A l’occasion du prochain Oceania Rock Festival devant se dérouler en fin d’année les organisateurs ne lésinent pas sur la pub pour espérer attirer du monde ; il faut dire que l’accouchement de la chose fut douloureux puisque initialement prévu en 2009 avant d’être reporté suite à de gros cafouillages d’organisation, mais ceci est une autre histoire… Revenons à nos moutons et plus précisément à la pub TV qui présente les têtes d’affiches qui animeront le show.
Le premier artiste annoncé est Dave Evans, présenté comme étant le « chanteur mythique du groupe AC/DC« … Il n’en fallait pas plus pour éveiller ma curiosité vu que je suis un inconditionnel d’AC/DC mais que je n’ai jamais entendu parler de ce Monsieur Evans. Pour moi le chanteur mythique du groupe de hard rock australien est Bon Scott qui tiendra les rênes de septembre 1974 jusqu’à sa mort par overdose en février 1980 ; il sera ensuite remplacé par l’excellent Brian Johnson qui occupe encore ce poste aujourd’hui… Point de Dave Evans à l’horizon !
Direction Google donc pour essayer de comprendre qui est ce mythique inconnu… Et voilà donc comment se construit un mythe au yeux des organisateurs de ce fameux festival :
– Dave Evans fut effectivement le tout premier chanteur du groupe AC/DC… De décembre 1973 à Septembre 1974 !
– Il n’a enregistré au cours de cette période que 2 singles qui ne sont pas restés dans les annales du groupe : Can I Sit Next To You Girl et Rockin’ In The Parlour
– Il fut viré par les frères Young qui ont estimé sont style trop glam-rock ne correspondait pas aux aspirations du groupe
J’veux pas être méchant mais c’est un peu léger comme cursus pour pouvoir prétendre au titre de « chanteur mythique du groupe AC/DC » ; ça frôle la mauvaise foi comme effet d’annonce, de là à parler de publicité mensongère il n’y a qu’un pas que je franchis allégrement ! Histoire d’enfoncer le clou je vous invite à visionner (et surtout à écouter) les fameux singles via Youtube, libre à vous de juger de la performance, pour ma part je me limiterais à un simple : « ouf, on l’a échappé belle ! »…
Maintenant à voir la tête du gars je suppose qu’il a fini par opter pour un son plus rock, ne connaissant pas son travail je ne me permettrais pas de le juger sur sa carrière post AC/DC ; disons que, au vu de sa discographie, il ne parait pas avoir un agenda surbooké… Pour les curieux qui voudraient en savoir plus sur Dave Evans, voici le lien vers son site officiel.
Catégorie : Nouvelle-Calédonie
Au revoir Monsieur Dassonville
C’est avec surprise et regrets que j’ai appris hier soir que notre haut commissaire, Yves Dassonville, quittait ses fonctions à la fin du mois suite à une promotion au titre de Préfet du Limousin… Evolution de carrière ma foi somme toute plutôt habituelle mais il n’empêche que pour une fois que l’on avait un haussaire avec une paire de couilles bien accrochée on aurait aimé le garder… Et aller avec lui, en toute confiance, vers l’horizon 2014 (date « annoncée » de la sortie des Accords de Nouméa ; reste à savoir sous quelle forme se fera cette sortie).
Arrivé en novembre 2007 alors que la Calédonie, et surtout l’image de la France, n’était pas franchement au beau fixe (notamment à cause du laxisme répété des autorités face aux blocages à répétition de certains syndicats) il a su, tout en privilégiant le dialogue, restaurer l’autorité de l’Etat en Nouvelle-Calédonie. Ces trois années auront été placées sous le signe de l’ordre public et du dialogue (il a largement contribué à un rapprochement entre indépendantistes et loyalistes autour des Accords de Nouméa), une main de fer dans un gant de velours en quelque sorte (ça change agréablement de nos couilles molles habituelles).
Que nous réserve l’avenir ? Début novembre c’est Albert Dupuy, ancien Préfet de l’Isère limogé après les émeutes survenues Grenoble l’année dernière, qui prend la relève… Je ne voudrais pas lui jeter la pierre avant de l’avoir vu à l’oeuvre mais le moins que l’on puisse dire c’est qu’il traîne un passif peu encourageant ! C’est donc avec ce novice de l’Outremer que nous avancerons, sauf imprévu, vers l’horizon 2014…
En attendant Monsieur Dassonville j’espère que vous garderez de la Nouvelle-Calédonie un souvenir aussi agréable que celui que vous nous laissez ; bonne continuation à vous…
Manifeste du Collectif pour un Drapeau Commun Calédonien
Je vous avais déjà parlé de ce tout jeune Collectif qui souhaite rappeler à certains de nos politiques que l’avenir de la Nouvelle-Calédonie doit se jouer dans le cadre des Accords de Nouméa et non en vertu de quelconques tractations secrètes. Fort du succès de son premier meeting le Collectif continue de jouer à fond la carte de la communication et du ralliement ; à ce titre je vous communique tel quel le manifeste reçu par mail en début de semaine.
MANIFESTE DU COLLECTIF
POUR UN DRAPEAU COMMUN CALEDONIEN
En écho à la proposition de Pierre Frogier et au voeu du Congrès, François Fillon a hissé le 17 juillet le drapeau du FLNKS aux côtés du drapeau français.
Cependant :
• Plusieurs indépendantistes l’ont dit, c’est pour eux le drapeau du pays qui flotte dorénavant,
• La plupart des leaders non-indépendantistes restent silencieux sur la recherche d’un drapeau commun,
• Quant à l’Etat français, on ne peut que constater qu’en dépit des propos de Nicolas Sarkozy pour l’aboutissement d’un drapeau commun, François Fillon n’a fait aucune annonce sur la recherche de ce drapeau commun dans son discours au Congrès de la Nouvelle-Calédonie.
Nous constatons donc une dérive complice de l’Etat et d’une grande partie de la classe politique locale sur la signification et la portée de ce geste.Parce que nous voulons que le lever du drapeau du FLNKS demeure un geste provisoire de rapprochement entre 2 légitimités ;
Parce que nous ne voulons pas que le drapeau du FLNKS soit interprété un jour comme le drapeau du pays ;
Parce que nous croyons à l’ambition portée par l’Accord de Nouméa ;
Parce que le discours du Premier Ministre de la France est resté vierge de toute allusion sur l’émergence future d’un drapeau commun ;
Parce qu’à ce jour, aucun calendrier, aucune méthode n’ont été adoptés par les institutions pour la recherche d’un drapeau commun ;
Parce que nous ne voulons pas que les intérêts des politiciens prennent le pas sur la construction d’un destin commun ;
Parce que nous ne voulons pas que l’espoir des calédoniens en un drapeau qui les rassemble leur soit confisqué ;
Parce que nous croyons à une Calédonie forte, unie et solidaire ;
Parce que la Nouvelle-Calédonie mérite mieux que les non-dits et les esquives pour la construction de ses signes identitaires .
Nous nous engageons à ouvrir la réflexion sur le drapeau commun et invitons chacun à y contribuer activement.Contacts :
Nicolas Metzdorf: 84.53.81 nicolas-metzdorf@hotmail.fr
Stéphane Henocque: 81.63.33 s.henocque@convergence-pays.nc
Julie Régent: 95.95.68 julieregent@gmail.com
Laurent Edo: 41.76.32 edolaurent@yahoo.fr
Philippe Blaise: 79.26.97 ph_blaise@yahoo.frSur Facebook : « Collectif pour un drapeau calédonien »
Je profite aussi de ce post pour vous signaler que le concours pour un drapeau commun entre dans sa seconde phase ; désormais il nous appartient de choisir parmi les 8 drapeaux ayant obtenu les meilleurs résultats au cours de la première session de votes celui que nous souhaiterions voir comme drapeau du pays.
Vers une refonte totale du transport urbain dans le Grand Nouméa ?
J’avais déjà évoqué les problèmes de circulation dans Nouméa (Lire ma précédente chronique sur le sujet), comme les choses ne risquent pas de s’arranger avec le temps et le développement de la ville et de son agglomération la Province Sud et les 4 communes concernées (Nouméa, Dumbéa, Paita et Mont-Dore) ont décidé de prendre le taureau par les cornes en misant sur un développement (voire même plutôt une refonte totale) du transport urbain, projet qui vise à privilégier les transports en commun plutôt que les véhicules individuels.
D’une part en améliorant l’existant, notamment en harmonisant les circuits de bus sur l’ensemble du Grand Nouméa l’idée étant de permettre à un individu de parcourir l’intégralité de son trajet avec un seul titre de transport d’où une baisse significative du prix du billet (prix qui pourrait être proportionnel à la distance parcourue ou au nombre de zones traversées, les pistes à étudier sont nombreuses).
Mais le projet est bien plus ambitieux qu’une « simple » restructuration du réseau de transport en commun urbain et interurbain, il s’appuie en effet sur deux autres moyens de transport collectif :
– D’une part la mise en place de navettes maritimes sur 2 axes, Nouméa-Païta et Nouméa-Mont-Dore, projet qui pourrait voir le jour entre 2012 et 2013,
– D’autre part la mise en place d’un tramway sur roues (plus avantageux financièrement et plus aisé à mettre en oeuvre qu’un tramway sur rails) avec deux lignes, comme pour les navettes maritimes, Nouméa-Paita et Nouméa-Mont-Dore, l’échéance pourrait être 2015 ou 2016.
Etant entendu que le réseau de transport en commun prendra le relais depuis les gares ou débarcadères pour acheminer les passagers vers leur destination finale…
Un projet ambitieux et coûteux mais qui pourrait être une véritable réponse aux embouteillages qui pourrissent la vie des automobilistes, reste maintenant à savoir si les mentalités évolueront pour aller vers les transports en commun plutôt que vers son véhicule personnel… Mais là encore la Province et les communes disposent de moyens visant à « persuader » les usagers de jouer le jeu du transport collectif. Affaire à suivre…
Ci-dessous le schéma de principe de la mise en place du Transport en Commun sur Site Propre (TCSP)

Pour des infos plus complètes sur le sujet je vous renvoie à l’article paru dans LNC du 13 août 2010 ou mieux encore au site de la Province Sud qui vous propose de consulter les fameux SCAN (d’où j’ai extrait le schéma ci-dessus) et PDAN dont parle l’article…
Quid de l’identité calédonienne ?
En préambule à ce post je tiens à préciser que je ne suis affilié à aucun parti politique ou organisation, par contre je revendique haut et fort le fait d’être viscéralement et définitivement un loyaliste de droite (pas certain que les loyalistes de gauche existent mais sait-on jamais). En fait à l’heure d’aujourd’hui je ne me reconnais dans aucun mouvement loyaliste ou supposé tel, je suis un libre penseur et un électron libre perdu dans la masse…
Ca fait déjà quelque temps que je songe à écrire ce post mais je ne sais pas trop par quel bout commencer donc je remets sans cesse à plus tard, mais comme aujourd’hui la question de l’identité calédonienne est plus que jamais d’actualité je me lance. Je ne suis pas un expert en quoi que ce soit aussi je vais me contenter d’écrire avec le coeur et les tripes (et occasionnellement les mains) au risque de déplaire à certaines personne… Et je ne m’en excuse pas d’avance si tel devait être le cas… Ni même par après soit dit en passant.
L’identité ethnique
Bin oui au risque de vous paraitre un tantinet simpliste ça demeure un des facteurs les plus évidents quand on cherche à catégoriser une population. J’aurai aimé avoir les résultats définitifs du recensement de 2009 pour vous donner des chiffres à jour mais malheureusement l’ISEE n’a pas encore terminé son travail d’exploitation des résultats (soit dit en passant je ne leur lance pas la pierre, ça doit être un travail de titan) donc on se passera de données purement statistiques.
La Nouvelle-Calédonie est un véritable melting-pot au niveau ethnique et c’est aussi ce qui fait son charme mais pour mon raisonnement je ne prendrais en compte que les 3 principaux blocs ethniques (non que je considère les autres comme quantité négligeable, ils ont autant de légitimité que n’importe qui vivant sur le Territoire) :
– Les mélanésiens
– Les calédoniens de souche
– Les métropolitains résidents permanents
Quand je suis arrivé ici au début des années 80 chacune de ces communautés pouvait être désignée par les autres par un terme considéré comme péjoratif :
– ainsi le mot canaques désignait les mélanésiens (pour info c’est même une insulte utilisée par le personnage du Capitaine Haddock, le comparse de Tintin)
– les calédoniens de souche étaient traités de caldoches quand on voulait les rabaisser
– en fin le terme zoreille faisait bien comprendre aux métropolitains qu’ils n’avaient pas leur place ici
Aujourd’hui ces trois termes sont utilisés couramment sans le moindre caractère injurieux (désormais le mot canaque est orthographié kanak afin de coller au terme d’origine) mais concrètement pour ma part j’estime qu’aucun de nous ne peut se prétendre plus calédonien que les autres. Pour ma part je suis fier d’être un zoreille de naissance et plus encore de me considérer comme un calédonien de coeur et d’adoption. Si l’on veut vivre ensemble il faut apprendre à s’accepter et à accepter l’autre…
L’identité politique
Je ne vais pas vous parler ici d’appartenance (ou même de sympathie) à un parti ou groupe politique mais en Nouvelle-Calédonie il est normalement aisé de se positionner comme loyaliste ou comme indépendantiste… Mais non il en est certain qui vous diront qu’ils ne sont ni indépendantistes, ni loyalistes… Heu… Vous êtes quoi alors ? Sans opinion ? M’enfoutistes ? Que nenni la réponse classe en ce moment c’est de se proclamer autonomiste ! Grattage de tête… Activation des neurones… Regard perplexe… Réponse : « donc vous êtes plutôt loyalistes ». Et de nouveau un repli vers la notion d’autonomie !
Soit dit en passant être autonomiste ici ne veut strictement rien dire vu que depuis les Accords de Nouméa nous allons vers une autonomie de plus en plus large, donc quelque part tous les calédoniens sont autonomistes… Que cela leur plaise ou non ! Concrètement que vous souhaitiez une autonomie plus ou moins élargie ne change rien au fait que vous souhaitez aussi rester sous tutelle de la France… Donc vous êtes loyalistes ! CQFD… Et là c’est l’autre qui passe en phase grattage de tête… « Ah bin oui… Un peu… »
Sur ce je suis donc autonomiste plus ou moins contraint et forcé mais toujours 100% loyaliste… Pour l’indépendantiste je suppose que l’autonomie est perçue comme une marche vers l’indépendance… Ce qui fait qu’au final nous aurons toujours ce clivage entre loyalistes et indépendantistes ! Pour ma part je ne crois pas à une sortie des Accords de Nouméa sans un référendum net et clair sur la question, toute autre démarche ne serait que de la poudre aux yeux… Mais comme nos leaders politiques sont de véritables marchands de sable il ne faudra pas s’étonner qu’ils essayent, une fois de plus de nous endormir avec des boniments.
Les signes identitaires
Ce que disent les Accords de Nouméa (adoptés par référendum par plus de 72% des votants) : « Des signes identitaires du pays, nom, drapeau, hymne, devise, graphismes des billets de banque devront être recherchés en commun pour exprimer l’identité kanak et le futur partagé entre tous. La loi constitutionnelle sur la Nouvelle-Calédonie prévoira la possibilité de changer ce nom, par « loi du pays » adoptée à la majorité qualifiée. Une mention du nom du pays pourra être apposée sur les documents d’identité, comme signe de citoyenneté. »
Aucune ambigüité possible à la lecture du texte c’est bel et bien en commun que ces fameux signes identitaires devront être recherchés (d’où le terme destin commun) ; seulement voilà concrètement on ne peut pas y aller chacun de sa proposition sinon je vous laisse un peu imaginer le bordel… Déjà que le chantier est lourd inutile d’en rajouter une couche. Donc comment on fait ?
Je vois déjà certains idéalistes qui se pensant plus futés que les autres suggèrent un référendum… Bin oui mais non, par définition un référendum permet de répondre par Oui ou par Non à une proposition ; le but étant que seules deux options soient proposées aux électeurs afin que celle ayant recueillie plus de la moitié des suffrages exprimés puisse être adoptée de façon légitime. Hors la question des signes identitaires ne peut se résumer à une réponse binaire (les Accords de Nouméa ayant été largement approuvés par la population la question d’accepter ou nom ma notion de signes identitaires ne se pose plus).
C’est donc pour cela que le Comité de Pilotage sur les Signes Identitaires du Pays (CPSIP) a été instauré en avril 2007, comité composé de 25 personnes de divers horizons politiques, religieux et professionnels sensées être représentatives de la population calédonienne et chargé de définir les modalités des concours lancés auprès des artistes locaux pour trois des cinq signes identitaires (l’hymne, la devise et le graphisme des billets de banque) et de débattre sur les deux autres signes (drapeau et nom du territoire), plus sensibles à établir.
C’est ainsi qu’une devise « Terre de paroles, terre de partage » et un hymne « Soyons unis, devenons frères » (paroles visibles sur le site de la Chorale Melodia) ont été retenus… Que l’on soit pour ou contre (pour ma part je trouve l’hymne un peu nunuche mais ça n’engage que moi) la démarche a au moins le mérite de s’inscrire dans le cadre des Accords de Nouméa.
C’est après que les choses se corsent… Au mois de mars Pierre Frogier (chef de file du RUMP) sort de son habituelle léthargie pour proposer, sans même avoir consulté sa base, que le drapeau du FLNKS (et non drapeau kanak comme certains se plaisent à le répéter) soit hissé aux côtés du drapeau tricolore… En attendant de se mettre d’accord sur un drapeau commun ! Et le pire c’est qu’il veut faire passer ça pour un scoop !
La proposition en soi ne me choque pas outre mesure (la cohabitation des couleurs en Province Nord a été légitimée par Michel Rocard en 1988) mais j’estime qu’il était inutile (et même dangereux) de l’instituer par un vote au Congrès (vote n’ayant aucune valeur juridique soit dit en passant… encore de la poudre aux yeux). C’est du temporaire me direz-vous ? Si vous y croyez vraiment c’est que vous êtes soit un doux rêveur soit d’une bêtise incommensurable ! Maintenant que ce drapeau a obtenu une reconnaissance institutionnelle qui va se risquer à le baisser ? Même si un jour on trouve (ce que j’espère de tout cœur) un véritable drapeau commun, fédérant la Calédonie et non la divisant, il ne pourra que cohabiter avec le drapeau français et le drapeau indépendantiste… Trois bannières pour un si petit pays ! En tant que collectivité française le drapeau Bleu Blanc Rouge se doit de flotter dans le ciel calédonien, l’hypothétique drapeau commun aurait alors été le symbole d’une Calédonie réconciliée avec son passé, mais la présence du drapeau du FLNKS aux côté des deux autres restera une écharde dans l’unité calédonienne.
Le pire c’est que le même genre de connerie commence à faire surface concernant le nom du pays, on entend des propositions du style Kanaky-Nouvelle-Calédonie… Bien les gars vous avez tout compris à l’esprit et à la lettre des Accords de Nouméa ; le but n’est pas de mettre en exergue des opposés mais de trouver des signes fédérateurs. Sinon comme hymne je vous propose « Terre de paroles, terre de partage, terre de liberté, d’égalité et de fraternité » ; et comme hymne qu’est ce que vous diriez des couplets de La Marseillaise entrecoupés par le refrain de « Soyons unis, devenons frères » ? Ridicule me direz-vous… Oh que oui mais pas plus que vos pseudos idées de génie !
Pour en finir avec cette histoire de drapeau le RUMP a mis les bouchées doubles pour faire de ce double lever des couleurs un événement ultra médiatisé ; aujourd’hui c’est François Fillon qui débarque pour hisser officiellement les deux drapeaux dans la cour du Haut Commissariat… Rien que ça !
Bien que ne partageant pas du tout les idées de Paul Néaoutyne (chef de file du Palika) j’ai beaucoup aimé sa dernière conférence de presse au cours de laquelle il rappelle justement que le drapeau du FLNKS était légitime depuis 1988 et donc que Pierre Frogier n’a rien inventé (« lever les deux drapeaux ce n’est pas une nouveauté ». D’autre part il s’amuse de la « nécessité » de la visite du premier ministre pour hisser les couleurs indépendantistes aux côtés du drapeau tricolore, se proposant de venir lui-même lever les couleurs si le drapeau est trop lourd pour certains.
Il faut savoir que du temps du RPCR de Jacques Lafleur le leader maximo du parti a toujours avoué, à mots plus ou moins couverts, qu’il préférait s’entourer d’imbéciles afin de ne pas être menacé par son propre camps. Il aura fallu le temps (plus de 25 ans) mais sa stratégie finira par lui péter à la gueule, en contrepartie désormais le RUMP (ex Rassemblement, ex RPCR) se retrouve dirigé par les fameux imbéciles et ça se voit !
Quid du destin commun ?
Si la notion peut paraître utopique j’ai pourtant encore envie d’y croire mais pour y parvenir il faut que chacun y mette du sien et que nous ayons de véritables leaders et non des couilles molles et des rampants. Il va falloir faire des concessions pour y arriver mais il faut que les concessions soient faites par les deux parties alors que depuis quelques temps ce sont nous, loyalistes, qui nous prenons la carotte dans le fion… Et le pire c’est que ces enculades à répétition sont l’œuvre de leaders loyalistes, l’Avenir Ensemble avait ouvert la marche en 2006 avec le gel du corps électoral, aujourd’hui le RUMP nous l’enfile encore un peu plus profond !
A destin commun, concessions communes… Si l’une des parties se sent menacée par l’autre alors nous allons droit dans le mur et ce serait franchement dommage de louper le coche en laissant échapper cette formidable opportunité qui nous est donnée de construire un pays.
D’autres propositions de drapeau à découvrir ici.
Sur le prix des médicaments en Nouvelle-Calédonie
J’entends régulièrement des remarques acerbes concernant le prix des médicaments en pharmacie, moi même il m’arrive de râler en sortant d’une pharmacie avec une ordonnance plus de 4000 balles pour 5 boites de médocs ; mais de là à reprocher aux pharmaciens de pratiquer des marges faramineuses j’avoue que ça me fait plutôt sourire. Et je conçois parfaitement que les pharmaciens eux aient plutôt envie de rire jaune…
Tout ce qui suit ne s’applique qu’aux médicaments remboursables hors spécialités hospitalières, le pharmacien étant en effet libre de ses tarifs sur les spécialités non remboursables et la para-pharmacie ; quant aux spécialités hospitalières elles sont soumises à un coefficient différent.
Le reproche est en effet aussi facile qu’injustifié, le pharmacien n’est pas un épicier de la santé qui peut appliquer les prix qu’il veut sur les médicaments et accessoires remboursables qu’il vend, les tarifs de Ces produits de santé publique sont en effet parfaitement encadrés et réglementés.
Ainsi sur Nouméa et le Grand Nouméa il convient d’appliquer un coefficient de 164 sur le prix de vente hors taxe du produit (TVA de 2.1% sur les médicaments) pour obtenir le prix de vente en XPF. Pour l’intérieur et les Iles le tarif ainsi obtenu est majoré de 10%.
Aujourd’hui (comme pour tout autre produit le prix des médicaments est variable, certains baissent, d’autres augmentent et d’autres sont retirés de la liste des produits remboursables) une boite de Doliprane 500 vendue 1.74 € en Métropole (soit 1.74 / 1.021 = 1.7 € hors taxe) coûtera à Nouméa 279 XPF (soit 1.7 x 164) et 307 XPF (soit 1.7 x 164 x 1.1) dans l’Intérieur et les Iles. A moins de tomber sur un truand le pharmacien ne peut appliquer un autre tarif que celui-ci et comme vous pouvez le constater il est aisé de vérifier, grâce à la vignette du produit, que les prix appliqués sont bien les prix réglementaires.
Cela faisait quelques temps que l’idée de ce post me trottais dans la tête, non pour m’ériger en défenseur de la profession de pharmacien mais simplement pour recadrer les choses dans leur contexte. J’ai donc profité de mes congés pour me lancer sur la base de vagues souvenirs professionnels (très vagues en période de congés) et d’autres infos glanées çà et là… Pour finir n’oubliez pas que le pharmacien est aussi là pour vous conseiller, si vous êtes, comme moi, un adepte de l’auto-médication, n’hésitez pas à le consulter en cas de doutes.
Ce court post est aussi une modeste façon de rendre hommage à tous les professionnels de santé, souvent décriés par certains ou cibles privilégiées pour quelques abrutis décérébrés, ils font un travail profondément humain et contribuent grandement au bien être de notre société. Merci à vous tous et désolé si moi aussi, parfois, j’ai manqué de considération à votre égard.
Automobilistes, c’est pour votre bien ! Puisqu’on vous le dit…
Au vu de l’actualité de ces derniers jours il est « amusant » de constater que deux institutions peuvent avoir une vision totalement paradoxale du confort des automobilistes ; effectivement le moins que l’on puisse c’est qu’en la matière la Province Sud et la Mairie de Nouméa ne sont pas sur la même longueur d’onde.
Commençons par la Province Sud qui semble décidée à prendre sérieusement en main le problème des embouteillages à l’entrée et à la sortie de Nouméa via son « Projet Sud Express » ; un ensemble de neuf chantiers concernant autant d’axes routiers qui devrait s’étaler sur 3 ou 4 ans et coûter pas loin de 4.5 milliards de francs (37.5 millions d’euros). Bref c’est du lourd, du très lourd même ! Mais il faut bien reconnaître que le problème est réel et a parfois été géré en dépit du bon sens (on commence par remplacer les feux tricolores aux carrefours par des rond-points pour finalement, quelques années plus tard, remettre des feux tricolores en service). Espérons que cette fois sera la bonne (pour le détail des chantiers je vous renvoie à l’article paru dans LNC).
Parallèlement l’institution entend privilégier la mise ne place d’un véritable réseau de transport en commun sur le Grand Nouméa mais pour le moment on est encore dans le flou à ce sujet, diverses pistes ont été (et sont encore) explorées reste à savoir ce qui est réalisable et à quel prix ; une chose est certaine c’est un travail de titan qui pourrait s’étaler sur 10 à 20 ans… Autant dire que ce n’est pas demain la veille !
A coté de ça la Mairie de Nouméa annonce que le parking du Banian (un des plus grands parking gratuit en ville) va devenir partiellement payant (la moitié de la surface actuelle, soit 200 place de parking). Le tarif envisagé étant de 50 frs la demie heure limité à 3 heures (avec des forfaits prévus à la demie journée et à la journée, respectivement 250 et 500 frs) ; histoire d’enfoncer le clou le maire de Nouméa annonce que de toutes façon ce parking est appelé à disparaître au profit d’un projet immobilier (lire l’article paru dans LNC).
Quand on sait à quel point se garer au Centre-Ville tient d’un véritable parcours du combattant (et plus encore de se garer gratuitement) on peut se demander quelle mouche a piqué la majorité municipale ! L’idée de génie de nos élus municipaux étant de faire prendre conscience aux automobiliste « de la non-gratuité du stationnement au coeur de la cité » et ainsi modifier leur comportement en les poussant vers les transports en commun (au moins là dessus ils sont d’accord) ou le covoiturage. Hmouais y’a pas à dire mais j’suis franchement pas convaincu, la logique de la chose m’échappe totalement…
Voilà je voulais vous faire profiter de ce petit paradoxe qui m’a fait sourire ; mais bon étant piéton je suppose que je peux en rire, certains automobilistes ont dû grincer des dents en apprenant la nouvelle…
[Actu] Gérard Jodar / USTKE – Chronique d’un divorce annoncé
Une tape sur l’épaule n’est qu’à quelques centimètres d’un coup de pied au cul !
Ce week-end s’est déroulé le congrès de l’USTKE et sans surprise Gérard Jodar s’est fait évincé de la présidence syndicat… Ce n’est un secret pour personne que LKU et Jodar ne s’entendaient pas aussi bien qu’ils voulaient le laisser paraitre, le conflit Aircal et les multiples dérapages liés de près ou de loin à ce conflit n’ont fait que jeter de l’huile sur le feu d’une entente tout sauf cordiale ! Difficile toutefois pour LKU de se désolidariser ouvertement de son encombrant président tandis qu’il était emprisonné au Camps Est, mais à peine Gégé le Barjot libéré des « geôles coloniales » le Big Boss Loulou avait plus ou moins laissé entendre que le prochain congrès de l’USTKE serait l’occasion de remanier en profondeur l’organigramme du syndicat. Même si Gérard Jodar n’a pas inventé le fil à couper le beurre il a parfaitement capté que le message s’adressait à lui directement martelant à qui voulait l’entendre (plus grand monde en fait) qu’il ne se contenterait pas d’un titre fantoche (genre président honoraire) et quitterait l’USTKE si cela devait se produire. Même pas peur qu’ils lui ont répondu ce week-end !
Voilà pour la partie non événementielle du congrès de l’USTKE ; restait ensuite à savoir qui reprendrait les rênes d’un syndicat à la dérive. LKU allait-il reprendre personnellement les choses en main ? Si non placerait-il un véritable leader aux commandes ou un pantin aussi malléable que manipulable ? Difficile pour LKU de concilier crédiblement la présidence d’un syndicat ouvrier et d’un parti politique, certainement échaudé par l’expérience ratée d’un Jodar devenu totalement incontrôlable il était logique de jouer la carte de la prudence. C’est donc Marie-Pierre Goyetche qui a été désignée à la présidence du syndicat.
Un choix qui pourrait sembler plutôt étonnant quand on se souvient qu’elle a été complètement incapable de garder la situation sous contrôle et de tenir ses troupes tandis que Jodar était au Camps Est et que le conflit Aircal continuait de s’enliser ! Mais avec elle LKU joue clairement la carte de la prudence, elle n’a aucun charisme et pas beaucoup plus de crédibilité donc aucun risque qu’elle ne devienne un électron libre échappant à tout contrôle ; au contraire c’est un bon petit soldat qui fera exactement ce qu’on lui demande. Les cancres qui ne suivent pas demanderont étonnés : Qui ça « on » ? LKU bien entendu ! Avec une femme de paille à la tête du syndicat il est assuré de garder la mainmise sur son bébé.
Et Gégé le Barjot dans tout ça demanderez-vous inquiets ? Le temps de digérer le contrecoup de ce coup de pied au cul syndical (il préférerait sans doute les termes « coup de couteau dans le dos » mais restons réalistes) et je lui fais confiance pour rebondir. Des rumeurs persistantes et récurrentes font état de son intention de créer une nouvelle organisation syndicale destinée à la défense des océaniens. Saura-t-il tirer les leçons de son échec et privilégier le dialogue social ? J’en doute fort…
Internet Made in NC – Rétrospective…
Je profite d’une accalmie niveau boulot (j’suis d’examen toute la journée donc je laisse les études en cours au placard) pour poster ces quelques messages que je repoussais sans cesse au lendemain faute de temps.
Suite à mon récent post saluant la baisse des tarifs internet sur le Territoire j’ai fait quelques recherches afin de vous proposer un historique des tarifs ADSL histoire de mesurer l’avancée. Je ne saurai dire de quand date l’arrivée du haut débit sur le Territoire mais j’ai réussi à remonter jusqu’en 2005. De même je ne m’intéresserai qu’aux trois offres les plus populaires que sont l’ADSL 250, l’ADSL 500 et l’ADSL 1000.
Avant la mise en service du câble sous-marin nous reliant à l’Australie (courant 2008) le tarif OPT était variable selon le forfait choisi. Voici donc l’évolution des tarifs ADSL entre 2005 et 2008 (les offres 2008 sont celles proposées lors de la mise en service du câble sous-marin).

Et oui vous ne rêvez pas le forfait ADSL 1000 a baissé de plus de 72% entre 2005 et 2008 et il était encore loin d’être grand public en 2008 avec plus de 17.000 XPF mensuels (et pas loin de 10.000 XPF mensuel pour l’ADSL 100 qui affiche une baisse de près de 64% au cours de la même période). Aujourd’hui l’offre ADSL 250 a quasiment disparu (elle est réservée aux abonnements low-cost), l’ADSL 1000 est à moins de 8.000 XPF par mois et le 2000 est même passé en-dessous de la barre des 10.000 XPF mensuels (tarifs Canl.nc). Certes il y aurait encore beaucoup à faire mais en regardant ces quelques chiffres l’on réalise qu’un sacré chemin a déjà été fait… Pour notre plus grand plaisir et je n’aurai qu’un conclusion à apporter à ce post : pourvu que ça dure !
PS : pour les conversions en Euros considérez que 1 € = 120 XPF (en clair divisez par 120 les montants). Pour les perfectionnistes le taux de change légal est de 119.3317 XPF.
La grande distribution en NC : quels changements en perspective ?
Pour rappel il faut savoir que la grande distribution sur le Territoire peut se résumer à deux grands groupes et un challenger :
– 18.000 m² de surface de vente au Groupe Lavoix (Géant – Casino – Leader Price).
– 14.000 m² de surface de vente au Groupe Pentecost (Carrefour – Champion – Discount)
– 3.800 m² de surface de vente à la famille Guyenne (Super U)
Outre de nouveaux projets émanant des parties déjà présentes sur le secteur on attend un Hyper U qui devrait, si le projet aboutit (les trois autres groupes y étant hostiles déposent recours sur recours… et se font systématiquement débouter par le tribunal administratif), être la plus grande surface de vente du Territoire.
Mais la grande nouveauté pourrait bien venir de là où on l’attend le moins. Je ne sais pas ce qui se passe dans le clan Guyenne mais leur unique enseigne Super U est visiblement en train de partir en déconfiture, seul le magasin de Kamere conserverait la franchise (à vérifier ?), à Motor-Pool le magasin est revenu à ses premières amours en reprenant le nom de Michel Ange et à Tontouta le changement d’enseigne est en cours… Je serai curieux de savoir si Guyenne vend ses surfaces commerciales ou s’il s’agit d’un choix stratégique dont la finalité m’échappe… En tout cas les rumeurs vont bon train et çà et là on murmure qu’un nouveau géant de la grande distribution pourrait venir sérieusement piétiner les plates bandes de Lavoix et Pentecost.
Il faut dire que le marché est plutôt juteux puisque, selon les chiffres de l’ISEE, la grande distribution représente à elle seule 58% du marché annuel de la consommation (66% pour l’alimentaire et 53% pour le reste) contre 33% pour le petit commerce (seulement 22% de l’alimentation) ; les 9% restant concernant les autres formes de distribution (VPC, vente en ligne, commerces non sédentaires…).
Perso je ne serai pas contre un vent de renouveau du moment que le consommateur sort gagnant de l’affaire et en la matière j’aurai tendance à penser, peut être naïvement, que la concurrence joue en faveur de la clientèle… Du coup si vous avez des infos sur le sujet je suis preneur ; j’aimerai pouvoir vous pondre un billet plus consistant sur le sujet mais entre info et intox mon coeur balance…
– EDIT 15 avril 2010 –
Concernant la famille Guyenne je vous dois un mea culpa, le groupe conserve en effet ses surfaces de vente mais renonce à la franchise Super U (s’estimant trahi par le fait que le groupe U ait accordé une franchise Hyper U à un autre groupe de la place) ; pour le moment rien ne filtre quant à un nouveau partenariat avec un autre groupe commercial… Sinon des rumeurs dont je ne me ferai pas l’écho avant d’en avoir vérifié la viabilité.
Outre le projet Hyper U de l’Anse Uaré et ses nombreux déboires la dernière Commission de l’Urbanisme Commercial a donné son accord à 3 nouveaux projets :
– Hyper U à Païta
– Mageco à Auteuil
– Extension du Centre Commercial Carrefour (800 m²)
Par contre le projet du magasin Géant à Dumbéa-sur-Mer a été rejeté par ladite commission (c’est pourtant une zone appelée à se développer dans les prochaines années mais peut être qu’une concurrence trop directe entre les groupes Lavoix et Pentecost n’a pas été jugée souhaitable).
– EDIT 8 mai 2010 –
La Province Sud, par la voix de son président, Pierre Frogier, a décidé de passer outre l’avis de la Commission d’Urbanisme Commercial en donnant son feu vert au projet Géant de Dumbéa-sur-Mer. L’argument de la Province étant que le projet pourrait booster les ventes de terrains sur une zone encore loin d’être rentabilisée (on parle même d’un découvert de 2 milliards à charge de la Province).