Comme annoncé précédemment à peine Fahrenheit 451 achevé et commenté j’ai enchaîné sur le deuxième bouquin programmé pour le mois de juillet, Un Bonheur Insoutenable de Ira Levin. Naturellement encore de la SF au programme et, curieux hasard, encore une dystopie. Donc forcément tout au long de ce post je ferai quelques rapprochements avec le roman de Ray Bradbury.
Dans un futur indéterminé l’humanité est unifiée sous le nom de Famille, une seule langue est parlée, la destinée de tout à chacun est prédéterminée par un puissant ordinateur, UniOrd, qui contrôle et régente tout pour le bien de la Famille. Pour s’assurer une vie meilleure et plus agréable les individus doivent, mensuellement, se faire injecter une dose de traitement. Mais en grattant sous la surface de ce monde idéal le jeune Copeau découvre peu à peu que ces traitements ne servent qu’à annihiler toute forme de volonté et de libre arbitre ; il intègre alors un petit groupe de « rebelles » mais ceux ci se contentent de diminuer leur dose de traitement alors que Copeau souhaiterait s’affranchir d’UniOrd…
Me demandez pas pourquoi mais j’étais convaincu que Ira Levin était une femme, sans doute le prénom qui ne sonne pas très viril. Désolé pour la méprise (à titre posthume ce brave homme ayant mouru en 2007 de causes naturelles)… Il n’en reste pas moins que pour moi il était essentiellement l’auteur de Un Bébé Pour Rosemary (paru en 1967 et adapté au cinéma dans la foulée par Roman Polanski), ce n’est qu’en découvrant, tout à fait par hasard que ce classique du fantastique/horreur avait une suite (Le Fils De Rosemary, paru en 1997) que j’ai eu envie d’en savoir plus sur la personne… Mais je m’égare, revenons à nos moutons !
Un Bonheur Insoutenable est paru en 1970, comme dans Fahrenheit 451 (et peut être même plus encore) l’humanité a été formatée pour n’être qu’un ramassis de moutons qui vivent leur vie sans se poser de question, si chez Bradbury le livre était l’ennemi ici c’est le libre arbitre mais finalement ça revient plus ou moins au même, l’objectif final étant la pensée unique. C’est plutôt intéressant de constater que si les « révoltés » sont tous d’accord pour condamner le système et UniOrd, peu nombreux sont ceux qui ont le courage de quitter leur petit confort douillet et de réellement changer les choses ; comme souvent on trouve une large majorité de « brasseurs d’air » pour une poignée de véritables acteurs du changement. A quoi bon se rebeller contre un système si ce n’est pour le détruire ou au moins essayer de le changer ?
Je ne m’aventurerai pas à comparer les deux bouquins bien qu’ils soient assez proches dans leur approche et par certains aspects (notamment le rôle « nuisible » de la télévision et l’acceptation populaire d’une situation pourtant inacceptable), j’aurai tendance à dire que la mécanique mise en place par Ira Levin est encore plus implacable (le rythme me parait aussi plus trépidant) que celle de Ray Bradbury… Au final je ne peux que vous conseiller vivement ces deux titres pour aborder la dystopie, et bien entendu d’y ajouter 1984 de George Orwell (publié en 1949 mais qui demeure l’un des piliers fondateurs du genre).
Mois : juillet 2012
[DVD] Black Swan
Bin oui une chronique à part pour ce film et ce pour deux raisons. D’abord parce que c’est un DVD que j’ai acheté et non un DivX récupéré sur le Net, et surtout parce que, comme dirait l’autre, « il le vaut bien ». Je m’en vais donc vous livrer mes impressions sur ce Black Swan de Darren Aronofsky.
Nina (Natalie Portman) talentueuse danse au sein du New-York City Ballet espère obtenir le double rôle principal de leur prochain spectacle, une version revisitée par le chorégraphe Thomas Leroy (Vincent Cassel) du Lac Des Cygnes de Tchaïkovski. Pour y parvenir elle va devoir redoubler d’efforts afin de satisfaire aux exigences, parfois ambigües, du chorégraphe mais aussi faire face à la rivalité de la jeune et ambitieuse Lilly (Mila Kunis). Son plus gros défi sera toutefois de se libérer de l’emprise étouffante de sa mère (Barbara Hershey)…
Etant plutôt hermétique à la danse en général et à la danse classique en particulier le pari de me scotcher devant le film n’était pas gagné d’avance. Je me suis toutefois laissé tenter parce que j’avais trouvé The Wrestler (le précédent film du réalisateur) particulièrement bien construit et prenant, mais aussi (et surtout) pour Natalie Portman (bien entendu seuls ses charmes talents d’actrice m’intéressent). Mon verdict ? Pari réussi pour Darren Aronofsky et son casting de premier choix, n’ayons pas peur des mots ce film est une totale réussite.
Un véritable rôle de composition pour Natalie Portman qui, comme son doublé cygne blanc/cygne noir, passe de la lumière aux ténèbres jusqu’aux portes de la folie. Un personnage tourmenté et frustré qui souffre aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur et cette souffrance permanente éclate quasiment à l’écran. Une interprétation saluée en 2011 par un Oscar et un Golden Globe en tant que meilleure actrice. Que de chemin parcouru depuis son rôle de Mathilda dans Léon (Luc Besson, 1994)…
Si le film repose sur le personnage interprété par Natalie Portman il n’en reste pas moins qu’elle est remarquablement entourée. Vincent Cassel est impeccable dans le rôle du chorégraphe qui dirige sa troupe d’une main de fer, sans concession mais aussi avec une certaine perversité. Le personnage de Mila Kunis renvoie à Nina sa propre image (talent et ambition) mais aussi ce qu’elle n’a plus (la jeunesse) et ce qu’elle n’a jamais eu (un corps et un esprit totalement libres). Enfin Barbara Hershey est impeccable dans son rôle de mère castratrice, qui aime sa fille mais l’étouffe et l’empêche d’être elle même, d’autant qu’elle vit à travers la réussite de sa fille la carrière dont elle même rêvait.
La mise en scène, l’ambiance, la musique, tout semble en permanence flotter entre le blanc et le noir, prêt à tout instant à basculer dans la noirceur absolue. Du coup le spectateur ne parvient plus à distinguer la vérité des « délires/dérives » de Nina. Et ce trouble contribue grandement à la force globale du film (récompensé en 2012 par le César du meilleur film étranger). Un tour de force qui m’a laissé sur le cul, presque à l’insu de mon plein gré !
[BOUQUINS] Eric-Emmanuel Schmitt – Oscar Et La Dame Rose
Au programme de l’AlexandriZ’s Book Club (comprendre la lecture commune de la Team AlexandriZ) de ce mois de juillet, Oscar Et La Dame Rose d’Eric-Emmanuel Schmitt.
Ce court roman se présente sous la forme de lettres que Oscar, un garçon de 10 ans atteint d’une leucémie en phase terminale, adresse à Dieu. Il y parle de la maladie, de sa vie à l’hôpital, de ses amis et de sa relation avec Mamie-Rose, une vieille dame bénévole qui vient donner un peu de réconfort aux enfants hospitalisés et surtout la seule qui le regarde autrement que comme un enfant malade condamné.
C’est le premier roman de cet auteur que je lis et franchement je ne suis pas certain qu’il me serait arrivé entre les mains sans le Book Club ; d’une part, vous l’aurez compris en parcourant ce blog, ce n’est pas franchement le style de littérature qui m’attire de prime abord, d’autre part la notion de lettres à Dieu est un concept difficile à accepter pour l’athée que je suis. Mais finalement j’ai décidé de laisser de côté ces « réserves » pour céder à la curiosité d’une lecture « nouvelle ».
Certes de prime abord le ton des fameuses lettres peut paraitre bien trop mature pour un enfant de 10 ans mais ayant eu l’occasion de voir un reportage sur ces enfants hospitalisés en tant que « grands malades » il était clair que leurs réponses face aux questions des journalistes étaient beaucoup plus posées et réfléchies (voire désabusées) qu’auraient pu l’être celles d’enfant en bonne santé. En soi c’est assez logique, le gamin malade découvre non seulement que la vie peut vous réserver de belles vacheries mais en plus de ça il prend conscience qu’elle est précaire ; l’innocence de l’enfance prend une sacré baffe dans de telles circonstances. C’est donc un aspect qui ne m’a pas choqué outre mesure, d’autant que le style est agréable et rend la lecture facile malgré le contexte éprouvant de l’histoire.
Envolées mes réticences, j’ai lu le bouquin en une matinée. Finalement on fait facilement abstraction du côté « lettres à Dieu », l’auteur évite le bourrage de crâne à la sauce judéo-chrétienne, l’aspect philosophico-spirituel de la religion est tenu à l’écart pour privilégier les échanges entre Oscar et sa confidente, Mamie-Rose, et bien entendu son monologue avec Dieu. Difficile (pour ne pas dire impossible) de rester de marbre face à un enfant malade condamné à mourir, mais aussi injuste que cela puisse être l’auteur évite de tomber dans le sentimentalisme mièvre ; aussi émouvant et touchant que soit le récit il est ponctué de touches d’humour, du coup on peut, au fil de la lecture, se retrouver avec un large sourire et l’instant suivant avoir les yeux qui picotent (parfois plus mais chut j’ai ma réputation d’ours grognon à protéger).
Contrairement aux apparences le thème central du bouquin n’est pas la mort (inéluctable on le sait dès le départ) mais bel et bien la vie, je finirai ce post par ce court extrait : « J’ai essayé d’expliquer à mes parents que la vie, c’était un drôle de cadeau. Au départ, on le surestime, ce cadeau : on croit avoir reçu la vie éternelle. Après, on le sous-estime, on le trouve pourri, trop court, on serait presque prêt à le jeter. Enfin, on se rend compte que ce n’était pas un cadeau, mais juste un prêt. Alors on essaie de le mériter. Moi qui ai cent ans, je sais de quoi je parle. Plus on vieillit, plus faut faire preuve de goût pour apprécier la vie. On doit devenir raffiné, artiste. N’importe quel crétin peut jouir de la vie à dix ou à vingt ans, mais à cent, quand on ne peut plus bouger, faut user de son intelligence. » Enfin ce livre est un bel hommage à ces bénévoles qui consacrent un peu (beaucoup) de leur temps libre aux enfants hospitalisés, chacun de ces jeunes malades devrait avoir sa Mamie-Rose…
Ma note (A : Excellent – B : Bien – C : Moyen – D : Déçevant) :
Mon appréciation globale sur ce livre : B
– Est-ce que je conseillerai ce livre à d’autres personnes ? B – Oui, mais en ciblant bien lesdites personnes.
– Est-ce que je lirai d’autres livres de cet auteur ? B/C – Peut être mais ce n’est pas ma priorité.
– Est-ce que je relirai ce livre ? C – Non, à part peut être quelques extraits que j’ai relevé çà et là.
[TV News] Strike Back – Saison 1
Dimanche on a décidé de se pencher de plus prés sur la première saison de Strike Back, une série britannique qui nous plonge au coeur du MI6 (l’équivalent british de la CIA).
Tout commence en 2003, à quelques jours de l’offensive américano-britannique sur l’Irak, Hugh Collinson (Andrew Lincoln), un agent du MI6 rejoint une troupe des SAS dans le cadre d’une récupération d’otage à Bassorah. L’otage est sauvé mais l’opération tourne mal, deux soldats britanniques sont tués et un troisième est grièvement blessé, l’analyse des circonstances fait porter le chapeau à John Porter (Richard Armitage) qui préfère démissionner plutôt que d’accepter un emploi de gratte papier. Sept ans plus tard, en 2010, une reporter britannique est enlevée, Porter constate des similitudes entre les deux affaires et réussit à convaincre Collinson de l’intégrer à l’équipe, et ce malgré les protestations de Layla Thompson (Jodhi May) agent de terrain responsable des opérations…
A la base cette première saison se déclinait en six épisodes de 45 minutes allant par paire pour décrire une opération de terrain, pour sa diffusion Canal+ a opté pour trois téléfilms de 90 minutes chacun, concrètement ça ne change rien, au contraire l’option téléfilm évite d’avoir une coupure au milieu de l’intrigue. Pour vous donner une idée de notre appréciation concernant cette mini-série je signalerai simplement que l’on s’est fait les trois films d’affilée ce dimanche après-midi…
Si chacun est indépendant et se déroule sur un terrain d’opération différent (respectivement en Irak, au Zimbabwe et en Afghanistan) on ne perd jamais de vue le lien entre ces épisodes, à savoir la quête de la vérité de John Porter concernant l’opération de 2003. Les personnages sont plutôt bien travaillés, les intrigues bien ficelées et le rythme est boosté à l’adrénaline. La série n’est pas à proprement parler une série de guerre comme Over There (qui suit une unité de l’armée américaine débarquée en Irak) par exemple, mais joue d’avantage la carte de l’espionnage et de l’infiltration (ce qui ne l’empêche nullement d’être bourrée d’action).
Bien entendu la série ne manque pas de tailler un costard aux méchants de service mais elle ne se limite pas à ça, dans la troisième partie notamment les américains ne sont pas vraiment ménagés (il y en a qui ont dû grincer des dents devant leur TV).
Pour la petite histoire la série est adaptée du roman Strike Back de Chris Ryan (un ancien soldat du SAS). Devant le succès de la première saison une seconde a été lancée avec de nouveaux personnages principaux et un nouveau format (un seul axe narratif en dix épisodes de 45 minutes), une troisième saison est annoncée sur le même modèle que la seconde.
[DVD] Films en vrac…
Ca faisait longtemps que je ne vous avais pas « offert » une petite chronique cinéphile, il est vrai qu’en ce moment on tend à privilégier les séries TV mais cela ne nous écarte pas complétement du cinéma. Allez zou un rapide survol de nos séances DVD/PC de ces derniers temps…
On commence par un petit détour dans le fantastique tendance gothique avec La Dame En Noir de James Watkins, adapté du roman homonyme de Susan Hill.
Arthur Kipps (Daniel Radcliffe), jeune notaire et jeune veuf papa d’un petit garçon, est chargé de régler la succession d’une cliente récemment décédée. La vieille femme vivait dans un impressionnant manoir niché au coeur des marais, en s’y rendant Arthur est hanté par le fantôme d’une mystérieuse Dame en Noir, chacune de ses apparitions précède la mort brutale d’un enfant du village…
Au cas où vous n’auriez pas percuté Daniel Radcliffe n’est autre que l’interprète de Harry Potter et on le retrouve ici dans un rôle beaucoup plus sombre que le gentil sorcier. J’étais curieux de le voir dans un tout autre registre est force est de constater qu’il remporte haut la main le challenge. Son personnage tourmenté dans un univers glauque et oppressant est des plus convaincant.
Le film dans son ensemble est une réussite, misant plus sur son ambiance que sur les effets visuels. Le thème de la maison hanté n’est pas vraiment nouveau mais à aucun moment on n’a l’impression de déjà-vu, sans être forcément novateur le film réussit à nous prendre dans ses filets jusqu’à son final choc et ouvert à toutes les interprétations…
Susan Hill, l’auteur du roman ayant inspiré le film, s’est d’ailleurs montré enthousiaste face au résultat, saluant un mix réussi entre originalité et fidélité. Hollywood oblige le succès critique et public remporté par le film motive déjà les Studios Hammer à se pencher sur une suite, inspirée d’un roman de l’auteur terminé mais non encore publié… Pour ma part j’avoue que je n’en vois pas trop l’intérêt, le film se suffit à lui même.
Changement total de registre pour notre prochaine séance puisque c’est Forces Spéciales de Stéphane Rybojad qui sera au programme.
Elsa Casanova (Diane Kruger) est grand reporter en Afghanistan, quand elle est enlevée par les talibans et retenue au Pakistan une petite unité des forces spéciales de l’armée française, commandée par Kovax (Djimon Hounsou) est envoyée sur place pour la récupérer. Le sauvetage se passe sans embrouilles mais impossible pour les soldats et la journaliste de rejoindre la zone d’extraction, ils vont devoir rejoindre l’Afghanistan à pied, tout en échappant aux nombreux talibans lancés à leur poursuite…
C’est le même genre de film que L’Assaut de Julien Leclerq qui rendait un vibrant hommage aux hommes du GIGN, on en oublierait presque qu’il s’agit d’une fiction tellement le film est tourné avec une rigueur quasi journalistique (le réalisateur est lui même grand reporter). Le film glorifie à juste titre une unité d’élite peu connue, pour se faire il met en avant les qualités humaines des soldats et notamment la cohésion de leur groupe, pas besoin de pétarades à tout va (il y a quand même de l’action je vous rassure) pour nous accrocher à son spectacle. Par souci de réalisme les acteurs ont suivi un stage d’entrainement auprès des commandos de Lorient.
Une preuve de plus que les français sont capables de rivaliser avec les grosses productions Made in Hollywood, la meilleure façon d’y parvenir est justement de conserver notre façon de faire plutôt que de se fourvoyer dans de vaines tentatives de copier-coller US.
Nouveau changement de registre pour la séance suivante puisqu’on vire vers la comédie déjantée à la Very Bad Trip (ce n’est sans doute pas un hasard si on retrouve Todd Phillips comme producteur) version ado avec Projet X, premier film de Nima Nourizadeh.
Thomas (Thomas Mann), Costa (Oliver Cooper) et JB (Jonathan D. Brown) sont trois lycéens qui passent plutôt inapperçus. Afin de fêter l’anniversaire de Thomas, et profitant de l’absence de ses parents pour le weekend ils décident d’organiser une fête inoubliable. Des préparatifs à la soirée proprement dite, Dax (Dax Flame), un ado taciturne, va filmer ses amis pour immortaliser leur heure de gloire. Mais au fur et à mesure que les invités affluent et que l’alcool imbibe les esprits la soirée échappe à tout contrôle…
Le film adopte la mode du véritable film amateur, caméra à l’épaule, pour donner plus de réalité à son propos. Je suis plutôt hermétique aux films pour ados à la sauce American Pie et consorts mais je me suis laissé tenté par l’aspect déjanté et alcoolisé cher à Todd Phillips, et le moins que l’on puisse dire c’est que le réalisateur est digne de son producteur au niveau des délires éthyliques. La soirée prend rapidement des proportions dantesques au fur et à mesure que les dérapages et catastrophes s’enchaînent jusqu’au final hallucinant… Bref j’ai adoré, pari réussi pour un premier film qui s’offre en plus le luxe de proposer un casting sans aucune tête d’affiche.
Je ne dirai pas que c’est le genre de soirée dont rêverait tout ado, loin s’en faut ! Perso si j’avais fait ce genre de connerie je pense que mes parents m’auraient revendu à une secte de pervers cannibales et sadomasochistes pour me faire regretter mon manque total de responsabilités et de bon sens… Et très franchement je pourrais difficilement les en blâmer.
Petit aparté pour signaler que je ne récupère que des films de qualité DVDRIP (copie de DVD originaux) mais pas forcément en TRUEFRENCH (doublage français de France), donc parfois on a quelques surprises avec le doublage en québécois. En DIVX ça ne me dérange pas plus que ça mais il vrai qu’en DVD je n’achète que des zone 2 (Europe) pour m’assurer d’un doublage 100% cocorico…
On reste dans la comédie pour le film suivant mais nettement plus soft puisque nous opterons pour Les Infidéles, un film que se décline sous la forme d’une succession de sketches (9 au total) réalisés par différents réalisateur (je ne citerai les citerai pas, les plus curieux pourront aller sur la page Allociné du film).
De même je n’ai pas l’intention de vous proposer un résumé de chacun des sketch présenté, disons que, comme le nom du film peut le laisser supposer, chacun aborde l’infidélité sous un angle différent. Chacun appréciera selon ses goûts et humeurs les différents sketches, pour ma part je les trouve globalement réussis et j’avoue que j’aurai bien du mal à en isoler un en particulier, comme ils traitent du sujet sous un aspect différent à chaque fois il n’est pas simple de les comparer les uns aux autres, d’autant que le ton varie aussi (entre la comédie franche et un aspect plus dramatique).
Un petit mot sur le casting en passant, si Jean Dujardin et Gilles Lellouche se partagent la tête d’affiche ils sont tout de même bien accompagnés, citons par exemple : Guillaume Canet, Manut Payet, Alexandra Lamy, Géraldine Nakache… Du beau monde comme vous pouvez le constater, et ce qui ressort à l’écran c’est l’impression de voir une bande de potes s’éclater, ce qui ne fait qu’ajouter au charme et à la fraîcheur du film. Franchement une bonne surprise alors qu’au départ j’avais un a priori plutôt négatif, me demandez pas pourquoi, le propre de l’a priori c’est de ne pas avoir de raison d’être…
Et pour finir cette chronique cinéphile on reste dans le cinéma français mais dans un tout autre registre puisque nous enchainerons avec Tu Seras Mon Fils de Gilles Legrand.
Paul de Marseul (Niels Arelstrup) est un viticulteur renommé qui gère ses vigens et la production d’une main de fer tandis que Martin (Lorànt Deutsch), son fils, s’occupe de l’aspect commercial de l’affaire. A l’approche des vendanges il apprend que son régisseur et ami, François Amelot (Patrick Chesnais) souffre d’un cancer et ne pourra assurer ses fonctions. Pour le père c’est une nouvelle catastrophique alors que son fils y voit l’opportunité de faire enfin ses preuves sur le terrain ; mais plutôt que de donner une chance à son fils Paul préfère nommer Philippe (Nicolas Bridet), le fils du régisseur, responsable des vendanges et de la production…
Ah que voilà un drame psychologique familial comme seul les français peuvent les réussir (ceci est un compliment). La tension y est quasiment palpable alors que le rythme est volontairement lent et pesant, dès les premières minutes on sent que le courant ne passe pas entre le père et le fils et les choses ne feront qu’empirer au fur et à mesure que Paul reportera son affection paternelle sur Philippe qui est pour lui le fils idéal. Les acteurs sont brillants, Niels Arelstrup bien entendu qui est méprisable à souhait dans le rôle de ce père qui renierait presque son enfant, Lorànt Deutsch est à la fois touchant (quand il essaye de gagner la confiance et l’affection de son père) et insupportable dans certaines de ses réactions puériles. Mais je décernerai une mention spéciale à Patrick Chesnais qui voit les choses se dégrader aussi bien chez les de Marseul que dans sa propre famille. Un film poignant et dur mais une totale réussite et une belle performance d’acteurs !
Librairie Montaigne (1958-2012)
Hier matin, alors que je rentrais tranquillement d’une réunion au Receiving j’ai été surpris et même peiné de découvrir en devanture la Librairie Montaigne, en haut de la Place des Cocotiers, une panonceau annonçant sa fermeture pour dépôt de bilan.
Il faut dire qu’avec cinquante quatre années d’existence l’enseigne faisait partie du paysage, et c’est d’autant plus dommage que l’on ne croule pas sous les librairies en Nouvelle-Calédonie avec deux enseignes généralistes (Pentecost et L’As de Trèfle), une plus centrée sur la littérature locale et les beaux livres (Calédo-Livres), un bouquiniste et France Loisirs. Mais voilà les dures lois du marché et la concurrence d’internet auront eu raisons de cette librairie qui offrait un choix unique (au niveau local) en bandes dessinées.
Même si pour ma part ce n’était pas l’enseigne que je privilégiais (j’ai mes habitudes chez Pentecost) il m’est arrivé à plusieurs reprises de me fournir chez eux, donc forcément ça fait un petit pincement au coeur (comme à tout lecteur qui apprend la disparition d’une librairie je suppose). J’en vois déjà certains qui n’hésiteront pas à me jeter la pierre étant donné que je n’ai jamais caché être un gros lecteur numérique et « pire encore » profiter sans vergogne de l’offre illégale dans ce secteur… Devrai-je donc me sentir (partiellement) responsable ou coupable de ce baisser de rideau ? Et bien je vous rassure je suis en paix avec ma conscience sur ce point ! Certes je n’ai aucun remords à profiter de l’offre numérique « pirate » mais cela ne m’a jamais empêcher de continuer à m’approvisionner en « vrais » livres achetés presque exclusivement en librairie.
Je ne jetterai pas non plus la pierre à ceux et celles qui profitent des achats en ligne (principalement chez Amazon), le consommateur est en droit de chercher la meilleure offre disponible sur le marché. J’ai déjà eu l’occasion d’aborder la question des prix des livres en Nouvelle-Calédonie (à lire ici), tant qu’un effort réel ne sera pas fait à ce niveau il ne faudra pas s’étonner que les clients aillent voir ailleurs pour trouver leur bonheur. Je conçois qu’un libraire soit un commerçant qui a besoin de gagner sa vie mais, au risque de paraître utopiste, je trouve que c’est aussi quelqu’un qui devrait partager sa passion avec le plus grand nombre ; et navré de vous décevoir mais le fameux « plus grand nombre » n’a pas forcément les moyens de débourser 4 à 5 000 XPF (entre 33 et 42 €) pour s’offrir un livre neuf…
[BOUQUINS] Ray Bradbury – Fahrenheit 451
C’est donc dans le cadre d’une lecture commune de BookNode en hommage à Ray Bradbury que j’ai décidé de me replonger dans Fahrenheit 451, j’avais en effet déjà lu cet incontournable de la littérature de science-fiction il y a fort fort longtemps mais je pense aujourd’hui pouvoir y porter un regard plus éclairé que l’ado que j’étais à l’époque…
Est-il vraiment besoin de rappeler le topo ? Dans un futur indéterminé et en un lieu indéfini, Guy Montag est un pompier chargé de traquer et détruire les livres devenus des objets interdits. Jusqu’à sa rencontre avec sa jeune voisine, Clarisse McClellan, il faisait son travail sans jamais se poser de question sur le pourquoi du comment de la société. Le naturel et l’insouciance de la jeune fille vont l’emmener à voir les choses différemment et à se remettre en question… Peu à peu il va s’intéresser de près aux livres et à leurs messages au risque de sombrer et de se brûler les ailes.
En fait dans le sondage BookNode afin d’élire la lecture commune de ce mois de juillet mettait au coude à coude Fahrenheit 451 de Ray Bradbury et Un Bonheur Insoutenable de Ira Levin ; le récent décès de Bradbury (le 5 juin 2012, à l’âge de 92 ans) et la rupture de stock de ses romans (conséquence directe de sa disparition « prématurée ») auront motivé la décision de maintenir ces deux titres au programme (libre à chacun de lire les deux, un seul ou même aucun). Une forme d’hommage bien mérité à Ray Bradbury (d’autant que Fahrenheit 451 se lit vite) et l’occasion pour moi de découvrir Ira Levin dans un autre registre (pour moi il reste l’auteur incontournable de Un Bébé Pour Rosemary, un classique de la littérature horrifique que j’ai aussi prévu de relire prochainement).
Fahrenheit 451, bien qu’écrit en 1953 (tandis que les Etats Unis étaient en pleine phobie maccartiste), reste un modèle de dystopie (à l’inverse de l’utopie, la dystopie propose une vision pessimiste de l’avenir) intemporel. Si dans ce futur la littérature est bannie c’est aussi la communication qui fait défaut, pour éviter de se poser trop de questions l’on s’abrutit devant la télévision et la publicité (une vision futuriste malheureusement en passe de devenir bien réelle à l’ère des télé réalité de plus en plus insipides). Le plus inquiétant dans cette vision du futur c’est que le « bannissement » du livre s’est fait quasiment sans heurts, un nivellement culturel par le bas accepté par la masse populaire. Une relecture qui m’a paru plus enrichissante que lors de son premier passage entre mes mains, peut être que la nouvelle traduction y est pour quelque chose mais je préfère songer que c’est le résultat d’un regard plus mature. Une piqûre de rappel nécessaire pour nous rappeler d’aimer et de respecter les livres, parce que franchement si je devais vivre dans cet avenir je crois que je préférerai me foutre en l’air plutôt que subir ce vide neuronal permanent…
Alors que généralement je n’accorde qu’un faible intérêt aux préfaces je dois reconnaître que celle de Jacques Chambon est particulièrement pertinente en guise de mise en bouche. Pas grand chose à ajouter sur le roman à proprement parler, une lecture aisée et une vision bien glauque de l’avenir mais d’où ressortent quelques lueurs d’espoir. Pas de risque que cet avenir devienne réalité même si la sous-culture mass-média est bel et bien réelle, mais ça n’empêche pas de se poser des questions et de réfléchir en refermant le bouquin.
J’ai dû voir l’adaptation pour le cinéma de François Truffaut (le film date de 1966) mais il semblerait que je n’en ai pas conservé un souvenir impérissable, par contre à l’heure où Hollywood nous sert des remakes à toutes les sauces je me suis étonné de constater que Fahrenheit 451 n’était pas encore tombé entre leurs mains… Avant de découvrir que le projet tient à coeur de Frank Darabont depuis plus de dix ans mais que les studios ne semblent pas particulièrement enthousiastes, peut être que le décès de Ray Bradbury donnera un nouvel élan au projet…
[TV News] Nurse Jackie – La saison 3 avalée en un dimanche après-midi…
Parmi les séries que je suis de près et dont je ne vous ai pas encore parlé il y a Nurse Jackie, on avait suivi les deux premières saison sur Canal+ et dimanche on s’est offert la troisième d’une traite.
Jackie Peyton (Edie Falco) est infirmière dans un hôpital de New-York, son univers professionnel n’est pas de tout répit mais elle trouve son équilibre dans l’amitié du Dr Eleanor O’Hara (Eve Best) et dans sa liaison avec le pharmacien Eddie Walzer (Paul Schulze) qui ignore qu’elle est mariée. En effet Jackie est l’épouse de Kevin (Dominic Fumusa) avec qui elle a deux filles. Pas facile danss de telles conditions de concilier vie professionnelle et vie personnelle, aussi pour se donner du courage elle n’hésite pas à se shooter aux médocs…
C’est un peu réducteur comme pitch et surtout il manque des personnages secondaires qui jouent un rôle récurrent au fil des épisodes et comme je ne me voyais pas vous proposer un résumé des trois saisons il va falloir se contenter de ça. La série repose beaucoup sur les épaules de Jackie qui assume son addiction tout en essayant de réussir sur les deux plans (perso et pro) à la fois ; forcément dans de telles circonstances le terrain devient rapidement glissant. Ajoutez à cela quelques évolutions de la situation de base au fil des saisons et vous aurez le droit à un cocktail explosif allant de la comédie pure et dure au drame familial.
Difficile de fait de classer Nurse Jackie dans un tiroir bien défini, si la série se déroule en milieu hospitalier ce n’est pas à proprement parler ce que je qualifierai de série médicale (à contrario de Urgences ou Dr House), ici le côté purement médical est plutôt accessoire et souvent fantasque.
Les trois premières saisons se déclinent en 12 épisodes de 26 minutes, la quatrième, qui vient de se terminer aux Etats-Unis comprendra seulement 10 épisodes. Comme la série a le vent en poupe Showtime a d’ores et déjà annoncée qu’une cinquième saison serait diffusée en 2013. En attendant j’ai hâte de découvrir la saison 4 en français, le final de la troisième saison s’achevant sur un coup de tonnerre dans la petite vie pas du tout tranquille de Jackie…
