Heureusement Canal+ est aussi capable de nous surprendre avec des séries aussi originales que réussies, le dernier exemple en date étant Les Revenants de Fabrice Gobert.
Ils sont morts à des périodes différentes et dans des circonstances différentes mais tous reviennent d’entre les morts et ne demandent qu’à reprendre leur vie « normale » là où elle s’était arrêtée. La jeune Camille (Yara Pilartz), morte dans un l’accident d’un car scolaire, revient auprès de ses parents et de sa soeur Lena (Jenna Thiam). Simon (Pierre Perrier) qui s’est suicidé le jour de son mariage, veut essayer de reconquérir Adèle (Clotilde Hesme) qui vit désormais en couple. Serge (Guillaume Gouix), un tueur en série éliminé par son propre frère, Toni (Grégory Gadebois), revient vivre avec lui. Victor (Swann Nambotin), un enfant assassiné avec sa mère et son frère, trouve refuge auprès de Julie (Céline Sallette)… Dans le même temps des perturbations électriques surviennent en ville et le niveau d’eau du barrage baisse de façon inexplicable.
La série se décline en huit épisodes de 52 minutes, diffusés hebdomadairement deux par deux par la chaîne cryptée. La diffusion ayant commencé pendant notre période de blackout télévisuel nous étions passés à côté de la série, heureusement Canal+ Cinéma a eu la bonne idée de la rediffuser en janvier, le dimanche midi. La première force de la série est son originalité dans sa façon d’aborder ces « revenants », pas de zombies en état de décomposition plus ou moins avancé, ils reviennent à la vie dans un état « normal » et souhaitent reprendre le cours « normal » de leur existence. Ensuite il y a les relations entre ces « revenants » et leur entourage, les réactions différent selon les situations de chacun ; et ce ne sont pas les « morts » les plus crétins, à ce petit jeu les gendarmes remportent haut la main la palme d’or, mention spéciale au personnage de Thomas (Samir Guesmi) qui est une véritable tête à claques du début à la fin. D’autre part les intrigues sont bien construites et donnent à la série une ambiance pesante sans qu’il soit besoin d’user et d’abuser d’effets spéciaux), et surtout l’ensemble reste cohérent.
N’espérez pas avoir toutes les réponses au cours de cette première saison, bien au contraire au fil des épisodes vous vous poserez de nouvelles questions jusqu’au final en forme de méga point d’interrogation… Ca pourrait être frustrant mais c’est amené de façon tellement habile que l’on prend ça comme une fatalité. Il faudra patienter jusqu’en février 2014 pour découvrir la seconde saison (le tournage débute au mois de juin cette année). Le réalisateur a d’ores et déjà promis que la saison 2 apporterait de nombreuses réponses…
Pour la petite histoire la série est l’adaptation d’un film homonyme signé Robin Campillo et sorti en 2004 ; n’ayant pas vu le film (et n’en ayant jamais entendu parler) je ne pourrai vous en dire plus, les plus curieux pourront toujours se le procurer en DVD ou sur internet, pour ma part j’attendrai sagement la suite afin de ne pas m’embrouiller les idées. Un an à patienter ce n’est pas non plus la mer à boire…
Mois : février 2013
[TV News] Le Vol Des Cigognes – Le pire made in C+
Alors que les séries estampillées Créations Originales Canal+ sont généralement de qualité il arrive qu’il y ait des ratés, et dans le genre ratage on peut dire que Jan Kounen a lamentablement foiré avec Le Vol Des Cigognes, sensé être l’adaptation du roman homonyme de Jean Christophe Grangé.
A la mort de son ami et mentor, Jonathan Anselme (Harry Treadaway) décide de poursuivre sa mission : suivre la migration des cigognes afin de comprendre pourquoi certaines ne reviennent pas. Son périple le mènera en Bulgarie et en Israël avant de rejoindre le continent africain mais sera surtout jonché de cadavres ; quelqu’un cherche à l’empêcher de mener à bien sa mission…
Un excellent thriller de Jean-Christophe Grangé comme support et Jan Kounen à la réalisation (j’ai adoré « son » Dobermann, ses autres films étant plus discutables) on était en droit d’attendre beaucoup de cette adaptation en deux parties mais comme je l’ai dit en introduction c’est un plantage sur toute la ligne. Le casting est mou, ils jouent sans conviction et forcément leur interprétation manque de crédibilité (hormis peut être Perdita Weeks qui joue le rôle de Sarah Gabbor), la mise en scène est tout aussi foireuse mais surtout l’intrigue part dans tous les sens, non seulement ça n’a ni queue ni tête mais en plus ça ne répond à aucune des questions que l’on pourrait se poser (dans la seconde partie le mystère des cigognes est zappé pour une espèce de quête identitaire sous acide). Bref ce n’est plus une adaptation mais un véritable jeu de massacre (même l’affiche est à chier), faudrait vraiment que Jan Kounen lève le pied sur la moquette ça ne lui réussit pas !
Je suis surpris de découvrir la présence de Jean Christophe Grangé au générique (crédité comme scénariste), j’ai du mal à imaginer qu’il ait pu participer à un tel massacre de son roman. Si les adaptations pour le cinéma de ses titres sont de qualité inégale (et toujours très en dessous des romans) avec du bon (Les Rivières Pourpres, L’Empire Des Loups) et du moins bon (Le Concile De Pierre) cette version du Vol Des Cigognes est de loin la pire de toutes, ça frôle l’insulte un tel gâchis…