[DVD] Légion – L’armée Des Anges

Légion - L'armée Des AngesNotre traditionnelle pause DVD du samedi après-midi sera placée sous le signe du fantastique puisque c’est Légion, premier film du réalisateur Scott C. Stewart, que nous choisirons.
Quand Dieu décide de se débarrasser de la race humaine il envoie une armée d’ange sur la Terre afin de faire le sale boulot. Une poignée de survivants humains, ignorant tout de la situation, se retrouve dans un fast food paumé au milieu du désert, bientôt rejoint par l’archange Michaël (Paul Bettany) qui garde foi en l’Homme et compte bien tout mettre en oeuvre pour protéger l’enfant que porte une jeune serveuse (Kate Walsh) ; enfant qui pourrait bien être l’ultime espoir de la race humaine… mais l’archange Gabriel (Kevin Durand) et ses troupes déshumanisées comptent bien mener à terme leur mission.
Face à un tel scénario de base, plutôt prometteur, on a deux options : soit un film qui relève brillamment le défi et nous cloue à notre siège (ou au canapé en l’occurrence), soit une vague série B qui nous laisse sur notre faim (voire pire)… Et malheureusement Légion se classe définitivement et irrécupérablement dans la seconde catégorie.
Le scénario est totalement sous exploité, on ne pige pas le pourquoi du comment de la chose, ni les tenants et les aboutissants de l’histoire… Déjà ça la fout mal mais si en plus les acteurs sont aussi convaincants que des amibes amorphes je vous laisse imaginer ce que ça peut donner. Pour finir mêmes les scènes d’action sont mal traitées (les ennemis attendent sagement de se faire dézinguer) à une ou deux exception près et desservies par des effets spéciaux quasiment risibles tellement ils sont mauvais… Bref une série B (pour ne pas dire une série Z) totalement insipide à oublier vite fait bien fait.
La seule chose qui me console c’est de ne pas avoir acheté ce film (c’est un cadeau) ; mais le pire c’est que j’aurai pu être tenté de le faire dans l’espoir de tomber sur une petite perle (quoique en général dans le doute je fais un rapide tour des critiques de la presse et des spectateurs) !

[DVD] Shutter Island

Shutter IslandPour notre traditionnelle pause DVD du samedi nous avons opté pour le thriller Shutter Island réalisé par un des maîtres du genre, Martin Scorcese.
Quand le Marshall Daniels (Leonardo Di Caprio) et son coéquipier (Mark Ruffalo) débarquent sur Shutter Island, une île paumée au milieu de nulle part qui abrite un hôpital psychiatrique, pour enquêter sur la disparition mystérieuses d’une patiente ils sont loin de s’imaginer que leur enquête ne sera pas aussi banale que prévue. Rapidement ils doivent faire face au refus de coopérer du directeur de l’établissement (Ben Kingsley) et de l’ensemble du personnel ; il apparaît dés lors évident que de sombres secrets semblent sommeiller dans cette structure médicale isolée du monde… Mais au fur et à mesure de leur enquête les cartes s’embrouillent, qui manipule qui ? Qui est qui ?
Quatrième collaboration entre Scorcese et Di Caprio (la dernière en date étant l’excellent thriller Les Infiltrés) et quatrième coup de maître aurai-je envie de dire. Adapté d’un roman de Dennis Lehane (auteur notamment de Mystic River, adapté au cinéma par Clint Eastwood), Scorcese réussit même l’exploit de sublimer le récit, chose suffisamment rare pour être mentionnée. Le scénario est parfaitement maîtrisé, montant progressivement en intensité et en complexité, jouant allégrement avec nos nerfs au fur et à mesure que les pistes se brouillent, jusqu’au dénouement qui nous laisse sur le cul.
Une fois de plus Scorcese offre à Di Caprio un rôle à la hauteur de son talent, il y interprète en effet une personnalité complexe et embrouillée, hanté par les démons du passé (vétéran de la seconde guerre mondiale ayant participé à la libération du camps de Dachau, et plus récemment veuf de sa femme disparue tragiquement dans un incendie criminel), il ne parvient à tirer un trait sur ces drames qui l’ont marqué bien plus qu’il ne voudrait le reconnaître… Mention spéciale aussi à Ben Kingsley qui incarne à merveille ce chef d’établissement plein d’ambiguïtés.
Vous l’aurez compris on est en présence d’un excellent thriller, plus axé sur la psychologie des personnages que sur l’action pure et dure, ce qui ne l’empêche nullement de nous prendre aux tripes jusqu’au générique de fin, et même après ! Certainement l’un des meilleurs thrillers de l’année 2009 et peut être même de ces dernières années. A voir absolument, et à avoir.

[DVD] Solomon Kane

Solomon KaneChangement total de registre pour notre escapade cinéphile de dimanche puisque c’est le film Solomon Kane, réalisé par Michael J. Bassett qui nous permettra de débuter l’après-midi. Si l’on reste dans le cinéma fantastique on s’éloigne complétement du film pour jeune public pour renouer avec un spectacle nettement plus mature.
Quand Solomon Kane (James Purefoy), efficace mais impitoyable guerrier échappe de justesse à une force diabolique il rentre en Angleterre et promet de renoncer à la violence pour tenter de racheter son âme. Pas facile toutefois de rester fidèle à cette promesse quand le pays semble tomber progressivement sous le joug d’un puissant sorcier et de ses armées menées par un mystérieux soldat masqué. Quand il est attaqué par des pillards et laissé pour mort il ne doit son salut qu’à une famille de pèlerins qui le soigne et partage avec lui un bout de chemin… Jusqu’à ce que leur chariot soit attaqué par les soldats du sorcier, nombre de pèlerins sont massacrés, d’autre laissés pour mort et leur plus jeune fille est capturée. Solomon Kane promet alors au père mourant qu’il va tout faire pour sauver sa fille, celui-ci, fervent croyant, lui jure que s’il réussit alors son âme sera sauvée… Mais le chemin sera parsemé d’embuches et de combats avant d’arriver aux portes de la forteresse du sorcier…
Un peu long comme résumé mais il faut bien avouer que le personnage et le contexte sont un peu complexes pour être retranscrits en trois lignes. Le personnage de Solomon Kane est, au départ, un héros de bandes dessinées imaginé par  Robert E. Howard (à qui l’on doit aussi le personnage de Conan) à la fin des années 20 ; après le rachat de son âme il n’aura de cesse de combattre sans merci les forces du Mal… De là à supposer une (ou plusieurs) suite(s) au cinéma il n’y a qu’un pas même si pour le moment rien de tel n’est annoncé… Ce qui n’est peut être pas si mal !
Que dire sur le film à proprement parler ? Sans être un chef d’oeuvre ça demeure un divertissement plutôt réussi, le scénario tient la route malgré quelques faiblesses (et quelques « rebondissements » un peu trop prévisibles) vite oubliées grâce au rythme soutenu imposé par le film, les effets spéciaux sont à la hauteur de ce que l’on est en droit d’attendre d’un film fantastique aujourd’hui, les combats sont bien ficelés (juste un petit bémol sur le trop bref passage du démon de fin). Pas inoubliable certes mais agréable, à réserver toutefois à un public averti en raison de la violence de certaines scènes…

[DVD] Alice Au Pays Des Merveilles

Alice Au Pays Des MerveillesSamedi nous nous offrons une pause DVD avec Alice Au Pays Des Merveilles, réalisé par Tim Burton pour les Studios Disney.
Nous retrouvons donc Alice (Mia Wasikowska) âgée de 19 ans qui replonge dans les profondeurs du Pays des Merveilles ; le pays subit la tyrannie de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter) et de ses troupes tandis que la Reine Blanche (Anne Hatytaway) attend son Champion. Champion qui, à en croire une ancienne prophétie, serait Alice sauf qu’elle ne semble vraiment pas prête à assumer ce rôle… Heureusement elle pourra compter sur le soutien du Chapelier Fou (Johnny Depp) et de ses fidèles amis.
Vous l’aurez compris il ne s’agit pas d’une nouvelle adaptation d’Alice Au Pays Des Merveilles de Lewis Carrol mais plutôt une imaginaire suite (rien à voir avec De L’autre Côté Du Miroir suite « officielle » écrite par Lewis Carrol quelques années plus tard) qui aurait pu s’intituler Retour Au Pays Des Merveilles ; même si les principaux protagonistes restent identiques c’est surtout le personnage d’Alice qui a évolué puisqu’en grandissant elle semble avoir tout oublié de son premier séjour dans ce lieu magique. Griffe Disney oblige le spectacle est destiné avant tout à un public jeune mais le film est rondement mené pour ratisser plus large. Outre le fait que ce monde imaginaire permet à Tim Burton de laisser libre cours à son imagination fertile pour lui donner vie, les acteurs sont plus que convaincants, Johnny Depp (acteur fétiche de Tim Burton, c’est en effet leur septième collaboration et un huitième film réunissant les deux hommes est en chantier) en tête mais aussi la jeune actrice australienne Mia Wasikowska (Tim Burton lui offre là son véritable premier rôle en tant que tête d’affiche d’un projet ambitieux) et même la musique du film signée Danny Elfman contribue à la réussite de ce grand spectacle qui devrait séduire petits et grands.
Encore un succès donc  pour le duo de choc Burton-Depp qui semble faire des miracles quelque soit le genre auquel il s’essaye ; et au passage quatrième film pour Johnny Depp sous le label Disney (après la trilogie Pirate Des Caraïbes) et déjà deux autres films en chantier (dont un quatrième opus dans la peau du pirate Jack Sparrow) pour Mickey et ses potes…

[DVD] Vengeance

VengeanceComme Abra bossait à Paita tout le week-end j’ai donc laissé la suite de True Blood en stand by mais c’est pas pour autant que j’ai fait grève de DVD ; j’en ai profité au contraire pour regarder un film qui n’inspirait guère Abra, à savoir Vengeance de Johnnie To.
Un ancien tueur reconverti dans la restauration (Johnny Hallyday) vient au chevet de sa fille (Sylvie Testud) à Macao ; celle-ci vient en effet d’être prise pour cible par des tueurs qui ont assassinés son mari et ses deux enfants avant de la laisser pour morte. Dès lors il va tout mettre en oeuvre pour se venger mais perdu dans un pays qu’il ne connaît pas il n’a aucune chance, c’est pourquoi il recrute trois tueurs sur place afin de l’assister. Direction Hong-Kong pour retrouver les tueurs et leur commanditaire…
Improbable rencontre entre un des plus grands réalisateurs hongkongais et notre rocker national ce film est une agréable surprise. C’est du pur gunfight à la sauce chinoise sur fond de triade donc le scénario est surtout prétexte à des scènes d’action parfaitement orchestrées même si un rien improbables (ça canarde à tout va mais pour des professionnels ils visent très mal). Le véritable pilier du film est le personnage incarné par Johnny Hallyday, justicier implacable mais aussi un homme fragile… Un rôle taillé sur mesure dans lequel il est bluffant de réalisme, et pourtant je suis le premier à reconnaître que sa filmographie reste très inégale avec du bon (Wanted, Jean-Philippe…), du moins bon (Quartier VIP, L’homme Du Train…) et du carrément mauvais (quasiment tous ses rôles jusqu’au début des années 90).
A ce titre je trouve totalement ridicules certaines critiques qui se bornent à dire que le film est mauvais parce que C’est Johnny qui tient le rôle principal ; je peux concevoir que le film puisse ne pas plaire mais au moins que ses détracteurs exposent des arguments plus constructifs que ce genre de connerie ! Vous l’aurez compris pour ma part j’ai été sous le charme en le prenant pour ce qu’il est : un film d’action divertissant et profondément humain…
Une preuve de plus que Johnny Hallyday n’est pas encore l’homme fini que certains se complaisent à décrire, si sa carrière scénique semble bel et bien terminée (après 50 ans de métier on peut lui pardonner de tirer sa révérence) il n’est pas improbable qu’il nous réserve encore quelques surprises que ce soit dans la chanson ou dans le cinéma… Mais bon il faudrait aussi qu’il prenne conscience qu’il n’a plus 20 ans et qu’il serait peut être temps de lever le pied sur les excès en tout genre (sans pour autant devenir un saint, on ne lui en demande pas tant).

[DVD] From Paris With Love

From Paris With LoveSamedi matin nous avions décidé d’aller jouer les traîne-savate en ville histoire de passer le temps mais c’était sans compter sur la cohue des soldes qui nous a rapidement fait rebrousser chemin (oui je sais on est un tantinet associables) non sans faire un détour par Compact Megastore histoire de m’offrir From Paris With Love, thriller d’espionnage aussi musclé que déjanté réalisé par Pierre Morel et produit par Luc Besson. Pas de temps à perdre, nous le regarderons en début d’après-midi.
Ne dérogeons pas aux bonnes habitudes et commençons cette chronique par un passage obligé via le pitch. James Reese (Jonathan Rhys-Meyers) est l’assistant personnel de l’ambassadeur des Etats-Unis à Paris, histoire de pimenter son existence bien rangée il rend de temps à autres de menus services aux Forces Spéciales. Jusqu’au jour où on lui demande d’aller chercher à  l’aéroport l’agent Charlie Wax (John Travolta) et de l’accompagner durant une mission de la plus haute importance. Il va alors se retrouver entraîné dans une mission plus périlleuse qu’il n’y paraît et découvrir que son nouveau coéquipier est un adepte de la méthode forte d’une efficacité aussi redoutable que radicale…
Autant mettre les choses à plat de suite le but du film n’est pas de nous offrir une intrigue alambiquée multiples rebondissements mais de jouer à fond la carte du divertissement. En effet le scénario est assez basique et sans grande surprise mais ça n’en est pas moins jouissif ; d’une part du fait du duo improbable entre un bureaucrate qui rêve des Forces Spéciales et l’agent de terrain, homme d’action aguerri qui ne recule devant rien pour faire échouer le complot qui se prépare, mais aussi des scènes d’action qui s’enchainent à un rythme effréné. C’est du grand spectacle à prendre au second degré et personnellement j’ai adoré.
Pierre Morel semble être abonné aux productions de Luc Besson ayant Paris pour toile de fond, outre le futuriste et improbable (mais divertissant) Banlieue 13 le très convaincant Taken est aussi le fruit de leur collaboration ; bref un duo plutôt efficace, comme le confirme une fois de plus From Paris With Love. Au final on obtient du cinéma façon Hollywood mais Made in France et franchement on n’a pas à rougir du résultat qui tient la route face à la concurrence Outre-Atlantique.
Difficile aussi de rester de marbre face à la performance d’acteur de John Travolta qui s’en donne à coeur joie dans un rôle au moins aussi déjanté que celui qu’il occupait dans Pulp Fiction ; on sent qu’il s’amuse sur le tournage et forcément on ne peut que s’en réjouir. Les rabats joie diront que la banlieue y est une fois de plus stigmatisée (nettement moins que dans Banlieue 13), à ceux là (bien souvent des snobinards de la gauche caviar qui n’ont jamais foutu les pieds dans des banlieues « chaudes ») je ne peux que leur suggérer d’une part de cesser de se voiler la face (l’actualité récente prouve encore que la banlieue n’est pas toujours de tout repos) et surtout de prendre le film pour ce qu’il est : un divertissement 100% adrénaline qui n’a certainement pas la prétention de se la jouer façon essai politico-social sur la dure réalité des banlieues parisiennes…

[DVD] Hors De Contrôle

Hors De ContrôleComme indiqué dans mon premier post le 14 juillet aura été l’occasion de faire un break bien mérité, une nuit à Dumbéa avant de revenir sur Nouméa en fin de matinée… Et pour changer de s’offrir une nouvelle séance DVD avec le film Hors De Contrôle réalisé par Martin Campbell.
Mel Gibson y incarne un flic de Brooklyn qui reçoit la visite de sa fille, rapidement il s’aperçoit que quelque chose ne tourne pas rond dans son état de santé mais alors qu’ils sortent pour se rendre à l’hôpital elle est abattue d’un coup de fusil. Le flic pense d’abord que c’est lui qui était visé mais à force de creuser tout laisse à penser que le tueur n’a commis aucune erreur, la cible était bien sa fille. Tout est fait pour brouiller les pistes et la faire passer pour un éco-terroriste mais si au contraire elle s’apprêtait à dévoiler un complot mettant en cause les plus hautes sphères du monde économique et politique… Des gens qui ne reculeront devant rien pour étouffer la vérité, sauf que lui ,’a plus rien à perdre contrairement à ses adversaires… Reste à savoir s’il peut compter sur certains alliés ou si tous se détourneront de lui…
Ca faisait quelques temps déjà que Mel Gibson n’avait pas été vu sur les écrans, plus habitué à la rubrique faits divers entre ses frasques d’alcoolique et une séparation musclée d’avec son ex femme, et c’est plutôt rassurant de savoir que malgré tout il reste un grand acteur. S’il joue des poings et du flingue pour régler ses comptes c’est aussi un rôle très psychologique qui nous dépeint un homme brisé pris au coeur d’un complot qui le dépasse mais bien déterminé à faire éclater la vérité, quel qu’en soit le prix à payer…
J’avoue qu’il serait tentant de se dire que c’est encore une histoire de complot du gouvernement et donc rien de neuf sous le soleil, mais à défaut d’une grande originalité le film a au moins le mérite d’être bien construit donc ne serait-ce que pour le plaisir de voir un bon film il serait dommage de passer son chemin. Si l’intrigue ne brille pas par son originalité elle est bien construite avec un rythme qui va crescendo et qui plus est nous ne sommes pas à l’abri de quelques rebondissements inattendus. Si Mel Gibson incarne le personnage clé du film il n’est pas le seul à mériter le coup d’oeil, mention spéciale à Ray Winstone qui incarne un agent du gouvernement chargé de « nettoyer » les éventuelles preuves gênantes aussi débonnaire que glacial.

[DVD] Le Prix De La Loyauté

le Prix De La LoyautéChangement de registre dimanche avec Le Prix De La Loyauté, un polar musclé et efficace réalisé par Gavin O’Connor.
Après que 4 flics appartenant à la brigade dirigée par son frère (Noah Emmerich) aient été abattus par des trafiquants de drogue un jeune lieutenant (Edward Norton) mène une enquête approfondie afin de déterminer les tenants et les aboutissants d'(une affaire qui ne semble pas aussi évidente qu’il n’y parait. En effet il devient rapidement évident que les victimes sont tombés dans un véritable traquenard, les dealers auraient été prévenus… par un policier ! Les choses se compliquent quand les pistes convergent vers certains officiers corrompus qui semblent sous les ordres de son beau frère (Colin Farrell). Entre les liens du sang et le sens du devoir il va lui falloir faire un choix avant que la situation ne dégénère, mais avant cela il lui faudra découvrir jusqu’à quel point sa famille est impliquée…
Bon OK vous me direz que les histoires de flics pourris ne sont pas vraiment une nouveauté au cinéma (et certainement aussi une réalité au quotidien) mais ici la dimension familiale apporte une touche d’originalité qui vient poser un véritable dilemme au personnage principal (alors que son beau frère corrompu ne recule devant rien pour protéger son traffic). Je reconnais volontiers que je ne suis pas franchement un fan des uniformes mais il n’empêche que quand je lis sur certains forums consacrés au film que la vie des flics est ingrate et que l’on peut leur pardonner certains écarts ça me fout hors de moi ! Qu’ils enculent des ordures une fois de temps en temps si ça les amuse à la limite j’veux bien qu’on ferme les yeux mais là ils n’ont aucune limite, escroquerie, vol, torture, meurtre… Là désolé il n’y aucun pardon possible !
Ceci étant dit l’intrigue est bien ficelée, ça monte en intensité sans accrocs, les acteurs sont géniaux, le jeu est dominé par le duel entre Edward Norton en flic désabusé mais droit et Colin Farrell en pourriture finie prêt à tout pour faire régner la loi du silence mais il y a aussi Noah Emmerich qui incarne un chef de brigade honnête mais complètement dépassé par la situation et Jon Voigth, le patriarche qui aimerait pouvoir protéger sa famille et l’image de la police…

[DVD] Rapt

RaptEt encore une chronique en retard… A force vous devez commencez à avoir l’habitude mais je n’ai malheureusement pas le privilège d’être blogueur à temps plein donc il me faut composer avec un emploi du temps professionnel toujours aussi chargé. Attachez vos ceintures c’est parti pour 5 posts consécutifs (dont 3 pauses DVD, 14 juillet oblige).
Notre première pause DVD du week-end dernier aura donc été consacrée au film Rapt de Lucas Belvaux, film qui semble beaucoup s’inspirer du kidnapping du Baron Empain survenu à la fin des années 70 (voir l’article Wikipedia consacré à l’Affaire Empain).
Quand un puissant industriel (Yvan Attal) est kidnappé non loin de chez lui sa vie bascule dans le cauchemar au fur et à mesure que son univers se fissure. Outre le stress et le traumatisme de sa détention l’enquête de police révèle ses nombreuses infidélités et son addiction au poker… Peu à peu il perd l’estime de sa famille et de ses collaborateurs, et toujours pas de rançon en vue… Reste à savoir ce qui sera le plus dur pour lui, une détention prolongée à l’issue incertaine ou une libération en étant totalement désavoué par son entourage familial et professionnel…
Franchement ce film est une agréable surprise, un thriller psychologique d’une extrême noirceur qui met en avant les plus vils aspects de l’être humain, rien n’est tout blanc ou tout noir, tout en nuances de gris et d’un gris plutôt sombre. Chapeau bas à Yvan Attal qui demeure le pilier central de tout l’histoire, sa métamorphose au fil du scénario est franchement bluffante, l’homme d’affaire intouchable et sûr de lui perd peu à peu son assurance, le doute rogne progressivement ses certitudes et quelle que soit l’issue de ce drame ça le changera profondément et définitivement… Et si finalement ses ravisseurs le comprenaient mieux que son entourage ? Certes le gars n’est pas un saint mais de là à vouloir le diaboliser à tout prix il y’a un pas, un pas que certains n’hésiteront pas à franchir, quitte à le poignarder dans le dos à la première occasion…
Bref vous l’aurez compris j’ai été conquis même si la fin laisse planer beaucoup de question ; on va dire que c’est une ouverture à toutes les hypothèses, à chacun d’imaginer celle qu’il lui convient… Il n’en reste pas moins que c’est du bon thriller made in cocorico, pas besoin d’effets spéciaux à tout va pour nous scotcher, ici tout se joue sur l’ambiance et la psychologie des personnages ; un régal tout simplement…

[DVD] Faubourg 36

Faubourg 36Séquence nostalgie pour notre pause DVD du week-end puisque nous avons fait un bond dans le passé avec le film Faubourg 36, réalisé par Christophe Barattier.
Paris, 1936. Alors que la France fête l’arrivée au pouvoir du Front Populaire trois amis (Gérard Jugnot, Clovis Cornillac et Kad Merad) décident de faire revivre l’ancien cabaret qui les employait mais encore faut il le remettre à neuf et trouver une troupe digne de ce nom afin que le succès soit au rendez-vous. Les difficultés s’enchaînent mais la détermination des trois compères est sans faille, d’autant qu’ils peuvent compter sur le soutien de la population du quartier et sur le talent d’une jeune chanteuse (Nora Arzeneder)… Mais parfois même la meilleure volonté du monde ne suffit à surmonter les nombreux obstacles qui poussent inexorablement le cabaret vers une nouvelle faillite…
Le trio Barattier / Jugnot / Merad avait déjà travaillé ensemble sur le précédent film du réalisateur, Les Choristes ; et une fois encore la musique et la chanson sont les invités d’honneur de ce nouveau long métrage. Les textes écrits par Frank Thomas et mis en musique par Reinhardt Wagner collent parfaitement à l’époque (j’ai personnellement été bluffé en découvrant que ce n’était pas d’authentiques chansons d’époque) ; à noter que les chansons sont interprétées par les acteurs eux même et là encore on ne peut être que sous le charme de la voix envoûtante de Nora Arzeneder que l’on ne peut s’empêcher de comparer à Piaf. Par contre il est plutôt surprenant de voir Clovis Cornillac pousser la chansonnette, il s’en sort pas si mal que ça en plus ! Depuis que j’ai vu le film je cherche désespérément la bande originale en CD (ou autre support un peu moins officiel) mais sans succès…
Mais l’intérêt du film ne réside pas uniquement dans sa bande son, les décors aussi sont sublimes (le Paris des années 30/40 est superbement reconstitué, le voyage dans le passé est aussi bien visuel que sonore) et bien entendus les acteurs sont au sommet de leur art, les différentes intrigues se mêlent et se résolvent au fur et à mesure que l’on approche du clap de fin ; même si l’on perçoit assez tôt un dénouement inévitablement tragique on se prend à espérer… Comme les personnages du film on a envie de croire à un miracle…
Pour faire simple on va dire que c’est du grand et beau cinéma français plein d’émotions sans non plus en faire des tonnes… Un film qui mérite de rester, au même titre que Les Choristes, dans les annales du cinéma français.