait dĂ©jĂ quelques annĂ©es que j’avais envie de dĂ©couvrir l’univers littĂ©raire de Solène Bakowski. Il Ă©tait temps de combler cette lacune.
Ma Chronique
Je remercie les éditions Plon et la plateforme Net Galley pour leur confiance.
Après quelques lectures en mode « noir c’est noir », je serai tentĂ© de dire que le roman de Solène Bakowski est un rayon de soleil qui vient dissiper les tĂ©nèbres ambiantes. Et pourtant le cadre n’est pas des plus gai puisque l’essentiel de rĂ©cit se dĂ©roule le jour des obsèques de Paul Chevalier.
Mais qui est – Ă©tait – donc Paul Chevalier ? Un auteur parisien qui a su percer dès son premier roman, un succès qui ne s’est jamais dĂ©menti au fil des ans. Pour HĂ©lène, sa compagne, c’est l’homme avec qui elle a vĂ©cu dix ans d’amour sans nuage. Jusqu’au jour oĂą, en rentrant d’une journĂ©e de boulot, elle trouve un petit mot sur la table basse : « Je pars, pardon. Ne t’inquiète pas pour moi. Prends soin de toi. »
La colère succède au chagrin, les questions persistent et l’espoir d’un retour s’amenuise au fil du temps sans totalement s’Ă©teindre. Jusqu’Ă ce qu’un coup de tĂ©lĂ©phone, un an jour pour jour après le dĂ©part de Paul, sonne le glas de l ‘espoir en lui annonçant le dĂ©cès de Paul, qui s’est tuĂ© dans un accident de voiture dans un bled paumĂ©.
HĂ©lène apprend dans la foulĂ©e que les obsèques sont prĂ©vues pour le lendemain, dans ce mĂŞme bled paumĂ©. En s’y rendant accompagnĂ©e de l’Ă©ditrice de son ex compagnon, HĂ©lène va dĂ©couvrir qu’elle ne connaissait pas vraiment l’homme qui a partagĂ© sa vie le temps d’une dĂ©cennie.
Sur place l’accueil est glacial, il faut dire que sa famille et ses amis ne connaissaient pas Paul Chevalier mais Julien Mahaut, jusqu’Ă ce qu’il plaque tout, s’invente un nom de plume et un passĂ©.
Cerise sur le gâteau, HĂ©lène va dĂ©couvrir qu’il y avait une autre femme dans la vie de Paul, une femme qu’il a connu avant elle et chez qui il est retournĂ© vivre. Une femme qui a trente ans de plus que lui…
VoilĂ , je n’en dirai pas plus sur le pitch. Avec HĂ©lène, via ses discussions avec Rachel, – l’autre femme –, nous allons dĂ©couvrir un autre pan de la vie de Paul / Julien.
Pour combler les trous Paul viendra s’immiscer entre le chapitres pour nous livrer sa propre version de sa vie d’avant Paul Chevalier, puis celle d’après. Avec lui on va dĂ©couvrir toutes les failles qui se cachent derrière l’auteur Ă succès.
C’est un rĂ©cit profondĂ©ment humain et chargĂ© d’Ă©motions – mais sans mièvrerie ni guimauve – que nous livre Solène Bakowski. En l’espace de quelques heures va naĂ®tre une intense complicitĂ© entre deux femmes que tout oppose, deux femmes qui ont aimĂ© le mĂŞme homme.
Il sera bien entendu question d’amours au fil des pages, mais aussi d’amitiĂ©, de relations familiales, de quĂŞte d’identitĂ©… bref, de tout ce qui dĂ©finit un individu en tant qu’entitĂ© unique. Des choix et chemins de vie qui forgent la personnalitĂ©… et parfois des masques que l’on porte ou des secrets que l’on ne partage pas, juste pour prĂ©server son jardin secret.
Des sujets sĂ©rieux qui n’empĂŞche pas l’humour d’ĂŞtre de la partie et de faire mouche.
On pourrait ĂŞtre tentĂ© de jeter la pierre Ă Paul / Julien, mais, malgrĂ© quelques maladresses Ă©videntes, on en arrive Ă comprendre ses choix Ă travers son rĂ©cit et les explications de Rachel. Ă€ vrai dire ce sont plutĂ´t ses parents, et tout particulièrement son paternel, que l’on aurait envie de lyncher.
Une lecture que je qualifierai de rayonnante tant elle fait du bien au cĹ“ur et Ă l’âme.
MON VERDICT