[DVD] L’Odyssée De Pi

L'Odyssée De PiPour notre pause cinéma du weekend nous opterons pour L’Odyssée De Pi de Ang Lee, après deux essais infructueux de blu-ray je me suis rabattu sur le téléchargement.
La vie de Pi Patel (Suraj Sharma) bascule quand il doit quitter l’Inde avec ses parents, son frère et quelques animaux du zoo qu’ils possédaient à Pondichéry. Mais leur traversée vers le Canada tourne mal, leur navire fait naufrage, Pi se retrouve seul survivant dans un canot de sauvetage, au milieu du Pacifique. Seul ? Pas tout à fait, Richard Parker, un tigre du Bengale est aussi du voyage…
A la base L’Histoire De Pi est un roman de Yann Martel réputé inadaptable au cinéma ; n’ayant pas lu le bouquin je ne saurai dire si Ang Lee a réussit cet impossible challenge, mais une chose est sure il nous offre un film magnifique, tant visuellement que par son histoire bien plus riche qu’il ne parait de prime abord. Je craignais un film trop orienté jeune public mais il n’en est rien, j’ai été bluffé par le résultat.
Un succès aussi bien public (près de 609 millions de dollars au box office mondial pour un budget initial de 120 millions) que critique salué par quatre Oscar (meilleur réalisateur, meilleure photographie, meilleurs effets visuels et meilleure musique) et un Golden Globe pour sa musique (composée par Mychael Danna). J’avoue ne pas avoir prêté d’attention particulière à la musique du film mais visuellement c’est en effet une grande claque dans la gueule.
Pour la petite histoire on peut noter la présence (éphémère) au casting de Gérard Depardieu dans le rôle du cuistot du navire. Un rôle éphémère qui ne prend toute son importance qu’à la fin du film quand on réalise que l’on peut envisager cette histoire de deux manières, soit comme le récit brut de décoffrage de l’histoire de Pi, soit comme une parabole dans laquelle les animaux ont remplacé les humains ; même si on se doute d’où est la vérité (une fois l’aspect parabole révélé) libre à chacun de croire à l’une ou l’autre des versions.
J’ai mis à jour mon lecteur blu-ray donc il n’est pas impossible que je tente à nouveau ma chance prochainement en achetant le disque, c’est vraiment un film taillé sur mesure pour la haute définition. Est-ce que le film m’a donné envie de découvrir le roman ? Disons qu’il a réussit à éveiller ma curiosité donc peut être que oui mais ce n’est pas ma priorité du moment (d’autant que les réactions sont nettement moins unanimes que pour le film)…

[BRD] Le Hobbit – Un Voyage Inattendu

Le HobbitIl y en a qui profitent du 1er mai pour aller gesticuler et grogner dans les rues pensant que leur brassage d’air changera le monde ; de notre côté on a opté pour un loisir moins bruyant (ça se discute ?) avec une pause cinéma. Direction la Terre du Milieu avec Le Hobbit – Un Voyage Inattendu de Peter Jackson.
Bilbon Sacquet (Ian Freeman), un paisible hobbit, se retrouve presque malgré lui embarqué dans un groupe de nain mené par leur chef, Thorin (Richard Armitage) et le magicien Gandalf (Ian McKellen). Leur but: reconquérir leur royaume, Erebor, tombé entre les griffes du dragon Smaug…
Comme beaucoup j’avais été conquis par la version cinéma du Seigneur Des Anneaux de Peter Jackson et j’avais donc hâte de découvrir ce fameux Hobbit (dire qu’au départ le réalisateur souhaitait déléguer le projet… on ne peut que se réjouir qu’il ait fini par prendre lui même les choses en main). La magie est toujours intacte, qu’il s’agisse des décors, des personnages (on retrouve avec plaisir certains que l’on connaissait déjà et l’on en croise de nouveaux) ou des effets spéciaux on plonge au coeur de la Terre du Milieu dès les premières images pour ne plus la quitter jusqu’au générique de fin. Ajoutez à cela une intrigue rondement menée et vous aurez sous les yeux un film parfaitement maîtrisé.
Bon OK je ne suis peut être pas totalement objectif sur ce coup, certains pourront peut être lui reprocher quelques longueurs au début mais pour ma part ça fait partie du charme, le réalisateur prend le temps de poser ses personnages et son intrigue, ils n’arrivent pas comme un cheveu sur la soupe mais bénéficient d’une réelle profondeur.
En parlant de profondeur je trouve particulièrement audacieux d’adapter un bouquin qui se lit en une poignée d’heures (à la base il s’agissait d’un livre pour enfants) sous la forme d’une trilogie dont chaque film dure pas loin de trois heures. Si Le Seigneur Des Anneaux respectait scrupuleusement (ou presque) le bouquin de JRR Tolkien, Le Hobbit prend d’avantage de liberté par rapport à l’écrit. Et cette libre adaptation apporte une véritable richesse au scénario, la version cinéma se retrouve du coup nettement plus travaillée que son modèle, pour notre plus grand plaisir… On pouvait craindre une impression de déjà-vu mais il n’en est rien, Peter Jackson réussit encore à nous surprendre. Le seul bémol dans l’affaire c’est qu’il faut attendre un an entre chaque film !

[BRD] Argo

ArgoRien de tel qu’une pause cinéma (BRD en l’occurrence  pour terminer le weekend en beauté, et tant qu’à faire autant opter pour une valeur sure, c’est donc Argo de Ben Affleck que nous avons visionné ce dimanche soir.
Téhéran, novembre 1979. L’ambassade des Etats-Unis est prise en otage par des manifestants qui exigent l’extradition du Shah. Six américains parviennent à fuir les lieux et trouvent refuge auprès de l’ambassadeur du Canada. Après plusieurs semaines de négociations infructueuses la CIA fait appel à Tony Mendez (Ben Affleck), expert en exfiltrations à haut risque. Celui-ci va alors mettre au point un plan défiant l’imagination afin de libérer les six otages avant qu’ils ne soient identifiés…
Je ne vous dirai pas que le film est excellent car cela s’impose rapidement comme une évidence, ce n’est pas pour rien qu’il a remporté de nombreux prix et distinctions dont (pour ne citer que les plus prestigieux) trois Oscar (dont celui du meilleur film) et deux Golden Globe (meilleur film dramatique et meilleur réalisateur). Pour son troisième film Ben Affleck réussit un coup de maître aussi bien derrière que devant la caméra.
Le film a aussi bénéficié d’un accueil enthousiaste de la part du public, il enregistre en effet d’ores et déjà plus de 232 millions de dollars au box office mondial (pour un budget de 44,5 millions) et une note de 8,4 sur 10 chez RottenTomatoes.
Le film ne repose ni sur ses effets spéciaux (juste des acteurs au look rétro afin de correspondre à l’époque), ni sur ses scènes d’action mais sur son ambiance ; le réalisateur parvient à nous communiquer le sentiment d’urgence qu’il y a à intervenir et, une fois son personnage sur les lieux on sent l’atmosphère devenir de plus en plus pesante jusqu’au final qui nous mettre les nerfs à rude épreuve.
Rien à redire non plus quant au jeu des acteurs, ils sont tous bluffants de réalisme ; certes le look de Ben Affleck peut surprendre mais il est parfaitement adapté au contexte (début des années 80).
Difficile d’imaginer que cela puisse être inspiré d’une histoire vraie (classée secret défense jusqu’en 1997), non seulement le projet semblait aussi audacieux que périlleux mais c’est surtout l’étroite collaboration entre Hollywood et la CIA qui m’a étonné dans cette histoire. Qui plus est jusqu’à sa déclassification la CIA n’a pu revendiquer l’opération (autrement qu’en interne) étant donné qu’officiellement c’est le Canada qui a chapeauté toute l’opération.

[BRD] Skyfall

SkyfallA l’occasion du jubilé de James Bond au cinéma (50 ans déjà depuis Dr No sorti en 1962) nous nous sommes offert une pause cinéma avec Skyfall, vingt-troisième film « officiel » de la saga James Bond et troisième rôle titre pour Daniel Craig avec Sam Mendes à la réalisation.
Au cours d’une mission qui tourne mal James Bond (Daniel Craig) est laissé pour mort et une liste des agents du MI6 infiltrés tombe entre de mauvaises mains. Quand les locaux du MI6 sont la cible d’une attaque terroriste et que les compétences et les méthodes de M (Judi Dench) sont remises en question, Bond sort de sa retraite et reprend du service afin d’identifier leur ennemi avant qu’il ne rende la liste publique. Son enquête le lance sur sur les traces de Raoul Silva (Javier Bardem), un ancien agent du MI6 et un petit génie de l’informatique, qui ne reculera devant rien pour se venger de M…
Que vous dire de James Bond qui n’a pas déjà été dit et redit. Si la qualité des différents films est inégale ça reste toujours divertissant et efficace, celui-ci ne déroge pas à la règle avec un scénario en béton, un rythme soutenu, un méchant que l’on adorera détester et la touche Daniel Craig qui se confirme, donnant à 007 d’avantage d’humanité que ses prédécesseurs. A ce titre je ne me prononcerai pas sur celui qui aurait le mieux incarné le plus célèbre des espions britanniques, je me contenterai de botter en touche en disant que chacun, de Sean Connery (6 films) à Daniel Craig (3 films à ce jour) , en passant par George Lazenby (1 film), Roger Moore (7 films), Timoothy Dalton (2 films) et Pierce Brosnan (4 films), ont su apporter leur touche personnelle au personnage. Le James Bond idéal serait un fin mélange de toutes ces personnalités (n’ayant lu aucun des romans de Ian Flemming je suis dans l’impossibilité de vous dire lequel est le plus proche du personnage original).
Face au succès incontestable de Skyfall il a commencé à se dire çà et là que c’était le meilleur James Bond jamais tourné, autant dire qu’il n’en fallait pas plus pour lancer le débat chez les fans. Si je refuse de me prononcer sur ce point c’est simplement parce que je suis bien incapable de vous dire quel est le James Bond que je considère comme étant le meilleur. J’estime que la trilogie avec Daniel Craig dans le rôle phare se situe dans indéniablement dans la partie haute du podium justement parce qu’il a réussi à débarrasser le personnage d’une certaine futilité en lui rendant un aspect plus brut de décoffrage (moins de gadgets, moins de James Bond girls) et, comme signalé plus haut, plus humain (il a un passé comme vous et moi).
Le prochain James Bond est d’ores et déjà annoncé pour 2016 mais l’on ne sait rien de plus pour le moment, si ce n’est que Daniel Craig aurait accepté de rempiler pour deux autres films de la plus longue saga du cinéma. Si l’information se confirme il semblerait donc que la question de la succession de Daniel Craig ne soit pas encore à l’ordre du jour. Mais supposons que, vous verriez qui endosser le costume de 007 ? Perso j’imagine bien Bradley Cooper ou Ryan Gosling pour assurer la relève.

[BRD] Coffret Guerre du Vietnam

Guerre du VietnamIl est rare que je craque pour des coffrets de DVD ou BRD, à moins qu’il ne s’agisse d’une saga complète (genre la totale de Star Wars en édition spéciale Blu-ray ; pas encore achetée mais ça me démange de le faire), car généralement il y a toujours au moins un film qui « fait tâche » ; aussi c’est sans conviction que mes yeux se sont égarés sur ce pack spécial Guerre du Vietnam, mais en voyant les titres des quatre « chefs d’oeuvre » annoncés j’ai pris sans la moindre hésitation, ce sont en effet quatre films cultes, et pas seulement pour les adeptes du film de guerre, qui sont proposés dans cette compilation.
Il faut dire que les films sur la guerre du Vietnam ou les vétérans du conflit vietnamien ont eu le vent en poupe entre la fin des années 70 et le début des années 90 (plutôt paradoxal quand on sait que les vrais vétérans n’ont pas vraiment été accueillis en héros à leur retour du front) ; on a eu le droit à tout, du meilleur au pire. Le vétéran se faisant vieux la vague a finit par s’essouffler, d’autant qu’avec l’Irak et l’Afghanistan de nouveaux vétérans, tous frais, ont pu remplacer nos héros fatigués… Le conflit vietnamien aura réussi à marquer durablement l’Histoire des Etats-Unis qui se sont engagés de plus en plus activement dans le conflit pendant près de quinze ans, s’embourbant inexorablement dans un merdier qui les dépassait largement ; quel gâchis ! Surtout pour les 58 000 morts et les 153 000 blessés (pour ne parler que du bilan humain américain), plus quelques prisonniers de guerre dont on évite de parler…
Mais je ne vous ferai pas un cours d’histoire sur la guerre du Vietnam, les plus curieux pourront aller zieuter la page Wikipedia consacrée au conflit, revenons plutôt à nos moutons et au cinéma avec un rapide coup d’oeil sur les quatre films proposés dans ce coffret :
Voyage Au Bout De L’Enfer (1978) : réalisé par Michael Cimino est le tout premier film consacré à la guerre du Vietnam. On y suit le parcours de trois amis (Robert De Niro, John Savage et Christopher Walken), ouvriers sidérurgistes, qui partent sur le front. Ils vivront le pire de la guerre au cours de leur captivité dans un camps vietcong avant de parvenir à s’enfuir, mais aucun ne sortira indemne de cette douloureuse expérience… Un film fort qui met en avant les traumatismes (physiques mais aussi psychologiques) subis par les soldats engagés dans un conflit de cette envergure.
Apocalyse Now (1979) : film mythique de Francis Ford Coppola proposé à la fois dans sa version d’origine et dans sa version Redux (entièrement remonté par Coppola en 2001). Le Capitaine Willard (Martin Sheen) est envoyé dans les profondeurs de la jungle vietnamienne afin de localiser et éliminer le Colonel Kurtz (Marlon Brando) qui a échappé à tout contrôle… Un film et une bande son à couper le souffle sur la lente descente dans les affres de la folie d’un officier que rien de prédestinait à un tel sort.
Platoon (1986) : que le réalisateur Oliver Stone aura eu du mal à imposer. Le jeune Chris Taylor (Charlie Sheen) s’engage pour aller se battre au Vietnam. La réalité du terrain est toute autre que l’image qu’il se faisait de la guerre mais surtout il va se retrouver pris au milieu d’un conflit opposant deux gradés, le Sergent Ellias (Willem Dafoe) et le sergent-chef Barnes (Tom Berenger)… Un film inspiré de la propre expérience du réalisateur qui n’hésite pas à balayer l’image de la fraternité militaire… C’est aussi le premier film d’une trilogie que Oliver Stone consacrera à la guerre du Vietnam, chacun des films portant un regard sans concession sur divers aspects du conflit, suivront en effet les très bons Né Un 4 Juillet (1989) et Entre Ciel Et Terre (1993).
Full Metal Jacket (1987) : la guerre vue par un autre grand nom du cinéma, Monsieur Stanley Kubrick. Le réalisateur nous invite à suivre le parcours de jeunes recrues souhaitant devenir Marines et rejoindre le front, mais avant il leur faudra passer par le centre d’entraînement de Parris Island et subir les brimades du sergent instructeur Hartman (Lee Ermey). La grande force du film réside dans sa première partie et l’entraînement des futurs Marines, une approche vraiment originale de la vie militaire mais il ne faut pas non plus oublier le final dans les ruines qui est aussi un grand moment de cinéma.

PS : les liens vous redirigeront vers les pages Wikipedia consacrées aux différents films, à ce titre évitez de les consulter si vous n’avez pas vus (et souhaitez voir) les films concernés, en effet elles proposent toutes un résumé complet du film.

[BRD] Canalsat en dérangement… Vive le cinéma !

L’antenne parabolique de l’immeuble ayant décidé de jouer les filles de l’air ce weekend (pour une raison inconnue elle s’est cassée la gueule) nous avons donc dû improviser un programme cinéphile en Blu-ray (du coup je n’ai plus rien en attente) auquel est venu s’ajouter la première partie de la saison 5 de True Blood (mais j’y reviendrai dans la semaine, une fois que nous aurons visionné les 12 épisodes).

Films en vrac
Le Magasin Des Suicides

On commence en douceur avec Le Magasin Des Suicides, film d’animation réalisé par Patrice Leconte, adapté du roman de Jean Teulé.
La famille Tuvache gère le très florissant Magasin Des Suicides, qui, comme son nom l’indique, propose toute une gamme d’articles garantissant un suicide 100% mortel. La naissance du petit dernier, Alan, va bouleverser le quotidien de la famille, l’enfant est en effet l’incarnation même de la joie de vivre, en grandissant sa bonne humeur pourrait bien s’avérer contagieuse…
Avec pas loin de 50 films à son actif Patrice Leconte fait ici ses premiers pas dans l’animation en choisissant un format classique (pas d’images de synthèse ou de 3D) qui est particulièrement bien adapté à son scénario (soit dit en passant les graphismes sont très réussis) de même les quelques passages chantés s’intègrent bien à l’ensemble, lui conférant un air de comédie musicale sur un (trop) léger fond d’humour noir.
Ayant eu l’occasion de chroniquer le roman il y a quelques temps (lire ma chronique) celui-ci m’avait laissé un sentiment mitigé, une première partie vraiment originale et décalée qui, malheureusement, finit par perdre à la fois son rythme et son ton. L’adaptation de Patrice Leconte prend quelques libertés avec l’original mais globalement mon sentiment reste le même : sympathique mais pas transcendant.
Pas vraiment un dessin animé tout public du fait du thème abordé avec quelques touches d’humour noir (pas assez à mon goût) qui réussit tout de même à être divertissant et original (ce qui n’est déjà pas si mal).

The Secret

Retour au cinéma avec des vrais gens pour la suite de notre programme avec The Secret, réalisé par Pascal Laugier.
Depuis quelques années les enfants de Cold Rock, petite ville minière en déroute, les enfants disparaissent mystérieusement ; les habitants attribuent ces soudaines disparitions à « The Tall Man« , un croque-mitaine des légendes urbaines. Julia (Jessica Biel), infirmière et médecin de la bourgade, ne prête qu’une oreille discrète à ces rumeurs, quand une nuit son fils, David, est enlevé sous ses yeux, elle se lance alors à la poursuite du ravisseur…
Un peu succinct comme synopsis mais il est difficile d’en dire plus sans en dire trop, ce qui sera un peu le cas de toute cette chronique. Pour sa première réalisation outre-Atlantique, le réalisateur français (à qui l’on doit notamment Saint Ange) s’attaque à un thriller original et riche en surprises. Tout le film est porté par Jessica Biel qui joue à la perfection sur l’ambiguïté de son personnage. Ne vous attendez pas à un film bourré d’action, la force du film réside d’avantage dans son ambiance oppressante et la psychologie de Julia.
Pour la petite histoire The Secret n’est pas le titre original du film, en VO il se nomme en effet The Tall Man, allez savoir quelle mouche a bien pu piquer les distributeurs pour donner un titre français en anglais ; ils ont sans doute dû juger que ça faisait plus vendeur (pour moi ça fait surtout plus con mais ça n’engage que moi).

Des Hommes Sans Loi

Notre programme cinéma sera bouclé avec Des Hommes Sans Loi de John Hillcoat.
En pleine prohibition le comté de Franklin est réputé pour son alcool de contrebande de haute qualité, les frères Bondurant, Howard (Jason Clarke), Forrest (Tom Hardy) et Jack (Shia La Beouf), comptent parmi les nombreux bootleggers de la région. En refusant de graisser la patte d’un procureur corrompu ils se mettent à dos l’agent spécial Charlie Rakes (Guy Pearce), ce dernier va tout mettre en oeuvre pour couler leur business et éventuellement les neutraliser…
John Hillcoat m’avait bluffé avec son adaptation de La Route et je dois reconnaître qu’il est tout aussi efficace dans ce thriller/polar/western ; servi aussi par des acteurs en grande forme tous plus convaincants les uns que les autres (mention spéciale à Guy Pearce qui joue admirablement une pourriture de première). Autant vous prévenir tout de suite vous aurez très certainement envie de foutre des claques à Shia LaBeouf; son personnage se comporte en effet comme un trou du cul hors concours pendant quasiment tout le film… Ceci dit et au risque de me répéter, le film mérite franchement le détour.
Le film s’inspire de faits réels et notamment du récit de Matt Bondurant, le petit fils de Jack Bondurant (la tête à claques).

[BDR] Destination Finale – La totale !

Destination FinaleHistoire d’étrenner notre nouveau home cinéma (la version DVD de Sony ayant cédé la place à une version Blu-Ray de Samsung) nous nous sommes offerts les cinq chapitres de Destination Finale d’affilée, signé par trois réalisateurs différents : James Wong pour les premier et troisième, David R. Ellis, décédé en début d’année, pour les second et quatrième et Steven Quale pour le dernier en date.
Je ne vais pas vous présenter les cinq films un par un, le pitch de base étant le même on va faire une chronique groupée. Un petit groupe de personnes échappe de justesse à une catastrophe (dans l’ordre des films : un crash aérien, un énorme carambolage, le déraillement d’un grand huit, un accident sur une course automobile et l’effondrement d’un pont suspendu) après que l’un d’eux ait eu une prémonition. A peine le temps de se réjouir que les rescapés commencent à mourir dans des circonstances pour le moins inhabituelles ; la Mort veut terminer son travail et les survivants vont tout mettre en oeuvre pour déjouer ses plans…
Le gros atout de ces films est de ne pas miser toutes ses billes sur la carte du film d’horreur (même si certaines morts sont bien trash et gores) mais de jouer aussi la carte de l’humour (noir cela va de soi) et du second degré. Les scènes de morts (pas vraiment des morts naturelles vous l’aurez compris) constituent bien sûr le point d’orgue des films et bien que peu probables, sont particulièrement soignées (j’adore la réaction en chaîne qui précède chaque mort, au départ un événement anodin qui va enfler jusqu’à l’issue fatale). Les films sont naturellement riches en effets spéciaux et cascades en tout genre plutôt soignés et efficaces. Enfin même si les films sont indépendants les uns des autres (le groupe de rescapés n’étant jamais le même) vous aurez de nombreuses références et autres clins d’oeil à la saga. De fait mater les films les uns à la suite des autres ne m’aura pas dérangé outre mesure, les ficelles restent les mêmes mais les mises à mort sont sans cesse renouvelées.
Certes on est bien loin du film d’auteur hautement intellectuel mais perso je privilégie le divertissement à l’enrichissement intellectuel quant je mate un film (si je peux avoir les deux je n’ai rien contre), en l’occurrence on peut dire que j’ai été servi en matière de divertissement, un tantinet sadique je l’admets et à ne pas forcément mettre entre toutes les mains, certaines scènes étant bien gores, les amateurs du genre apprécieront (on est loin du gore dérangeant façon Saw).
Deux autres volets devaient être développés autour de la saga mais je ne sais pas si c’est toujours d’actualité ou non, pour le moment le public a toujours répondu présent et la qualité était au rendez-vous mais à force de vouloir user et abuser de la franchise ça risque de faire plus de mal que de bien, ce serait dommage que la stratégie marketing finisse par nuire à la saga.
Pour les curieux et intéressés voici les liens sur Allociné :
Destination Finale (2000)
Destination Finale 2 (2002)
Destination Finale 3 (2005)
Destination Finale 4 (2009)
Destination Finale 5 (2011)

[DVD] Looper

LooperNouvelle incursion dans la science-fiction pour notre pause DVD du jour mais rien à voir avec le bourrin Dredd, cette fois on fait dans le presque intello avec Looper de Rian Johnson (qui revêt la double casquette de scénariste et réalisateur).
Joe (Joseph Gordon-Levitt) est un looper, un tueur à gages opérant pour le compte de la mafia du futur en exécutant les cibles qu’elle renvoie dans le passé afin de faire disparaitre toute trace du corps. Mais quand Joe se trouve face à son alter-ego du futur (Bruce Willis) il a un moment d’hésitation qui permet à son double de lui échapper. Dès lors les deux Joe vont devenir la cible des portes-flingues de la mafia…
Pour tout vous dire au départ j’étais plutôt sceptique face à cette intrigue temporelle un rien tarabiscotée, je craignais que l’on cherche à nous noyer sous des théories abracadabrantes mais pas du tout, les faits sont énoncés et point barre place à l’intrigue à proprement parler. Intrigue qui pourrait se résumer en une double traque, d’un côté le Joe du présent qui cherche à éliminer celui du futur dans l’espoir de regagner les faveurs de son boss, de l’autre celle des portes-flingues qui doivent faire la peau aux deux Joe ; mais ce serait simplifier à outrance un film beaucoup plus profond que ça. Non seulement le film nous impose un rythme d’enfer mais en plus il parvient à être intelligent sans être intello (bin oui pour moi ce terme est un tantinet péjoratif). De plus même si le voyage dans le temps est un thème récurrent du cinéma de SF (même la confrontation entre le moi présent et son alter-ego passé ou futur a déjà été maintes fois abordée) Looper réussit à nous surprendre grâce à quelques trouvailles originales. Au final on obtient un film novateur, réussi et convaincant.
Au vu du casting vous ne serez pas surpris si je vous annonce que les acteurs sont crédibles, mention spéciale à Joseph Gordon-Levitt qui, pour « ressembler » à un Bruce Willis de 30 ans plus jeune a dû passer par la case maquillage et adapter son jeu à celui de son ainé, là encore le résultat est bluffant.
Avec un budget relativement modeste (30 millions de dollars) le film a d’ores et déjà été largement amorti puisque qu’il en est à plus de 166 millions de recettes au box office mondial, sachant que sa « carrière » est encore loin d’être finie ça promet un joli carton. Qui plus est il est rassurant de savoir que malgré une rentabilité plus que satisfaisante il ne devrait pas y avoir de suite…

[DVD] Dredd

DreddJe termine mes congés avec une pause DVD (Divx pour être exact) qui m’intriguait, à savoir Dredd de Pete Travis, un personnage déjà interprété par Sylvester Stallone en 1995 dans le film Judge Dredd de Danny Cannon.
Dans un futur plus ou moins proche la loi est assurée par les Juges, à la fois flic, juge et bourreau. Dredd (Karl Urban) est le meilleur d’entre eux, alors qu’on lui confie l’évaluation d’une novice (Olivia Thirlby) il accepte une enquête sur un triple homicide. Rapidement les deux juges se retrouvent enfermés dans une tour sans possibilité de contacter l’extérieur et avec des gangs armés lancés à leurs trousses par Ma-Ma (Lena Headey), une baronne de la drogue qui règne sans partage sur les lieux…
En fait j’étais curieux de savoir si le personnage de Dredd aurait enfin le droit à une incarnation réussie à l’écran vu que le film précédent a été un flop retentissant (et mérité il faut bien le reconnaître) ; ma réponse est sans appel : NON ! Le personnage n’a aucune profondeur, il se contente d’afficher une moue bovine (on ne voit que le bas de son visage, jamais il n’ôte son casque) en marmonnant quelques phrases courtes. Soit dit en passant c’est un peu le cas de tous les personnages du film, seule Ma-Ma semble avoir un passé et une histoire (c’est aussi l’un des personnages les mieux interprétés, il faut dire que Lena Headey a fait ses preuves dans les rôles de salope finie vu qu’elle est l’interprète de Cersei Lannister dans la série Game Of Thrones).
Le scénario est creux, pour ne pas dire inexistant, ça canarde à tout va et les scènes d’action sont plutôt réussies et efficaces (d’autant qu’avec un budget de 40 millions de dollars on est loin des blockbusters hollywoodiens) mais ça manque cruellement de consistance. C’est certes divertissant mais sans plus, j’ai vu et je ne regrette pas d’avoir tenté le coup mais ce n’est pas un film qui rejoindra ma collection naissante de BRD.
Si le film est suffisamment rentable (un peu tôt pour le dire) les producteurs n’excluent pas d’en faire une trilogie afin d’approfondir les personnages et l’univers du film… Il aurait peut être fallu commencer par là (au moins assurer le minimum syndical pour leur donner un brin d’humanité) histoire de « ferrer » son public. Si suite(s) il y a je pense que je passerai mon tour, mais ça n’engage que moi (j’ai lu quelques critiques élogieuses)…

[DVD] Frankenweenie

FrankenweenieUne petite pause DVD en cette période festive mais chargée, au programme le dernier long métrage d’animation de Tim Burton, Frankenweenie, réalisé pour les Studios Disney.
Le jeune Victor Frankenstein est un garçon plutôt taciturne et solitaire, son meilleur ami n’est autre que son chien, Sparky. Aussi le jour où Sparky est victime d’un accident fatal le garçon est inconsolable ; jusqu’à ce qu’il décide de le ramener à la vie. L’opération est une réussite mais son secret ne tarde pas à être découvert et à attiser la convoitise de ses camarades de classe…
J’avais un peu peur que l’étiquette Disney ne bride l’imagination de Tim Burton mais il n’en est rien, celui-ci à même su leur imposer ses choix. Le film se veut comme un hommage aux grands classiques de l’horreur gothique (Frankenstein en tête bien entendu), aussi le réalisateur a-t-il opté pour le noir et blanc et une animation en stop-motion (les personnages sont des marionnettes animées manuellement, l’ordinateur n’étant utilisé que pour le « cadre » et les finitions). Un pari osé mais le résultat est bluffant !
Le film s’adresse aussi bien à un public jeune que adulte, les uns le verront au premier degré tandis que les autres auront peut être envie de creuser un peu les idées abordées (les mêmes, en version plus abordable, que dans le roman de Mary Shelley). Pour ma part j’ai été séduit par cette histoire pleine d’émotions, d’action et d’humour et bien sûr par son aspect graphique qui se démarque des productions habituelles du genre.
Pour la petite histoire Frankenweenie est un  projet que Tim Burton gardait sous le coude depuis de longues années (1984 pour être précis), mais faute de budget pour un long métrage il dut se contenter d’un court. Aujourd’hui avec un budget de 39 millions de dollars et encore de beaux jours devant lui le film est d’ores et déjà promis à une belle carrière puisqu’il dépasse les 66 millions de dollars au box office mondial. Pour rester dans l’anecdotique c’est le second long métrage d’animation de Tim Burton en tant que réalisateur, le précédent étant Noces Funèbres, sorti en 2005 et utilisant lui aussi la technique du stop-motion ; toutefois il était auparavant intervenu comme scénariste sur L’Etrange Noël De Monsieur Jack réalisé par Henry Selick en 1993 et comme producteur sur James Et La Pêche Géante en 1996 pour ce même réalisateur.
Il n’y a pas que le public a avoir été conquis par l’univers de Frankenweenie, la presse critique a aussi été élogieuse et le film est nominé dans la catégorie meilleur film d’animation des Golden Globes 2013 (il a déjà reçu deux récompenses moins prestigieuses dans la même catégorie).