Comme annoncé dans mon post précédent notre seconde pause DVD sera encore dédiée à un film réalisé (et non interprété) par Clint Eastwood et adaptation d’une histoire vraie même si la période et le contexte sont radicalement différents puisqu’il s’agit de L’échange.
Los Angeles, 1928. Christine Collins (Angelina Jolie), une mère qui élève seule son fils Walter, rentre du travail et s’aperçoit que son enfant a disparu ; elle alerte aussitôt la police qui lui signale qu’il faut attendre 24 heures d’absence avant qu’une enquête ne puisse être lancée. Au terme de cinq mois d’enquête la police, par l’intermédiaire du responsable de la brigade des mineurs, le capitaine Jones (Jeffrey Donovan) annonce à Mme Collins qu’ils ont retrouvé Walter… Seulement voilà l’enfant en question n’est pas Walter bien qu’il affirme le contraire, toutefois elle se laisse convaincre par le policier qu’elle peut se tromper et emporte l’enfant avec elle. Mais rapidement elle réalise qu’elle avait raison depuis le départ et décide de tout mettre en oeuvre pour retrouver son fils ; la police, déjà mise à mal par de nombreuses affaires de corruption et autres joyeusetés, refuse d’admettre qu’elle ait pu faire erreur et fera tout ce qui est en son pouvoir pour éviter le scandale… Heureusement elle pourra compter sur le soutien indéfectible du Révérend Briegleb (John Malkovich) qui dénonce depuis longtemps les dérives des forces de police…
Là encore rien à redire au niveau de la qualité du spectacle, Clint Eastwood semble à son aise quel que soit le domaine qu’il aborde. Le jeu des acteurs est là aussi plein de justesse, Angelina Jolie en tête dans le rôle d’une femme bien déterminée à faire éclater la vérité, quel que soit le prix à payer ; et face à elle un Jeffrey Donovan aussi borné que de mauvaise foi (une vraie tête à claques).
Savoir que c’est une histoire vraie fait froid dans le dos, heureusement c’est le combat de Christine Collins qui sonnera le glas de cette police aussi vérolée qu’intouchable… Du moins jusqu’à ce qu’une femme refuse de courber l’échine face à elle ! En se remplaçant dans le contexte de l’époque on ne peut que se féliciter de l’évolution des moeurs quant à la reconnaissance de la valeur de la femme et de l’enfant… Un beau film pour un beau combat, pour ceux qui voudraient en savoir plus je vous suggère d’aller visiter la page Wikipedia consacrée au film ; bien entendu si vous n’avez pas vu le film et souhaitez le voir évitez le détour par Wikipedia avant ça gâche tout le suspense…
Catégorie : DVD / BRD
[DVD] Invictus
« Le football est un sport de gentlemen joué par des hooligans alors que le rugby est un sport de hooligans joué par des gentlemen »
Notre première pause DVD d’un week-end placé sous le signe de Clint Eastwood (en tant que réalisateur) sera consacrée au film Invictus.
Afrique du Sud, 1995. la fin de l’apartheid et l’élection à la tête de l’état de Nelson Mandela (incarné ici par Morgan Freeman) ne suffisent pas à apaiser les tensions raciales, noirs et afrikaners se méfient toujours autant les uns des autres. Pour tenter de réconcilier ces deux peuples Mandela va tout miser sur le sport, à l’approche de la Coupe du Monde de rugby qui se déroulera justement en Afrique du Sud, le Président rencontre le capitaine des Springboks, François Pienaar (Matt Damon) et lui demande de tout mettre ne oeuvre pour remporter cette compétition. Seulement voilà à l’époque l’Afrique du Sud était loin d’être une équipe professionnelle (elle ne doit même sa participation à la Coupe du Monde qu’au fait d’en être le pays organisateur) et les Springboks sont l’un des symboles forts des afrikaners… Pour que la population noire soutienne leur équipe nationale elle va devoir impressionner et réaliser l’impossible afin de rassembler un peuple et un pays…
Rien à redire niveau qualité, Clint Eastwood, fidèle à son habitude, maîtrise parfaitement son sujet, les acteurs sont criants de vérité tant ils semblent profondément habités par leur personnage (Morgan Freeman est franchement bluffant dans le rôle de Nelson Mandela). Une totale et incontestable réussite !
En dehors de l’aspect purement cinématographique on réalise combien la tâche de Nelson Mandela fut difficile pour reconstruire un pays déchiré par des années de haine raciale, convaincre ses pairs de suivre la voie du pardon plutôt que celle de la revanche n’a pas dû être aisé tous les jours. Profondément touché par sa rencontre avec Nelson Mandela, François Pienaar va apprendre à le connaître et à apprécier à sa juste valeur ce personnage hors du commun. Mais le film est aussi un vibrant hommage au rugby (à ce titre la rencontre entre les Spingboks et les All Black est d’une telle intensité que j’étais aussi tendu que j’aurai pu l’être devant un véritable match), un sport plutôt méprisé par le cinéma ou alors à peine abordé de façon plus anecdotique qu’autre chose…
Aujourd’hui la situation politique de l’Afrique du Sud est globalement stabilisée, avec les lois de « discrimination positive » qui privilégient l’emploi des noirs on assiste à une inversion de la tendance, la population afrikaner s’appauvrit alors que la population noire (fortement majoritaire) tend à s’enrichir… Pas certain que ce soit l’idéal pour arriver à une stabilité sur le long terme mais je ne suis pas un expert en politique internationale. Sportivement les Springboks sont aujourd’hui reconnus comme étant les numéros deux au classement IRB (derrière les All Black et devant les Wallabies australiens).
Pour info le titre du film, Invictus (qui peut se traduire par invincible ou indomptable), fait référence à un poème de Willliam Ernest Henley qui serait le poème préféré de Nelson Mandela et lui aurait permis de surmonter les pires moments de sa période de détention (il sera libéré en 1990 après 27 ans de prison) ; je vous retranscris ci-dessous l’une des traductions de ce court texte (il me semble que c’est celle retenue dans le film) :
Dans la nuit qui m’environne,
Dans les ténèbres qui m’enserrent,
Je loue les dieux qui me donnent
Une âme, à la fois noble et fière.
Prisonnier de ma situation,
Je ne veux pas me rebeller.
Meurtri par les tribulations,
Je suis debout bien que blessé.
En ce lieu d’opprobres et de pleurs,
Je ne vois qu’horreur et ombres
Les années s’annoncent sombres
Mais je ne connaîtrai pas la peur.
Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu’on m’accuse et qu’on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme.
[DVD] Sherlock Holmes
Notre pause DVD du week-end fut consacrée à Sherlock Holmes réalisé par Guy Ritchie (connu aussi pour pour être un des multiples ex de Madonna) ; énième adaptation des aventures du plus célèbres des détectives privés mais certainement l’une des plus déjantée et sur-vitaminée…
L’on y retrouve donc Holmes (Robert Downey Jr) et son fidèle acolyte Watson (Jude Law) bien déterminés à mettre fin aux agissements du sinistre Lord Blackwood (Mark Strong) mais il leur faut d’abord quels sont les projets de Blackwood et déterminer s’il est un puissant adepte de magie noire ou un habile mystificateur… Une chose est certaine il est dangereux et de nombreuses victimes jalonnent déjà son parcours tandis qu’une course contre la montre s’engage entre le criminel et les enquêteurs.
Créé à la base par Sir Arthur Conan Doyle qui le fera vivre au travers de 4 romans et 56 nouvelles, le personnage de Sherlock Holmes a déjà fait l’objet de nombreuses adaptations, que ce soit au cinéma (plus de 260 films entre 1900 et aujourd’hui), à la télévision sous forme de séries TV et même une série animée de Hayao Miyazaki (célèbre auteur de manga), émissions radios et jeux vidéos… Bref le moins que l’on puisse dire c’est que l’on a l’embarras du choix… Reste à savoir ce que cette énième version pouvait apporter de nouveau au mythe, comme je le disais en intro de ce post c’est surtout le rythme survolté qui caractérise cette adaptation, subtil mix entre action et humour on ne s’ennuie pas une minute ; on en redemande même ! Et ça tombe bien car le film appelle au moins une suite, il est en effet fait mention, à la fin du film, du Professeur Moriarty, ennemi juré de Sherlock Holmes… Un second volet serait déjà sur les rails mais peu d’infos (et beaucoup de rumeurs) filtrent…
Robert Downey Jr a le vent en poupe en ce moment (il est Iron Man à l’écran) et il icarne un Sherlock Holmes doué bien entendu d’un sens de l’observation et d’une logique hors du commun, mais aussi un homme de terrain qui n’a rien du flegme britannique ! A contrario Jude Law et son personnage de Watson vient tempérer les ardeurs de son mentor et ami, toutefois lui aussi est armé pour faire face aux situations les plus difficiles. Le tout dans des décors bluffants ayant pour cadre la ville de Londres en pleine époque victorienne et le fameux Tower Bridge en construction (c’est d’ailleurs dans ce cadre que se déroulera l’affrontement final du film).
Une totale réussite donc qui nous met à la bouche en attendant la (les ?) suite(s)…
[DVD] Public Enemies
Comme vous pouvez le constater je ne m’améliore pas vraiment au niveau du retard dans la tenue du blog, mon alibi n’a pas changé, c’est toujours à cause d’un emploi du temps professionnel particulièrement chargé, des horaires de ouf et du coup quand je rentre j’ai le méga coup de flemme… Mais bon on va pas faire dans l’auto-apitoiement, c’est définitivement pas mon truc !
Retour donc au fil « normal » de ces chroniques avec un aperçu de notre coup de coeur DVD du week-end dernier et le film Public Enemies de Michael Mann qui retrace la « carrière » du très populaire braqueur de banque des années 30, John Dillinger…
Alors que les Etats-Unis sont en pleine crise économique Dillinger (Johnny Depp) et sa bande parcourent le pays et enchainent les braquages au grand dam du FBI qui lance à ses trousses une équipe d’enquêteurs menés par un inspecteur aussi efficace qu’impitoyable (Christopher Nolan)… Prêts à tout pour mettre fin aux méfaits de celui qui est considéré comme l’ennemi public numéro 1 il mèneront une enquête particulièrement rigoureuse, resserrant progressivement l’étau autour du braqueur au grand coeur en perpétuelle cavale…
Je ne vous dirai pas que le film est une totale réussite car venant de Michael Mann (à qui l’on doit notamment Heat, Ali, Collateral… et bien d’autres blockbusters) on ne pouvait espérer mieux, coup de chapeau aux acteurs et notamment aux deux piliers du film aux personnalités diamétralement opposées, à noter aussi la prestation de Marion Cotillard elle aussi très convaincante dans le rôle de la fiancée de Dillinger… Bref excellent film de gangsters comme on en avait pas vu depuis longtemps, une perle rare appelée à rester dans les annales du genre aux côtés de Bonnie & Clyde (qui sévirent à la même époque et connurent le même engouement populaire… sans doute le contexte de l’époque qui faisait de ces criminels des héros).
Pour autant que j’ai pu le constater en parcourant le Net le film semble retracer fidèlement le parcours de John Dillinger, j’invite les plus curieux d’entre vous à consulter la page Wikipedia consacrée au braqueur, de préférence après avoir vu le film (même si la fin n’est pas vraiment une surprise)…
[DVD] Numéro 9
Encore une chronique tardive, toujours à cause d’un emploi du temps professionnel surchargé… Notre pause DVD du week-end sera consacrée à un film qui a su éveiller ma curiosité quand j’ai croisé sa jaquette chez Compact ; il s’agit de Numéro 9, film d’animation en 3D signé Shane Acker. Pourquoi lui en particulier me direz-vous ? D’une part parce que le film ne sort ni de chez Pixar, ni de Dreamworks ; les deux géants qui se disputent habituellement le marché de l’animation 3D. Puis j’ai trouvé la jaquette sympathique et le scénario prometteur…
Petit détour par le pitch justement… Dans un monde post-apocalyptique où l’humanité a été exterminée par les machines devenues autonomes 9 créatures créées par un scientifique s’efforcent de survivre tant bien que mal ; les choses s’accélèrent quand le dernier venu, 9, réveille « par accident » Le Cerveau, une redoutable arme de guerre bien décidée à éradiquer ces étranges créatures. Désormais il n’est plus question de se contenter de se cacher ou de fuir, il faut combattre et c’est ensemble qu’ils pourront espérer terrasser leur ennemi…
A l’origine 9 était un court-métrage (présent dans les bonus du DVD) de Shane Acker, le succès public et critique a été tel que certains n’ont pas hésité à l’encourager à étoffer et à approfondir son idée de base afin d’en faire un long métrage, ainsi on retrouve parmi les producteurs Tim Burton (réalisateur de génie qu’il n’est plus besoin de présenter) et Timur Bekmambetov (réalisateur de Wanted), rien que ça ! Et franchement quand on voit le résultat on ne peut que s’en réjouir… Certes le rendu 3D n’est peut être pas aussi abouti que chez Dreamworks ou Pixar mais ça reste tout de même bluffant, l’univers post-apocalyptique, assez proche de celui de Terminator Renaissance, est convaincant tout comme les personnages, qu’il s’agisse des multiples machines (toutes plus agressives les unes que les autres) ou des créatures (chacune ayant sa propre personnalité).
Bref on assiste à une fable sombre, sans pour autant être pessimiste (sauf pour le genre humain), très réussie mais clairement destinée à un public mature. Outre le scénario pas franchement enfantin, il y’a fort à parier que les enfants passeront à côté des messages portés par le film…
A travers ces quelques lignes j’espère vous avoir donné envie de découvrir, si ce n’est déjà fait, ce petit film qui mérite largement le détour. Je n’irai pas jusqu’à crier au chef d’oeuvre injustement ignoré mais ça demeure une belle réussite qui saura vous divertir intelligemment…
[DVD] The Wrestler
Retour à ce week-end donc avec notre habituelle (mais pas forcément incontournable) pause DVD, c’est le film The Wrestler, réalisé par Darren Aronofsky, qui alimentera cette chronique.
Après un accident cardiaque survenu à la fin d’un combat un catcheur sur le retour (Mickey Rourke) est contraint de mettre fin à sa carrière prématurément alors qu’il se préparait pour une rencontre au sommet… Résigné il va essayer de mener une « vie normale » et réparer les erreurs du passé, d’abord en essayant de se rapprocher de sa fille (Evan Rachel Wood) qu’il a négligé durant des années, puis en tentant de convaincre une strip-teaseuse qu’il fréquente plus ou moins assidûment (Marisa Tomei) de faire un bout de chemin ensemble. Mais d’une part les choses ne se passent pas comme prévu et d’autre part l’appel du ring est de plus en plus fort…
Bien que n’étant absolument pas fan de catch (trop de comédie même si je ne nie en rien les compétences sportives des catcheurs tout ça reste du flan par rapport à un sport comme la boxe) j’ai beaucoup aimé ce film, sans doute parce que c’est d’avantage le côté humain du personnage (indubitablement un come-back réussi pour Mickey Rourke après Sin City) qui est mis en avant. Ce type n’a connu que les rings et c’est sa vie, comme tout le monde quand il va devoir apprendre à changer de vie il va prendre des baffes dans la gueule, et découvrir que les blessures physiques ne sont pas forcément les plus douloureuses et les plus difficiles à soigner…
Outre des acteurs très convaincants dans leur rôle respectif le film dose intelligemment les séquences de combat et le reste pour ne pas être réservé à un public de gros bourrins ou, a contrario, pour ne pas sombrer dans le psychodrame à la sauce Barbara Cartland. Ajoutez au tout une bande son 100% rock (malheureusement amputée du titre de Bruce Springsteen dans sa version commerciale) et tous les ingrédients pour un spectacle haut de gamme sont réunis.
Lors d’un passage du film on assiste à un combat de catch complètement déjanté sur fond de fils barbelés et de verre pilé où les combattants usent et abusent de toute sorte d’accessoires (parmi les plus improbables, genre une agrafeuse) pour mettre l’autre à mal… Un catch hardcore à la sauce gore en quelque sorte. J’me suis dit au départ que ce devait être un délire du réalisateur mais j’ai tout de même été vérifié sur internet ; pour découvrir que cette fameuse fédération, la CZW (Combat Zone Wrestling), existe bel et bien et que ce que l’on voit dans le film n’est qu’une infime part de la réalité de leurs combats (voir l’article Wikipedia). C’est vraiment pas le genre de truc auquel j’adhère malgré la rudesse des affrontements, faut vraiment être maso pour participer à ce genre de truc (et pas beaucoup mieux pour y assister comme spectateur)…
[DVD] A l’Origine
Faute à un emploi du temps professionnel plutôt chargé j’ai pris un peu de retard dans la tenue de mes chroniques, il donc temps pour moi d’y remédier ! Notre pause DVD du week-end dernier fut consacrée au film de Xavier Giannoli, A l’Origine.
Un escroc sans envergure (François Cluzet) tombe par hasard sur le chantier abandonné d’un tronçon d’autoroute, il y voit là le terrain idéal pour monter sa plus grosse arnaque : faire croire aux gens de la commune voisine que les travaux vont reprendre… Sauf qu’il ne pouvait pas prévoir que l’arrêt brutal de ce chantier a laissé la commune et ses habitants dans un désarroi complet, et moins encore que cette situation le toucherait au point de tout mettre en oeuvre pour y remédier et assurer coûte que coûte la reprise du chantier… L’escroc devient alors le sauveur de la commune aux yeux de tous, sauf qu’on ne s’improvise pas chef de chantier, surtout pas sur un projet d’une telle envergure…
Aussi incroyable que cela puisse paraître le film s’inspire d’une histoire vraie, celle de Philippe Berre escroc au grand coeur un tantinet schizo… Pour cette escroquerie hors du commun il écopera d’une peine de 5 ans de prison, un verdict plutôt clément qui s’explique par le fait qu’une seule des victimes de l’escroc ait décidé de porter plainte, les autres le considérant comme le héros de la région qui aura relancé le chantier (il sera en effet poursuivi au-delà du tronçon initial avec les équipes recrutées par Philippe Berre) et permis à la commune de retrouver un second souffle. Difficile de comprendre les motivations d’un tel personnage ; si l’escroquerie semble lui coller à la peau finalement il sévit sans faire trop de mal, rendant même service. Aujourd’hui Philippe Berre est retourné en prison après une nouvelle série d’escroqueries, la dernière en date ayant eu lieu peu après la tempête Xynthia se faisant passer pour un fonctionnaire du Ministère de l’Agriculture chargé d’aider les sinistrés. Là encore il n’a pas escroqué les petites gens, au contraire il les aidait à déblayer les déchets et débris transportés par la tempête ; une fois encore c’est sa démesure qui causera sa perte.
Pour en revenir au film à proprement parler il vaut le coup d’œil, en aucun cas il ne faut le voir comme l’éloge de Philippe Berre, le gars y apparaît comme une petite frappe torturé et tourmenté, victime de sa folie des grandeurs mais tellement déterminé à aider cette petite commune à retrouver un second souffle qu’il en devient inévitablement attachant (une occasion de plus pour souligner l’immense talent de François Cluzet).
Malgré 11 nominations aux Césars 2010 seule Emmanuelle Devos remportera le précieux trophée en tant que meilleure actrice dans un second rôle (elle incarne le maire du village) ; mais il faut dire qu’en face de lui se trouvait le grand gagnant de la soirée, Un Prophète de Jacques Audiard. Face à un pareil rival la défaite demeure honorable…
[DVD] Harvey Milk
Pour en finir avec notre consommation de DVD du week-end dimanche nous avons encore pris un virage à 180° puisque c’est Harvey Milk de Gus Van Sant qui nous accompagnera en ce début d’après-midi.
Le film nous propose de revivre la courte mais fulgurante carrière politique (élu au Conseil Municipal de San Francisco en 1977 il sera abattu en 1978) d’Harvey Milk (Sean Penn) premier homme politique à se proclamer ouvertement homosexuel et à s’engager pour une égalité des droits quelle que soit notre orientation sexuelle. Un combat mal perçu par certains à une époque où l’Amérique était plus hypocrite que jamais, une proposition de loi visant à priver les homosexuels de leurs droits civiques et à licencier les enseignants homosexuels étant soumise à référendum… Parmi ses opposants se trouve Dan White (Josh Brolin) qui siège lui aussi au Conseil Municipal de San Francisco.
Vous l’aurez compris le film s’inspire donc d’une histoire vraie (voir la page Wikipedia consacrée à Harvey Milk) et franchement même sans être un fervent défenseur de la communauté homosexuelle (loin s’en faut) je trouve ahurissant que l’on puisse envisager de les priver de leurs droits civiques ou même de les licencier pour le seul motif de leur orientation sexuelle ! Heureusement que certains ont eu le courage de se mobiliser contre de telles mesures faussement puritaines sensées être garante de l’ordre morale alors qu’il ne s’agit que d’une vaste hypocrisie qui masque une homophobie poussée à l’extrême ; heureusement surtout qu’ils ont gagné leur combat et que les mentalités ont évolué depuis.
Pour ma part je reste opposé au mariage homosexuel et à l’adoption d’un enfant par un couple homosexuel (et au-delà à toute forme d’insémination pour un couple de lesbiennes désirant avoir un enfant) et je n’ai aucune honte à le revendiquer haut et fort. Toutefois je ne considère pas la population homosexuelle comme des citoyens de seconde zone ou comme étant incompétents à occuper telle ou telle fonction ; si un jour on devait arriver à ce genre de proposition en France je peux même affirmer que je défilerai à leurs côtés au nom de l’égalité.
Pour en revenir au film à proprement parler c’est une totale réussite qui nous ouvre les yeux sur une époque heureusement révolue, les acteurs, Sean Penn en tête, sont plus que crédibles dans la peau de leur personnage. Encore un coup de maître pour Gus Van Sant et encore un film atypique pour un réalisateur habitué à surprendre…
[DVD] Monstres Contre Aliens
Et cette autre chose sera un changement total de registre puisque samedi nous plongerons dans une animation des Studios Dreamworks avec Monstres Contre Aliens réalisé par Rob Letterman (qui a déjà participé à Gang de Requins) et Conrad Vernon (co-réalisateur de Shrek 2).
Après avoir été heurtée par une météorite le jour de son mariage une jeune femme se transforme en géante dotée d’une force surhumaine. En deux temps et trois mouvements l’armée américaine la capture et l’isole dans une base secrète avec d’autres monstres « récupérés » au fil du temps. Quand un alien décide d’attaquer la Terre pour récupérer la substance à l’origine de la mutation de la jeune femme l’armée voit en ces monstres la seule planche de salut pour sauver la planète…
Comme d’hab avec Dreamworks l’animation 3D est irréprochable, et comme souvent le scénario est à deux niveaux, les enfants apprécieront le visuel tandis que les adultes pourront méditer sur le message de tolérance porté par le film (ne pas juger les autres sur leur apparence) ; mais bon rassurez-vous ce n’est pas pour autant un film engagé. Par contre c’est un divertissement d’une qualité supérieure à la moyenne avec beaucoup d’humour et même de l’action. Par moment on en oublierait presque qu’il ne s’agit que d’une animation tant on se croirait dans un véritable film catastrophe (même si l’on est des images de synthèse hyper réalistes à la sauce Avatar)…
Difficile de dire que de Pixar (Disney) ou de Dreamworks domine la scène de l’animation 3D tant les produits qui sortent de ces deux studios sont de qualité, si vraiment je devais choisir j’accorderai une longueur d’avance à Dreamworks pour ses productions moins « enfantines » (quoique Wall-E n’est pas vraiment destiné à un jeune public, malgré l’étiquette Disney).
[DVD] RTT
Comme vous pourrez le constater au fil des posts suivants ce week-end de l’Assomption aura été placé sous le signe du cinéma, version DVD cela va de soi. Ainsi vendredi c’est la comédie de Frédéric Berthe RTT qui sera au programme.
Un type (Kad Merad) qui vient de se faire plaquer par sa femme décide de se rendre à Miami afin de la convaincre de renoncer à se marier avec son mec. Un voyage aux intentions douteuses mais qui aurait dû être relativement paisible ; si ce n’est qu’à l’aéroport il croise le chemin d’une voleuse d’oeuvres d’art (Mélanie Doutey) qui l’utilise pour faire passer l’objet de son dernier méfait. Histoire de corser le tout une équipe de flics menée par un jeune inspecteur (Manu Payet) est bien décidée à mettre fin à la carrière de la jeune femme. Forcément le voyage sera plus mouvementé que prévu…
Au programme on nous annonce une comédie romantique d’aventure mais au final on obtient une comédie sympathique et divertissante qui ne restera certainement pas dans les annales du cinéma… C’est clairement un film qui espérait surfer sur la vague ch’tis et la popularité grandissante de Kad Merad pour se faire une place au soleil. Et c’est raté !
Je le répète le film n’est pas une sinistre daube mais tout juste un divertissement bien loin d’être aussi novateur que Bienvenue Chez Les Ch’tis ou même Safari ; un spectacle familial à voir pour passer un moment sympa sans prise de tête et à oublier avant de passer à autre chose…