Nouvelle incursion dans le thriller français avec un auteur que je ne connaissais pas, ce sont la couv’ et le résumé qui ont fait que j’ai craqué pour Alex de Pierre Lemaitre.
Alex, une jeune femme complexée malgré sa beauté, est enlevée en pleine nuit alors qu’elle rentrait chez elle après une soirée au resto. Son ravisseur l’enferme dans une inconfortable prison en bois et lui dit juste qu’il veut « la regarder crever ». Contre toute attente, et contre sa volonté, c’est le commandant Camille Verhoeven, un flic qui se remet difficilement de l’enlèvement et du meurtre de son épouse quatre ans plus tôt, qui se voit confier l’enquête, une enquête difficile, sans réel témoin, sans victime identifiée, ni indice… Et pourtant Camille va tout mettre en oeuvre pour identifier et localiser la victime et son ou ses ravisseurs.
Impossible de vous fournir un résumé plus complet sans risquer d’en dire trop (à ce titre même la quatrième de couv’ est trop bavarde) et franchement ce serait dommage de ruiner l’effet de surprise ; et les surprises et rebondissements ne manquent pas tout au long de ce thriller aussi surprenant qu’efficace.
Le style de l’auteur colle parfaitement au genre, des chapitres courts, pas de blablas inutiles, c’est froid et percutant, un brin cynique parfois. Résultat des courses on est tout de suite plongé au coeur de l’intrigue et l’on se sent impliqué dans l’enquête. Le roman est construit en trois parties, chacune s’attachant à une facette de la personnalité de la mystérieuse Alex. Alors on suit le périple d’Alex sans vraiment savoir ce qui la motive et ce qu’elle recherche, pour avoir la réponse et voir les choses se relier il faudra attendre la dernière partie mais là encore je n’en dirai pas plus (sauf que la fin est génialement machiavélique).
Les trois flics qui composent l’équipe Verhoeven sont plutôt atypiques mais c’est sans doute pour ça qu’ils se complètent et se comprennent si bien. Camille, une boule de nerf d’un mètre quarante cinq, qui n’arrive pas à faire le deuil de son épouse et reste rongé par la culpabilité. Louis, le beau gosse richissime et hypercultivé, c’est le gant de velours de l’équipe, tout en douceur et raffinement. Enfin, Armand, un flic radin à un point qu’on a envie de lui foutre des claques mais perspicace.
Pour info ce roman est le second d’une trilogie axée sur le personnage de Camille Verhoeven. Le premier (et aussi premier roman de Pierre Lemaitre), Travail Soigné, est paru en 2006, le troisième et dernier est annoncé pour cette année. Après un coup de maître tel que ce Alex il est évident que je compte bien poursuivre mon exploration de l’univers de l’auteur (et pas seulement de cette trilogie Verhoeven).
Mois : mars 2012
[DVD] Sucker Punch
Petite pause DVD mardi soir avec le film Sucker Punch de Zack Snyder (à qui l’on doit déjà 300 et Watchmen notamment).
Babydoll (Emily Browning) est internée en hôpital psychiatrique après avoir accidentellement tué sa petite soeur qu’elle tentait de protéger de son beau père. L’établissement, tenu par le Dr Gorski (Carla Cugino) et le chef infirmier Blue (Oscar Isaac) sert surtout de couverture à un lupanar dans lequel les filles sont exploitées sans ménagement. La seule chance de survie pour Babydoll est de fuir. Pour y parvenir elle découvre que sa danse semble avoir un pouvoir quasi hypnotique sur les spectateurs tout en la plongeant dans un univers imaginaire d’où elle peut organiser son évasion avec quatre complices ; mais elles doivent se montrer prudente, un échec dans le monde imaginaire peut être lourd de conséquence dans la réalité…
J’avais entendu parler de ce film et la bande-annonce m’avait paru sympa mais je n’avais jamais vraiment pris le temps de me pencher sur la question plus en détail ; finalement ce seront les soldes à Compact qui m’auront décidé à acheter le DVD (et aussi la nécessité de refaire « le plein » pour se substituer à la TV). Autant vous prévenir d’entrée de jeu ce film est inclassable, le fantastique y est omniprésent mais il ne se « limite » pas à ça. Dans le même ordre d’avertissement préalable c’est typiquement le genre de film qui ne laissera personne indifférent, vous aimerez ou vous détesterez !
Et moi donc dans tout ça ? Ne sachant pas trop à quoi m’attendre j’ai été un peu surpris au début mais j’ai rapidement accroché au « délire » du réalisateur. Les différents mondes imaginaires que traversent les quatre héroïnes sont visuellement superbement rendus (parfois ça fait un peu penser à un gigantesque jeu vidéo), l’intrigue n’est pas aussi complexe qu’il n’y parait (même si les interprétations peuvent être multiples, à chacun son feeling), la bande son, très rock, colle impeccablement au film (je dirai même qu’elle apporte une dimension supplémentaire au visuel). N’y allons pas par quatre chemins j’ai adoré !
Pour l’anecdote c’est le premier « film d’auteur » de Zack Snyder (je me régale déjà de voir les puristes/intégristes frôler l’infarctus en me voyant utiliser l’expression film d’auteur pour définir Sucker Punch… Même je ne dois pas avoir des masses de ces intégristes culturels parmi mes lecteurs, les plus tenaces ont dû fuir depuis longtemps). Pour revenir à mon propos je veux dire par là que c’est la première fois que Zack Snyder réalise un film ne s’inspirant d’aucun support (BD, romans…) existant. Au final il réussit un film hors norme qui aurait certainement mérité de mobiliser d’avantage de spectateurs, mais c’est aussi le prix à payer quand on s’égare de la meute formatée…
[TV News] Being Human – Saisons 2 et 3
Profitant du blackout télévisuel et comme la première saison nous avait paru prometteuse on s’est donc lancé dans les saisons 2 et 3 de Being Human (version britannique).
L’on retrouve donc nos trois colocataires un peu spéciaux, la fantomatique Annie (Lenora Crichlow), le vampire Mitchell (Aidan Turner) et le loup garou George (Russel Tovey), rejoints par Nina (Sinead Keenan), la compagne de George et elle aussi lycanthrope. Dans la seconde saison ils doivent faire face à une bande de fanatiques religieux bien décidés à libérer l’humanité des « monstres » par tous les moyens alors que Mitchell s’efforcera de contrôler les instincts sanguinaires des vampires. La troisième saison les confrontera d’abord à des loups-garou chasseurs de vampires, puis le passé les ratrappera avec le retour de Herrick qui mettra en péril leur amitié…
Si la saison 1 était surtout destinée à planter le décor les choses se décantent rapidement par la suite. La série reste convaincante mais il faut savoir qu’elle joue beaucoup plus sur la mise en situation des protagonistes que sur les effets spéciaux à gogo, ajoutant même çà et là une petit note d’humour histoire de dédramatiser la situation. Pour ma part j’ai bien aimé, ça change un peu des séries habituelles, et même dans le genre elle apparaît plus mature que ses illustres prédécesseurs (je pense à True Blood et The Vampire Diaries). Malgré tout je ne sais pas si la saison 4 m’attirera autant (j’ai encore le temps d’y réfléchir elle n’est pas dispo en français à l’heure actuelle), en effet à la fin de la saison 3 Mitchell quitte la série, et Being Human sans Mitchell c’est un peu comme True Blood sans Eric ou The Vampire Diaries sans Damon, il manque la touche « bad boy inside » (même si un autre vampire est appelé à le remplacer le charme risque de ne pas opérer de la même façon). Pour couronner le tout il m’a semblé comprendre que dès les premiers épisodes de la quatrième saison George et Nina prenaient eux aussi la poudre d’escampette… L’avenir nous dira si la curiosité finira par l’emporter sur le scepticisme…
Par contre une chose est certaine, et je ne saurai dire exactement pourquoi, le remake US de la série ne m’attire pas du tout.
[BOUQUINS] Henning Mankell – Le Guerrier Solitaire
Mon stock « papier » se limitant au second volume de l’intégrale Wallander (à vrai dire je n’achète désormais en livre papier que le strict minimum et les « coups de foudre »… il ne me manque que la liseuse mais c’est au programme des prochains mois) j’ai donc poursuivi mon périple suédois avec Henning Mankell et Le Guerrier Solitaire, cinquième enquête du Commissaire Kurt Wallander.
Tandis que Wallander chercher à comprendre le suicide d’une jeune femme qui s’est immolée par le feu devant lui, un nouveau crime vient secouer le paisible été suédois, un ancien ministre a été tué d’un coup de hache dans le dos avant d’être scalpé. D’autres victimes suivront, toutes tuées à la hache et scalpées. Wallander et son équipe doivent trouver le lien entre les victimes s’ils veulent stopper le tueur en série…
Que dire que je n’aie déjà dit lors de mes précédentes chroniques sur la série Wallander ? On retrouve un mélange d’enquête policière et de critique de la société suédoise. En l’occurrence l’aspect purement policier est plutôt intéressant ici avec une réelle course contre la montre qui menace directement (à l’insu de son plein gré comme dirait l’autre) Wallander.
Pour ce qui est de l’évolution de la société suédoise et le regard désabusé, voire aigri, de Wallander je suis bien incapable de prendre position. Pour moi quand je pense Suède, je pense Ikea, blondes plantureuses, et froid… Certes un peu réducteur comme vision des choses mais c’est pourtant tout ce qui me vient à l’esprit. Plus sérieusement c’est vrai que j’ai un peu de mal à associer ces pays nordiques avec la grande criminalité (même si le carnage du tireur-fou d’Utoya en Norvège l’an dernier me donne tort sur ce point).
Je vais m’offrir un petit break avant d’attaquer l’enquête suivante, j’avoue que le style de Mankell est parfois un peu lourd (sans parler du poids du bouquin) ; et comme le hasard fait bien les choses j’ai justement un autre bouquin qui me fait de l’oeil sur mon bureau…
[DVD] Rango
Pour notre séance DVD de samedi nous avons joué la carte 100% divertissement avec Rango de Gore Verbinski, qui signe ici son premier film d’animation.
Un caméléon n’ayant jamais quitté son terrarium se retrouve, par accident, perdu en plein désert de Mojave. Son errance le guide jusqu’à la petite ville de Poussière, dont les habitants souffrent, plus que jamais, d’une terrible sécheresse et pourraient voir en cet étranger, leur sauveur… Sauf que notre Rango est tout sauf un héros, à moins que…
D’entrée de jeu je peux vous assurer que pour un coup d’essai le réalisateur réussit un véritable coup de maître. Tout dans ce film est réussi, qu’il s’agisse de l’intrigue (relativement classique), des personnages tous traités avec soin et profondeur (certainement le point fort du film), de l’animation véritablement bluffante (que l’on doit quand même à ILM, la société de George Lucas) et, cerise sur le gâteau, des nombreux clins d’œil cinématographiques qui jalonnent le film. Un succès critique et public récompensé par l’Oscar du meilleur film d’animation lors de la dernière grand-messe du cinéma ; pas mal pour un coup d’essai (d’autres trophées ont récompensé le film, je ne cite que le plus prestigieux pour faire court) !
Si le film lorgne plutôt du côté du western, et plus précisément du western spaghetti cher à Sergio Leone, ses nombreux clins d’oeil au cinéma ratissent large, d’Apocalypse Now à Star Wars en passant, bien évidemment, par la Trilogie du Dollar (de Sergio Leone, avec Clint Eastwood dans le rôle principal). Qui plus est l’animation permet de se jouer librement des règles du genre…
Pour l’anecdote ce n’est pas la première collaboration entre Gore Verbinski et Johnny Depp (qui double Rango dans la version originale), puisque le réalisateur a déjà dirigé l’acteur sur les trois premiers volets de Pirates des Caraibes (et qu’ils travaillent actuellement ensemble sur The Lone Ranger). A noter aussi que Gore Verbinski s’offre les services de Hans Zimmer (l’un des plus célèbres compositeurs de musique de film du moment) pour la musique de son bébé. Bref on ne peut pas lui reprocher de ne pas y avoir mis les moyens…
Bref un film que je ne peux que vivement vous conseiller, son humour ne devrait laisser personne indifférent, petits et grands découvriront avec plaisir Poussière et ses habitants.
[DVD] Harry Potter & Les Reliques De La Mort
Un seul film au programme de notre après-midi de dimanche mais pas loin de 4h30 de spectacle puisque l’on s’est fait Harry Potter & Les Reliques De La Mort (première et deuxième parties) avec David Yates aux commandes (qui a déjà assuré la réalisation des deux précédents films).
Alors que la menace de Voldemort (Ralph Fiennes) se fait de plus en plus pesante, Harry (Daniel Radcliffe) et ses acolytes, Ron (Rupert Grint) et Hermione (Emma Watson), préparent la résistance. Mais plutôt que d’attaquer de front leur adversaire et ses alliés ils vont d’abord chercher à l’affaiblir en localisant et détruisant des artefacts renfermant une partie de son essence magique. Au cours de leur quête ils affronteront maints dangers qui mettront leur indéfectible amitié à l’épreuve…
Avec ce film la saga Harry Potter trouve une conclusion en forme d’apothéose, le choix de le présenter en deux parties permet au réalisateur de peaufiner son scénario (franchement je vois mal comment il aurait pu amputer son film ne serait-ce que d’une petite demie heure). Pour notre plus grand plaisir on retrouve toute la magie qui faisait quelque peu défaut au film précédent (Le Prince De Sang-Mêlé) et une certaine noirceur à laquelle on est désormais habitué. Je n’ai pas lu les bouquins (et ce n’est sans doute pas plus mal pour apprécier pleinement les films) mais je trouve que cet ultime opus est une totale réussite (même si je regrette que le personnage de Ginny n’ait pas une place plus importante).
Ce dernier film fait de nombreuses références aux précédents et j’avoue très humblement que parfois j’ai été un peu largué n’ayant pas vu et revu la saga histoire de patienter entre deux films. Je ne voulais pas m’offrir le DVD avant qu’il ne sorte en coffret avec les deux parties, ça aurait trop frustrant de devoir attendre 6 mois entre les deux films pour découvrir la fin de la saga…
Amusant de voir l’évolution des acteurs au fil des films, si dans l’univers Harry Potter il s’est écoulé 7 ans depuis sa première visite à Poudlard, ce sont 10 années bien réelles qui séparent le premier film du dernier et forcément les jeunes acteurs sont devenus des adultes pendant ce laps de temps… Pour ma part je n’ai pas trouvé que cela nuise aux films, on va mettre la maturité des personnages sur le compte des épreuves qu’ils traversent et hop laissons la magie opérer !
Si pour JK Rowling la saga Harry Potter est close (pour le moment, des rumeurs d’un huitième livre circulent depuis déjà quelques temps çà et là), d’autres décident de faire durer le mythe de façon plus ou moins officielle, c’est le cas de l’écrivain G. Norman Lippert qui lance (avec les encouragements de JK Rowling) la saga James Potter (le fils de Harry et Ginny), non encore disponible « officiellement » en version française ; tout ce que je peux lui souhaiter c’est de connaître le même succès que son illustre aîné.
[BOUQUINS] Jostein Gaarder – Le Monde De Sophie
Ah que voilà un bouquin qui m’a longuement intrigué sans pour autant parvenir à me décider à sauter le pas de la lecture. Et puis le « hasard » a voulu que je tombe récemment sur une version numérique franchement foireuse, du coup j’ai décidé de reprendre la mise en page et de nettoyer le code et forcément c’est presque à l’insu de mon plein gré que je me suis retrouvé à lire Le Monde De Sophie, un best seller mondial signé Jostein Gaarder.
Plutôt que de chercher à vous offrir un synopsis personnel du bouquin je vais (une fois encore) me contenter de la quatrième de couverture. Tout commence le jour où Sophie Amundsen, une jeune fille de quinze ans, trouve dans sa boîte une lettre qui lui est adressée, et sur laquelle n’est inscrite qu’une seule phrase : « Qui es-tu ? ». Puis une autre où est écrit : « D’où vient le monde ? » Questions essentielles à toutes philosophies. Elle se retrouve ainsi catapultée, un peu malgré elle, dans un monde philosophique comprenant les cours de philosophie donnés par l’énigmatique Alberto Knox, qui a le don de faire comprendre à Sophie (et aux lecteurs aussi donc) la philosophie, les courants, les visions du monde, les personnages en fait passionnants de cette discipline à première vue rébarbative et ennuyeuse. Ainsi commence, sous la forme d’un roman d’aventure, un voyage au pays des philosophes, en quête de réponses dans une longue visite des principales figures de la philosophie : de Socrate à Sartre en passant par Platon, Aristote, Descartes, Spinoza, Hegel et bien d’autres. Mais au fil de l’histoire des faits troublants apparaissent, à commencer par des cartes reçues par Sophie qu’elle doit faire joindre à une inconnue nommée Hilde Moller Knag et les mystérieuses manifestations du père de cette dernière, Albert Knag.
On découvre (ou redécouvre) donc les grands courants philosophiques au fil des âges en même temps que Sophie ; il est d’ailleurs intéressant de mettre en paralléle l’évolution de la pensée philosophique avec celle de l’humanité en général. Si l’auteur se veut didactique il réussit à ne jamais nous assommer de théories pures et dures. Les différents courants sont abordés dans leur globalité, enrichis d’exemple simples ; libre à chacun d’aller plus loin par la suite, le but n’est clairement pas d’être exhaustif mais plutôt de nous offrir une vision d’ensemble de la philosophie et de son histoire.
Pour ma part j’ai toujours été hermétique à la philo, il faut dire que je ne l’ai abordé que par le biais d’un cursus scolaire non littéraire et avec des profs qui avaient le don de rendre la matière profondément soporifique (pour ne pas dire chiante). Le pari n’était donc pas gagné d’avance mais j’ai pourtant bien accroché (en toute modestie je ne prétends pas avoir tout compris), d’autant qu’au fil des pages on est amené à se demander quel monde est réel : celui de Sophie ? Celui de Hilde ? Les deux ? Aucun ?
Je note toutefois qu’il y a un grand absent parmi les philosophes présentés : mais où est donc notre BHL national ? A moins qu’il n’y ait que lui à se penser philosophe… Ceci pourrait expliquer cela… Une tarte pour BHL, une de plus !
Aujourd’hui quand on parle auteurs scandinaves on a tendance à penser avant tout polar, mais ce serait réducteur de croire que la littérature nordique ne se limite qu’à ça. Jostein Gaarder apporte la preuve de sa diversité…